Tarn non dicam vos serves, (sed) amicos. — Joann. xv
- S. Ambroise a pu dire : « Christus mihi cibus, Christus niilii potus; caro Dei cibus mihi, et Dei sanguis potus est mihi. Non jam ad satietatem mei annuos expc.cto provent>is : Christus mihi quotidiè ministratur. » — In Psahn.CXVIII, Serin. XVIII, n. 20.- Tatr. lat., t. XV, col. 1461,
3 Qui eripuit nos de potestate tenebrarum. — Coloss. i, 13. — Nunc ego mitto te... ut convertentur... de potestate Satan.a' ad Deum. — Act. xxvi, 17, 18.
t riiilipii. II, 7.
Qu'il sera utile et salutaire au nouvel Orclinand de ne point perdre de vue l'esprit de servitude et la conduite de son doux Maître, du Premier de son Ordre, Jésus, de l'adorer, de vouloir l'honorer et lui rendre hommage, par toutes les fonctions qu'il remplit, à l'autel et ailleurs, à l'égard du Diacre : soit qu'au départ de la sacristie iJ marche devant lui, en signe d'infériorité, ou qu'il se tienne à sa gauche, ou derrière lui, durant la Messe et les olfices, oti debout, et découvert, quand le Diacre est debout ; soit qu'il tienne le livre ouvert, devant lui, pour le chant de l'Évangile, ou qu'il lui apporte le calice couvert d'un voile et le lui présente pour l'otfertoire; ou bien qu'il en reçoive la patène, qu'il doit porter, devant ses yeux, jusqu'à l'Oraison dominicale, au pied de l'autel, comme pour témcigner qu'il est indigne, lui, serviteur d'un serviteur, d'être témoin des saints Mystères, de voir face à face et sans voile ce qui se passe sur l'autel, La sainte Messe s'achève, sa position inféiieure est toujours la même; et elle ne varie pas, non plus, dans les diverses cérémonies de l'année ecclésiastique : Exposition du Saint-Sacrement, Bénédictionsdes cierges ou des rameaux. Processions, offices extraordinaires de la Semaine-Sainte; comme ne varia jamais, dans notre divine Victime, sa très profonde et très amoureuse disposition de servitude, à l'égard de nos âmes. Maintenant même, dans l'adorable Sacrement, n'est-il pas notre serviteur, par ses supplications et ses expiations, et ~(ce qui est plus étonnant encore et éternellement ineffable) par le don qu'il fait de lui-même, comme s'il n'était pas sa propriété et qu'il nous appartînt? N'y a-t-il pas une allusion à ce mystère de son humilité et de sa tendresse, dans ces paroles qu'il a dites lui-même: «Quel est le plus grand, de celui qui est assis pour prendre son repas, ou de celui qui sert? n'est-ce pas celui qui prend le repas?
Et voilà que je suis au milieu de vous, comme celui qui sert 1 ? »
Aucune de ces saintes vues n'est étrangère à l'heureux Sous-Diacre -. — Voici la seconde de ses fonctions :
2o Quant ie Célébrant a dit : Or émus, jwur l' offertoire, le Sous-Diacre incline la tête, fait la génuflexion, et se rend à la crédence. Là, il reçoit un voile sur les épaules; il prend de la main gauche, sans se servir de ce voile, le calice; le couvre avec la partie du voile qui pend du côté droit, met la main droite par-dessus le calice et vient le porter au Diacre. Sur la patène du calice est l'hostie. Un acolyte s'approche et présente la burette du vin au Sous-Diacre, qui la donne au Diacre. Le Sous -Diacre reçoit du même acolyte la burette de l'eau ; il la fait bénir au Célébrant et ensuite il met, dans le vin du calice, les quelques gouttes d'eau qu'exige la sainte Liturgie.
1 Naiu qiii.s major est, qui recuinbit, an qui niinistrat ? nonue quirecumhit V Ej,'-oautenî in medio vestrûm suni, sicut qui ministrat. — Luc. xxii, 27.
- Un fervent Religieux de notre temps, le Père Clément -Marie Cathary, de la Compagnie de Jésus, avait reçu d'une manière éminente cette précieuse grâce du 8ous-Diaconat. Lorsqu'il l'ut admis à cet ordrf^, il fit, avec la permission de ses supérieurs, le vœu d'/uiviilité, dont voici la teneur : « O Jésus, doux et humble de cœur, par l'intercession de Marik, ma Mèie immaculée, de S. Joseph, mon Protecteur et mon Père, daignez me faire la grâce d'éviter tout orgueil, dans les paroles, les manières, les pensées, les jugements, les intentions et les actions, d'accepter avec joie et de choisir avec empressement, autant que le choix me sera permis, ce qui est le plus conforme aux abaissements de votre vie et de votre Passion. Et je vous en fais le vciui. Amen! Et sous deux conditions : la première, qu'il n'y aura manquement au vœu, que par un acte d'orgueil ou par l'omission d'un acte d'humilité notable et pleinement délibéré ; la deuxième, que sitôt qu'il y aura indck-ision, trouble, ou scrupule sur l'insuffisance de la matière, le vœu cessera d'obliger, dans ce cas, par le fait môme. » — Vala, fête de la Purification de la T. S. Vierge, 2 février 18ô8, le dernier de tous les hommes, pour l'esprit, le cœur et le corps, Clément-JLarie Cathary. — Le fer- \ ent Sous-Diacre avait viO ans. — Il mourut à l'Ile lîourbon, le 23 mai IHGît. — Voir sa 17^', par Daurignac.
Le pieux M. de Lantages, dans ses Instructions ecclémastiqueSj se pose la question suivante : « Quelles sont les significations mystérieuses du Sous-Diaconat ? » Il répond : « Il nous fait souvenir que Notre-Seigneur Jésus- Christ a préparé toute sa vie son Corps et son Sang, pour être la^matière de son Sacrifice sur la croix et sur l'autel 1. » Ce que fait le Sous-Diacre, est donc la copie et la reproduction de ce que Jésus-Christ a toujours fait. Au moment de son Incarnation, il dit : « Me voici pour faire, ô Dieu ! votre volonté. Les holocaustes, les sacrifices ne vous ont pas été agréables-, c'est pourquoi vous m'avez donné un Corps -. » Ce Corps, cette Humanité sainte étaient la matière de son Sacrifice. II se l'unit hypostatiquement, il la fit se développer et grandir, sous l'action de sa propre Providence, et enfin il se présenta à son Père nu jardin des Olives, et il aima l'immolation et la mort. Cette immolation et cette mort sanglante, il les eut devant les yeux toute sa vie; et il les désira l'une et l'autre, avec une ardeur indicible : Baptismo haheo bap tizari; et qnomodo coarctor usque dam perficiatur -^ ! C'était sa constante et amoureuse préparation au Sacrifice.
Mais de même que le Sous-Diacre voile le calice et le pain d'autel, qui est sur le patène du calice, quand il va delà crédcnce à l'autel; ainsi Jésus avait voilé le mystère de son état d'Hostie^. Son Humanité le voilait: Tiorno-
' Instructions ecrlé.fia'Xtitjuc-s, où l'on tâche de faii'f ronuft'Jre Vessence, la dignité et (a sainteté du (Jlf-rr/é, Titre IV.— Du Sous-Diaconat, cliap. r. 2 Hebr. x, 5, 9.
* Luc. XII, 50.
* Nous avon.s cité ailleur.s divers textes remarquables des Pères sur ce caractère habituel et persévérant de Notre-Seigneur, l'obscurité voilant sa vie, sa gloire, sa mission et vraiment son humanité même. Un saint Évêque du XII* siècle l'a dit d'une manière touchante : « Totus Christus sub specie visibili absconditus est, qui « posuit tenebras latibulum suum (Psalm. xvn, l'2). » Ad quom Propheta loquitur, dicens : « Vere tu es Deus abscon-
rance, l'indiffcrence des hommes concouraient aussi ;'i le tenir voilé. Nous le savons par ce que les Évangélistes nous apprennent des Apôtres, quand Jésus leur parlait de sa douloureuse Passion ^ De sorte que le doux Rédempteur portaicà travers les hommes, depuis son Enfance et son Adolescence et même aux jours de sa Vie publique, sa sainte Humanité, sa Chair divine, son précieux Sang, unique Victime du ciel et de la terre; et, excepté Marie, Joseph, quelques âmes privilégiées, le monde entier ignorait le mystère. Et eraf velatum ante eos.
Mais JÉSUS n'était pas seul. Nous étions avec lui, et avec lui pour le même Sacrifice. Que dit saint Pierre ? « Jésus-Chkist est mort une fois pour tous, lui le juste, pour les injustes, afin de nous offrir à Dieu '^. » Il nous portait et il mourut, nous offrant à son Père en même temps qu'il s'offrait; ce qui veut dire que, à son Sang, à ce vin qui est le breuvage du Ciel '^, il mêlait la goutte d'eau de notre nature déchue. La goutte d'eau, c'est nous, nous l'avons vu. La goutte d'eau mêlée au vin devient du vin, le vin devient le Sang du Fils. Nous avons été unis à son Sacrifice, nous avons été immolés avec lui, et
ditus, Deiis Israël Salvator (Is. xlv, 15).» Absconditus Cliristus fuit ab initio, in sinu Patris ; absconditus fuit post, idem in forma servi quam assumpsit; absconditus est et nunc, in sacramento quod instituit. (Mais voici ce qu'il ajoute iiieuseinent :) Absconditum in sinu Patris fides invenit; absconditum in bomine fides nibilominùs invenit; invenit et ipsa fides in sacramento absconditum. » — Halduinus, Episcop. Cantuariensis, Trart.de SS. Euch. Sarram. initio. - Patr. lat., t. CCIV, col. 40S.
1 Dixit ad discipulos suos :... Filius enim baminis fnturum est ut tradatur in manus bominum. At illi ignorabant verbum îstud, et erat velatum ante eos, ut non sentirent illud. — Liac. ix,44, 45.
* Cliristus semel pro peccatis uostris niortuus est, justus pro injustis, ut nos offerret Deo. — 1 Petr. m, 18.
3 Dico auteni vobis : non bibani amodo de boc geniniine vitis, usque in diem iUum cum illud bibam vobiscum novum in regno Patris mei. — Mattb. XXVI, 29.
nous sommes une même Hostie avec lui. C'est le doux et merveilleux mystère qu'adore le Sous -Diacre, lorsqu'ayant porté de la crédence à l'autel le calice voilé, il le découvre, et quand, le Diacre ayant versé le vin, il verse quelques gouttes d'eau. Il adore, avec émotion et amour, ce touchant mystère; mais il veut y avoir part. Nous nous souvenons de ce que désire le pieux Acolyte, Mciis l'Acolyte est maintenant Sous-Diacre. Ses ardeurs sont plus vives, son besoin d'union est plus fort, les mouvements de son âme ^^ers l'état d'Hostie sont plus puissauts; il veut vivre et mourir et revivre avec Jésus immolé, consommé et ressuscité. Il veut être la goutte d'eau qui subit toutes les glorieuses destinées du vin ; il veut devenir Jésus-Christ, comme il porte, en toute sa personne et en tout son ministère, les caractères de l'action sacerdotale et de la grâce d'Hostie de Jésus-Christ. Mais voici sa troisième fonction.
3o II a soin que les vases sacrés et que les corporaux soient d'une propreté parfaite. Les corporaux sont destinés à recevoir le Corps adorable de Jésus Christ, les vases sacrés le même Corps adorable et le Précieux Sang. Or, ces vases saints et ces blancs corporaux sont des emblèmes. Le Corps de Jésus-Christ et son Précieux Sang ne sont pas consacrés, pour être déposés indéfiniment dans les ciboires ou les calices, ou sur ces linges bénits. Ils y sont, mais transitoirement. Qui est le corporal du Christ ? qui est le ciboire et le calice du Christ? Chacun de nous. L'Évêque vient de nous l'apprendre i. Nous sommes tous, le calice, le ciboire, le corporal des-
* Altîvre quidoni sanctae Ecclesiae, ipse est Christus... Cujns Altaris palljB et corporalia sunt membra Christi, scilicet Fidèles Dei, etc. — Gi-devant : Adepturî.
tinés à contenir le Sang, la Chair, l'Esprit, la Vie du Fils de Dieu. Or, nous étions couverts d'immondices ; mais^ dit saint Paul, nous avons été purifiés, lavés et sanctifiés et justifiés 1. 0 merveille de la condescendance de notre Dieu ! Linges souillés ! vases sans honneur 21 nous avons eu notre Sous-Diacre. Qui est notre Sous -Diacre? Celui dont il est écrit: « Il nous a lavés dans son Sang 3 ; il a aimé sou Eglise, et il s'est livré pour elle, afin de la sanctifier, la purifiant dans une eau abondante, avec la parole de vie 't. » Lui-même, il s'était annoncé, comme devant faire cette œuvre de purification et de sainteté : « Jerépandrai sur vous, dit-il, une eau pure, et vous serez purifiés de toutes vos impuretés ï^. » Ce qu'il a promis, il l'a fait. Il l'a fait par son Sacrifice et par ses Sacrements. Il le fait chaque jour, il le fait sans cesse, par sa grâce. Il est si désireux de voir ses Corporaux, nos cœurs, nos âmes^ sans tache, sans souillure, tout éclatants d'innocence et de pureté! Il a un si vif désir que ces vases mystiques, qui doivent contenir le trésor de sa grâce et de sa vie, et être^ en quelque sorte, sa demeure, lui fassent honneur, selon la recommandation qu'il nous donne par son Apôtre 6! Il voudrait qu'ils parussent des vases nouveaux, qui n'ont jamais été qu'à son divin usage. C'est l'ambition du ministre du Sanctuaire, à qui les vases sacrés sont confiés,.
' Nolile errare : neque fornicarii, etc., etc. Et hrec fui.stis ; sed abluti estis, seci sanetificati estis, sed justiticati estis, in nomine Doinini no.str Je.su Chri.sti, et in Spiritu Dei nostri. — I Cor. vi, 9-11.
* Et facti snmii.s ut iinmiindiLs omnes nos, et quasi panuu.s nienstruatseuniver.sse ju.stitiîE nostriB. — Isn'isb lxiv, 0.
2 Et lavit nos à peecatis nostri.s in sanguine suo. — Apoc. i, 5.
* Christiis dilexit Ecclesiam, et seipsum tradidit pro eâ, ut illain sanctificaret, nuindans lavacro aquse in verbo vitie — Eplies. v, 25, 2G.
s Ett'undam super vos aquam mundam, et mundabimini ab omnibu* jnquiiianientis vestris. — Ezecliiel. xxxvi, 25.
6 Hsec est voluntas Dei, sanctificatio vestra... ut sciât unusquisque vestrum vas suum possidere in sanctificatione, et honore. — I ïhessal. iv, 3, 4.
de les tenir en si parfait état de propreté, qu'ils semblent être toujours neufs. C'est aussi l'amoureuse et miséricordieuse ambition de notre adorable et si humble Sous-Diacre, notre Rédempteur. Il veut pouvoir dire à son Père : «Voilà que tout est nouvetiui » ; et, suivant la belle pensée d'Origène : « C'est la nouveauté môme, que notre Dieu voudrait sans cesse renouveler en nous 2. »
Ce sont les vues de foi qui occuperont saintement le nouvel Ordinand, lorsqu'il accomplira la recommandation de l'Évêque : « Il faut que le Sous-Diacre lave les nappes de l'autel et les corporaux; les nappes de l'autel doivent être lavées dans un vase, et les corporaux dans un autre. L'eau qui a servi à ce dernier office, ne peut être employée à laver aucun autre linge ; mais il faut la verser dans le baptistère. Appliquez-vous donc, tandis que vous remplissez ces ministères visibles, avec une grande propreté et un soin parfait, à vous élever vers ce qui est invisible et à l'accomplir aussi par vos œuvres...; de sorte que, si, par un effet de la fragilité humaine, les fidèles contractent quelques souillures, votre doctrine et votre vie soient comme une eau céleste qui les purifie, et les rende dignes d'être de nouveau l'ornement et l'honneur de l'autel qui est Jésus-Christ, et de participer à la grâce du divin Sacrifice ^. »
' Siquaergo in Christo nova creatura, vetera transierunt ; ecce facta sunt omnia nova.— II Cor. v, 17.
* Neque eniin putes qnod innovatio vitae, quœ dicitur siniiil facta, suffieiat; sed senipPT et quotidiè, si dici potest, ipsa novitas innovanda est. — In Epist. ad Rom , lib. V, n 8. - Tatr. gvsec, t. XIV, col. 1042. - Cité par Bossuet, l^"" Serm. pour la fêle de Pâques, l»"" ponit.— Cfr. ejusdem Origenis, lu Jeremiam, Honiil. IX (alias 6), n. 4, ubi sic habet : Multum beatus qui seniper exDeo nascitur. Neque enim dicam justum exDeonatum, sed per singula virtutis opéra semper justus nascitur ex Deo. — ratr.grœc, t. XIII, col. 3Ô.5.
3 Ci-devant dans l'exhortation de l'Évêque : Adepturi.
Grandes et saintes paroles, qui disent admirablement la gTâce du Sous-Diacre. Déjà, selon la parole de saint Thomas, il exei'ce une influence véritable sur les âmes i. Il a été purifié lui-même ; il l'a même été d'une manière spéciale, selon l'annonce même que les Prophètes en avaient faite 2; mais il est aussi purificateur par ce qu'il dit et par ce qu'il montre de saints exemples, en attendant qu'il le soit par la vertu toute-puissante d'un Sacrement, C'est ce que lui promet l'Évêque vers la fin de son exhortation : Estote ergo taies, qui Sacvificiis dlvinis, et Ecclesiœ Dei, hoc est, Corpori Chrisfi (le Corps sacramentel et son Corps mystique, l'Église), digne servire valeatis, in verà et cathoUcà fide fundat'i.
40 La quatrième fonction du Sous-Diacre, désignée par le Pontifical, c'est le chant solennel de l'Épître. Nous avons vu pi-écédemment le Lecteur faire un office semblable. Mais il faut remarquer, entre cet office et la fonction du Sous-Diacre, une différence très notable. Le Lecteur lit et chante les leçons de l'Ancien Testament; mais il le fait à l'ambon, non à l'Autel, et toujours en dehors de la sainte liturgie de la Messe. Son office est plein d'honneur, il se réfère comme tous les autres à l'Eucharistie^ mais moins immédiatement, moins directement à ce divin Mystère. Toutefois, à part cette différence, l'esprit qui anime ces deux ministres du sanctuaire, est le même; plus profond, plus intime, plus élevé dans le Sous-Diacre, que dans le Lecteur: cela doit être. La grâce grandit toujours, à mesui'e que le Clerc approche du Saint des Saints.
' Cité 1. 1, p. m'a.
* liecedite, recedite, exite iudè, poUulum nolite tangere; exite de medio ejus; imindamini qui fertis vasa Doinini. — Isaiœ i.ii, 11. — Audite me, LevJtîE, et sanctiticamiiii. — II Paralip. xxix, 5.— Cfr. Levitici xi, 44, 45.— XIX, 2. — XX, 7, etc.
Mais l'esprit est foncièrement le même. Quel est cet esprit? L'Esprit de Celui qui a dit: Verha, quœ ego locutus sum vohis, spîrïtus etvita sunf i. L'Épître que chante solennellement le Sous-Diacre, c'est tantôt une page de l'Ancien Testament, tantôt un extrait des livres du Nouveau, moins l'Evangile. L'Évangile est exclusivement réservé au Prêtre et au Diacre. Tout le reste des Livres canoniques est comme le bien du Sous-Diacre ; et le nom d'Epître indique que c'est quelque passage des Epîtres de saint Paul, de saint Pierre, de saint Jean, qu'il rappelle ordinairement à l'Eglise. Or, l'Ancien Testament, c'est la parole du Verbe incarné, la parole qui annonce sa venue ; le Nouveau Testament, c'est aussi sa parole. « Il a ouvert la bouche des Prophètes », dit saint Augustin 2. « Le Christ parle en moi », dit saint Paul ^; ou bien encore, et le sens est le même: « Devant Dieu, nous parlons dans le Christ^. » C'est donc cet unique Maître qui parle, c'est sa voix qui se fait entendre, quand le Sous-Diacre, vêtu de son aube et de sa dalmatique, et ayant reçu de l'acolyte le livre des Epîtres et le portant avec joie dans ses mains, commence ce chant à la fois doux et grave : « Leçon d'Isaïe... Leçon du Livre de la Sagesse... Leçon de l'Epître de saint Paul... de saint Pierre... » Il peut dire : Sermonem quem audistis, non est meus, sed ejus qui misit me ^. In me loquitiir Christus 6.
C'est ce qui explique son humilité, sa modestie, sa reli-
' Joann. vi, 64.
^ Déjà cité.— Cfr. Brev. Rom. in officio SS. omnium. — Ad uiatut., lectio viii, in fine.
3 Praedixi. et prpedico, ut praesens, et nunc absens... in mo loquitur Christus. — II Cor. xiii, 2, 3.
* Corani Deo, in Ciaristo loquimur. — II Cor. xii, 19.
^ .Joann. xiv, 24.
® II Cor., ut suprâ.
giorij et le rayonnement de douce joie qui paraît sur sa figure virginale.
Ce dernier mot nous rappelle une des plus grandes gloires du Sous-Diacre et du Prêtre: la Virginité consacrée. Nous avons dit, au commencement de ce chapitre, que nous aurions à en parler. Nous avons aussi à traiter de la sainte loi de la Prière publique, qui est imposée au Sous-Diacre par son Ordination.
Ce sont les grands sujets, qui vont nous occuper dans les chapitres suivants.