AMOUR DE LA GLOIRE DE DIEU, GLOIRE DU PRÊTRE
Si le Prêtre est ainsi voué à la gloire de Dieu, jusqu'à en être très parfaitement la Victime immolée et consumée dans les flammes du plus généreux et du plus héroïque amour, il faut dire en effet que l'amour de cette gloire divine dans le Prêtre est, pour le Prêtre, le principe de la plus magnifique gloire.
D'abord « servir Dieu », le servir surtout avec une telle abnégation de soi-même et un tel dévouement, « c'est manifestement régner i »; « adhérer à Dieu », être uni à Lui, d'une manière aussi parfaite que celle d'une Victime toute consumée à son honneur, « c'est une béatitude 2 » très parfaite; et c'est même une sorte de déification: car c'est « ne faire qu'un avec lui3 ». Or, y a-t-il au monde une gloire comparable à celle-là ? Toute parole est impuissante à exprimer jusqu'où s'élève et monte le Prêtre, qui est ainsi tout transporté en Dieu et comme transformé en lui4. C'est cet honneur sublime dont voulait parler le
1 Deo servire regnare est. — Paroles de saint Léon, que l'Eglise a insérées daus la Liturgie: Postcomin. de la messe de saint Irénéo, 28 juin. '-' Milii adhserere Deo lionum est. — Psalm. i.xxn, -1. 8 Qui adbseret Domino, unus spiritus est. — I Cor. vi, 17. ' Gloria magna est sequi Dominum. — Eccli. xxiii, 38.
GLOIRE Dl" PRÊTÉE ">.';t
grand Apôtre, lorsque, après avoir dit que son Sacerdoce et son Apostolat avaient pour but de faire de toutes les
nations un Sacrifice saint et agréable à DlF.r . il ajoutait : « J'ai donc ma gloire en Jésus-Christ, dans tout ce que j<i fais pour la gloire de Dieu '. »
Mais il y a une autre gloire que le Prêtre acquiert par les actes qu'il fait, en poursuivant en toute chose la gloire de Dif.u. Il y a une grande élévation de pensées, de sentiments, de caractère, qui est comme le fruit naturel de cette sublime ambition. Il y a un magnifique ennoblissement de toutes les facultés de l'esprit, du cœur, et de toute sa personne. Qui ne le comprend, sans plus de paroles? Une âme toujours élevée vers Dieu, et toujours occupée de ses droits, de ses perfections, de ses intérêts, de son triomphe, est nécessairement noble, grande et magnanime. Saint Hilaire a dit : « Le cœur des pécheur- esl étroit- »: « au contraire, le cœur des justes est étendu, dit saint Ambroise; il a de larges espaces, car il est la demeure de Celui pour qui l'univers est petit3. » 11 '-si écrit, au troisième Livre des Rois, que lorsque Salomon fit la dédicace du Temple, la gloire de Dieu remplit !«• Temple, et que tout Israël voyait la gloire de DlEU sur le Temple -K La même merveille se renouvelle. La Majesté ce DlF.r remplit l'âme sacerdotale, et sa gloire la couvre de magnificence. Il n'y a dans cette âme qu'élévation
> Hal.ro igitur gloriam in Christo Jesu ad Deum. Rom.xv,17. A.l Deum, id ot. in ii~ rébus quae ad Deum pertinent, putain rebua Balutis, , . 1 1 ; ■ - ad gTatiam el gloriara divinam apectant Corn, à Lap. in illuà
- Angueta peccantium sunt corda, et hospitio Deum mena polluta non reeipit. —Tract, in psalm. cxviir, littera VI, û.9. - Patr. lat., ■■ IX, col. 54& I or latins, ut Patris, et Filii, et Spiritûa Sancti suatineat mansionem... laxae apatia habitationis liabens... Cui mundua anguatua eat, tu ei ampla ee domua. — In psalm. cxvm Expoaitio, aermo [V,n.27. Patr. lat t.XV, coL 1249. - Et Berm. VIII, n. 7. Ejusd.t., col. 1296-1297.
i Cap. nu, 11. Et 11 Paralipom u, I 3.
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facile, prompte, généreuse, vers Celui qui lui est tout ; intention toujours pure, sainte, dégagée de toute vue humaine : entière et parfaite liberté, rien de ce que l'égoïsme inspire ne pouvant entraver ses mouvements: ampleur, largeur de vues, de sentiments, d'affection, rien de ce qui est terrestre n'ayant place dans son esprit et dans son cœur que le Seigneur remplit. ( l'est un état d'âme vraiment beau devant Dieu et devant ses anges. Il est beau dans l'ordre surnaturel: si neûs pouvions le contempler, il provoquerait en nous non seulement l'admiration, mais l'extase. Mais il est beau et magnifique aussi dans l'ordre moral de la nature. Car. enfin, qu'est-ce qui est grand, vraiment élevé et vraiment sublime, sinon une telle distinction de vues, un tel désintéressement, une si grande dignité de vie, une si forte et si constante magnanimité de caractère? Oui ! cette Ame qui n'aime, suivant la belle pensée de saint Augustin, que la Beauté par- Faite, la Beauté de Dieu, reçoit quelque éclat de ses splendeurs divines, et est véritablement belle C
Faut-il, pour confirmer ceci, donner quelques exemples.-'
In vrai Prêtre de Dieu en Jésus-Christ, n'ayant pour
règle de sa vie que la gloire de Dieu, prie avec ardeur
1 Qualis amor est, qui reddit pulchram amanteni ?... Quomodo erimns pulchri ? Amando euiu qui semper est pulcher. Quantum in te crescit amor, tant fini crescit pulchritudo; quia ipsa charitas est anima' pulchritudo.
/// Epistol. Joann. ad Parthos, tract. IX. n. S). — Patr. lat., t. XXXV. col. 2051. — Du reste, un pourrait faire ce raisonnement : La gloire essen tic-Ile de Dietj, c'est le Verbe : sa gloire accidentelle, c'est ce même Verbe en tant qu'il s'est incarné et qu'il répand son esprit dans les âmes. Pai - [uent, toute âme qui recoil son esprit est aussi, comme lui, la gloire accidentelle du Père;et, parce que cette gloire accidentelle est un reflet de la gloire essentielle, toute âme unie à Jésus-Christ a quelque chose à ■ la gloire essentielle Comment donc n'aurait-elle pas en ce inonde la plus grande gloire possible? Quelle gloire est comparable à colle qui, étant un reflet de la gloire essentielle de Dieu, estj en ce sens, quelque chose de cette gloire? ' >r, c'est d'une manière spéciale et éminente la gloire du Prêtre»