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d’injustices pour ébranler jusque dans leurs fondements les institutions de la patrie canadienne.
Au dessus de Mgr Taché, par delà l'océan, les catholiques j'ttent aussi les yeux sur Léon XIII. Ils l’interrogent comme on le fait d’une boussole. Pourquoi s'en humilieraient-ils ? En dehors même de la sphère religieuse, c'est incontestablement la plus grande figure de cette fin de siècle. Bismark, Disraeli, Gladstone, les renommées napoléoniennes, nul ne possède au même degré cet ensemble de qualités qui sanctionnent la préséance.
Les lettrés savourent la grâce de ses écrits ; les savants admi-
rent sa science ; 1l étonne les pu-
blicistes par la hardiesse et la netteté de ses vues; la diplomatie le reconnait pour l’un de ses maîtres ; les gouvernants et les gouvernés s’inspirent de ses encycliques ; et pendant que les rois le constituent leur arbitre et l’ap-
pellent à leur secours contre le
socialisme, les ouvriers écoutent sa parole avec avidité. Parmi ces derniers, les uns de bonne foi, frappés des espoirs qu'il fait naître dans leur cœur, et des accents de justice qui distinguent sa Voix, reprennent courage ; les autres, les révolutionnaires, surpris de cette salutaire intervention, s’alarment pour leurs projets néfastes. Si jamais notre siècle doit s'identifier avec la
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gloire de quelque illustre personnage, il s’appellera le siècle de Léon XIII, le pape captif, mais fort dans ses liens, grand dans ses malheurs, rayonnant de génie. |
Ah! si, dans nos temps d’affaiblissement moral, il pouvait exister en dehors du catholicisme, un homme de cette stature, l’on n'aurait pas de piédestal assez élevé pour l’y placer ; il n’y aurait pas assez de poussière dans les routes pour recevoir l’empreinte des fronts qui demanderaient à s'incliner.
Mais, voilà peut-être où sera l’'étonnement de plusieurs !
Ce que ferait l'homme, cédant aux alourdissements d'un paga-
nisme renaissant, le catholique, plus fier et mieux éclairé, s’y refuse.
Nul n’a plus de confiance ni plus de soumission au chef de l'église que le catholique sincère, nul n’a pour lui plus d’admiration. Maïs ces hommages s'adressent au Pontife, non pas à l’homme.
Non, les croyants les plus humbles n’imaginent point que l'illustre Pecci put, avec tout son génie, exercer, dans l’ordre temporel, le même empire, ni possé:
der la même clairvoyance, s’il n’était Léon XIII, le Vicaire de Jésus-Christ. En cette qualité, il reçoit de Dieu un secours surnaturel, la grâce, qui l’illumine
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souverainement et lui fait voir, quand il s’agit de la morale ou de la foi, la vérité dans toute sa splendeur et son intégrité. Mais par le seul fait de leur présence, ces clartés divines doivent projeter leurs puissants reflets sur toutes les opérations de son esprit et mettre à portée de sa vue de plus profonds et de plus vastes horizons. Tel le rayonnement des mille bougies allumées à l’in-
térieur d’un vaste édifice, s’é-
chappant par les croisées, répand, tout autour, de vives lueurs qui dessinent les objets voisins.
Ainsi s'explique pour nous la sagesse de la conduite générale des papes ; ainsi s'explique leur
ascendant sur le monde. Et de-
vant cette majestueuse et sublime autorité, l’âme la plus altière peut s’incliner sans humiliation.
Telle est, au surplus, toute l’économie de l’obéissance du fidèle à l’autorité sacerdotale du prêtre :
ce n’est pas une abdication de sa volonté ou de sa liberté entre les mains d’un homme on d’une caste; c'est une humble mais noble soumission à Dieu, c’est une manifestation de notre foi en l’Eglise catholique et aux enseignements de son Divin Fondateur. | En effet, le prêtre est choisi de
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Dieu, qui lui imprime, par l’onction sainte, un caractère sacré.
Chargé de nous enseigner nos devoirs de re:igion, son autorité n’a cependant rien de terrestre. La doctrine qu'il prêche, il l’a reçue des apôtres, qui la tenaient euxmêmes de Jésus-Christ S'il nous adresse la parole, il le fait au nom de Dieu, non pas en son propre nom. En l’écoutant, nous obéissons à Celui qui a dit au prêtre: ‘Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise.” L'exercice même de ses fonctions est de sa part un acte d’obéissance; car, Dieu lui a dit:
“Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie; allez, enseignez toutes les nations.” Le prêtre
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obéit donc, lui aussi, même quand il commande ; il obéit à l'Eglise, dont il est chargé de proclamer Ja doctrine ; il cbéit à Dieu, comme nous, les simples fidèles. Son silence serait une prévarication.
Le pape, les évêques, les prêtres et les fidèles ne font icibas qu'un seul corps, qui est l’Eglise catholique militante, avec ses doctrines, ses dogmes, sa discipline, ses immunités, et son organisatio:i. Tous croient aux mêmes vérités, tous se soumettent aux mêmes obligations, tous sont solidaires de l’honneur de cette Eglise qu’ils nomment avec amour leur mère. Les intérêts religieux des laïques sont les
mêmes que ceux du prêtre, et vice versa. Dans la question scolaire, la liberté des cultes, qui est à la base de notre régime politique, et les droits de la conscience, sont méconnus ; il s’agit d’un bien national, arpartenant tout entier à chaque citoyen, — et le prêtre est citoyen ; il s’agit surtout du salut éternel de l’âme des jeunes générations, ——et le prêtre est leur guide; or, tous sont tenus également de défendre ces droits, ces biens, ces âmes. Les chefs—-les prêtres — marchent en tête; les autres — les laïiques—se pressent autour d'eux. Mais ils s'avancent en corps, tous faisant, avec la même ardeur et le même sentiment de
responsabilité, la même œuvre.
Ils défendent leur culte, comme une armée—chefs et soldats— sait protéger la patrie.
Dans les autres cultes, l'autori'é n'apparait pas avec cette auréole divine. Cependant elle y est, pratiquement, à divers degrés.
De fait, l’autorité se retrouve partout où 1l y a des règles —une seule même—à suivre.
Or, malgré la part si large, si absolue, qu'on y fait à l’examen privé, quelle secte oserait se donner aux yeux du public, le ridicule de n'offrir à ses adhé-
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rents aucun précepte, si léger qu’il soit, comme règle de foi ?
Ce serait méconnaître d’une inconcevable facon ce que c’est qu’une croyance religieuse. Une religion sans préceptes obligatoires, ce serait. le néant.
Or, dans tous les cultes, il y a des interprètes de ces préceptes.
Ce ne sont ni les cochers, ni les fossoyeurs, mais les chefs de la Congrégation.
Cette prérogative, déléguée à un conseil, ou à quelque individu, de déterminer la règle de foi. et de diriger l’association, c'est précisément ce qui consti-
tue, comme chez nous, l’autorité dogmatique et l'autorité disciplinaire.
Il yen a, nous le savons, qui se récrieront contre ces principes et leur application. On rencontre plus communément qu’on ne l'imagine des gens assez 1llogiques pour à la fois subir et nier des choses faites pour crever les yeux de tout le monde. À ceuxlà, nous demanderons pourquoi les synodes, dans les cultes protestants, s'ils n'ont pas la moindre autorité? Pourquoi l’examen des candidats aux fonctions du ministère religieux ?
Pourquoi cette adhésion, signée de sa main, explicite, à la confession de foi, que l’on requiert du bénéficier d’une église ? Pourquoi des procès à ceux dont l’orthodoxie se fait soupçonner ?
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