COUPS DE SONNETTE
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Voltaire trouvait qu’il était facile de crier: ‘t Ecrasons l’infâme !?’ mais qu’il était par contre très difficile de produire des arguments plus ou moins raisonnables contre la sainteté de l'Eglise : ‘Heureusement, dit-il, nous avons une dernière ressource : ‘ Nous pouvons mentir.”
Ses disciples pensent et font comme lui.
Les apôtres prêchaient l'Evangile sur les places publiques,en présence des ennemis de l'Eglise, Loin de craindre le martyre, ils le désiraient ardemment. Les réformateurs modernes aiment mieux se cacher, confiant leurs ‘‘ doctrines”? aux pages d’un pamphlet anonyme. De vrais lièvres pour le courage.
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Les Points d’Interrogation n'aiment pas les prêtres et leur attribuent tout le mal qui se fait dans le pays. Napoléon Ier ne partageait pas cette manière de voir. ‘ Un seul curé, disait-il, vaut mieux, pour la tranquillité publique, que dix gendarmes.’
‘ On a beau dire et beau faire, disait M. Thiers, l’enseignement congréganiste est de beaucoup préférable à l’enseignement laïque.”
Les points d'interrogation, qui sont des hommes savants, ont sans doute lu 6e ‘ bon conseil ” de Calvin: ‘ Pour ce quiest des jésuites, quisont nos plus grands adversaires, il faut les faire périr, ou, si cela souffre trop de dithicultés, il faut les chasser,ou du moinsles accabler d’impostures et de calomnies. ?”
Tous les ennemis du clergé se ressemblent avec cette différence que les uns, comme Calvin, Luther Voltaire et Rousseau, prennent la responsabilité de leurs écrits, tandis que d’autres, tro» modestes pour désirer la célébrité, ou trop prudents pour chercher à être connus, se tiennent dans Pombre.
Certains... moralisateurs n'aiment pasles Canadiens qui apprennent le catéchisme, prient et assistent aux oflices. Un grand écrivain-qui gignait tous ses écrits-—Lamartine--pensait autrement: ‘Je n'ai rien à craindre dit-il, des gens qui prient. ??
Les foules qui se rendaient aux pèlerinages, égrenant leurs chapelets, étaient plus dignes de confiance, d'après le même auteur,que les politiciens de bas*étage qui prononçaient de beaux discours et écrivaient des choses ronflantes, mais dont la conduite laissait beaucoup à désirer.
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Les ? ? ? trouvent tout mauvais au Canada : les Canadiens, les journaux et le clergé. Pauvres martyrs! Les a-t-on appelés ici? [ls peuvent s’en retourner chez eux, on ne les retiendra pas, au contraire !
Supprimez les prêtres canadiens et vous aurez supprimé la colonisation. La hache conquiert la forêt, la charrue trace les sillons, mais la croix fonde les paroisses et conserve les peuples.
Tout le monde le reconnaît : il n’y eut pas, pendant la désastreuse guerre de 1870-71, de meilleurs soidats que les zouaves de Charette : tous priai: ut avant de se rendre au combat, Comme les Frères qui ramaissaient les blessés au milieu d’une pluie 4 balles, comme les sœurs qui les soignaient même 8o1us le feu de l’enn°mi, ces héros devaient à leur éducation chrétienne ce courage admirable auquel les Prussiens eux-mêmes rendirent un éclatant hommage.
Ce qui déplaît surtout à certains démagogues, c’est l’importance donnée dans nos collèges et nos écoles paroissiales à l’instruction religieuse. Noëus espérons, pour le bien général, que ces bons apôtres en seront pour leurs frais d’éloquence révolutionnaire. On saittrop bien où conduit l’éducation sans Dieu, pour scnger à proscrire le catéchisme et à le remplacer par la prose des points d’interrogation.
Les points d'interrogation trouvent que les prêtres canadieus ne devraient pas visiter l’Europe où ils vont prier sur les tombeaux du Sau-
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veur et des martyrs de la foi... Plus tolérants que ces messieurs, les prêtres canadiens ne leur diront rien si jamais il leur prend fantaisie d'aller s'agenouiller aux endroits où les apôtres du progrès sans Dieu,les Saints Rochefort, Gambetta, Jules Favre, et tutti quanti, ont versé leur sang pour la patrie et... les bons principes. en chantant :
‘ Courir pour la patrie! ?”
‘ Les prêtres et les religieux, disent les calomniateurs, ne font rien, ne sont bons à rien.” Ils prennent à parti le R. P Lacasse, Oblat. Ce dernier, dans une seule de ses excursions comme colonisateur, fait plus de bien que n’en ont fait les trois points d'interrogation dans toute leur vie. Demandez aux innombrables colons qui lui doivent une vie heureuse et indépendante ce qu’ils en pensent. Ce sont tous des travailleurs honnêtes, de bons chrétiens, donc ils diront la vérité, toute la vérité.
Il y a quelques jours, des centaines de prêtres et de religieux se réunissaient pour offrir à $. G. Monseigneur Fabre, archevêque de Montréal, ün tribut bien mérité d'affection et de reconnaissance. Qui dira jamais le bien opéré par cette vail- Jante armée ? EL c’est vers ce prince de l'Eglise si digne de respect et de vénération, que des aventuriers, méconnaissant l'hospitalité qu’on leur donne ici, lancent leurs sales crachats !
Dans les vieux pays, beaucoup de parents libres-penseurs, voire même des francs-maçons avancés, envoient leurs enfants, garçons et filles, aux coll’ zes et aux pensionnats dirigés par des
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dent des religieux et des religieuses, Dans eur aveuglement, ils croient pouvoir se passer eux-mêmes de religion ; mais,désirant être aimés et respectés par leurs enfants, ils se gardent bien de les confier à des maîtres et à des maîtresses ‘“ sans Dieu.” Assez fous pour 8e priver volontairement des consolations de la foi, ils ne lesont pas assez pour s’exposer au danger d'introduire dans leur famille l'esprit de révolte contre les lois de Dieu et de son Eglise qui engendre fatalement l'esprit de révolte contre l'autorité paternelle et cause la ruine et l4 désolation.
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L'amour de la vertu et l'horreur du crime suffisent pour faire les bons citoyens,” disent les libres-penseurs qui ne sont souvent que des libres-radoteurs. Mais, comment, sans religion, déterminer ce qui est vertu ou crime? Comment saurons-nous ce qui est bon ou mauvais? Qui nous guidera? Notre esprit, notre cœur, notre conscience? Tristes guides quand ils sont privés eux-mêmes du flambeau de la religion!
Un philosophe de dix ans, s’il a bien étudié son catéchisme, en connaît plus long, dans l’art de bien vivre, que les plus grands savants auxquels manque cette science, la première et la plus nécessaire de toutes.
Pendant la désastreuse guerre franco-prussienne, plus d’un prêtre français se laissa fusiller plutôt que de dénoncer ses paroissiens. coupables, aux yeux d’un enremi sans pitié, d’avoir défendu vaillamment leurs foyers. Peut-on en dire autant des libres-penseurs, de ceux qui ne cessaient de demander l’expulsion des religieux et la laïcisation de l’enseignement ?
A propos de la même guerre, on a beaucoup parlé de trahison, Un seul prêtre a-t-il commis ce crime ?
N'est-ce pas plutôt dans les rangs des librespenseurs, des athées, des ennemis du clergé qu’on a trouvé les traitres et les lâches ?
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Devenu premier consul, Napoléon envoya au R. P, Charles, missionnaire, ancien aumonier de l’école de Brienne, le brevet d’une pension de mille francs, ($200), avec cette lettre écrite üâe sa main :
‘ Je n'ai point oublié que c’est à votre vertueux exemple et à vos sages leçons queje dois la haute fortune où je suis arrivé. Sans la religion, il n’est point de bonheur, point d'avenir possible. Je me recommande à vos prières.’
Les prêtres sont donc bons à quelque vhose, quoiau’en disent leurs calomniateurs !
Dernièrement un père Rédemptoriste se trouvait assis, dans une voiture du chemin de fer, en face d’an grand ennemi de la religion,qui, pour se moquer du religieux, lui demanda :
Savez-vous quelle différence il y a entre un Rédemptoriste et un âne ?
— Je ne suis pas très-fort en énigmes, répondit simplement le bon Père ; veuillez m’instruire.….
— Eh bien! reprit le gros malin, c'est que les Réderptoristes portent la croix sur leur poitrine et les ânes sur leur dos.
— Pas mal, dit simplement le religieux; mais, à votre tour, dites moi quelle différence il y à entre un libre penseur et un âne ?
— Je n’en connais pas, fit le... savant,
… Et moi non plus, répliqua le Père.
Notre mauvais plaisant avait son compte; ilre poussa pas l’escarmouche plus Join.
*X # —(Ça prend des hommes bien vaillants, pour oser attaquer les prêtres,” disent parfois de
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pauvres ignorants qui confondent la lâche insolence avez la bravoure. Et l’on voit de malheureux égarés lever orgueilleusement la tête, se rengorger, parce qu'ils ont eu le triste courage d’insulter, de calomnier des prêtres et des religieux qui ignorent même la chose ou, n'ayant rien à se reprocher, ne se donnent pas la peine de répondre,
Pensez donc ! se sentir capable de se passer de toute religion, de tout culte; crier sur les toits que Îles catholiques, les croyants, ceux qui prient ceux qui respectent le clergé, ceux qui envoient leurs enfants aux bonnes écoles, sont ‘‘ des ignorauts, des êtres sans cœur, abrutis par le clergé. Il faut de l’esprit tout plein pour cela.”
La religion, disent d’autres pauvres sires, est bonne pour les vieilles femmes, les enfants et... le petit peuple.
Ainsi ne raisonnait pas le général de Lamoricière.…..
Lamoricière !... Ce nom est tout un poème. En Afrique, à la prise de Constantine et dans vingt combats il fit preuve d’une si grande témérité qu’on le taxait parfois de folie. Le terrible Abel-Kader l’appelait ‘le grand sabre ” et il ne voulut se rendre qu’à lui lorsqu’il se déclara vaincu, en 1847.
Pendant ia révolution de 1848 il se promenait, sous une pluie de balles, à proximité des barricades, étonnant tout le monde par sa froide bravoure,
Au siége de Sébastopol, en 1854, ses supérieurs le réprimandèrent à plusieurs reprises, parce qu’il s’exposait au danger sans prendre la moindre précaution .…
Eh bien! pendant son exil en Belgique, M. Thiers, l’auteur du Consulat et de i’ Empire, lui aygnt écrit un jour, à Bruxelles, qu’il l’invitait à se rendre à son hôtel le lendemain à sept heures du matin, le vaillant général, qui était aussi un bon chrétien, lui répondit: ‘ À sept heures, impossible, car c’est l’heure de la messe à laquelle