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Est-ce une persécution ?
L'an dernier, deux notabilités du protestantisme, le Dr. Briges, des Etats-Unis, et le Dr. Campbell, de Montréal, étaient sous le coup d’une dénonciation pour fausse doctrine. Tous deux ont été cités devant les tribunaux ecclésiastiques de leur religion respective. Tous deux ont subi des condamnations.
Ces verdicts sont-ils restés sans effet ?
Alois, à quoi bon mettre en émoi la moitié d’un continent pour n’arriver qu'à des conclusions illusoires ? C’est une comédie, une tartufferie !
S'ils ont eu l’expulsion pour
sanction, dira-t-on que c’est du despotisme clérical ?
Si les révérends gentlemen se sont soumis, est-ce de la servilité de leur part ?
Tout le monde répond: non.
Nous allons plus loin.
Nous plaçant pour un moment au point de vue des sectes intéressées, nous disons :
Dans un cas. c’est l'exercice légitime de l'autorité, sans laquelle il n’y aurait plus aucune règle de fol.
Dans l’autre, c’est l’humble mais noble aveu d’une erreur, et l’heureux retour à la vérité d’une âme un instant égarée |
Pourquoi donc alors nous peser avec d’autres poids ?
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On insinuera peut-être que l'autorité couvre chez nous un champ bien plus vaste que dans les autres cultes.
Qu'importe à notre thèse? Ce n'est là qu’une question de plus ou de moins.
Le cercle dans lequel vous tournez est plus petit, ou, si vous
l’aimez mieux, plus grand et plus
élastique que le nôtre! Soit!
mais vous êtes tout de même dans un cercle, et vous n’en pouvez sortir qu’en sautant par dessus sa circonférence, et alors vous êtes en dehors de toute croyance, de tout précepte, de toute règle, de tout frein; vous avouez que vous ne croyez plus à rien.
Rien! Vous ne bâtirez pas de pyramides avec cela |
Rien, c’est l’affaissement, c’est le vide, c’est l’abîme ! Hélas, trop tôt viendra le jour où le pauvre malheureux qui y tombera, sera forcé d’avouer qu'il lui aurait mieux valu croire à quelque
chose !
tude en matière de religion ?
glise catholique s’en prenaient à
l’inquisition !
tées à ce sujet !
Quelle absurdité, vraiment, de parler, en notre siècle, de servi-
Autrefois, les ennemis de l’E-
Oh! que de fables l’on a con-
RE OMR Pose IDR + 232 fé n ESUE S E E
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Mais aujourd'hui, cette ressource elle-même manque à la malignité.
En dehors de la persuasion morale, la contrainte physique est en ce monde la seule force qui pourrait, pratiquement, géner la liberté de penser. Or jamails, à ce point de vue, cette force n’a été si peu redoutable qu’à notre époque.
Le catholique est, comme le protestant, libre de choisir sa foi.
Comme ce dernier, il peut, sans crainte d'aucun préjudice matérie], faire valoir ses opinions, les manifester par la parole, par la plume, par l'exercice de ses franchises électorales ; il peut aller
jusqu’à l'insurrection contre les
enseignements de l'Eglise et contre les autorités légitimes de cette Eglise. Au besoin même, la police et les autorités judiciaires lui donneraïent leur protection.
Il est vrai qu'au moral, c’est différent. Il n’est pas permis à l’homme de mépriser l'autorité sacrée des prêtres ; il n’est pas permis de manquer aux devoirs de sa conscience, ni de crucifier de nouveau le Christ. Il n’en est pas moins certain néanmoins, que de nos jours comme au temps d'Hérode et de Pilate, les tribunaux civils où correctionnels sont, souvent, plutôt du côté de Barabbas que du roi d'Israël
Le catholique n'ignore rien de
tout cela ; il sait même nuelque autre chose. Il sait avec quelle allégresse il serait reçu dans les camps d'où partent les traits.
Au fond, voilà bien ce que l’on veut. Un petit écrit, publié l’an dernier dans un journal de Winnipeg, n’en faisait point mystère.
Pour être libres, aux yeux de nes détracteurs, il nous faudrait apostasier; il nous faudrait leur apporter, dans un plat, la tête du prêtre, comme autrefois, l'on fit de celle de Jean Baptiste, dénoncé, lui aussi, pour son cléricalisme, par les jouisseurs de l'époque. Jamais, l'erreur ni la corruption n'ont pu s’accommoder des austérités et du franc parler de la vertu.
Ce crime, le catholique pourrait le commettre, il ie sait, sans autres conséquences matérielles que d’être rayé des cahiers d’honneur de l’Eglise Or, sachant tout cela, parfaitement rassuré sur les suites matérielles ou civiles de son acte, il repousse la séduction.
Libres d’aller chez vous, librement nous restons où nous sommes, profondément respettucux de notre clergé, fermement attachés à notre foi, à ses enselgnements, à ses obligations. Et, parmi ces dernières, se trouve celle d'élever nos enfants, c’est-àdire, de former leur caractère, d’en faire des savants, si possible, mais surtout des hommes vertueux ; de les préparer pour la famille,
pour la patrie, mais par dessus tout. pour Dieu, qui est la fin dernière d# l'individu, des peuples, de la société, de toute la création. C’est pour ces motifs que nous repoussons également de toutes nos forces, et les écoles protestantes, opposées à notre foi, et les écoles neutres ou sans Dieu, opposées à toute religion positive.
Nous ne voudrions pas redevenir paiens.
Cette attitude a été celle des catholiques au pied du Calvaire, dans Rome persécutrice, au temps des croisades, et même au dix-huitième siè:le, malgré l’incrédulité de sa philosophie; elle est celle des deux cent cinquante millions de fidèles aujourd'hui répandus
sur tous les continents. Et s’il y a des fous, des ignorants, ou des imposteurs qui s’emploient à nous rabaiïisser dans le monde intellectuel et dans les masses, il y a, par contre, de fiers esprits, et des hommes d'état, qui nous honorent de leur respect et se sentent récomfortés par nos exemples.
Voici comment s’exprimait, 1l y a deux ans, dans la chambre des Lords, en Angleterre, l’un des premiers personnages de l'empire britannique. Nous opposons ces hommages,—les plus beaux que nous puissions désirer—aux tristesses dont nous sommes si souvent abreuvés :
“A Victoria, disait le noble
eq —
‘duc d’Argyle, les catholiques
“romains ont eu le grand honneur
‘ d'étre seuls à se lever, et à se ‘refuser d’abattre dans leurs ‘‘ écoles l'éternel étendard de la ‘‘ conscience. Cette résistance ‘des catholiques, j'aime à le ‘croire, peut devenir le germe ‘ d’une forte réaction contre l’en- ‘‘tière sécularisation, contre ce ‘que j'ose appeler le caractère ‘absolument païen de l'éduca- ‘tion dans la colonie.”
Reste la question d'ingérence politique.
Après un regard jeté sur les
divers incidents de notre monde religieux et politique, l’on se demande si cette accusation n’est pas uniquement uLe mauvaise plaisanterie.
Lorsque M. Greenway dut former son gouvernement, l’une de ses premières démarches fut de se rendre à Saint-Boniface, et d'y solliciter une entrevue avec l’Archevêque.
Que recherchait-il donc alors, sinon les conseils et l’intervention du chef de la hiérarchie catholique en cette province ?
Il lui paraissait de saine politique de se ménager le bon vouloir du prêtre. Il provoquait cette ingérence, dont ses amis ont
la délovanté de se plaindre au-
jourd’hui, en la méconnaissant.
Il crut même utile, sans doute pour l’engager davantage, de faire des promesses, rendues publiques depuis, et conformes aux fameuses déclarations de Saint- François-Xavier.
Ils n'étaient point dégoutés, M Greenway et ses partisans, à cette : poque!
Depuis que la question scolaire s'agite, les cultes protestants | n’ont pas manqué, par la voix de | leurs ministres, de saisir aux | cheveux la moindre occasion | | d'exprimer leur pensée sur les |
radicales innovations opérée: en | cette matière par la législation
de 1890. Dans leurs manifestations religieuses, dans leurs sy-
nodes, dans toutes leurs assemblées délibérantes, tantôt du haut | de la chaire, tantôt dans la | | presse, ils en ont constamment fait un thème de discussion, et
souvent, l’objet de leurs décrets.
Le gouvernement a reçu quelque bläme ; la plupart du temps, toutefois, il a été chaleureuse-
ment approuv °.
Hélas! l’on ne s’est pas contenté d’applaudir ; on s’est efforcé par d’indignes clameurs d'ameuter contre nous l'opinion pu- : blique. |
Si l’on juge que le clergé ca- | tholique, par son attitude, a mérité le reproche d'ingérence politique, à coup sür, le clergé protestant est, pour le moins, cou-
pable au même degré ; car, lui aussi, s’est servi de son influence pour ou contre, et plutôt pour que contre la mesure.
Quand on habite une maison de verre, on ne doit pas jeter de pierres dans les fenêtres de son
voisin.
Pour notre part, nous ne blä- | mons point le clergé protestant |
| de s'être préoccupé de la question ; il en avait le droit à tous les points de vue, religieux, politiques, ou sociaux. | Selon nous, il s’est trompé dans l'exercice de son droit. La voie |
qu'il suit le mène plutôt à l’as-
saut qu'à la défense des intérêts qu'il représente. Comme ayant
charge d’âmes dans leurs églises