LA MATERNITE DIVINE EST UNE DIGNITE SACERDOTALE
Cette proposition n'a rien de singulier, ni de hardi. Il semble même qu'après l'exposé doctrinal qui précède, la preuve en est donnée et la lumière est déjà faite.
Eternellement le Père engendre son Fils, qui est sa gloire essentielle; il l'engendre aussi dans le temps, et il l'engendre pour qu'il soit sa gloire accidentelle; et, par conséquent, il l'engendre son Prêtre, il l'engendre son Hostie. Car, toute la gloire accidentelle de Dieu est confiée au Sacerdoce et au Sacrifice de Jésus-Christ; elle consiste même dans ce Sacerdoce et ce Sacrifice. Or, dans cette génération du Père qui se fait dans le temps, Marie est coopératrice du Père, et coopératrice si parfaite que, concourant à l'œuvre qui s'opère dans l'unité d'action, elle connaît clairement les fins adorables de sa coopération. Quand elle donne son consentement, disant: « Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon votre parole 2 »^ elle sait qu'elle va concevoir, en son sein immaculé, Celui qui doit être la gloire du Père, Celui
1 Sermo CC VIII (oliin de Sanctis xxxv, et post, in appendice, lxxxiii, n.4. — Appendix. — Patr. lat., t. XXXIX, col. 2130. « Luc. I, 38.