L, ORAISON MENTALE
port de nous-même en l'objefaimé, qui est Jésus-Christ ; ■et, opérant cet humble, mais absolu, passage et transport, elle opère l'union.
Mais, est-il certain que cette'disposition,ces opérations intérieures, cette tendance, et cette union, conviennent au Prêtre? — Et qui pourrait en douter? « A dire le vrai, dit saint Denys, le im est ce à quoi aspirent tous les êtres déiformesi. » Or, qui est déiforme comme le Prêtre? Nous avons donc quelque idée de ce que doit être, au moins dans une certaine mesure, qui ira sans doute grandissant, l'oraison du Prêtre. L'admirable Aréopagite ajoute un peu après : « Le terme commun de tous les ordres sacrés, c'est une constante charité envers Dieu et tout le divin. Mais ellerexige~au préalable la parfaite et irrévocable fuite de tout ce qui lui est contraire 2. » Et nous voilà sur la voie pour exposer — premièrement comment le Prêtre doit éviter tout ce qui est obstacle à l'oraison — et, en second lieu, de quelle manière il s'y prépare. Nous dirons ensuite comment il la fait, et quel fruit il doit en fetirer.
D'abord, il est entendu que nous appelons Oraison du Prêtre, tout exercice intérieur de l'âme, un peu prolongé, qui le met en rapport immédiat avec Notre-Seigneur. — Par conséquent, nous désignons, ici, non seulement l'exercice réglementaire qui se fait ordinairement le matin, après la prière vocale, mais la préparation à la sainte Messe, l'action de grâces, après la sainte Messe, et toute visite au Saint-Sacrement .
' Et, ut verè dicam, umim qiiidem est, quod omnes qui deiformes sunt appetunt. — De Ecdesiasf. Hlerarchiû, cap. i, n. 2. — Patr. graîc, t. III, col. :574. ■
* Omni porro ordini sacro conimunis scopus est, ergà Deum et res divinas continua dilectio... qua^qiie liâc^ prior est, illi adversantium omnimoda et irrevertibilis fuga. — Ibid., n.i 3.