v & -. XLVIII. Patr. Lit., t. \\W "III
nés. xv, 1.
Psalm. lxxit, 25, 2G.
.serait toute la gloire réunie des Justes, des Anges, et de la suraimable et admirable Eeine des Anges et des hommes, en comparaison des splendeurs du Sacerdoce de Jésus-Christ ? Toute la gloire du ciel et de la terre n"est qu'une communication des splendeurs de ce Sacerdoce. Tout vient de lui. Il est la source unique de toute grâce, de toute perfection, de toute sainteté et de toute béatitude.
Quel malheur serait le nôtre, si nous avions un autre amour que l'amour de Jésus notre Prêtre! C'est le cas de rappeler la grave parole de saint Paul : Si qui s non aniat Dominum nostrum Jesum Christum, sit anathema^\
Ses grandes et glorieuses et sans pareilles perfections nous font parler ainsi : mais que dire, si nous nous rappelons que ce divin Sacerdoce nous a été communiqué ? Nous sommes iô mystère!; d'autres Jésus-Christ Prêtre. Reconnaître que nous sommes avec Lui, fils de Dieu par le Baptême, et par conséquent héritiers du ciel et ses cohéritiers pour la possession de ce royaume; c'est beaucoup, c'est bien au-delà de tout ce que nous aurions pu concevoir. Il faut en dire autant, sans doute, de tant de grâces qui sont attachées aux Sacrements de Pénitence, de Confirmation, d'Eucharistie, et de tant d'autres, dont nous avons été l'objet par un effet de la Providence de son Sacré Cœur: éducation chrétienne, bons exemples. bons conseils, sage direction, enfin tout un monde de bénédictions dont ce Cqpur ineffablement miséricordieux et bon est la source. Mais le Sacerdoce ! mais le divin Sacerdoce ! mais l'éternel Sacerdoce! mais cet honneur (pli n'a pas été fait aux Anges, aux Archanges, à sainl Michel ! mais ce couronnement si beau de toutes les faveurs célestes déjà reçues ! cette association, cette union
1 I Cor. xvi. 22.
NOTRE DIEC ET NOTRE PRÊTRE ."il.
sans égale à Jési s, dans son titre, sa qualité, sa condition et son office, les plus saints, les plus élevés, les plus dignes de Lui et de son Père! ô Dieu! quelle faveur! Nous sommes reconnaissants envers quiconque nous fait
du bien, ou nous honore de quelque distinction; mais qui nous a t'ait du bien, qui a ou (\c<. égards pour nous, qui nous a honorés, élevés, glorifiés, comme notre souverain Prêtre? Quel est doue l'amour de reconnaissance que nous lui devons?... Quand notre vie se passerait tout entière eu Te Deum et en Magnificat, qu'aurions-nous fait qui répondit à l'amour, à l'estime, à la tendre affection qu'il nous a témoignés V Prêtres éternels comme lui. c'esl seulement l'action de grâces de l'éternité qui nous permettra de commencer, unis à tous les Saints et à Marie, à acquitter notre dette de reconnaissance et d'amour.
Nousdevons l'aimer comme notre Prêtre: ce qui veut dire encore, que nous devons l'aimer en tant qu'il exerce sur nous son office de Prêtre, son droit de Sacrificature, et qu'il nous fait Hosties. Car. non seulement, en tant que Piètre, il nous honore de son Sacerdoce, mais encore, pour compléter un tel honneur, il nous fait JJo-ries comme lui. Nous l'avons vu précédemment Quelle grâce insigne! Au fond, ce qui lie JÉSUS au Père, c'est plutôt si l'on peut faire cette distinctioE son état d'Hostie que son Sacerdoce. Son Sacerdoce esi une dignité; son état d'Hostie, c'esl l'exercice et la perfection du pouvoir que donne cette dignité. < >r. évidemment, c'est cet exercice qui est la gloire et la satisfaction duPère.Eh bien! voyez son affection. -ou amoureuse condescendance pour nous ! il veut que nous soyons a\ ec lui la pure gloire et le parfait content. •mont du Père, er il nous communique, à cette fin, son esprit et son étal d'Hostie. Il nous associe à ce qu'il aime par dessus tout.
548 l'amour de notke-seigneujb JÉSUS-CHRIST
S'il nous donnait part à cette grande autorité qui le t'ait Juge des vivants et des morts, l'honneur qu'il nous ferait, serait assurément magnifique : mais il serait de beaucoup moins sublime que d'être Victime avec lui : c'est ainsi que, suivant une pensée de saint (rrégoire, Pape, ce qui paraît être comme la ruine de nous-même (car être Hostie, c'est en quelque sorte n'être plus .est véritablement ce qui nous élève au-dessus de nous, et nous fait atteindre à Dieu même1.
Comme nous devons aimer notre Prêtre qui nous fait comme lui et avec lui Prêtre et Hostie! Notre amour, notre gratitude, l'estime de l'honneur et de la grâce qui nous sont faits, doivent être si profonds, que rien de ce qui est du monde ne puisse nous toucher. Quels honneurs peut- on nous faire qui ne soient des jeux d'enfants et des bagatelles sans valeur, en comparaison de l'élévation où Jésus nous fait monter! Ah! ne l'oublions jamais: dignités, décorations, amitiés des puissants de ce monde, distinctions de tout genre, titres quels qu'ils soient, tout cela sans être méprisable fil est des cas où la gloire de Dieu peut n'y être pas étrangère , tout cela, mis en parallèle avec notre Sacerdoce et notre éminente grâce d'Hostie, n'est vraiment que pure vanité et affliction d'esprit. Qu'il soit donc mille fois béni, et béni aux siècles des siècles, notre Dieu, notre Prêtre, notre infiniment aimable Jésus ! Disons-lui avec saint Augustin; (initias t'ihi, Dulcedo mea, Honor mens. Deus meus ! Grattas tibi de donis tais .• sed tu mihi ea serva; ita enim seroahis me, et augébuntur et perficienttir quœ dedisti mihi-.
1 Nisiquis ;'i seraetipso deficiat, ad êum qui super ipsum est non appropinqual : uec valet apprehendere quod ultra ipsum est, si aescieril mactare quod est. Homil. in Evangel., li'>. II. homil, XXXII. n.*2. l'.-itr. bit., t. I. XXVI, col. 1234.
- Confess., lib.I, cap sx. Patr.lat., t. XXXII, col. 670.