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Dtt. 3.
250 Urkunden No. 218— 1519.
de ses propres négociations, lui ont fait la loi de s'en tenir religieusement au sens de ses instructions. La note qui lui fut remise après lui avoir été annoncée comme devant renfermer un plan de coopération fondé sur des engagements réciproques, dont les bases avaient été arrêtées confidentiellement, n'était en effet qu'une série de demandes auxquelles le soussigné n'était aucunement autorisé à répondre, et l'offre des bons offices qui lui fut faite ensuite étant également étrangère à l'objet de sa mission, il dut se borner à la transmettre à son gouvernement. Il a vainement cherché le motif de la différence extrême qu'il remarquait entre les propositions écrites et les entretiens confidentiels. Il n'a pu se convaincre que des circonstances passagères aient pu diriger une politique, qu'il s'agissait d'établir sur des bases permanentes. Il a gémi de voir négliger le moment où les intérêts les plus chers à l’Europe auraient pu être fixés de la manière la plus avantageuse entre deux puissances évidemment destinées à marcher ensemble pour rétablir un équilibre rompu par tous les déchirements qui ont affligé le continent depuis huit années !}. Mais convaincu aussi de l'impossibilité de se faire entendre, il a dû respecter en silence les raisons qui ont déterminé la conduite du ministère et attendre les instructions ultérieures de son gouvernement. Ces instructions lui ont prescrit de soumettre confidentiellement à S. M. l'insertion au traité de paix de la clause que le ministère a jugé à propos de communiquer à la cour de Vienne. Si l’envoy& du roi à Paris a informé sa cour que le soussigné ferait des ouvertures qui embrasseraient généralement les stipulations de la paix à conclure, ce n’est pas sans doute dans la supposition que les débats du congrès de Rastatt seraient transférés à Berlin, mais que dans le cours de la discussion sur la mesure proposée par le Directoire, le soussigné avait des pouvoirs suffisants pour aplanir quelques difficultés qui embarrassent encore la marche du congrès. Le ministère du cabinet paraît avoir reconnu lui-même linutilité d’une ouverture générale sur les stipulations de la paix, puisqu'il ajoute qu'il ne pouvait plus être question de nouveaux articles à débattre à Rastatt. Or, comme les articles qui y ont été débattus sont connus de tout le monde, il eût été superflu d'en présenter l'ensemble à un cabinet qui exerce une si grande influence sur les délibérations du congrès.
Si, d'un autre côté, l’envoy& du roi a voulu faire entendre que le soussigné était autorisé à soumettre à S. M. plusieurs projets tendant à consolider la paix, il a parfaitement bien saisi les intentions du Directoire. Mais d'après ce qui s’est passé à l’&gard du premier projet que le soussigné a eu l'honneur de présenter, le ministère du cabinet jugera
1) Incorrect citirt bei Nante, Harbenberg 1, 402.
Verhandlungen mit Sieyes in Berlin. 251
lui-même s'il eût rempli le vœu de son gouvernement en lui soumettant les autres par écrit, et si le parti qu'il a pris de les communiquer verbalement à S. E. M. le comte de Haugwitz ne convient pas mieux à sa situation et à l'état actuel des choses.
Quant à la condition que le ministère du cabinet a jugé convenable d'ajouter à la clause proposée, le soussigné est prêt à entrer dans des explications qu'il a tout lieu de croire satisfaisantes: mais il se flatte en même temps que le ministère, après avoir rempli envers l'Empereur les devoirs que lui paraissaient imposer les lois constitutionnelles de l'Empire germanique, après avoir reconnu que la clause proposée est analogue aux pe de l'Allemagne et qu'elle tend évidemment à consolider la paix, foudra bien prescrire aux plénipotentiaires du roi à Rastatt de se concerter avec les ministres de la République française, pour faire adopter cette clause par la députation de l'Empire.
Berlin, le 12 vendémiaire an VII de la République française
(le 3 octobre 1798).
Sicyès.
219. Gutachten ded Grafen Haugwig. Berlin 179$ Dftober 10. Dundum (Kriegsratd D. Du Bois), gez. Haugwis. Bemerkungen über bie leßte Note von Sieyes. Frühere Unterrebungen mit Sicyes.
Si je vais accompagner la note du sieur Sieyès du 3 octobre de quelques observations, ce n’est pas que mon intention soit de fournir le canevas pour la réponse que nous serons dans le cas d'adresser à ce ministre; mais il m'a paru être important de relever plusieurs articles de cette note. Nous aurons peut-être occasion dans la suite de revenir sur ces objets. S'il était question de les traiter maintenant avec le ministre de France et d'entrer en discussions avec lui, il n’est pas à prévoir qu'il puisse en résulter aucun bien pour les intérêts du Roi. Il me semble donc préférable de nous en tenir au dernier paragraphe, où le sieur Sieyès nous annonce des explications dans lesquelles il était prêt à entrer, en ajoutant qu'il avait lieu de les croire satisfaisantes. En lui demandant ces explications, il faudra nécessairement lui observer que l’expérience du passé nous ayant prouvé à différentes reprises que les explications verbales qui avaient eu lieu entre le ministère et lui, semblaient avoir été mal saisies et avaient donné évidemment lieu à des mésentendus, le Roi nous avait chargés d'inviter le sieur Siey&s à remettre par écrit dorénavant tous les objets qu'il avait à traiter et qu'il jugerait être de quelque importance. On ne pourra pas se dispenser de relever à cette occasion qu'on avait vu avec surprise que le ministre de France semblait
Of. 3.
Oft. 10.
Oft. 10.