CHAPITRE XXI
L iMOUR DE NOTRE-SEIGNEUR JESUS-< HRIST, NOTRE VICTIME, SUR I.A CROIX ET AU SAINT SACREMENT
Nôiis devons aimer Notre-Seigneur Jésus-Christ comme ootre Dieu et notre Prêtre. Nous «levons aussi l'aimer comme notre Victime et notre Hostie. — Saint Paul le • commande expressément : Ambulate in dilectione, sicut et Christus dileœit nos. et tradidit semetipsum pro nobis Oblationem et Hostiam Deo in odorem suavitatis*. Il invite à un retour d'amour tous les chrétiens; il s'adresse donc à nous comme aux fidèles. Mais voici une parole qui nous est spéciale. Elle es! de la divine Victime elle-même : ■ Et pro eis ego sanctifîco meipsum. Et moi, je me sacrifie, je m'immole pour eux -. Nous savons que c'est le véritable sens du textes, pour eux : ce sont les Apôtres et tous les Prêtres, qui sont successeurs des Apôtres pour la Consécration du Corps et du Sang de Jésus-Christ. Voilà donc une immense preuve d'amour.Toute la Passion de Notre-Seigneur, son agonie, ses prières, ses larm< patience, sa douceur, tout ce qu'il a enduré chez Aune.
Eph. v. •-•.
- Joann. xvn, 19.
Voir Liv. I . chap. v.
chez Caïphe, chez Pilate, chez Hérode, la Flagellation, le Couronnement d'épines, le Portement de la Croix, le Crucifiement, les trois heures d'épouvantables douleurs sur la Croix, tant de sang versé, tant de supplications offertes au Père, tant d'exemples d'humilité, tant d'amour, et puis l'humble et douloureuse mort : tout cela a été pour nous ; — pour toutes les âmes, sans doute, et pour chaque âme en particulier comme s'il n'y avait au monde qu'une seule âme, l'âme du moindre d'entre les hommes. Mais nous, Prêtres, et chacun de nous, très distinctement, nous avons été l'objet d'une miséricorde, d'une tendresse, d'une indulgence toutes spéciales i. Elle a pensé personnellement, par une vue très claire, à moi, qui devais être son Prêtre, cette très douce Victime, dans les angoisses de l'Agonie au jardin des Olives, dans les opprobres multipliés du Prétoire, sous les coups de la Flagellation, dans le supplice effroyable de l'imposition de la Couronne d'épines, sous le poids de la Croix, au chemin du Calvaire, quand les clous s'enfonçaient lentement dans les mains et dans les pieds, quand le Corps adorable si douloureusement suspendu s'affaissait peu à peu durant trois heures mortelles, quand ce dernier cri se fit entendre : « Tout est consommé », et que la tête, s'étant inclinée, la vie se retira de Celui qui est l'auteur de toute vie ! Et pro eis ego sanctifico meipsum. Si nous avons jamais, dans cet exil.
1 Et si Christus pro omnibus passus est, pro aobis tamen specialiter passus est... Itaque, non est dubium quod plus debeat qui plus accepit... Et ideo quoniam nihil est quod digne Deo referre possimus (quid enim referamus pro susceptse carnis injuria? quid pro verberibus ? quid pro cruce, obitu, sepulturâ ?), vœ milii si non dilexero... Reddamus licet crucem pro cruce, funus pro funere, numquid reddimus quod ex ipso et per ipsum et in ipsohabemus omnia ? Reddamus ergo àmorem pro debito, charitatem pro munere, gratiam pro sanguinis pretio; plus enim ililij^it cui donatur ampliùs. — S. Ambros. Expositio. iii evangel. secundum Lucam, lib. Vl,n. 25, 2G. Patr. lat.. t. XV. col. l»-»7.").