NOTRE CONDITION DE CRÉATURE
paix, avec la conviction intérieure que <•'••> t bieE ainsi qu'il est raisonnable et à propos que nous soyons considérés et traites, évitant, repoussant certains airs de philosophie quelque peu stoïque ou de parti pris indifférent, qui semblent être de la dignité et qui ne sont au fond que de l'orgueil.
Il est difficile d'être humble dans le succès, il l'est peut-être autant de l'être dans l'humiliation; mais ce dernier cas est, probablement, de beaucoup plus favorable que le premier, à faire jeter à notre humilité commencée des racines profondes. Il n'y a point d'humilité véritable sans l'amour de l'obscurité : quelle grâce précieuse que d'être aidé à devenir obscur, par l'opinion que les créatures ont de nous! Il ne nous reste plus qu'à aimer et notre état et ce que les hommes font pour nous y mettre et nous y maintenir. Et cet amour, qui est une opération de la grâce, n'est que l'achèvement de ce que la nature fait en nous. Nous avons dit, après saint Thomas, qu'il y a dans la créature, considérée comme telle,, une tendance et comme une force qui la porte à retourner dans le néant, d'où la Toute-Puissance l'a tirée; l'amour de l'obscurité et de l'anéantissement aux yeux des hommes répond à cette tendance, et lui donne le caractère pratique qu'elle doit avoir. Car. en vérité, nous ne pouvons plus être anéantis par un retour réel dan- le néant absolu; c'est donc satisfaire à une loi, c'est se tixer dans un état vrai, juste et exactement correspondante notre fond naturel, (pic de tendre à n'être rien en toute chose et de s'y trouver i.ien. quand les créatures nous y placent i.
1 oh I quam humiliter el abjecte mibi de me ipso sentiendan erie L'auteur de Ylmitat ion.) Quamnihil pendendum, si quid boni ridear babere! <>li ! quam profonde rabmittere >"<' debeo sub abyssalibua jud
taie, Domine : ul>i nilnl alind me esse inventai quam niliil et nibil
L'HUMILITÉ — riCFMiii;
Ainsi s'explique cet insatiable besoin «l»' disparaît! d'être oublié, <iu«- dous remarquons dans les Saint d'abord dans le Saint »!«•> Saints. Nous avons constaté précédemment »'ii notre Dieu ce magnifique et touchant Mystère. Après lui, t"ii< ceux «|iii reçoivent plus abondamment ^a grâce, portent en eux ce i •« >i* 1- qui l<-> incline
le néant. Marie est merveilleusement cacl ph, saint Jean-Baptiste le sont aussi. Tous les Saints
ut. Il> se montrent, par devoir, par charité, par zèle de l'honneur de I »n i : mais, par un mouvement incessant que la grâce opère en leurs âmes, ils s'abaissent, ils < ■• -i i ■ 1» ! 1 1 toujours. Saint Vincent de Paul est un modèle des plus beaux de cette admirable disposition. «lui te, ses paroles sont si extraordinaires, que nous serions t<-nt«'-- de croire qu'il y avait, dans Bes p< toute -a
manière d'agir, quelque exagération, si la doctrine qui précède n'en était pas l'explication. Il faut lire l'étonnant chapitre qu'Abelly a consacré à son humilité '. » »n disait
i temps qu'il ue s'est jamais trouvé un ambitieux Bur la terre aussi passionné pour B'élever, pour se taire estimer, <-t parvenir au comble des honneurs, que M.Vincent pour s'abaisser, disparaître aux regards des hom-
et pour se rendre abject <'t méprisable2. Q semblait avoir fait, «lit Abelly, Bon trésor de ertu, ménageant soigneusement toutes l< ons qui fraient pour la pratiquer, et prenant sujet de s'humilier en toute sorte de rencontres. Une de ses plus ch< maximes était celle «i :
i je fais une action publique, et que je In puisse i m. j<- ne le ferai pas : mais j'ei
ubi mini /-■ / I III