Denfirift des Geh. Rabinets- Sefretärs F. W. Lombard
Gigenbänbig, ohne Datum und Unterjrift.
Rep. 80. Sarton Dentiriften.
Gegenfats zwifchen Franfreih und bem übrigen Europa; Gefahren Preußens. Folgen der Neutralität oder der Theilnahme am Kriege. Bebenklichkeiten eines jeden Œntidluffes. Das Svfiem des Grafen Haugmwit.
L'ancienne politique n'existe plus. Les opinions les plus saintes [Gegen autrefois sont aujourd'hui des préjugés gothiques. Cette vieille haine contre l'Autriche, cette jalousie contre la Russie, cette existence en Empire, tous ces phantômes disparaissent devant une considération plus puissante, et il n'y a plus dans ce moment que deux rivaux en présence : la France et l'Europe. Les cours sentiront enfin le besoin qu’elles ont de s'unir, ou si elles s’aveuglaient assez sur leurs véritables intérêts pour se déchirer encore, eh bien, il en naitrait des guerres qui se termineraient comme toutes. On aurait des avantages, on aurait des revers, on finirait par la paix, et il n’en aurait coûté que des sacrifices.
Mais la guerre, ouverte ou sourde, que fait la France à l'Europe \ entière, porte essentiellement un caractère de destruction. Là, il s’agit de vaincre ou de mourir. La première conquête de l'ennemi n'est pas une province perdue, mais un premier coup de hache porté au fondement du trône, et le dernier revers est le choc qui le renverse. Il n’est plus dans le monde qu'une politique, qu’une crainte et qu'un vœu: détruire ce repaire de brigands, ou leur opposer enfin une barrière — voilà tout ce que les cours doivent vouloir et veulent sans doute, et du moment où elles le pourront, jamais politique n'aura été plus aisée que la leur. a
Jusqu'à la paix de l'Angleterre et de l'Autriche, le tigre eraindra le lion, et la Prusse sera respectée. Mais dès que les Français se verront délivrés de leurs autres ennemis, ils lui feront payer cher son repos. Ils se vengeront de ce respect qui les humilie, porteront vers le Nord leurs armes mortelles et leurs principes empoisonneurs, et tireront de la possession de la Hollande des moyens incalculables pour inonder un
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1709 pays ouvert, où trois batailles perdues ne leur coûtent que du sang et me au où une victoire peut les amener jusqu'au centre des États.
Avec cette conviction, une haine mortelle est certainement tout ce qu'on leur doit, et si, en prenant les armes, on pouvait calculer leur ruine, on ne pourrait trop tôt y courir. Mais quand le devra-t-on et comment? Malheureusement c'est l'avenir qui jugera la question, et l’on marche en aveugle dans une carrière où des événements qu'on ne peut prévoir, où les succès et les revers justifieront seuls le système qu'on aura suivi ou prouveront seuls son erreur.
La Prusse peut rester tranquille ou prendre part à la guerre. 10 Dans le premier cas, ou les Français triompheront, ou ils seront
es plus faibles. Si les Autrichiens succombent, la Prusse sera attaquée à son tour et le sera seule sans secours et sans alliés. Elle aura eu tort de ne pas prévenir ce moment et de n'être pas tombée sur le commun ennemi, lorsque sa diversion pouvait quelque chose encore. Si les impériaux sont vainqueurs, quel fruit la Prusse en retirera-t-elle? Les Français seront chassés au delà du Rhin, je le veux: chassés de l'Italie et de la Suisse, je l'accorde encore. Mais là, tranquilles derrière leurs fleuves, leurs forteresses et leurs Alpes, ils présenteront à l'ennemi une barrière invincible et que cet ennemi ne voudra pas même franchir. L’Autriche, sûre à son tour de ses frontières et de l'Italie, plus que jamais redoutable, mais guérie sans doute par les fautes passées de projets plus vastes encore, tendra les mains à la paix et se souciera peu d’épouser à l'avenir une cause qui ne sera plus immédiatement la sienne. La rage républicaine, déçue dans le Midi, refluera vers le Nord. Ces tranquilles provinces, ces riches ports de commerce, qui ont fleuri sous l'égide de la Prusse, appelleront la cupidité des Français, et, devancés par leurs agents et par leurs principes, ils chercheront à se dédommager sur elle des obstacles qu'ils auront trouvés ailleurs ou des pertes qu'ils y auront faites.
20 Dans le second cas, c'est-à-dire si la Prusse fait la guerre, l’al-
ternative est à peu près la même. En cas de défaite des impériaux, la
/ Prusse restera seule en lutte et aura hâté par son attaque précoce le moment de la catastrophe. Et si les Autrichiens triomphent, la Prusse ne jouira de leur appui que jusqu'au moment où ils auront repoussé les Français dans leurs insurmontables barrières. De ce moment, les républicains n'ayant plus ni l'espoir de réussir dans le Midi, ni la crainte d'y éprouver de plus grands revers, réuniront tous leurs moyens contre le Nord et feront peser sur la Prusse seule tout le poids de cette interminable guerre.
Ainsi, quelque côté qu'on envisage, on n’a guère que le choix des
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maux, et sur toutes ces considérations il ne surnage qu'une vérité bien 1799 claire : horreur du nom français et besoin de l’&eraser tôt ou tard. as Bat]
Rien de plus aisé que de calculer les inconvénients des deux partis : rien de plus difficile que de choisir. L'esprit humain est porté à voir l'objection plutôt que les motifs de suffrage. Quelque résolution que Sa Majesté prenne, elle doit s'attendre à voir l'inquiétude publique étudier les motifs contraires, et ce qu'il y a de désespérant dans cela, c'est que le Roi aura raison et que le publie n'aura pas tort. Quand le pour et le contre d’une chose git dans l'avenir, Dieu seul peut être sûr de son choix. La France peut se dégoûter de son joug, et tel système sera bon. Un événement inattendu, la tragédie de Rastatt par ex., peut y ranimer un instant l'esprit national, produire un succès, en préparer de plus grands, et ce même système n'aura rien valu.
Et cependant il faut prendre un parti: car le meilleur qui soit à prendre perd de son prix par l'attente. Et malheureusement pour le Roi, c'est lui seul qui doit décider. C’est là la prérogative de son rang et le prix pénible de la couronne qu'il porte. Sür d’avoir partout des inconvénients à combattre, il faut qu'il ‘en croie un certain tact, qu'il écoute la voix de son cœur et cette logique naturelle qui ne le trompe jamais, et qu’entier au parti qu'il aura pris, il écarte dès lors toutes les idées contraires, tout ce qui, en lui rappelant la possibilité d'un autre système, Öterait au sien de son énergie.
Si le comte de Haugwitz avait eu le temps de flotter, peut-être il flotterait encore. Mais il a dû porter un jugement, il l'a fait, et n'a plus pensé depuis qu'à y mettre cette suite, cette série invariable d'idées, de motifs et de résolutions, qui caractérise son travail et avec laquelle un mauvais système l'emporte souvent sur un bon. Il est une justice qu'on ne peut refuser au sien. En inelinant pour les propositions des deux cours, il y a apporté les modifications les plus sages: il a épuisé tout l'art de la politique pour conserver à son maître toute la liberté eompatible avec des engagements solennels, et si l'on n'éprouvait un frissonnement involontaire en pensant aux suites du premier pas, c'est à cet habile ministre qu'on le devrait.
Hélas, telles sont les ténèbres de la question. Les oracles seuls pourraient prononcer, mais les oracles ne parlent plus, et tel serviteur fidèle qui voudrait mériter mieux la confiance de son auguste maître, se dit en soupirant qu'il est plus aisé de le servir de son sang que de ses lumières. ee
| Mais ce qui n’est sujet à aucun doute, c'est le prix extrême des relations de la Prusse avec les autres puissances, et ce serait les altérer Bailleu, Preußen u. Grantreid. 1. 19
(Gegen
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sans retour que de se refuser à leurs ouvertures touchant une garantie mutuelle et tels arrangements à convenir pour le moment de la paix générale. \ Au lieu de parler ci-dessus d'une expédition contre la Hol-
lande, je me suis toujours servi du terme général de guerre contre la France. Car c'est un jeu de mots que de distinguer les deux choses. On ne eonquiert la rive droite du Rhin qu'en combattant sur sa gauche, et cette distinction de manifeste équivaudrait certainement pour la France à une déclaration complète de guerre, et les résultats seraient les mêmes, ainsi que les efforts qu'il faudrait pour les amener.