CHAPITRE X
SUITE DU COMMENTAIRE DU TEXTE DE .SAINT PAUL,. DEUXIÈME PARTIE DU TEXTE.
V. Quœcumque amahilia. — Il y a, dans ces j^aroles, tout un traité de politesse chrétienne. Corneille Lapierre les commente ainsi : Id est, quœcumque ad amicitiam, concordiam, et henevolentlam alendam, (tuf jjromovendam, sunt accommoda.
Quœcumque amahilia. T)a,ns la vie du Séminaire d'abord, dans cette multitude de relations, dont l'ensemble est cette heureuse vie. Mais nous irions trop loin, si nous nous laissions entraîner aux développements que ce sujet comporte. Xous venons de le dire, c'est tout un traité de politesse chrétienne et cléricale. Quœcumque amahilia, avec les condisciples, en récréation, c'est l'air du visage, c'est le ton de la voix, ce sont les manières à la fois respectueuses et amicales ; au réfectoire, c'est une attention, un égard; en cas d'infirmité, c'est la sympathie, le dévouement; c'est toujours et partout, la mise en pratique de la belle sentence de saint Paul : Unusquisque restrûm proximo stio placeat in honum,ad œdificationem i. Avec les dignes Maî-
' Rom. XV, 2.
très, le plus grand respect, la plus franche et filiale déférence, les prévenances les plus affectueuses etles pluspolies : en classe, quand ils parlent et surtout quand ils permettent une contradiction ; en récréation, quand ils s'avancent vers nous et durant tout le temps qu'ils veulent bien nous donner; dans un couloir, un escalier; si quelque charge ou office nous procure l'honneur de leur rendre quelque service... Oh ! que tout cela est important! Oh! quelle essentielle partie du grand programme de l'éducation cléricale au Séminaire!...
Quœcumque amahilia : tout ce qui est de nature à attirer à Notre-Seigneur, à sa doctrine, à ses sacrements, à son Eglise ; et rien de ce qui pourrait en éloigner.
« Tout ce qui attire ». Envers tout le monde, les pauvres, les petits, les riches, les grands, les affligés, les heureux, les ennemis, les amis, envers tous, en gardant toutes convenances, eu égard à la diversité des personnes, bienveillance, sympathie, douceur, charité, dévouement, — Quœcumque amahilia. Il est dit du divin Maître : Bejîè omnia fecit^. Calainum quassaUim non conteret, et linam fiimigans non extiyiguet'^. Il disait lui-même: Discite à me, quia mitis surn ethumUis corde ^. Veiiite ad me omnes, qui lahoratis ^. Nous avons dit, qu'il faut avoir égard aux personnes. Un jeune Clerc, dans sa charité et sa bienveillance, aura bien soin de ne pas se donner des airs protecteurs; mais ce qui lui convient toujours et envers qui que ce soit, c'est une parfaite politesse. Rien n'en dispense et tout nous y oblige: le saint vêtement que nous portons, la cause que nous représentons, les intérêts sa-
1 Mme. VII, ;î7.
2 I.saiœ XLii, ;î. — Mattli. xii, 20.
•* Matth. XI, 21).
4 Matth. XI, -iS.
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crés que nous servons et qui sont ceux de Dieu même, le but que nous voulons atteindre et qui est de faire du bien, le vrai bien qui est le salut, aux âmes avec lesquelles nous sommes en relation, soit accidentellement, en voyage, sur un chemin, faisant route ensemble, dans un hôtel, soit habituellement dans notre famille, au Séminaire.
Nous l'avons dit déjà plusieurs fois, quelle que soit l'éducation première d'un jeune Clerc, il faut qu'il se fasse si bien aux bonnes règles des bienséances sociales, que touten lui, sous ce rapport, soit absolument irréprochable. Aussi, quelque importantes que soient les études du Séminaire, qu'il ne néglige pas de lire attentivement et, au besoin, la plume à la main, quelque bon traité de politesse. Plusieurs ont été composés spécialement pour les ecclésiiistiques i. Un ouvrage de ce genre lui est presque aussi nécessaire que le livre de la Lecture spirituelle. Ce qu'il ne saisit pas bien, en lisant, qu'il se le fasse expliquer par M. le Supérieur ou un des Directeurs. Si, sous l'influence de nos moeurs démocratiques, la politesse était forcée d'abandonner un monde menacé de toutes sortes de ruines, elle devrait trouver un asile assuré dans la vie des Prêtres.
Quœcumque amabiUa. « Tout ce qui, étant agréable aux hommes, les attire à Jésus-Christ ». Mais aussi et par là même, rien de ce qui peut les éloigner : un manque d'égard, une indélicatesse, l'oubli d'un service rendu, un procédé grossier, une parole dure, un trait d'esprit blessant, une humiliation publique, ou simplement, dans quelques cas, un défaut de savoir-vivre, l'ignorance d'une notion élémentaire de bonne tenue, d'usage. Le monde a
' Plusieurs sont très recommandaljles. Noixs croyons que Touvrage de M. Branchereau, supérieur du Grand Séminaire d'Orléans : La j^olitesse et le» convenances ecclésiastiques, mérite une mention particulière. Nous voudrions en conseiller la lecture et l'étude à tous les Séminaristes.
tort d'être exigeant à l'égard d'un jeune ecclésiastique; il a moins de tort, s'il s'agit d'un Prêtre qui exerce le saint Ministère. Mais, à notre tour, nous avons tort, si nous négligeons de savoir et d'accomplir certaines règles faciles, que pratique tout homme qui se respecte. S'il y a quelque gêne à s'imposer, n'oublions pas le but sublime que nous poursuivons toujours, dans toute notre conduite: l'honneur de Dieu, le salut de nos frères. Rappelons-nous l'exemple de saint Paul : Cum liber es.sem ex onuiibiis, omnium me sermim feci, ut phires luc7'ifacerem. Et factus swni Judœis tanquam Judaus, ut Judœos lucrarer ; lis qui suh Jege sunt, quasi suh lege essem (ciim ipse nonessem suh lege^ îit eos, qui suh lege erant, lucrifacerem ; iis qui sine lege erant, tanquàm sijie lege essem {cum sine lege Dei non essem, sed in lege essem Christi), ut lucrifacerem eos, qui sine lege erant. Factus suminfirmis'infirmus,uti7ifirmoslucrifacere7n. Omnibus omniafactus sum,ut omnes facerem salvos ^.Quelle sublimité de sentiment! Oh ! que chaque Séminariste, tout préoccupé déjà del'honneur deDiEU et du salut des âmes, s'étudie à parler, à agir, de manière à toujours servir de si grands intérêts; et si des habitudes polies, l'attention aux usages légitimes du monde, cet ensemble qu'on appelle les bienséances sociales, doivent concourir à une si noble fin, qu'il soit le plus poli des hommes. Quœcumque amahilia...
Il est d'usage, dans les Séminaires, que chaque élève ait un moniteur. Il peut en résulter un très grand bien, si le moniteur est vraiment judicieux. On ne doit faire ce choix qu'avec l'agrément et l'approbation de son Directeur ; mais, une fois fait, il faut être bien reconnaissant envers l'ami dévoué qui nous fait observer tous nos défauts de manières, de caractère, ne laissant rien jDasser, rêve-
1 I Cor. IX, 19-2-.».
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liant patiemment sur les points les plus longs à améliorer. Plustardj devenu Prêtre, le Séminariste peut faire tant de bien, ou en faire si peu, suivant qu'il aura corrigé ou non un travers, un petit ridicule, un manque de tact, de bonté, de douceur, de prudence, de dignité.
VI. Quœcumque honœ fainœ. — C'est de toute rigueur, et pour une multitude de motifs. Le Séminariste est encore dans l'obscurité, et il doit aimer cette obscurité. Mais il n'ignore pas que Dieu l'appelle à être « la lumière du mondei. »I1 est destiné à devenir l'exemplaire que les fidèles n'auront qu'à imiter pour faire leur salut - : non pour sa gloire, non pour le profit de sa vanité : ce serait un abominable sacrilège. Même dans les plus grands ministères, il devra dire plus tard, comme le divin Maître et avec bienplus de fondement : « Ma gloire n'est rien '^ » ; mais il faut que « sa lumière brille devant les hommes, pour que les hommes, voyant l'excellence de ses œuvres, glorifient le Père qui est aux cieux *. » Voilà sa mission, voilà sa grâce, et voilà la raison foncière de son élection éternelle. lu omnibus teîpsumpvœhe eœemjjJnm honorum operinn, in doctrinâ, inintegrifafe, in gravifate ïJ.C'estla pressante recommandation de saint Paul à Tite. Voyons le témoignage qu'il rendà son ministère : Neminidantes iillam offensionem, ut non l'ititperefur viinisterium nostrum. Sed in omnibus exMbeamus nosmetipsos sicut Dei ministros, in multâ patientiâ, in trihuJationibus, in necessitatibus, in angustiis... in îaboribus, in vigiliis, in jejunlis, in casfitafe, in scient iâ.
' Vos estis lux mundi. — M;itth. v, 14.
- Cùm enim à rébus sseculi in altioreni sTihlatilocum (clerici) conspiciautur, in eos, tanquàm in spéculum, reliqui oculos conjiciunt. ex iisque sumunt quod imitentur. — Concil. Trident. 8ess. XXII. De L'ffonnofi'one, cap. i.
3 Joann. viii, 54.
« Matth. V, IG.
s Tit. II, 7.
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fil lonyanimitate, in suavitate, in Spiritu Sancto, 171 charifate non fictâ, in verho veritatis, in virtnte Dei 1. Mais, <iuand il s'agit de citer saint Paul sur de tels sujets, il est nécessaire de s'observer, pour ne pas multiplier les citations sans fin. Il disait à tous: « Nous sommes la bonne odeur de Jésus-Christ 2. » Ah ! que ne pouvons-nous le dire, nous aussi, à ceux qui nous aiment, comme à ceux qui nous haïssent, de sorte que Jésus-Christ soit glorifié « même dans notre corps 3 », c'est-à-dire, dans toute cette vie extérieure que les hommes voient et qu'ils jugent, « reprenant, par la sainteté de notre vie, quiconque a besoin d'être repris, instruisant quiconque a besoin d'être instruit, et parvenant, avec une grande sagesse, à faire que tout homme, si c'est possible, devienne parfait en Jésus- Christ 4. »
A toutes les époques de l'histoire, il a été nécessaire que le clergé fût un modèle manifeste et éclatant de toutes les vertus ; mais « dans les temps difficiles et mauvais », comme dirait saint Paul ^, que nous avons à subir, il faut absolument que nous nous appliquions, jeunes et vieux, séminaristes, vicaires, curés, à tous les degrés de la sainte Hiérarchie, à mener une vie si irréprochable et si pure, que non seulement : qui ex adverso est, vereatur, nihiî liabens malum dicere de nohis ^, mais que tous conviennent, que « ce qu'il y a encore d'honneur véritable, de dignité et de vertu, est en nous, repose
' Il Cor. VI, :^-7.
2 II Cor. II, 15.
s II Cor. IV, 10.
* Corripientes omnem hominem, et docentes oninem hominem, in omni sapienliâ, iit exliibeamus omnem hominem perfectum in Christo Jesu. — Coloss. I, 28.
5 Quoniam dies niali sunt. — Eph. v, 16.
« Tit. II, 8.
. sur nous i » et est le patrimoine inaliénable de notre saint Ordre. — Quœcumque honœ famœ.
VII. Si qua virtu.^. — Virtus, c'est la vigueur, c'est l'énergie, c'est la force d'âme, c'est le quatrième don du Saint-Esprit opérant en nous et autour de nous, par notre ministère, de grands effets, remportant de saintes victoires, pour la gloire de Dieu.
Nous devons traiter ce sujet, à la suite du chapitre consacré au Diaconat.
"VIII. Si qua laus disciplinœ. — « Tout ce qui est l'honneur et la gloire de la discipline, de la subordination, de la fidélité aux règles ecclésiastiques, tout ce qui est obéissance, respect, filiale déférence aux Supérieurs 2.» A^otre siècle est un siècle d'insoumission et de révolte ; jamais, peut-être, l'esprit d'indépendance n'a été plus général. Il est, pour ainsi dire, entré dans les mœurs; tout conspire contre l'autorité, tout concourt à la négation de l'ordre hiérarchique ; tout : et ce qui se dit, et ce qui s'écrit, et ce qui se fait. Mais si qua laus disciplinœ, si l'honneur de la discipline et du respect des droits est quelque part, c'est dans nos rangs, c'est dans nos cœurs, dans nos paroles, dans toute notre conduite qu'on le trouvera. Oh ! que le jeune Clerc attache à cette vertu une souveraine importance ! Que rien, dans ses paroles, devant qui que ce soit; que rien dans ses sentiments,
* Quoniam quod est honoris, g-loriœ et virtutis Dei, et qui est ejus spiritus, super %'os requiescit. — I Petr. iv, 14.
- C'est le sens qui se présente naturellement à l'esprit. Même dans les auteurs classiques, Disciplina signifie subordination, ordre, rè3'lenient qui assigne aux personnes et aux choses leur vraie place. Mais ce mot a aussi et plus souvent le sens d'instruction, d'éducation, de science, d'étude même, de principes de morale et de conduite, d'expérience, d'exemples... On voit le parti que l'on pourrait tirer des paroles de l'Apôtre : Si qua lausdiscijilinœ, pour donner aux jeunes Clercs quantité d'utiles conseils.
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quelles que soient ses épreuves (il en a peu en ce moment, il en aura plus tard) : rien, absolument rien ne laisse soupçonner quelque irrévérence envers ses Supérieurs, quelque opposition à leurs volontés, à leurs désirs, à une mesure prise par eux, même quand il en souffre. Que sommes-nous pour juger? Saint Paul nous l'interdit, s'il est simplement question d'un serviteur : Tu quis es, qui judicas alientim servum i ? qu'est-ce donc, quand il s'agit d'un Supérieur, d'un Evêque ? Si qua laus disciplinœ. Statuts diocésains, ordonnances synodales, règlements paroissiaux, dispositions accidentelles qui modifient pour nous notre position, nos relations, mutation d'un poste à un autre : tout cela parfaitement respecté, exécuté, aimé même, par esprit de foi et d'obéissance, est le Laus disciplinœ. Le Séminariste ne voit encore ces choses que de loin ; mais il doit s'y préparer, il doit prévoir cette immolation franche et généreuse de la volonté aux vues et aux décisions de ses supérieurs majeurs. Il dira le Promitto obedientiam, le jour de sonSacerdoce ; mais il ne faut pas qu'il attende cette grande solennité, pour s'affermir dans l'esprit de soumission et d'humble et filiale obéissance. Quantité de règlements, aa Séminaire, l'y disposent. Le règlement général fixe et détermine exactement la distribution du temps, l'heure précise et la suite des exercices : tout ce qui est du silence, de la prière, du travail, de l'ordre dans la cellule, de la conduite au réfectoire, en récréation, au parloir, etc. ; tout cela est prévu. Qu'il soit fidèle, « 7ion ad ocuhim servientes, quasi hominihns pJacentes, » mais, ajoute l'Apôtre, « in simplicitafe cordis, timentes Deum... Scientes quod à Domino accipietis retrïbutionem hœreditatis (Dominus pars hsere-
' Rom. XIV, 4.
LA PARFAITE FORMATION D'UNE AME SACERDOTALE lôâ
ditatis meœ...^ Domino Chrisfo servite i. Qu'il est beau cet esprit de foi et d'amour! 11 n"est pas possible d'exprimer toutes les bénédictions qu'il assure au ministère du jeune Clerc. Mais ajoutons : 11 n'y a pas que le règlement général ; il y a celui que le Directeur a approuvé et qui assigne, d'une manière plus précise et toute personnelle, certains points relatifs à la prière, à la mortilication, au travail. Qu'il soit également observé et suivi en esprit de foi et d'amour. Une telle exactitude, une si scrupuleuse ponctualité, paraissent peu d^e chose ; mais, < si peu de chose est évidemment peu de chose, dit saint Augustin, c'est une très grande chose que d'être fidèle en ce qui est peu de chose - » ; et nous savons la promesse qui est faite à une si constante fidélité. Quia .super pauca fuisti fideUs, super multa te constituam, intra in gaudium Domini fui '^.
Enfin, accidentellement, il y a les avis du Supérieur ou du Directeur du Séminaire. C'est l'indication de ce qu'il y a à faire ou à éviter, dans tel cas particulier. Que ces avis soient importants en eux mêmes, ou qu'ils consistent en de simples conseils, ils rencontrent toujours la plus simple, la plus franche, la plus cordiale docilité, dans le Séminariste, qui comprend et fait fructifier en lui la grâce de sa vocation. Aussi est-il la consolation et la profonde joie de « ceux qui veillent avec tant de sollicitude sur son âme, et qui en portent devant Dieu la responsabilité •*. ;>
1 Coloss. m, 2-2--24.
2 Quod minimum est, minimum est : sed in miuimo tidelem esse, magrnum est. — De Doctrinâ Christianâ. Lib. IV, cap. xviii. — Patr. lat., t. XXXIV, col. 805.
3 Matth. XXV, 21.
■* Obedite praepositis vestris. et .subjacete eis ; ipsi enim pervigilant, quasi rationem pro animabus vestris reddituri, ut cum gaudio hoc faeiant, et non cémentes; hoc enim non expedit vobis. — Hebr. xiii, 17.
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L'Apôtre, après cette grande et belle énumération des dispositions surnaturelles, qui conviennent à une âme sacerdotale, dit : Hœc cogitate. — De cœtero, fratreSj quœcumque sunt vera, qiiœcumque pudica, quœcumque jusfa, quœcumque sancta, quœcumque amabUia, quœcumque honœ famœ, si qua virtus, si qua laus disciplinœ : liœc cogitate : ne cessez d'y penser dans vos oraisons, pour vous convaincre toujours davantage de la nécessité de ces saintes pratiques ; dans vos prières et supplications, pour demander avec instance la grâce de les observer, à Notre-Seigneur qui seul donne « le vouloir et l'exécution parfaite du vouloir i » ; dans les examens de conscience, pour corriger résolument ce qui s'oppose en vous à la sainteté de ces dispositions et de ces œuvres ; dans la lecture spirituelle, afin de fortifier ces mêmes dispositions et de vous déterminer à ces œuvres, par les exemples et les conseils des Saints ; en toute occasion et partout, pour ne jamais perdre de vue ce qui est en vérité toute la vie sacerdotale.
La suite du texte porte : Qiiœ et didicistis, et accepîstis, et audlstis, et vidistisinme. Voilà bien ce quise passe au béni et si aimé Séminaire. Quœ et didicistis: c'est l'enseignement des dignes et vénérés Maîtres : Quœcumque vera, quœcumque sancta... Quœ accejnstis : c' estle témoignuge de l'esprit d'obéissance et de docilité dans les jeunes Clercs. Et audistis : c'est l'enseigement donné à tous, entendu de plus près, par chacun, dans l'intimité de la Direction. Et vidistis in me: chacun des vénérés Directeurs pourrait le dire ; mais nous savons trop bien que l'humilité admirable qui est en eux, ne permet même pas qu'ils en aient la simple tentation. Quœ vidistis in me : quœcumque vera, qucècumque pudica,- quœcumque justa, si qua virtus, si qua lausdis-
» Philipp. II, 13.
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cipUnœ. Vidisfis: c'est aussi le spectacle de la ferveur de tous les heureux condisciples, de leur piété, de leur régularité, de leur charité, qui est l'objet de la consolation et de l'édification de chacun.
La conclusion du grand Apôtre vient après cela naturellement, comme une sainte recommandation qui va faire la règle invariable de la vie intérieure et extérieure de tous : Hœc agite. Et voici l'assurance qu'il donne, après tant de bonne volonté et de persévérance : Et Deuspacis erit vohiscum.
Tandis que le pieux Séminariste s'exerce à la pratique de ses saints devoirs, et fortifie ainsi de jour en jour la grâce de sa vocation, le temps s'écoule rapidement dans la maison de Dieu, et il amène d'ordinaire, dans le cours de la seconde année, la touchante solennité de la première Ordination proprement dite, celle des Ordres mineurs.