L'E8PBIT KT LA VIF. DE FOI
grâce du Saint-Esprit i. Qa voient toutes Les créatures, toutes celles qui sont au ciel, toutes celles qui Boni but cette terre, les âmes humaines, le monde extérieur, les moindres objets, ce qui esl bienel ce qui est mal; ils son! même témoins de ce qui se passe dans les abîmes de l'éternelle perdition; ils voient, ils connaissent toutes choses, dod en elles-mêmes, mais en Dieu, et dans cette lumière divine qui est Dieu lui-même2. C'est Bans trouble, sans peine; c'est ave< joie et amour, parce qu'ils voient partout, et en toute chose, L'action très sainte < 1 < * Dieu, la manifestation de Bes attributs et le triomphe de ses droits et de sa gloire. Et, bien que rien ne puisse être ajouté à l<-ur Béatitude, ce qu'ils contemplent et ce qu'ils apprennent en Dieu, dans sa lumière, des choses cr< donne lieu à un accroissement de cette félicité accidentelle qui or. au sentiment des théologiens, surajoutée à leur bonheur essentiel, La Vision de l'Essence divine.
Tel est le bienheureux état des Saints au ciel. < >r. nous n'avons écrit ce préambule que pour arrivera L'énoncé de la proposition suivante : Nous avons, en cette vie d'exil, un réel commencement de cet état divin. Nous aussi, nous voyons Dieu et toutecho.se. dan- la Lumière
- .-iKituin est Buper nos lumen vnltûa toi Psal. tv, 7 . Vultum Dei Patria Filium appellat David, id est Patria characterem ; lumen verd îlliaa gratiam Spiritusquœ ad omnes pénétrât creaturaa. — s. CyrilL Alezandx. In Jofiun. Evangel. m..*.. Patr. fjrœc, L I. XXIII. col.
-I.!, i. quâ illuminabuntur haec omnia, qu» m irdibua
reennduntur, qualia aul quanta rit, quia lin'gul proférai Pn fecto Itu illa Déni ipse est, quoniam Deua lus est, et tenebraa in eo non aunt allas I Joann.1,5) .-'"I lux mentinm purgatarum, non isl
i iim. — s. Au-. i M atiàa lit* ■■ ■ h. •.'. Patr. lat, t.
\\.\III col. 818. Quann i gaudia ad perfruendnm plenè raffl
riant, mala tamen reproborum abaque dnbio aemper aapiciunt Quia <|"> Crealoris aoi elaritatem vident, nihil m ereatnrl afitnr qnod ridere non
g. G ' : Ilomil. lit'- II. homiL XI..
Patr. lat, t. l.\X\ l. coL 1809.
413 L*E8PWT KT i.a VIE DE roi
de Dieu. El cette Lumière qui nous éclaire surnaturellement, est la même que la lumière céleste. Les Saints voient Dieu 1 1 • - la même manière «i< >i 1 1 Dieu se voit1. EU nous aussi, noua voyons Dieu <!<• la manière dont 1 mu Bevoit; les Saints voient Dieu dans une lumière qui est 1 »im même, et nous aussi nous voyons Dieu »'t les cl de Dieu dans la lumière qui est Dieu même; car la grâce et la gloire appartiennent au même ordre et au même genre, et la grâce n'est autre chose qu'un com mencement <1«- la gloire en nous
< »r. l'esprit <1«- Foi, qui <^i le Bujet de ce chapitre, c'est l'habitude, fondée d'abord Bur la grâce du Baptême, et perfectionnée par la répétition des actes, de discerner et de voir toute chose créée dans la lumière de Dieu.
Mais, pour que t< mr Boit parfaitement intelligible <-ii un tel sujet, expliquons très nettement quelle est cette lumière pour ii"ti>. créatures exil*
Il y a dans 1<- monde trois lumières: premièrement, celle «pii frappe notre œil de chair, <|iii éclaire les corps, et dans laquelle nous voyons ces mêmes corps; en Becond lieu, la lumière Intellectuelle, qui esÇdestinée a éclairer hosea intellectuelles, les \'iit<'«- de l'ordre philosophique, les qualités, la nature intime des êtres. Cette lumière est le principe <!<• la Bcience humaine. Ces deux premières lumières ^"iit naturelles, c'est à dire qu'elles appartiennent a l'ordre Inférieur, suivant lequel nous sommes simplement créatures de I >n i .
l..i troisième lumière est surnaturelle. La boutco de
rette lumière, c'est la Révélation <i<-'Imm. Elle éclaire
e. Elle est répandue partout. Plusieui b
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l'esprit et la vik de K'i H3
fois les Livres Saints en ont parlé1. Notre Seigneur luimême l'a désignée, quand il a dit : Je suis La Lumière du monde-. Biais, de même que pour percevoir la lumière
physique, il faut un sens destiné à cette lin. Le sens de La vue; de même, encore, que pour percevoir les vérités de l'ordre intellectuel, il faut une faculté qui es< L'intelligence ; de même aussi, pour percevoir la Lumière surnaturelle, il faut un sens Qouveau, une faculté nouvelle, surajoutée à qos facultés et à nos sens naturels, de percevoir la vérité : faculté et sens tellement nouveaux, que, sans eux, il nous est impossible de connaître l'ordre surnaturel et la lumière qui nous le découvre3, quelle que soit la perfection naturelle de nos sens extérieurs el de uotre raison. Il n'y a radicalement aucune aptitude, dans Le génie le plus sublime, à atteindre ce qui est de cet ordre surnaturel, et à jouir de cette lumière divine.
La raison, le génie voient les choses en elles-mêmes; L'homme de foi, ou, comme L'appelle saint Paul, : L'homme spirituel4» voit les choses en la Lumière de Dieu. C'est dire toute la différence qui doit exister entre la vision de l'homme de génie et la connaissance de l'homme de foi3, En voici la preuve par un exemple. (Vs deux hommes
1 I Cor. ii, 16.
- Ego simi luxmundi. Joann. vin, ri. \niiii:ilis homo non percipit ea quse -mit Spiritûs Dei; stultitia enim est illi, el non potesi intell igere. — I Cor. u, 1 1. /. 15.
.m su ereatura mulius in Dcu <|ii;'iin in scipsft noverit, îpsa su] cognitio, quse major in I><-" i->t, <li«'s et ln\ dicitur. Cognitio rero raain te i|».i.
ad compensationem cognitionis illins, quse in I» tst, quia longé inferior
ipera aominatur. s. [sidor. Hispalens. Sententiar. lib. I cap. \m, ii.u. — Patr. lat.. t. I.WXIII, cul. 561. Hugues de Sainl Victor fait la distinction des ti"i- sortes de visions, el 'lit: Homo quia oculum carnis li.il.it, mundum videre potesi el es •i";'' '" naundo innl Item quia oculum rationis es parte habet, antmum Bimiliter es parte ridi [usa in
aniino snnt. Quia veto oculum contemplationia non habet, Deum el qusa in mi, videre non valet Fidi uria est, qui i redantux qusa