‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 45 sur 204 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

NOTRE-SEIGNEUB JESUS-CHBIST E8T PLUS MANIFESTEMENT L'UNIQUE PRÊTE! DU PÈSE, DEPUIS L'INCARNATION ET POUB L'ÉTEBNITE.

Résumons ce qui a été dit jusqu'ici.

La première origine du Sacerdoce est le sein du Père, <|iii en est le principe. Le Père engendrant le Fils lui donne tout ce qu'il est. Il lui donne d'être sa gloire, sa gloire substantielle. D'où il suit que le Fils exerce, dès l'éternité, une Borte de Sacerdoce à l'égard du Père. Le Fils est envoyé en ce monde. Cet acte qui est du Père comme on acte sacerdotal; car. par l'Incarnation, le Père se donne une Victime. Cependant, dans cet acte même, le Père fait Prêtre son Verbe incarné, el le consacre dans le Saint-Esprit, qui es< l'onction de ce Sacerdoce nouveau, et à qui esl confiée, dès ce moment, L'humanité adorable, que prend le Verbe ei qui sera la matière du Sacri- Le Verbe Incarné, consacré Prêtre, esl Prêtre avant tout el par-dessus tout. Son Sacerdoce esl Bon grand titre. Il esl Prêtre dans tout son être, à chaque instant de sa vie théandrique el dans chacune de ses actions, jusque dans l'éternité. < !e Sacerdoce est, en même temps, la Bource, le principe, l'être de tout Sacerdoce el de toute

.:- ■■. 91 PLC8 m win -i KM]

la Religion des créatures, -"it angéliques, -"it humaines, «laii> tous les temps qui ont précédé l'Incarnation : s! bien que Nol 3 smeur n'était pas seulement annoncé «•! figuré par le Sacerdoce, ^<>\\ angélique, >..it patriarcal, s« lit lévitique; mai- il était Prêtre «mi tous ceux qui ont fait avant lui un acto lotal légitime, quel qu'il

II est donc seul Prêtre avant l'Incarnation. 11 faut voir maintenant comment . d'une manière plus manifesl absolue,il est seul Prêtre depuis son Incarnation,

Il esi Beul Prêtre, parce «i"'' ''' Sacrifice qu'il a offert toute sa vi<-. qu'il a consommé but la < îroix, »'t qu'il continue, >ans 1.' réitérer, au ciel »-t but l'autel eucharistique, estune action quia répondu, <'t qui répond à jamais, à toutes l«'s tin> de l'Incarnation.

Appliquons-nous à •'•tu<li<T. à approfondir cette vérité, 9imple, il est vrai, mais très grande «-t très étendue.

Quelles sont les fins de L'Incarnation? Du côté de Dieu, sa gloire ; de notre côté , notre salut Or, 1<- Sacrifice de Notre-Seigneur a atteint parfaitement «■! <f>'/iuit/r. cette <l<»ul»]<' fin.

Premièrement, il a atteint la première tin <1<- l'Incarnation, qui est la gloire '!<• DIEU, • •! il l'a atteinte parj ment. La gloire de Dieu, une adoration, une

louange, un amour, une action d< s, une supplica-

tion, une expiation, dignes deDlEl , dignes de sa Ma

Qteté, de sa Bonté, de son Excellence infinie, de mveraine Justice, I s l"ii «• de I »n i . loin-

identelle <i"' '"' rM <u"* ,n ''•' ' "''"•

ontcntement et cette consolati lont il est

dans 11 j i iture '. »-i qui lui vient surtout < i •

onnabh ut Bea <li"it- reconnus, applaudis

Il M..

l'unique prêtre du père 59

«•i satisfaite; c'esl son qoeq sanctifié, bod règne établi, sa volonté accomplie ' . < Fesl lui-même, eE un mot, honoré, exalté, aimé, connue il le mérite.

Eh bien ! tout cet honneur, tonte cette satisfaction, toute! cette exaltation , ce règne et ce triomphe, cette gloire enfin, il la reçoil du Sacrifice de Notre-Seigneur, sou Fils, son Prêtre et sa Victime. Par lui. ei avec lui. et en lui, dit l'Eglise, à Vous, Dieu Tout-Puissant, eu L'unité du Saint- Esprit, est tout honneur et toute gloire2. Le Seigneur lui-même, annonçant à son ancien peuple le Sacrifice dé sonFils,eii parle avec une évidente satisfaction: Mon affection u'est point en vous. dit-il, et je ne recevrai plus d'offrande de votre main: car, depuis le lever du soleil jusqu'à --on coucher, mon nom est grand parmi les nations, et l'en sacrifie en tout lieu, et l'on offre à mon nom une oblation pure; parce que mon nomestgrand parmi les nations, dit le Seigneur, le Dieu des armées ;. »

La Gloire de Dieu esl si bien toute entière dans le Sacrifice de Notre-Seigneur, que si, par impossible, il n'avait sauvé aucune âme, cette Oblation, par la sublimité, l'incompréhensible et vraiment infinie perfection qui lui esl propre, aurail pleinement, oniversellemenl et adéquatement satisfait Dieu '. Non que le- actes du

' Banctificetur aomen tuum, etc. Mardi. \ i, '.».

i- ipsu r cuni ipso et in ipso, etc. Canon Miu.

est milii voluntaa in vobis, etc. Bfalach. i, H», 11. Sapposé... m'"' toute créature, abusant de -a o&tare, se bannisse ellemême de la gloire, parce qu'elle refuse obstinément la grâce, même alors Dot aurait, dans le temps et par delà le temps, et la plénitude de sa gloire extérieure et la perfection de la joie qu'une création quelconque lui puisse jamais donner, puisque de t'ait je le répète <-t nous le professons • .m ce que lui en donnent ou lui en donneront jamais >'t les hommes ,t les anges, rient, en principe '•' uniquement, de celle que lui donne Ji si b- Christ, et qui est le trésor commun où chacun » 1 « » 1 1 puiser. Cela fait, qu'en

mu tout ce que l'u i peut vouloir, exiger, désirer même (l'uni' création,

iir : la Religion, la révérence, la gratitude, l'obéissance, ladili

»Cfl - BT PLI a M W1KI-I EM1

Verbe incarné . en tant qu'ils son! faits par son ame ient Limités et finis; mais, en tant qu'ils sont les actes d'une Personne divine, qui se les approprie, qui les fait Biens, qui les produit elle-même dans la nature humaine qu'elle a prise hypostatiquement, il> ont une valeur infinie, répondant à t<»iu cequeDiEl est, et à tout ce qu'il a droit d'attendre <!<• tout ce <|u'il a fait hors de lui.

Et c'est pourquoi nous <li-«>ii> <jn- 3 divin

et adorable atteint par/ l cette première fin <!«'

l'Incarnation, «jni est la irl<>ir«- »!<■ DlEl : mais il l'atteint aussi définitivement. Car, après ce divin Sacrifice, il n'est ]»lu^ rien <|ui puisse ajouter » i u« »i que ce ->>\\. h la gloire, à l'honneur et à la satisfaction <!«• Diei . La créature rachetée devra sans » 1< mu « ■ être \ cette

gloire, a cet honneur, <-i donner satisfaction à Dieu par : mais <-ll<' ne pourra le faire qu'en emprun tant a la valeur infinie «lu Sacrifice <lu Fils <!<■ Diei . <••• qu'elle ferait ou offrirait en dehors de - i itiosaint <-t le seul <|ii<- Imii reçoive, serait méconnu, rejeté, et un objet d'horreur aux regards «lu Père1.

La gloire de Dieu est la première fin de l'Inca lion . le salul <!<•- .1 im< - est la deuxième, ou plutôt . i I lument parlant, c'est encore la même fin : car I nia que, parmi nous, -.1 gloire fût cette réparation,

iidammont de I

I". Il

l'unique prêtre Dl PÈSE t'.l

cette rédemption, cette réconciliation <|iii s'appelle notre salut. .Mai-, considéranl isolément notre bien, qui est ce salut si désirable, et non le bien '!<■ Dieu, qui est sa gloire accidentelle, liée, par un effet de son bon plaisir, à notre salut, non- disons que ce bien, notre salut, a été une des fins de l'Incarnation.

Quant à prouver que c'est le Sacrifice de Nbtre-Seigneur qui nous a procuréce bien, rien n'est plus facile. Est-ce que l'Ecriture n'est pas remplie de cette vérité ? Il Bemble qu'il serait superflu de citer les textes si nombreux « jui nous apprennent, que ce n'est pas avec un or et un argent corruptibles, que nous avons été racheinais par le sang de l'Agneau Immaculé ' : que qous avons été lavés dans ce sang2; qu'ainsi le mal que nous avons fait, a été pleinement et surabondamment réparé3; que le décret qui était contre nous a été déchiré, quand Jésus-Christ l'a cloué à la croix ': que c'est le sang de Jésus-Christ , qui purifie nos consciences5 et qui opère toute réconciliation avec Dieu6; que c'est par la vertu de son sang que Jésus-Christ est entré au ciel, après avoir accompli une rédemption éternelle '-. que tout cela est le fruit de son amour, de

S tentes qnod non corruptibilibua auro vel argento redempti '-ti-.... -•■«1 pretioso sanguine quasi Agni immaculati Christi <-t incontaminatL I l'.tr. i. 18, 19.

- l.;i\it no* à peccatis aostris in sanguine suo. — Âpoc i. ■">.

i autem abundavil delictnm superabnndavit gratia. Rom. \ l talens < j 1 1« •■ I adversus no- erat chirogTaphnm decreti... affigens îllud crnci. < taloss. u, 14

L'ni- .t. '-n Chruti emnndabit conscientiam nostram ab operibus mortuia. Hebr. i\. il.

Réconciliât! nimua !>'••> per mortem Filii ejns. Rom. v, 10. Habemns redemptionem per sanguinem ejua. Eph. i. T. [ntroivil lemel in Sancta, seternâ redemptione inventa. Hebr. i\. 12.

\ . - - - 16 EST l'I.I •* M OJIFES1 I Ml N 1

cet amour «jui l'a t'ait notre Victime ' : «-t que maintenant il ii«>u> purifie dans -..n sang -'.

Les petits enfants eux-mêmes Boni instruits d<

consolant de notre foL Notre rédemptioD a été parfaiti . par 1'- San- et le Sacrifice «!«• .ii -t - Christ; <'t. pareillement, elle est définitive, l'ai- une seule oblation, «lit saint Paul. Jésus-Christ a rendu i>art*aits pour toujours ceux qu'il a sanctifiés Q reste. Bans doute, appliquer les fruits et 1»-- mérites. Cette application B€ t'ait, but la terre, principalement par 1<' Sacrifice eucharistique, <-t. au ciel, par la communication <!•' la Gloire, dont 1<- Sacrifice de la croix est l'unique source ». Mais ■ •'•■M t'ait: nous avons définitivement, pour 1«- temj l'éternité, tout (•«• qu'il faut, tout ce qui est nécessaire, pour que uotre rédemption -"it parfaite <-t uotre !• ciliation consommé*

Et, parce qu'il n'y a de salut <|u'<'ii Lui. non • *i in d/i<> aliquo salus 6, il est seul Victime, -'Mil Sacrificateur, seul Prêtre. Seul au ciel, où -"ii Sacrifice Be continue, parce que 1«' Chrisi ressuscité ne meurt pas 7 . <-t qu'il n'a besoin ni de successeur, ni <!<• suppléant, ni de ministre. Saint Paul nous !<• représente comme entrant au ciel -•■n sang, et -«Mil ministre du vrai Tabernacle, que

•n oblatione consummavil i mpiterittim

Il ilnll^il.illil llllri i

l'i.'iti jam indigchunt ronnummari poi ipaum Chrutum,

■ mon illi ulii

Li'UNIQl i: ri.'i.i RE DU n.ia: 63

I»iii a établi et qod un homme*. » 11 esl seul Prêtre aussi, sur la terre, dans L'dblation qui se fait chaquejour, dans L'Eglise. - - Mais ce point demande évidemment quelque explication.

I tans un sacrifice, le vrai et unique prêtre es! celui qui seul a le droil et l'autorité pour l'offrir, et qui se suffît pleinemenl : de sorte que, s'il veul bien se servir d'aides et de ministres, ce soit pour une tin essentiellement distincte et indépendante de la nature du sacrifice, de sa valeur, et de ses effets. Or, c'est ce qui arrive au saint autel eucharistique. C'est bien Notre-Seigneur qui seul a droit et autorité pour offrir; et quiconque apparaît dans icrifice est ministre, et rien de plus.

D'abord, Notre-Seigneur a manifestement seul le droit d'offrir le Sacrifice eucharistique, puisque ce Sacrifice n'est pas nouveau, mais bien absolument le même, quant à la substance, que celui qu'il offrit sur la Croix et qui • ■>t l'unique Sacrifice possible. Si c'est le .Sacrifice même de la Croix, quel autre que lui pourrait avoir autorité pour l'offrir? Quel Sacerdoce serait digne d'une telle Victime? : Comme il est toujours offert, dit le saint Conr cile de Trente, il est aussi le seul qui offre La Victime par le ministère des Prêtres '-'. » Et, dans cette nidation, il se suffit. 11 n'a eu besoin de personne pour offrir sur le Calvaire son Sacrifice sanglant, disant Lui-même: Nul ne m'enlève la vie; c'est de moi-même que je La donne :1. Pareillement, dans Le Sacrifice de L'Eglise, il n'a besoin de personne, il se Buffît. Car, s'il a voulu se servir de

1 Hebr. \ m. •'.

i n.'i ciiiiii eademqi si Hostia, idem aune offerena sacerdotum minfs-

tario, qui Beipsum tune in cruce obtulit, solfl offerendi ratione divei Conc. 'Iri'l. Bess; \ \ 1 1. cap. m.

um. \, 18.

SOe WT 1 -T ri.i - m wii 1 -1 i:\r

mini- istuniquement parce que, le Sacrifice eucha-

ristique étant offert pour l'Eglise de la terre, qui est une société visible, et aussi par cette même Eglise, afin qu'elle eût en réalité ce que la Synagogue avait en figure, «■t qu'elle pût satisfaire, par son concours à l'oblationd'un Sacrifice, à la religion qu'elle doit à Dieu, il était convenable que ce Sacrifice fût visible comme ••11»-. Dès lors, il a plu à la divine S que des ministres fussent

institués, quieussent part au Sacerdoce de Jésus-Christ, pour offrir, en union .ivre lui, le Sacrifice de l'Eglise.

Mais <|iifll<- est cette part, cette communication mj rieuse ? < >n s'attend à ce que qous traitions ce sujet

loppement. Nous le ferons, en effet, dans lé Deu rième Livre de cet ouvrage. En vérité, c'est principale ment <-n vue <!<• ce i » « • .• t u Bujet que nous avons entrepris ce travail.

Mais ici, il qous faut conclure que Notre Seigneur Jésus-Christ, Prêtre duPère dès l'éternité, en <•<• monde pour y être, avant tout, Prêtre du Père, est Bon Prêtre unique de L'éternité ;'i L'éternité.

OJ Prêtre parfait! qui avez bî admirable

ment glorifié votre Père! qui avez accompli bJ Bdè

lement L'œuvre qu'il vous avait donnée à faire1! 0

humilie, très obéissant, très dévoué, très saint, très

Prêtre du Père ' Sa gloire, Bajoie, ses complaisan

..' ii suffisez 6 tout, a toute La religion, à toute

L'adoration, la reconnaissance, l'amour qu'il mérite; <im

répondez A i"ih ses desseins de miséricorde sur nous;

lUti Mlllll lit

[|«lo niiln I

l'unique prêtre DE PÈRE •'>.")

qui lui donnez tonl ce qu'il veut, tout ce qu'il ;t le droil d'attendre ! Si beau dans l'exercice de votre sacerdoce, si grand, « plus élevé même que les deux ' », et, en même

temps, si doux, si soumis, si attentif à tout ce qui est du l n .n plaisirdu Père! ô Prêtre! ô mon Prêtre! ô mon si bon, ravissant, et infiniment aimable Prêtre ! je veux, en ce moment, m'élever à vous, pour vous dire combien je suis heureux de ce que vous êtes si parfait, si absolumenl digne du Père, si fidèle Pontife - », résumant en vous toute la religion de toutes les créatures, ajoutant à cette religion l'infinie beauté de vos actes théandriques, donnant au Père une louange qui s'élève à la sublime excellence de son Etre, non comme vous le faites éternellement, en tant que vous êtes son Verbe, mais de cette manière qui excède toute conception, qui surpasse toute mesure, qui, convenant à un HOMME-DlEU, remplit tout le désir de votre Père.O Prêtre excellent et unique! ô Prêtre dont le Sacerdoce est éternel et indéfectible ! ô mon Centre ! ô ma Vie! ô mon Tout! recevez mes hommages, agréez nies transports; ne repoussez pas les ardeurs de mon amour, de ma reconnaissance, de ma joie, dénia félicité, à vos pieds. Et faites-moi la grâce, par Mabie, par le Cœur de votre Mère, de continuer, comme il convient, cette étude, ayant maintenant à pénétrer, malgré mon extrême insuffisance, les Becrets, les doux et glorieux secrets de votre étal et de votre vie d'HosiTE.

' El excelsior cœlia factus. Hebr.vn, 26. •' Fidel u pontifex ad Deum. Hebr. u, 17.

Page 1