‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 196 sur 204 · NOTRE VICTIME SUR LA « BOES · texte numérisé non relu

NOTRE VICTIME SUR LA « BOES

et l'autre. « J'ai cru, disait-il à ses disciples, que L consistait à méditer ces choses. J'ai mis en cela La perfection de la justice, la plénitude de la science, les richesses du salut, l'abondance des mérites... ( l'est pourquoi, ce que

j ai toujours à la bouche, comme vous le savez, toujours dans le cœur, comme Dieu Le sait, ce dont parlent tous mes écrits, comme on le voit assez, et ma philosophie la plus sublime eu ce monde, c'est JÉSUS, et JÉSUS crucifié!.»

Le Prêtre, avec humilité, se rend le même témoignage. Il y a d'autres paroles du saint Abbé de Clairvaux. Le Prêtre ne craint pas de se les appliquer, reconnaissant en elles ce qu'il sent, ce qu'il fait, ce qui est sa plus intime, sa plus habituelle, sa plus attrayante occupation de cœur.

Au commencement de ma conversion, pour me tenir lieu de mérites, que je savais me manquer, j'ai eu soin de me faire un bouquet de myrrhe et de le placer, comme le fait l'Epouse, sur mon sein-, après l'avoir composé de toutes les douleurs et amertumes de mon Seigneur. d'abord des nécessités qu'il a souffertes, des veilles de ses prières, de ses larmes de compassion, des embûches qu'on lui a dressées, des dangers que de faux frères Lui ont fait courir, des crachats, des soufflets, des risées, des moqueries, des clous, et de tout le reste qu'il a souffert pour le salut des hommes. Et, parmi tant d'autres petits rameaux de cette myrrhe odoriférante, j'ai cru que je ue devais pas oublier celle qu'on lui donna à boire sur la

1 Hsec meditari dixi sapientiam, etc. Propterea hsec mihi in orefreqnenter, sicut vos scitis; hsec in corde Bemper, sicut Deuascit; hsec styl admodùm familiaria, sicut apparet : hascmeasablimior intérim philosophia, Bcire Jesum, et hum- crucinxum. — /// cantica, serm. XI. III. n. I. Patr. lat.; t. CLXXXIII, col.995.

. - 1- î«- 1 1 1 u-~ myrrhse dilectns m. -us mihi : inter abera mea commorabitur, - Cant. i. 1-J.

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croix. Tant que je vivrai, je publierai ces grâces hautement; car c'est à elles que je dois la vie 1. »

Rien de plus touchant que ces paroles du saint Docteur. Nous l'avons dit, le Prêtre fervent se les approprie à bon droit; et du reste, chacun peut lui rendre le témoignage qu'elles sont bien l'expression de sa vie. Il suffit de l'entendre parler de la Passion du bien-aimé Rédempteur, soit qu'il en fasse le simple récit, soit qu'il explique le sens des mystères, soit qu'il dise quelles sont les dispositions avec lesquelles il faut en méditer la profondeur, ou bien les fruits que ces dispositions doivent porter en nous; il suffit de voir tant de zèle et d'amour, pour sentir qu'il s'est désaltéré « aux sources du Sauveur2 », qui sont ses plaies adorables. Avec quelle piété il recommande l'exercice fréquent du Chemin de la Croix, et donne lui même l'exemple de cette dévotion si salutaire 3 ! Avec quelle ferveur il se prépare à la Semaine Sainte, il passe le grand jour du Vendredi Saint, et il presse les âmes qu'il dirige de « se fixer, comme dans une demeure, en la Passion de Jésus-Christ, et de se réfugier dans ses précieuses blessures 4 ! »

Mais il est d'autres preuves de l'amour du Prêtre pour JÉSUS, Victime au Calvaire, qui ne sont pas si apparentes et qui ont plus de prix encore aux yeux de notre divin Rédempteur. Jésus avait dit avant de monter au Calvaire : « Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à

1 Nous lisons ces belles paroles dans l'office de la Couronne d'épines, Feriâ VI, pont cineres, lect. v et vi. — In cantîca, sermo XLIII, n. 3. — Patr. lat., ibid.

2 Isaiie xn, 3.

3 Cfr. Benedict. XIV, Brev. Cum tanta, xxx anpusti 17 H.

* Requiesce in Passione Christi, et in sacris vulneribus o j u s libenter liai. ira. si enim ad rainera et pretiosa atigmata Jesn dévote confugifl, etc. — De Imitatione Christi, lib. II, cap. i, n. 4.

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