‹ Prêtre, laïque, et politique [microforme]Chapitre 2 sur 6 · L. tige, à sa haute influenvce, et à · texte numérisé non relu

L. tige, à sa haute influenvce, et à

l'éclat de sa parole, de n'avoir pas

encore succombé ; de son coté,

| nous en avons l’intime et doux

| espoir, il est prêt à nous rendre

le témoignage que nul acte d’au-

torité de sa part n'a été néces-

saire pour déterminer notre atti-

tude ; il dira que loin de cher-

cher à éluder le travail et les

s sacrifices, nous sommes allés au devant.

Oui, tout xn peuple, sachant d'avance qu'il allait être ridiculisé, bafoué, blessé dans ses sontiments, pressuré dans ses biens,

privé de sa part des deniers publics, tout ce peuple a su se

14 PRÊTRE, JAIQUE,

dresser devant l’iniquité, et lui crier d’une seule voix: tu peux prendre nos biens, mais tu n'auras pas l’âme de nos enfants !

Cette fière attitude aurait dû nous attire: du moins le respect de nos adversaires. Le soldat sait admirer la vaillance et la loyauté d’un ennemi. Ici, l’honneur n’a pas cours. Au lieu de reconnaître la pureté de nos intentions; au lieu d'admettre notre droit, comme simples citoyens, de défendre hardiment et sans relâche les institutions qui nous sont chères, on nous incrimine, on nous expose à la malignité d'un public déjà prédisposé contre nous, on nous jette à la face l’épithète ignominieuse d’esclave.

Nous le répétons, c’est un outrage qui dépasse la mesure, et contre lequel nous protestons.

Sous le feu de l'attaque, nous sommes entrés dans l'arène de

: ere

: notre plein gré, sans pression, sans sollicitations inême. Du reste, c'était notre devoir.

Mais faire son devoir dans les temps difficiles, est plus qu'un mérite; c’est une gloire, et nous revendiquons celle-ci devant les hommes, devant notre pays et la postérité.

Cette question de fait réglée, allons plus loin. Examinons,

pour Îles esprits nature des rap laïques et le clergé

| cèderon

| jusqu'aux 8 trine catholique:

parmi nous 1 n’est pas ge, c'est

Le prêtre occupe rande place ; orité ni presti yue sous 501 as plus

une $& sans aui certain. Mais, pect le plus vulgaire et le infime, par Jes seuls côtés qui ordre temporel, qu'y ns cette déféà l'égard du

tiennent à l a-t-il d'anormal da rence du laique prêtre %

Qui voudr

moindre trace d

ait trouver la e servilisme de-

vrait de suite déclarer qu'il n'y a pas une parcelle de liberté dans le monde. Car, ce n’est en somme, que l'expression d’une loi universelle.

Depuis la nature inanimée jusqu'au sommet de la création, il n ya rien qui ne soit dans un état de subordination à l'égard d’un objet, d’un principe, d’un être quelconque. Les commotions du globe terrestre, l’air qui s’agite, la mer qui roule ses flots, les astres du firmament ; l’insecte qui bruit, l'oiseau qui émigre, les animaux qui recherchent l'obscurité des bois ; l'enfant qui

s'attache à ses parents, la mère

qui caresse son fils, les hommes qui s'associent, celui qui «om-

mande, les petits et les grands, les riches et les pauvres, l'ignorant et le savant, tout cède à une impulsion d'ordre naturel. qu'on l'appelle force, instinct, passion, volonté, haine ou affection. Nous le répétons, c’est l’universelle loi; l’homme l’applique universellement. Rien de ce qu'il touche n’y peut échapper.

Dans la famille, dans le gouvernement des états, dans toute institution, dans toute entreprise industrielle, mercantile, littéraire, scientifique ou de bienfaisance, on la retrouve; il faut une orgauisation ; les fonctions et les rôles sont répartis; il y a des pouvoirs qui dirigent et or-

donnent. Ici, c’est le père du

famille, là ce sont les princes ou leurs ministres ; ailleurs, ce sont des officiers, des administrateurs, des chefs, en un mot.

Or, il n’y a point de chefs sans subalternes. Les chefs commandent, les subalternes obéissent ; tous se soumettent à des règles qu'ils se sont tracées, ou qu'ils ont reçues d’ailleurs, et acceptées. Au besoin, l’on sait donner une sanction à ces règles, tantôt par l'expulsion, tantôt par un appel aux tribunaux.

Est-ce là du servilisme ? Assurément non; c’est une condition d'existence, c’est l’ordre.

Or, en dehors de toutes préoccupations religieuses, le catholi-

cisme est pour le moins une ins-

titution publique, l'égale des autres ; l’état lui reconnait une place au soleil ; c'est une société | parfaitement organisée, avec ses | | lois générales et ses règlements

et ses officiers, lesquels sont les

prêtres. Pourquoi donc refuserions-nous à ceux-ci les privilèges

| et la prééminence accordés au

personnel dirigeant dans toute

autre association? Et pourquoi

donc aussi, cette déférence serait-

elle chez nous le signe de la dé-

chéance, quand c’est ailleurs la

| disciplinaires, avec ses membres,

marque d’une bonne administra-

tion, l'expression du respect et

de l'harmonie.

= wa <

des analogies. Dans l’ordre militaire, le général dit :

‘“ Soldat, tu iras te placer à la ‘““ tête de ce pont, tu y resteras ; ‘‘ tu mourras, nous passerons.

| | Avançons encore dans la voie “ Telle est l’obéissance guer-

‘* rière ; elle sert; elle meurt ; et

4 + ’ | Oui, mon général.” | “voilà pourquoi la patrie n'a | |

‘ pas assez de couronnes, n’a pas

/ ‘‘ assez de voix pour célébrer son

* héroisme et sa grandeur.” (1)

Es | Le monde est aujourd'hui remué par de puissantes associa-

(1) Ravignan.

tions ouvrières, lesquelles subissent aveuglément l’ascendant de leurs grands maîtres. Ceux-ci prononcent un mot, et voilà que tout travail cesse; des populations entières et des industries nationales sont livrées à tous les désastres d’une grève, et quelquefois de l’émeute.

Les sociétés secrètes, si nombreuses, reposent sur l’obéissance absolue de leurs membres aux règles de leurs constitutions, et aux ordres de leurs chefs de tout grade.

Or, parmi ceux qui voudraient flétrir comme une servitude nos égards envers le prêtre, les uns ne savent pas mettre de mesure à leur admiration pour ces vastes

associations et leur occulte direction ; les autres sont les personnages mêmes, dont les actes et la volonté sont anéantis et comprimés par des liens dont la rupture est, en certains lieux, punis de mort violente.

Leur demander de mettre un peu de logique dans lenrs appréclations, serait-1l done excessif ?

Quoique souvent l'effet du caprice, plus légitime est néanmoins ce qui se passe dans les relations purement sociales. On concède aux gens de qualité de notables privilèges; on leur donne en toute occasion la préséance ; leurs jugements sont des lois en matière de convenanctes.

Or, le prêtre est un homme de

bien, un homme de bonne éducation, dont l'esprit plane habituellement à des altitudes sereines, dans un atmosphère dont la noblesse des pensées forme

l'élément principal.

Le prêtre est non seulement un homme de bonne éducation, mais c’est un ami. Il sort de nos rangs; il vit avec nous; notre situation ne lui est pas inconnue; dans la douleur ou la joie. son cœur bat et s'émeut avec le nôtre; nous le voyons à l’œuvre ; de nuit et de jour il laisse sa demeure pour aller secourir, consoler, ou bénir.

On n’en demande pas autant à l’homme du monde pour lui ceindre le front de l’auréole qui jaillit de la naissance, d’une haute situation, de la bienfaisance, ou de la douce amitié.

Mais le prêtre, oh ! lui, il n’a pas droit aux immunités de son caractère, de Sa position, ou de l'affectueuse estime qu'il peut inspirer ; il ne devra s'échapper de sa personne aucun de ces rayons quiréchauffent et font incliner les cœurs vers lui; son influence, il devra la concentrer en lui, n’en rien laisser voir.

Et nous, les laïques, nous devrions nous faire les complices de ces efforts contre-nature ; nous devrions nous garder des conseils

du prêtre; les suivre ou simplement les rechercher, serait de la servilité —Décidément, tout esprit loyal sera forcé d’en faire l’aveu, la prévention seule peut engendrer d'aussi monstrueux travers.

Les leçons de l’ordre intellectuel nous conduisent aux mêmes-

conclusions.

n’admet-on pas l'autorité des

sommités légales ?

Dans les parlements, ne s’ins-

pire-t-on pas souvent des légis-

lations étrangères ?

| Dans le domaine judiciaire, | | |

Au Manitoba même, dans notre

]lec-

mes

jaire,

des

s’ins-

légis-

chambre d’assemblée, au palais de justice, à chaque instant, l’on invoque la jurisprudence et la législation d'Ontario. Nos statuts sont une copie, pour la plus grande partie, des lois faites à Toronto. L’inique firman scolaire qui pèse sur nos consciences est lui-même un mauvais plagiat des plus mauvais chapitres des ordonnances de la grande province sur les mêmes matières.

Ah! si les catholiques voulaient appliquer à la représentation provinciale, à la magistrature et au barreau, la mesure dont on se sert à leur égard, ils auraient ici beau jeu; l’antique {4 quoque leur serait une facile ré-

plique.

Mais non! Nous ne nous permettrons point cette ironie.— L'intelligence, la science et l’expérience, ont assurément des droits. Ce n’est pas une humiliation pour un homme de se reconnaître le disciple d’un maître, d'une école, et de s’abandonner à leurs inspirations. Il est permis au malade de suivre les prescriptions de son médecin ; le client, qui vient chercher auprès de l'avocat l'interprétation des lois, conserve toute sa dignité d'homme; de sa part, c’est uniquement reconnaitre l'autorité d’un expert en droit ; c'est une preuve d'intelligence.

Or, ces règles générales, consacrées par le bon sens universel, les

catholiques en réclament, pour eux aussi, le bénéfice, et n’entendent point qu’on attaque à ce propos la franchise ou la noblesse de leur attitude.

Dans notre province, le clergé se personnifie dans l’archevêque de Saint-Boniface. Il est au sommet de la hiérarchie diocésaine.

Mais il est chef encore d’une autre façon, et c’est à ce dernier et seul point de vue que nous voulons ici le présenter.

Sa position, sa longue expérience des affaires de ce pays, ses

cheveux blancs, la haute distinc-

tion de sa personne et de son esprit, ses facultés intellectuelles, au niveau de tout ce qu’il y a de plus brillant dans la Puissance du Canada, en font ce qu'on ap-

pelle une autorité sociale.

Or, tous les penseurs, tous les

économistes, accordent aux autorités sociales une suprématie légitime, et féconde en biens de toutes sortes pour les nations.

Nous consultons souvent notre archevêque. Loin d’abdiquer par là notre volonté ou notre liberté, nous croyons nous honorer, et donaer un grand exemple à des multitudes d’individus auxquels une sotte présomption doublée de fanatisme, fait commettre assez de bévues et

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