‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 80 sur 204 · I. Enfant de la crèche porte déjà la · texte numérisé non relu

I. Enfant de la crèche porte déjà la

l'Adolescent de Nazareth se courbe

i \ ;• . le Maître des jours <!•' la vie

publique, des paraboles, des béatitudes, des miracles, des courses apostoliques, esl d'avance, dans L'intime du Cœur, l;i Victime immolée du Calvaire, versant son sang et mourant pour nous '. Le mystère extérieur devait s'accomplir dans tonte sa rigueur après les trois années de prédications el de miracles : mais, dans l'âme humaine de Jésus, rien ne variait, parce que sa condition de Victime ne variait pas non plus. Point de joie terrestre, point de consolation humaine, aucun de ces délassements que les Saints eux-mêmes se permettent. Christus non ribiplacuit; sed sicut scriptum est : TmpropeHa improperantium tibi ceciderunt super me 2. Ces paroles de L'Apôtre disent tout. Toujours la douleur, L'amère tristesse de l'âme et du corps, parce que le péché . ce grand ennemi de Dieu, ce destructeur de sa gloire n'avait pas encore été définitivement vaincu par Jésus, dans son corps, sur Le bois de la croix :;.

l'n autre caractère de la souffrance en Notre-Seigneur, c'est l'universalité. Victime d'expiation en toul son être, tout son être était dan- le feu consumant de l'holocauste. Maie cette considération reviendra, avec tout Le développement qui convient . en exposant le troisième caractèredecet état d'universelle douleur. Arrêtons-nous ici ;, cette pensée, que tout tut glaive pour le divin Rédempteur, autour de Lui, durant sa vie. Il faudrait savoir, pour le comprendre, ce qu'étaient la Sainteté, et la Sa- .... et toute la perfection intellectuelle el morale, et, nous devrions dire, humano-divim ou théandrique de

i \ 1 1 i i h Jeans Christus, Dominas aoster, anl borA sine dolore l'-i-

fah, <|ii:iin'liii \i\ii. D< /""'. Chritti, lib. II. cap. ni, n. •'-. Rom. kv, S.

i peccats Qostra ipse pertulil in corpore buo . super lignant. Petr. ii. -i.

.Nous ons dit déjà l'effet que lui la vue du péché. < >r. le péché lui appatoutes li - formes. Autour de lui, dans

es Prêtres, \<>u^ sceptiques, que de > able, «!<■ mensonges, d'erreurs I infidélité à leur mission, qui était de don- ; mi i l'honneur! Dans le pauque de superstitions, <|ii«- de temps que <1«- misèresde tout genre, tthieu a dépeintes en ces termes douloureux : ient tourmentées de divers maux et brebis qui u'ont pas d< delà de la Judée, le monde païen, im bres '!<• la mort, courbé sous 1<- II serait facile il<' « l ï 1» • da\ nntage but un t< Même autour <!<• la Personne adorable du

commettaient ! Judas était à

d'incompréhensibles tristesses. La A.po-

mprendre 8es li \- mples,

ient des miracli l»lu^

divine patience. Que peut signifier, dans le

parole : 0 générât io incredula,

■IU,l nul i

i affligé <l<- l'incrédulité, de de toutes les faiblesses «-t

VICTIME d'EXPI LTION 177

Or, tout cela était pénitence douloureuse, affliction intime el profonde pour Jésus. Ce qu'il voyait, ce qu'il entendait, ce qu'il lisait dans les cœurs, ce qu'il savait de La vie de chaque créature, toutes ces choses étaient autant de glaives acérés, <jlu" '•' frappaient sur l'autel de Bon Sacrifice d'expiation. Mais tout était offert au

Père. Sa patience montait co le un encens d'agréable

odeur vers sa Sainteté offensée. Victime pour tous ceux dont les péchés étaient la cause de tant de souffrances, il ue «•(•--ait de dire, dans son ineffable humilité et son inaltérable tendresse: Pardonnez-leur; ils ne savent pas ce qu'ils font l. »

l'n autre caractère de la souffrance de Notre -Seigneur, c'est son extraordinaire intensité. La sensation de 1m douleur a dû varier. Nous pouvons le conclure de plusieurs passages de l'Evangile; mais ce qu'il y a eu habit u< llement dans son ame. et même dans son corps, i prodigieux, que uos conceptions ne peuvent en aucune manière en atteindre l'intelligence -. Pour s'en convaincre, il faut se rappeler que, dans le plan de l'étemelle ; . la souffrance était le principal moyen voulu d«' Dieu pour l'expiation du péché. Oportuit pati

( 'h ri si n m.

Or, Jésus avait reçu son humanité pour ace plir

in. < Jette humanité était doue créée avec une disposition, une aptitude spéciales, directes, naturelles, pour la souffrance. La souffrance était comme la fin im-

1 Luc. xxm, '■'< l- B Iles paroles de Tertullien : Saoimaiu voluptati patikntij Bi'Bca volkbat. Deapicitur, verberatur, deridetnr, fœdia vostitur, fiedioribtti cor» natur. Mira aeqnanimitatia Bdes! Qui in hotninia figura propoaneral Intere , n'.hil de impatiente bominia imitatus est... Patient ia m hujuoniodj nernu boininuin perpetraret. D< P ap. m. Patr. lat.. t. I

coL 1264

1 est pourquoi, toute douleur

Ce, 'M Se t!"ll\ .lit <!l elle

tlomaiue. C'était comme un torrent <i>ii

pite dans son lit desséché. Toutes les affections

et douloureuses <l<- l'Ame \ étaient donc au plus

haut es .- 1 til i « - 1 î< n i» du corps ;ui-^i : la faim,

• haleur, la fatigue. Ce fui absolument

durant on; ce fut vrai aussi, quoique moins

doute, dans tout !<• eoui ■» de sa \l< on ne fui pas, au terme de l'existence '!«• l'Homme ènemenf extraordinaire, un drame effrayant qui Burvient après des années de paix el de bien être relat l'épanouissement d'un mystère intérieur

cjui n'a jama d'être. C'est comme le point où -<•

ipite au pied d'une montagne, pour tout inonder, un fleuve «| i accumulé «'ii lac Immense, dans

flancs. Lavoloi Enfant de la crèche, dit le P. Faner,

la même que celle de l'Homme; sa volonté a Beth il identique .1 sa volonté sur le Calvaire ; c'était immense désir de «ouffrir, '-i la même crainte lême poids < 1 1 1 péché qui torturait sa la même colère du Père à endurer, perçue omprise ;i\ ce la même plénitude qui ne de\ ;iii pas croître a\ ec les

qui n'attendait pas la pération

tir .1 -"ii arae '.

que nous .i\ ons déjà dit. I n Jfcsi digicux, tout est ili\ in. SI quel dé, <|ii.ni<l il esl «|ii<v \ que noua n .i\ -.us

- nul. I. dQ

\ n TIME DEXP1 Vil' 'N 17'J

Dbei . de -"ii infinie Vérité, de son infaillible Justice, '1rs droits <lc son Amour offensé. Assurément la Rédemption pouvait 8e faire autrement. Une seule goutte de sang, i i moins encore, aurait suffi pour L'accomplir '. Il est même certain que, malgré tant de souffrances expiatrices, la Rédemption fut une œuvre de miséricorde: non seulement en ce sens, qu'elle eut pour principe la bonté très gratuite de Dieu le Père; niais en ce sens aussi, que l'acceptation qu'il fir <lr folios expiations était libre de sa part. S'il les agréait, c'est qu'il avait promis d'en être satisfait, et non qu'il y fut obligé par une sorte de uécessité que la justice réclamait. Ce sont là dos abîmes sans fond pour notre pauvre intelligence humaine. Du moment qu'il était uécessaire Dieu lui-même l'ayant ainsi voulu de donner satisfaction à l'éternelle Sainteté, à l'éternel Amour offensé, à la souveraine Justice, il ne pouvait y avoir d'extrémité de souffrance et d'expiation qui pût être excessive2. La valeur même des actes de Nôtre-Seigneur, qui est infinie, à cause de la Personne divine qui se les appropriait, ne l'était pas intrinsèquement, mais demeurait finie et limitée en sou

1 Christus non guttam sangninia modicam, quœ tamen, propter unionem ad Verbtun, pro redemptione totius goneris humanî sufticere potuissel : Bed copiosè relui quoddam profluvium noscitur effudisse. Clem. VI, in Extravag. Unigenitus, libr. V.tit. i\.

i i des manuels de Théologie les plus connus, el peul être les plus complets, résume ainsi cette doctrine : Deus esl absolutus et snpremus Dominos; ergo nullus alius potest, per se, illum obligare ex jnstitiA,

BeclnsA ejus pr issione... F"< 1 1 1 1 < l . ■ 1 1 1 infinitus esl ralor operum < hristi ol

pratissimus; Bed tamen valor ille esl de se quid creatnm '•! I »>■"

extrinsecum : erg a potesl ex se ullani necessitatem inferro divinn?

volnntati; imo ità esl ^i 1 1 > dominio ejus, ut I>ni* libéré possîl non boIuiii ill.'un non acceptare satisfactionem, Bed in alium quem rolueril nmim ordi-

tiare -, sicque decernere ul Christus opéra sua pro I inibus non offernt.

/ titul. theologicœ ad wntm teminariontm (vulgo II logis Tolosans .

.•uni. Bonal, t. II, d* Incarnat. Cap. m, art. 3, Punct, I] : /'■ talitfai fi'oHÛ ( 'hrùti,

ntingento i tte valeur, bî absolument agréable à uvait <1 s, par elle-même, imposa

i8tice, la pleine remise de l'injure, iti té avaient reçue «lu péché ipiation cette pensée ouvre qu'il est grand notre 1 > 1 1 1 . Père, Fils it . qui n'est point n«'-. f <'n-

quc par sa libre promesse, à accepter une satia -i plénière! Elle tut. en effet, de toute façon |>1<-ttr divine satisfaction. Car elle fut non Beulement équivalent i dire, répondant à tout le dé

ffense, mais encore surabondante, et même ut»', au point que la divine Justin- elle-même ne ■ II • m principalement «-t définitivement

la mort de la divine Victime, que consistait, par i • e, l.i condition de cette satisfaction elle '-t plénière.

irons maintenant dans la considération de ce grand, m M\ stère, éternelle étudi ■

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