‹ Prêtre et hostieChapitre 23 sur 56 · L'CSAGE DES SENS ET LA CONDUITE DE LA VIE · texte numérisé non relu

L'CSAGE DES SENS ET LA CONDUITE DE LA VIE

pour exprimer l'objet de son désir et pour le provoquer, le voilà tant de fois, durant la sainte liturgie, incliné vers l'autel pour le baiser. L'autel, c'est l'image de Jésus- Christ. L'Évêque le lui a dit, le jour de son ordination au Sous-Diaconat i. Il le sait; il veut ce baiser de l'Epoux, et il muitiplie les baiscj-s à l'image sacrée de l'Époux; et il réussit à obtenir ce qu'il demande. Le moment de la communion arrive. L'Epoux présent se donne et se livre ; c'est bien le baiser de l'amour, quand il passe avec tant d'amour sur les lèvres de son ministre ; mais il va plus loin, et c'est l'union, qui est la fin de tout amour, l'union sans pareille de l'Hostie et du Prêtre, qui s'accomplit devant les anges étonnés.

Eh bien, ces lèvres sacerdotales sont saintes, plus saintes qu'il n'est possible de le dire, plus saintes que des lèvres angéliques, saintes comme les lèvres de Dieu 2. Poussons vers le Seigneur cet humble cri du Sage : Qids dahif ori meo custodiam, et super lahia mea signaculum cerfîim, id no7i cadam ah qjsis, etlingna meaperdat me^f

70 Que notre ouïe soit chaste comme nos lèvres. Ce qu'il n'est pas décent de dire, ne l'écoutons pas. Saint Augustin avoue « que les voluptés de l'oreille l'avaient captivé par des liens puissants 4. » Mais quand la grâce eut été victorieuse de cette âme si grande et si noble, il n'avait plus de plaisir qu'à entendre le chant des Psaumes; et, toutefois, même en écoutant ces belles mélodies, il craignait de se laisser aller à une délectation défendue. Il dit :« Le charme de l'oreille ne doit servir qu'à élever la

' Suprà, ch, XV.

'^ Spiritu labiorum suorum interficiet (Dominus) inipium. ^ Isaiœ xi, 4. •'' Eccli. XXII, 83.

* Voluptates aurium tenaciùs me implicaverant et subjiig-averant. — Confess., lib. X, cap. xxxiii, n. 49. — Patr. lat., t. XXXII, col. 7'.i9.

piété d'une âme faible encore ; et c'est pourquoi, lorsqu'il m'arrive d'être moins touché des paroles qui sont chantées que du chant, c'est une faute, je l'avoue, qui mérite une pénitence. Je voudrais alors ne pas entendre chanter. » Il ajoute humblement : « Voilà où j'en suis; pleurez avec moi, pleurez sur moi, vous dont la vie extérieure, comme la vie intérieure, est bonne i. »

Les Saints ont de semblables délicatesses. Rapprochonsnous des Saints, Quoi que nous fassions, sur cette terre, nous n'aurons jamais fini d'être chastes, au point qui convient à notre vocation.

S'il peut y avoir quelque faute à entendre, avec trop de plaisir, une belle voix dans une église, que serait-ce dans un salon, surtout si les paroles chantées et l'air qui les accompagne avaient quelque chose de mondain ?

La parfaite chasteté nous fait repousser, avec soin et fermeté, toute louange qui nous viendrait d'une femme 2, Mfimenfo semjjer quod Paradlsi colonum de possessione suâ mulier ejecerit 3,

80 Que notre odorat soit chaste. C'est pourtant le moins

' Ut, per oblectamenta auriuni, infirmior animus in affectnm pietatis assurgat. Tanien cum milii accidit ut me amplius cantus quàin res quîe canitur moveat, pœnaliter me peccare conftteor, et tune mallem non audire cantantem. Ecce ubi sum; flete mecum, et pro me flete, qui aliquid boni vobiscum intus agitis, undè facta procedunt. — Confess. ibid., n. 50. — Ejusd. t., col. 800. — Les humbles sentiments du saint Evêqua ne condamnent-ils point l'introduction, encore fréquente dans nos églises, de chants dont les auteurs sont sans doute des compositeurs habiles, mais dont le véritable esprit de piété profite si peu. « Maintenant, dit Bossuet, on a oublié ces saintes délicatesses des Pères ; et on pousse si loin les délices de la musique, que, loin de les craindre dans les cantiques de Sion, on cherche à se délecter de celle dont Babylone anime les siens. » — Lettres diverses, lettre clxxxi au P. Catïaro, sur la Coinédio. — Avis à plusieurs de nos vénérables Curés.

* Servus Dei ità castus débet esse, ut non tantum horreat quse indecenter sonant, sed etiam quœ nocent. — S. Bonavent. De Institut., pars I, cap. XVII.

' S. Hieronyni. Ej^ist. ad Nepotlan. ubi suprà.

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dangereux des sens. Et, toutefois, les saints Pères l'ont signalé comme un ennemi de la chasteté. « Il n'est pas rare, dit saint Grégoire de Nysse, que les bonnes odeurs corrompent notre sainteté intérieure et y introduisent de grands vices i. » Clément d'Alexandrie parle dans le même sens : « L'usage des parfums est une provocation à la luxure-. » Saint Ambroise et d'autres saints Docteurs les condamnent avec la même force 3. Mais il y a lieu de remarquer que ce ne sont pas les bonnes odeurs, telles que la création nous les donne, qui peuvent compromettre la chasteté. Le parfum des roses ou des œillets n'a rien de bien dangereux; mais les odeurs que les hommes ont fabriquées, dont ils ont altéré la simplicité, et qu'ensuite ils ont fait servir à la sensualité, ce sont celles qui nous portent au mal ; comme si ce qu'il y a de plus pur, dans la nature, se corrompait, dès que notre chair se l'approprie.

90 Que nos mains surtout soient chastes. 0 quam miindœ debenf esse mauus ïllœ ^ ! « Elles doivent être plus pures que la lumière ^. »

Il y a de saints Prêtres qui ont pour leurs mains un respect extraordinaire. « Nous en avons connu un, dit M.

' Xonnunquàm nasiis olfactu et attrac-tu vaporum mag^nis vitiis hominera inticit iuteriorem. — Orat. III, de Eesurrectione. — Patr. graec, t. XLVl, col. C78.

- Unguentorum usus ad libidines impellit. — Pœdagog., lib. II, cap. viii.

— Patr. graec, t. VIII, col. 466.

^ Luxuriosi honnni.s, vel potius non hoiuinis, est olere uuguentum. — In Lucam., lib. VI, n. -27. — Patr. lat., t. XV, col. 1675.

* De Imitât. Christi, lib. JV, cap. xi, n. 6.

' Hos.suet, xujn-à. — Nous lisons chaque année dans notre Bréviaire : Que non oportet igitur esse purioreni, tali fruentem sacrificio ? Quo solari radio non splendidiorem manuni, carnem hanc dividentein ? — Serm. S. Joann. Chrysost. ex homil. LX ad ijopid.Antloch.— Patr. griec, t. XLIX.

— In Dom. iiifrà octav. Corporla Christi, ad Matutin. lect. vi.

l'abbé Dubois, qui aimait à baiser avec un prol:>nd sentiment de respect ses doigts consacrés, en pensant à Tlionneur qu'ils avaient de toucher tous les jours le Corps, adorable de Jésus-Christ i. » Quel honneur en effet! Les Anges ne l'ont pas reçu; et, pour l'avoir, au grand jour de notre Sacerdoce, l'huile sainte a coulé sur ces mains si pauvres de mérites et capables d'offenser Dieu !...

Dans nos rapports avec nous-mêmes, ce qui est nécessaire ne peut être péché, mais à cause de notre effrayante inclination pour le péché, soyons toujours d'une réserve et d'une modestie parfaites. Il n'est pas ici question de scrupule; mais de dignité, mais de religion, mais d'amour.

Dans nos rapports avec les personnes d'un autre sexe, nous pourrons conclure ce qu'il est nécessaire d'observer, après avoir lu ce que pensait, sur un fait particulier, en apparence fort innocent, le grave saint Vincent de Paul. Son sentiment sur ce fait éclaire tous les autres. Abelly le raconte comme il suit:« Un Prêtre, qui faisait les fonctions curiales dans une paroisse, lui proposa, un jour, sur cette matière, une question qui fait voir d'un côté la naïveté de ce bon Prêtre, et de l'autre l'exactitude de M. Vincent. Il lui demanda s'il était à propos de toucher le pouls d'une fille ou d'une femme fort malade, pour voir si elle était proche de la mort, afin de lui donner le dernier sacrement, ou pour dire les prières de la recommandation de l'âme. A quoi il répondit: « qu'il fallait bien se donner de

' Le snliit FrÈtre, chap. xii. — On lit (l;iii!< la vie de saint JcsRpli de Ciipertin : « Il éprouvait, en touchant le très sacré Corps de Notre-Seigneur, lin inexprimable saisissement. Il disait qu'il aurait voulu avoir pour chaque main un index et un pouce de rechange, dont il n'aurait fait usage qu'au •saint Sacrifice de la Messe, et qu'il aurait ensuite enfermés en un coffresecret, pour qu'ils n'eussent jamais d'autre destination. » — Vifa del vene rab. serro di Dio P. Giuseppe da Copertiito. scritta da Domenico Bernino» Horna, 1721.

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^•arde d'user de cette pratique, et que le malin esprit se pouvait bien servir de ce prétexte pour tenter le vivant et la mourante même; que le diable en ce passage fait flèche de tout bois pour attraper une âme; que la vigueur de l'esprit peut rester, quoique celle du corps soit affaiblie ; qu'il se souvînt de l'exemple de ce saint qui, étant malade, ne voulut point que sa femme le touchcît, après l'avoir quittée par un mutuel consentement, criant, avec ce qui lui restait de voix, qu'il y avait encore du feu sous la cendre ; qu'au reste, s'il voulait comiaître les sj^'mptômes d'une procliaino séparation de l'âme d'avec le corps, il priât quelque chirurgien ou autre personne qui se trouverait là, de lui rendre cet office, y ayant moins de dangers; ou bien qu'il s'informât du médecin ce qu'il en pensait; mais quoi qu'il arrivât, qu'il ne se hasardât jamais de toucher ni tille ni femme sous quelque prétexte que ce fût ». Il était rigoureux en cette matière, quoique condescendant pour tout autre chose i. »

Saint François de Sales a aussi sa manière de dire le danger que nous fciit courir toute imprudence commise par le sens du toucher :

« Les corps humains, dit-il, ressemblent à des verres, qui ne peuvent être portés les uns avec les autres, en se touchant, sans courir fortune de se rompre, et aux fruits, lesquels, quoique entiers et bien assaisonnés, reçoivent de la tare, s'entre-touchant les uns les autres. L'e.ui même, pour fraîche qu'elle soit dans un vase, étant touchée de quelque animal terrestre, ne peut longuement conserver sa fraîcheur. Ne permettez jamais, Philothée, <iu'aucun vous touche indiscrètement, ni par manière de folâtrerie, ni par manière de faveur. Car, bien qu'à l'aventure la chasteté puisse être conservée parmi ces

* Vie de saint Vliiceiit de Paul, par Abelly. Livr. III, cliap. xx.

actions, plutôt légères que malicieuses, si est-ce que la fraîcheur et fleur de la chasteté en reçoit toujours du détriment et de la perte ; mais de se laisser toucher deshonnêtement, c'est la ruine entière de la chasteté i. »

A l'égard d'une femme, d'une jeune fille, et peut-être d'une petite enfant, la règle générale, qui ne souffre que des exceptions de devoir, de bienséance, de charité, danslesquelles il faut bien qu'il n'y ait que cela: devoir ou bienséance ou charité, est celle-ci : « Ni toucher, ni être touché. » C'est le noli me tangere de la Résurrection, qui devient l'expression de toute notre conduite. Quand il nous semble que la charité impose certaines concessions,, n'oublions pas d'aller à l'intime même de l'intime de notre cœur, pour y discerner ce qui se mêle à notre charité. L'auteur de V Imitation a dit avec sagesse : Sœpè videfur esse caritas, et est magis carnalitas. 2.

Mais il y a les cas de maladies. Nous avons besoin de soins, et les hommes, tout le monde le sait, ne savent pas servir, panser, soulager un malade, comme une sœur garde-malade. Un seul mot suffit à dire : En maladie^ comme en santé, dans notre lit, comme dans l'exercice de notre ministère, soyons toujours Prêtre, toujours Prêtre !

Ecoutons un saint Docteur qui savait, par expérience, les dangers que l'on court, dans les rapports avec les personnes d'un sexe diff'érent :

uîJgrotanti tihi qnilibet sanctus frciter assistât, et ger~ mana, vel m,ater, aut prohatœ quœlihet apud omnes fidei. Quod si hujuscemodi non fuerint consanguinitatis castimo-

' Introduction à la vie dévote, III« part., chup. xiii. — Ces paroles si justes et si sages de saint François de Sales nous rappellent ces autres de saint Jérôme, si graves dans leur concision: Tactu.i etjoci... moriturœ xirginitatis jii^indpia- — Vita S. Hilarion., n. 2L — Patr. lat., t. XXIII, col. 38.

* Libr. I, cap. xv, n. 2.

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niœque personœ, multas anus nutrit Ecclesia, quœ et officium prœbeant, et heneficium accipiant ministrando... Scio quosdam convahiisse corpore, et animo œgrotare cœpisse. Pericidosè tiblministrat, cujus vulfum fréquenter attendis i.

IQo Enfin, que toute notre conduite soit chaste, que notre réputation soit celle d'une très sainte et très évidente chasteté. Que de textes des Pères, des Docteurs, des Ecrivains ecclésiastiques sur ce sujet! On en ferait facilement un volume -.

N'oublions jamais que notre réputation n'est pas à nous, mais à l'Eglise ^ ; qu'il serait par conséquent, non seulement criminel, au point de vue de notre salut, mais crujel envers cette Mère si digne de notre respect et de notre amour, de compromettre, même légèrement, notre dignité, notre honneur, notre couronne de Prêtre chaste. Ce serait donc une véritable folie, ou une perfidie indigne, de dire : « Que m'importe ? ma conscience ne me reproche rien! » Pour un Prêtre, la question n'est pas là uniquement. Saint Augustin, parlant à ses Prêtres et à ses Clercs, allait au-devant de l'objection, et y répondait avec une grande force. Il veut d'abord qu'ils sachent bien, qu'il se préoccupe lui-même d'avoir auprès d'eux une réputation irréprochable. Il arrive ensuite aux recommandations qui les concernent. Voici ses paroles :

« J'ai eu le désir, je vous ai prié hier de vous réunir aujourd'hui en plus grand nombre, pour entendre ce que je vais vous dire. Nous vivons ici avec vous et pour vous,

' Epistol. ad Nepotian. LU (alias 2). - Patr. lat., t. XXII, col. 532.

' Nous ne pensons pas qu'il soit à propos de citer tant de textes, qui se trouvent dans tous les ouvrages écrits sur la vie sacerdotale. Nous renvoyons à Tronson : Forma Cleri, part. II, cap. x, et part. III, cap. vni, x etxi

3 Le Pontifical dit : Sit odor vitœ vestrse delectanientum Ecclesise Christi. — De or di liât. Prei^hi/I.

et tous nos désirs, tous nos vœux, sont de vivre éternellement avec vous auprès de Jésus-Christ. Je crois que notre vie est tout entière sous vos yeux, et il nous est peut-être permis de dire avec l'Apôtre : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis de Jésus-Christ i. » Aussi ne veux-je pas que personne trouve en nous un prétexte ])our autoriser sa mauvaise conduite; « car, nous avons soin, dit le même Apôtre, de faire le bien, non seulement devant Dieu, mais devant les hommes 2.» Pour nous, notre conscience nous suffit ; mais pour vous, nous devons veiller à ce que notre réputation non seulement soit sans tache, mais qu'elle brille d'un vif éclat. Retenez ce que j'ai dit, et sachez faire cette distinction: la conscience et la réputation sont deux choses différentes. La conscience est pour vous, la réputation est pour votre prochain. Négliger le soin de sa réputation, parce qu'on est fort de sa conscience, c'est cruauté, surtout lorsqu'on est élevé à cette dignité, que l'Apôtre avait en vue, en écrivant ces paroles à son disciple : « A l'égard de tous, montrez-vous un modèle de bonnes œuvres >^. »

« Cependant, ajoute le saint Evêque, dans un autre de ses écrits, comme toute la prudence possible ne peut pas toujours nous mettre à l'abri de soupçons malveillants, faisons tout ce qui dépend de nous pour notre réputation; et si des envieux cherchent à la ternir, soit en croyant, soit en inventant quelque mal sur notre compte, cherchons alors notre consolation dans le for de notre conscience, et nous y trouverons aussi notre joie, en j)ensant

> I Cor. IV, 1(5.

* II Cor. viii, -21.

2 Tit. II, 7. — Propter quod volui et rogavi hosterno die, ut hodiè frequeutius coiiveuiretis, lioc est quod dictiirus sum... Duse res suut conscientia et fama. Coiiscientia tibi, faina proxinio tuo. Qui lidens conscientise .su* ueglJgfit famaiu suam, crudelis est : maxime in loco isto positus, de

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qu'une grande récompense nous est réservée dans le ciel, quand même les hommes diraient beaucoup de mal de nous, malgré la piété et la justice de notre viei. »

Il faut absolument que nous le sachions bien : on ne croit plus à notre vertu. Si notre conduite n'était qu'irréprochable, ce ne serait pas assez; il faut que nous soyons ce flambeau dont parle notre adorable Maître, « qui luit devant les hommes et qui porte à glorifier Dieu 2. » Par conséquent, au Presbytère avec les servantes; dans les rapports avec les personnes pieuses dévouées aux œuvres de charité ; dans les réunions de congréganistes; à la sacristie, avec quiconque a à nous parler; avec les petites filles de la première communion; avec les femmes malades; les affligées (surtout les affligées !); en tête à tête; en public; en voyage; dans un hôtel; partout, partout, et dans nos regards, notre attitude, nos paroles, toute notre vie : que tout soit saint, malgré notre condition de pécheur, que tout soit éclatant de pureté et de virginale innocence, unie à la plus vraie humilité; et, pour tout dire en un seul mot, montrons à l'univers ce que c'est qu'être Prêtre.

Telles sont les pensées et les saintes règles que l'humble et fervent Sous-Diacre tâche de se rendre familières.

quo dicit Apostolus, scribens ad Disc.ipuliim sinirn : Circa omnes teipsum bonorum operum pra;bens exeniplum. — Serm. CCCLV, n. 1, De vitâ et morlbus clericoruni snoruni. (Traduct. de Mgr Péronue, Ev. de Beauvais.) — Patr. lat.,t. XXXIX, i-ol. 1568.

1 De bono \ iduitatis, cap. xxii, n. 27. — Patr. lat., t. XL, col. 448. (Traduction de M. Barreau, dans l'édition Vives, t. XXI, p. 585-58(5.)

* Matth. V, 16. — Omnibus pcrnecessaria est castitas, sed maxime ministris Christi Altaris, quorum vita aliorum débet esse eruditio, et assidiia salutis prsedicatio. Taies enim decet Dominum habere miiii.stros, 'jui nullâ contagione carnis corrumpantur, scd potiùs contineutiâ castitatis splendeant. — S. August. Sermo CCXt'I, u. 3 (aliàs 249, />e Tempore). Appeud.— Patr. lat ., t. XXXlX, col. 'l-lTt.

dans la prière et la méditation, aux pieds de JÉsus- Hostie et de Marie Immaculée, et qu'il a soin, un soin jaloux, de pratiquer toujours, suivant que l'occasion s'en présente. Qu'il soit fidèle ! Qu'il porte toujours, avec humilité, avec crainte de Dieu, mais avec joie, sa belle couronne virginale! Il sera digne, alors, de la grande mission que l'Église lui donne, en lui confiant le glorieux ministère de la Prière publique, faite en son nom et pour elle, en union avec son Époux, Jésus-Christ. 0 Ministère saint ! ô mission sublime ! Le Sous-Diacre est vierge, et c'est pourquoi la louange de Dieu lui est confiée. Il est dit du Ciel « que les Vierges y chantent un cantique, qu'elles seules peuvent chanter i. » Sur la terre aussi, il y a une louange de Dieu, que les âmes virginales seules ont le droit de lui dire. C'est la sainte louange contenue dans ce livre si aimé, que l'Église nous met dans les mains, le jour de notre ordination, le Bréviaire. C'est bien « notre Office ». Nous sommes vierges et, suivant la pensée de saint Paul, rien, ni dans l'esprit, ni dans le cœur, ni dans les occupations de la vie, « n'est un obstacle pour que la prière nous soit habituelle 2. » Notre esprit, notre cœur,

' Et cantabant quasi canticum noviim ante sedem... et nemo poterat dicere canticum, nisi illa centum quadraginta quatuor millia, qui empti sunt de terra. Hi sunt, qui cum mulieribus non sunt coinquinati : Vii'gines enim sunt. Hi sequuntur Agnum, quocumque ierit. — Apoc. xiv, 3, 4. — Nous voudrions citer tout le beau commentaire de saint Augustin sur ces paroles. Donnons-en au moins un extrait : Pergite itaque, Sancti Dei (ceux qui ont voué la Virginité). Laudate Dominum dulciùs, quem cogitatis uberiùs; sperate feliciùs, cui servitis instantiùs; amate ardontiùs, cui placetis attentiùs... Grandia (Virginum in cœlo) gaudia .. à creterorum omnium gaudiorum sorte distincta. Gaudium Virginum Christi, de Christo, in Christo, cum Christo, post Cliristum, per Christum, propter Cliristum. Gaudia propria Virginum Christi, non sunt eadem non Virginum, quamvis Christi. — De Vlrginliate, cap. xxvii. — Patr. lat., t. XL, col. 410-411.

■■' Quod facultatem pra^beat sine impedimento Dominum obsecrandi. — I Cor. VII, 35. — Nous lisons dans notre Bréviaire, pour la fête de saint

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notre vie est à l'Epoux immortel. Oh ! oui ! que le saint Bréviaire nous soit donné, pour que nous disions avec JÉSUS la parole qu'il aime le mieux, la parole de sa divine Religion envers son Père.

Sylvestre, Pape (31 décembre) : Sabljati, et Dominici diei nomiiie retento, reliqiios hebdoniadœ dies Feriarum nomine distinctes, ut jàm antè in Ecclesiâ vocari cœperant, appellari voluit ; quo significaretur, quotidiè Clericos,abjectâ cœterarum rerum cura, uni Deo prorsùs vacare debere. — Ad Matut. lect. vi.

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