EST UNE DIGNITÉ SACERDOTALE
sur son Fils. Nous savons, par l'Evang-ile, qu'il en est ainsi i . Comment donc Marie, au premier instant de sa Maternité, et désormais dans le cours de sa vie, exercerat-elle son autorité, sinon en disposant elle-même de son Fils, selon la volonté du Père ? Or, cette volonté est qu'il soit Victime -. Donc, l'exercice de l'autorité de la divine Vierge sera une Oblation continuelle du Fils, dont elle est Mère, à son Père. Elle le prendra, s'il est permis d'ainsi parler, dans ses mains virginales, et dira au Père : « Le voilà! Il vient j)our faire votre volonté; les Holocaustes et les Sacrifices pour le péché ne vous ont pas été agréables; mais vous lui avez donné, et vous avez voulu qu'avec vous je lui donnasse un corps, un corps approprié au Sacrifice; et il a dit : « Voilà que je viens! » Vous l'avez envoyé en ce monde, pour qu'il soit votre Hostie. Il veut l'être. Je le veux aussi. »
Or, tenir un pareil langage (et certainement Marie l'a tenu, non en ces termes mêmes, en des termes meilleurs, plus dignes d'elle, plus dignes de son amour jDour la gloire du Père, et plus dignes de son amour envers son Fils), n'est-ce pas faire un acte sacerdotal? N'est-elle pas Prêtre, en toute vérité, selon le plus pur esprit du Sacerdoce, cette Mère incomparable qui fait, avec tant de droit, tant de perfection et tant d'amour, une telle oblation ?
Mais, cette première Oblation de Marie, au moment de l'Incarnation, était le commencement d'un grand et glorieux et doux Mystère. Le Sacrifice que Jésus fit de lui-même à son Père, fut incessant; il devait être éternel.
1 Et erat subtlitus illis. — Luc. ii, 51. — Ille subciitus erat eâ dignatione, quâ Filius hominis erat. — S. August. Serin. Z./(aliàs de Diversis i>xiii), cap. XI, n. 19. — Patr. lat., t. XXXVIII, col. 343.
2 r.saliii. XXXIX, 8. — Hebr. x, 7.