‹ Prêtres et religieux [microforme]Chapitre 8 sur 12 · ER · texte numérisé non relu

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Monsieur — qui s'appelait Victor Hugo, soit dit en passant - que s’il voulait absolument insulter quelqu'un, il n'avait qu’à retourner dans son pays pour y lancer ses gros mots à la face des Prussiens.

Et les braves gens, français comme belges, furent d'avis que les étudiants n'avaient pas manifesté sottement.

Une autre fois, des étudiants libres-penseurs saccagèrent un Cercle catholique. Ils furent rossés d'importance ; un ancien zouave pontifical, pour ne citer qu'un seul trait, en mit pour sa part sept ou huit hors de combat en cassant sur leurs crânes une demi-douzaine de queues de

billard. Cela fit grand bruit; les uns disaient : ‘ C’est bien fait ! ” D’autres, des Catons-Brutus grincheux, crièrent à... /’ntolérance cléricale…. ( Je crois bien! ) Certaines femmes raffolèrent des... martyrs ; un poête en parla et trouva que les “ femmes” qui raffolaient de ces jeunes bandits, étaient

‘6 libérales un soir, libertins toujours, ”

I] faut savoir distinguer.

Continuons.

Le point d'interrogation prédit une grande perturbation prochaine.

Cela arrivera, puisque ce monsieur nous l'an-

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nonce : “Celui qui a la foi est prophète,” a dit un saint évèque et Caton-Brutus a une grande foi... en lui-même.

[l ne demande pas, que les étudiants tuent leurs professeurs, comme ils ont fait ‘au bon vieux temps des âges religieux... ”

‘t Mais dans la pisse tourmen£e, ils seront à leur poste, avec le bonnet, phrygien. Dans toute lutte pour l’émancipation, ils arboreront les premiers la cocarde : ils seront la légion fulminante des avants-postes, le sol tremblera sous la cadence de leurs pas, et, plus fort que le canon, éclatera au-dessus de leurs têtes l’hymme titanesque, le chant des héros : la Marseillaise.

‘° Et de ns ces tigures transfigurées, les citoyens tressgailleront en apercevant des éclairs de suprême détermination, de sublime sacrifice: ils seront transportés de joie en retrouvant des ressemblances frappantes avec le portrait des Ver-

niaud, des Danton, des Desmoulins, des Chenier,

es Papineau, des Lafontaine, et de tous les héros de la liberté, et ils envisageront l'avenir avec confiance. ”

Sans m'arrêter plus longtemps aux citoyens qui ‘“tressailleront dans ces visages transfigurés ” — quel singulier tatouage ! -— je demanderai à ceux qui ont lu l’histoire de la Révolution, ce qu'ils pensent de ces ‘ressemblances frappantes avec le portrait des Vergniaud, des Danton et des Desmoulins.”

Mais ici Caton soupire, Hélas ! nos étudiants ne sont pas encore prêts pour le grand triomphe,

id

“ L'étudiant sait bien à quoi s'en tenir sur les sornettes cléricales, mais il n’a pas d'autres sou: cis que ceux de l'existence matérielle..."

Je u'y comprends plus rien | On veut faire de l'étudiant un matérialiste et on lui défend les choses matérie les !

‘C'est curieux, disait Calino, comme les gens d'esprit savent dire des bêtises ! ”

Pr

Toujours à propos d'étudiants, Caton-Brutus lance une bombe (de baudruche, heureusement) au cercle Ville-Marie, et après avoir insulté le

clergé -— toujours guerre à la soutanne —— il s'écrie :

‘ C’est là, que, en présence d'u onseigneur

quelconque, de vénérables prêtres de son entourage, de chapeliers et de bottiers au sourire courtisanesque, et d'une foule de dames dont quelques-unes ont dû échapper à la guyotine, nos étudiants vont faire assaut d'avachissement pour les beaux yeux du clergé. ”

N'en déplaise au grand génie, les neuf-dixièmes de ces étudiants ‘‘ avachis ” le rouleraient de la belle façon s'il voulait seulement leur faire l’honneur de les rencontrer sans masque. Cela arrivera peut-être un jour sans qu'il le cherche.

Et Caton termine le chapitre des étudiants par cette touchante Jérémiade :

les Ju-

de

ho-

tus

‘“ Je te plains, à mon pays! Je te plains, 6 ma race ?

‘* Avant longtemps vous maudirez le cléricalisme ! ?’

Très bien, Caton! Mais tu devrais dire de quel pays et de quelle race tu entends parler ici, mon garçon |

Je crois que tu ferais mieux de pleurer sur toimême et sur les tiens !

Au tour maintenant du Conseil municipal...

toujours à propos de curés,

‘ On dit que vous avez déjà eu l'intention de fonder une bibliothèque publique, mais que les curés ont réussi à paralyser vos volontés.

‘‘ Rappelez-vous donc, vous qui avez 8i souvent bâillonné le peuple, que le commandement

ÆRETE

Dans un ‘‘hoquet formidable,” les pétroleurs mâles et femelles ont essayé de brûier Paris que les Prussiens avaient respecté.

Et pendant que la justice du pays fusillait ces misérables, les Caton-Brutus, qui les avaient poussés au crime, passaient la frontière et allaient vivre grassement en pays étranger.

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L'homme le plus sage et le plus vertueux sort parfois de ses gonds. Caton-Brutus, étouffé par l'indignation à la vue de tout le mal qu’il ne saurait empêcher (ou faire ?...) se dresse sur ses ergots et, plus fort que le sphinx antique, lance cetie énigme :

‘ V a-t-il un seul de ces jeunes ecclésiastiques arrogants, remplis de prétentions outrées et de sottes vanités, toujours rasés de frais, la raie des cheveux soigneusement tirée, à la main douce, préparent leur avenir assuré #ÿ soupirant aux conforts de la vie future, alors qu’ils pourront se soumettre au régime des petits oignons et du bon vin, admirablement conservés par une bonne ménagère, une tante toujours ({ mongeigneur l’exige) pas trop vieille, mais pas trop jeune, entre les deux, grassement installés dans un joli presbytère d’où M. le curé pourra régenter sa petite paroisse et dicter à sa guise, à ses charitables paroissiens la iigne de conduite qu’ils doivent tenir dans les élections ! ”

Il savait probablement ce qu'il voulait en commençant... Mais en terminant ?

Moi non plus.

Mais je sais cec1: [L'élève le plus borné d’un de ces collèges que les points d'interrogation honorent de leur haine, serait incapable de commettre une ânerle pareille.

Comme la haine peut rendre bête !

Arrivez à présent, journalistes de to'ite nuance, Caton va vous arranger de la belle façon :

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“Je n'ai pas d'admiration porx la presse

anadienne-francaise, parcequ'elle est asservie et arriérée, parcequ elle est généralement aux mains de paltoquets et d'ignorants, parceque la pluport des journaux sont rédigés dans un esprit hypocrite, en un français assez baroque, enfin parcequ’ils sont presque tous sous la férule du clergé. ??

Encore le clergé. Décidément Caton mange du prêtre à chacun de ses repas, il en dévore même eu dehors de ses repas. Ji finira par se donner

une indigestion et en crever.

Comme il est bien renseigné, le brave homme!

Presque toute la presse canadienne sous la férule du clergé ! Depuis des années et des années on nous sert ainsi les mêmes balourdises et toujours à la même sauce. C’est ainsi qu'on soutenait, il n'y a pas longtemps, que ‘‘ la Cox, fondée par les Sulpiciens, vivait aux dépens de cet ordre religieux et avait du pain sur la planche pour longtemps, pour toujours... ” Cependant la Croix est morte de faim, malgré le dévouement et l’annégation de ses r édactel urs, dont quelques-uns, pour faire honneur encore longtemps à la diète,

i leurs engagements, seront

Si j'avais le droit de critiquer notre clergé, je lui reprocherais son indifférence à l'égard de la presse, de ce quatrième pouvoir, dont le concours pourrait très-souvent lui être utile

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Et dire que Caton écrit tout cela pour notre bonheur, par pure charité. Il le dit :

‘ L'intérêt n’a jamais souillé nos sentiments.”

Il est à encadrer, Caton : s1 seulement on pouait se le procurer. Mais il est si modeste qu’il se cache derrière un point d'interrogation.

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