Bericht von Sandoz:Rollin aus Paris
Finanzielle Berlegenbeiten. Zwiftigleiten im Direktorium. Eröffnungen von Sainte:
dev.
. C'est la prolongation des divisions intérieures qui est cent fois plus dangereuse que les victoires des coalisés . . . C’est surtout la pénu-
rie des finances qui est le ver rongeur. Le gouvernement républicain périra, selon moi, du même mal que le gouvernement monarchique a péri, si on n'y remédie pas promptement . . .
Le sieur Barras, lié d'abord avec Sieyès pendant la mise en jugement des ex-directeurs, s'en est séparé dès lors et est retourné à ses plaisirs et à son jacobinisme'). Les directeurs ne sont d'accord entre eux que sur les moyens de se maintenir en place et en dignité. Gohier, Ducos et Moulins se défient de Sieyès et de son esprit et ont appuyé sous main, à ce qu'on m'a voulu assurer, les invectives vomies dans le journal des hommes libres: scandale qui ne trouvera croyance nulle part, hormis ici .
Sainte-Foy, le confident de Talleyrand, est venu me‘trouver et m'a tenu le discours suivant . . . »Le retour de la paix pourrait dépendre uniquement du rétablissement d'une monarchie constitutionnelle et héréditaire. Si cela arrivait, les suffrages des autorités et de la saine partie de la nation ne se decideraient pas pour un Bourbon . . . Les suffrages se déclareraient plutôt pour un prince allemand et protestant . . . c'est le frère du Roi votre maître et c’est le prince Louis de Prusse, fils du prince Ferdinand. Nous sommes certains que leur éducation militaire et économique les rendra agréables aux armées et propres à réparer le désordre des finances ?) . ..
1) Am Schluffe bicies Berichtes jchreibt bagegen Sandoz: Barras, à ce qu'on m assure, est revenu à Sieyès.
2) In Berlin erblidte man im biejer Eröffnung nur une bien forte preuve de détresse et d'embarras, ober, wie aud Sandoz vermutbet batte, l'intention secrète de mettre la défiance et même la désunion entre la Prusse et les puissances belligérantes. (Erlaß an Sandoz, 8. Sept.)
Beridt von Sanboy-Nolin. Aufzeihnung von Haugwiß. 331
Ce n'est pas le Directoire, ce sont encore moins les Jacobins, et ce 1799 sont aussi peu les deux Conseils qui décideront la transmutation de la "8 ?°république en monarchie; non certainement; mais ce sont les armées .
278. Aufzeichnung des Grafen Haugwib (für König Friedrih Wilhelm ILI.). Berlin 1799 Auguft 28.
Mundum (Du Bois) gez. Haugwik.
Das Direktorium lehnt bie preufiichen Anträge ab. Hangwiß empfiehlt, ben Herzog von Braunfhweig Über den Rhein vorrüden zu laffen und fid mit England zu verfländigen.
Le Directoire vient de s'expliquer sur les ouvertures que j'ai été ug. 28. chargé de faire au sieur Otto en date du 20 juillet!) relativement à l’évacuation de la Hollande, des provinces du Roi et des pays limitrophes, par les troupes françaises. La réponse du Directoire est entièrement déclinatoire. Le chargé d’affaires de la République, après avoir parlé de l'intérêt avec lequel le Directoire avait reçu la proposition de retirer ses troupes de la Hollande et des pays limitrophes, me fit connaître sans détour, quoiqu’avee un embarras visible, que les mesures pour la défense de la Hollande étant prises et les troupes françaises devant y concourir, le Directoire ne pouvait se résoudre d'évacuer la Hollande et de déférer à cet égard à la demande du Roi... Haugwiß fragt: »de quel droit le Directoire prétendait se maintenir encore en possession des provinces prussiennes sur la rive gauche du Rhin ?« . ..
Cette première démarche faite vis-à-vis du Directoire et vu l'effet qu'elle a produit, il importe maintenant de savoir quelles sont les combinaisons auxquelles ses résultats doivent nécessairement conduire . . .
S. M. s'est convaincue de l'importance dont il est pour la Prusse que la Hollande soit indépendante, et elle ne l’est pas moins des titres qu'elle a à réclamer, dès qu’elle voudra le faire, ses provinces d’outre- Rhin. Elle sent la nécessité d’affaiblir de ce côté-là le colosse qui pèse sur la Prusse . ..
Ils se présentent à mon esprit trois différents partis auxquels la Prusse, libre maintenant dans son choix, peut se déterminer.
1° Elle pourrait maintenant, après s'être convaincue que ce n’est plus la voie de la négociation qui la conduira au but qu’elle s'est pro- 62. posé, offrir aux puissances coalisées contre la France son concours à la guerre, en s'engageant à prendre une part immédiate et active à l’entreprise qu'elles méditent contre la Hollande. Une démarche pareille, si
1) Bergl. ben vorhergehenden Erlaf an Sandoz, 22. Juli, No.271.
Aug. 28.
332 Urkunden No. 278—279.
d'ailleurs elle était conforme aux sentiments du Roi, répondrait parfaitement aux relations dans lesquelles la Prusse s’est trouvée précédemment avec ses alliés . . . Dès lors la guerre serait résolue et la coopération du Roi décidée, sans qu'il fût possible de reculer l'explosion, et le concours de la Prusse n'aurait d'autres bornes que la délivrance de la Hollande et des pays limitrophes opérée et une frontière solide procurée à ces pays, qui les mette à l'abri des entreprises futures de la République française, et ce ne serait que ce but obtenu que la Prusse se trouverait de nouveau dans le cas à s'en tenir à des mesures purement défen- RIVES . . .
2° Mais il s'offre un second parti à prendre. Ce serait que le Roi, en conformité à la promesse qu'il en a faite à S. M. Britannique dans sa lettre autographe ‘), lui annonçât l'issue qu'avait eue la démarche que S. M. a faite envers le Directoire français, et qu'elle lui fit connaître en
me temps la résolution qu'elle avait prise de donner une suite sérieuse à la sommation à laquelle elle s'était portée, et que pour cet effet elle allait faire avancer ses troupes sous les ordres du due de Brunswick vers le Rhin, pour les faire agir conformément aux circonstances; que cette armée se mettrait en possession de ses provinces d’outre-Rhin, en prenant pour cet effet une position militaire entre le Rhin et la Meuse ; du reste, et pour ce qui regarde les affaires de Hollande, on donnera à entendre à l'Angleterre qu'on était prêt à s'entendre avec elle à mesure que les circonstances se développeraient, et que ce serait toujours en conformité des principes que S. M. Britannique connaissait au Roi à ce sujet. Il n'y a pas de doute qu'une telle déclaration, suivie de près de l'exécution même, nous ramènera le cabinet de Saint-James, et la Prusse gardera encore les mains libres d'agir ensuite d'après l'événement, et la faculté de ne consulter dans toutes ses démarches que ec que l'intérêt de sa monarchie lui prescrira.
Les efforts réunis de la Grande-Bretagne et de la Russie et la dégradation du gouvernement français, qui augmente à mesure que les autres s'élèvent, laissent peu de doute que l'expédition contre la Hollande n'aura un succès complet. La Prusse y aura contribué essentiellement par le mouvement qu'aura fait le duc de Brunswick ; l'Angleterre ne pourra et ne voudra pas le méconnaître. Le Roi aura la satisfaction de recouvrer ses fidèles et anciennes provinces, et en tendant la main à l'Angleterre, il se sera acquis de nouveau le seul allié sur lequel raisonnablement il est permis de compter, et qui seul nous suffit dans l'époque actuelle.
1) 25. Juli 1799,
König Friedrich Wilhelm II. und Graf Haugwig. 333
Si le Roi dans sa sagesse juge qu'il est de la dignité de sa couronne 1799 et de l'intérêt de sa monarchie d’embrasser ce parti, j'ose observer "8 ?°encore qu'il n'y a pas un moment à perdre. M. Grenville est sur son départ. Qu'il parte, mais qu'il emporte la conviction de ce nouvel ordre de choses. Des combinaisons plus heureuses ram&neront bientôt ce ministre bien pensant. Que le Roi daigne appeler auprès de lui le duc de Brunswick, et qu'il consulte ce général éclairé sur l'exécution de la partie militaire . ..
Einladung an Helen und Sachen zur Mitwirkung, nicht aber an Rufland. Je ne saurais finir cet article sans mettre aux pieds du Roi l’aveu que le parti dont il s'agit ici est celui que je regarde être le plus conforme à la gloire de sa couronne et à l'intérêt de ses peuples . VA
e serait
30 Je ne parlerai que peu du troisième parti à prendre.
celui de renoncer entièrement à tout concours aux affaires dont l'Europe entière s'occupe et qui tôt ou tard doivent déterminer le sort des puissances, les relations qu'elles auront entre elles, et le rôle qu’elles seront appelées de jouer dans le siècle futur. Il sera difficile, sinon impossible, d'entretenir un concert quelconque avec l'Angleterre, et je ne conçois pas trop bien comment le Roi pourra remplir la promesse qu'il a faite à S. M. Britannique dans sa lettre autographe de se concerter avec elle sur ce que, en cas de refus de la part du Directoire français, sa position lui preserirait ultérieurement à faire. Et quel serait notre rôle vis-à-vis de la France? Après une première sommation faite, peut-on reculer encore et endurer de la part d'un gouvernement, qui se voit obligé de plier devant tous les autres, le peu d'égard avec lequel il nous écoute, tandis que ce n’est à la modération de la Prusse qu'il doit de ne pas se voir écrasé à la fin de cette campagne ?
279. König Gricbri Wilhelm III. an Graf Hangmwis. Charlottenburg 1799 Augujt 29.
Mundum (Lombard), gez. Frédéric Guillaume.
Befiehlt Fortfegung der Unterbanblung mit Frankreich.
Vous avez très bien jugé en prévoyant que, des trois marches d&- Aug. 29. veloppées dans votre mémoire, ni la première ni la dernière ne pourraient me convenir. Dun côté, je ne veux point la guerre; de l’autre, une parfaite insouciance a ses grands inconvénients. Je me dois de cultiver mes relations avec les alliés, et surtout, d'être attentif au sort de mes provinces d’outre-Rhin, que les succès des Anglo-Russes exposeraient à un nouvel envahissement.
334 Urkunden No. 279—281.
Mais pour atteindre ce ee ne crois pas qu'il soit nécessaire encore d'adopter une autre marche ni d'entrer avec l'Angleterre dans de nouvelles explications. Toutes celles que je pourrais dans la suite avoir à lui faire ont été renvoyées après la négociation entamée avec le Directoire. Cet état des choses subsiste. ne négociation n’est pas rompue pour avoir éprouvé un premier obstacle. 4e grand avantage de celle-ci est le prétexte qu'elle m'offre et le temps qu’elle me fait gagner. Au moment où l'expédition des Anglais va répandre tant de lumière sur les événements, il m'importe plus que jamais de conserver ce prétexte.
Le souhaite done que les pourparlers se poursuivent, par Otto, par San-
doz-Rollin, sous les formes qui vous paraitront préférables, mais d'une manière qui les prolonge et qui m'amène à l'époque où les premiers succès des Anglo-Russes ou bien leurs premiers revers auront, soit exposé mes provinces à une invasion d'un autre genre, soit justifié les réflexions tirées si souvent, dans vos conférences avec les deux ministres, de la position géographique de ma monarchie et de la double circonspection dont elle me fait la loi.
Dans l'audience de Grenville'), je partirai done de l'idée que la matière est épuisée entre son maître et moi et que ma lettre autographe ne me laisse rien à lui dire, et, s'il avait l'indiscrétion de parler du refus du Directoire, connu sans doute dans le corps diplomatique à Berlin, il comprendra sans peine qu'une première ouverture dans une négociation n'en est pas le dernier résultat.
Dans le parti mitoyen que votre mémoire développe aussi, je reconnais l'avantage de sauver mes provinces transrhénanes d'une nouvelle invasion. Mais je ne puis y employer des moyens qui, aux yeux des Français, équivaudraient à une agression véritable. Peut-être est-il telle mesure moins marquante, telle dislocation paisible de troupes, qui réunirait tous les buts à la fois, en me mettant plus à portée de ces provinces, en imprimant aux républicains du respect sans précisément les provoquer, en favorisant par cette jalousie l'expédition des alliés et en me préparant de premiers titres à leur reconnaissance. Je m'occuperai de cette idée, et si je me détermine à la suivre, je vous en ferai part incessamment.
/ Vous, en attendant, veuillez vous occuper des nouvelles représen-
‚ /tations à adresser au Directoire, des motifs pris de son propre intérêt
dont on pourrait la soutenir, et du mode enfin par lequel on pourra prolonger l'état actuel des choses dans la relation avec les alliés.
1} Grenville hatte am 27. Auguft um eine Abjchiedsaudienz gebeten, die ibm am 31. gewährt wurde,
Friedrih Wilhelm ILE, Saftrow und Gaugwit. 335
280. General-Adjutant Oberit Zaftrow an Graf Haugwis. Charlottenburg 1799 Auguft 29.
. Eigenhändig, ges. Zaftrow.
Beihluß des Königs, Truppen von der Wefer mad Wejel vorrüden zu laffen.
Berjprochenermaßen verfehle id nicht, €. €. ganz gehorfamft anzuzeigen, wie die Intention ©. M. des Königs dahin geht, einen Theil der an der Wejer jtehenden Truppen nad) Wejel vorrüden zu laffen, um à portée zu fein, die überrheinifchen Provinzen zu bejegen, jobald die intendirte Landung der Engländer und Ruffen in Holland und den Niederlanden einen günftigen Erfolg ‘gehabt haben wird. Durd diefe VBorrüdung der preußifchen Truppen glauben Allerhöchftdiefelden eines Theil dem Unternehmen der Engländer indivect nüßlich zu fein, und anderen Theils das franzöfische Directorium zu einer gefälligeren Sprache zu bewegen. Dies fei aber auch Alles, wozu Sie Sid für jegt verjtehen fünnten und wollten, und glaubten Sie nicht , daß es nöthig jein würde, in diefem Augenblid Schon dem König von England die Antwort des Divectoriums mitzutheilen, indem, wenn bei einer Unterhandlung die erjten Borjchläge nicht angenommen würden, fie darum nicht gleich ganz abgebrochen werden könnte, wofern man nicht abfichtlic) vompiren wolle . . .
281. Aufzeichnung des Grafen Haugwis. Berlin 1799 September 1. Concept von Du Boid, corr. und gez. Haugwig.
Entihluß des Königs, Truppen an den Rhein riüden zu laffen und von Grant: reich die Räumung der linksrheinischen Befigungen Preußens zu fordern.
Roi a pris le parti de faire avancer vers le Rhin une partie du corps sous les ordres du duc de Brunswick !}. Ces troupes se porteront vers le Bas-Rhin aux environs de Wesel, afin d'être à portée d'agir ensuite selon les nz l'intention du Roi est de poursuivre la négociation avec la France. #n tächera encore de faire comprendre au Directoire combien il est de son propre intérêt de ne pas se refuser à la proposition que le Roi lui a faite à l'égard de l'évacuation de la Hollande.Æ#e Roi n'ayant d'autre but que de rendre à ce pays son ancienne indépendance et d'éloigner par là de ses frontières le théâtre de la guerre, la France aurait obtenu pour elle l'avantage in-
1) Am 31. Auguft erließ der König an ben Herzog von Braunfchweig ben Befehl, von ber Obfervations-Armee etwa 10,000 Mann unter bem General-Lientenant von Schlaben „mach der Gegend von Wefel jo nahe wie möglih an ben Rhein rüden zu laffen”. Schlaben follte die etwaige Landung ber Engländer und Nuffen fofort nad Berlin berichten und daun ben Befehl erhalten, ben General-Major L'Eftocq mit einem Keinen Corps über ben Rbein Setzen zu laffen, um die jenfeitigen preußiichen Befigungen zu occupiren.
Aug. 29,
Sept. 1.
Sept. 8.
336 Urkunden No. 281—283.
appréciable d'être de son côté à l'abri de toute invasion ennemie sur les
‘ frontières bataves, tandis que les mesures hostiles qui se préparent
maintenant tout le long de la côte, exposent visiblement la Hollande à devenir de nouveau le théâtre de la guerre et la France elle-même la verra portée des bords de la Meuse et de l'Escaut dans le Brabant, la Flandre et peut-être même sur son ancien territoire . . .
Là où les choses en sont venues maintenant, il est difficile de savoir s'il peut réussir encore de ménager à la Hollande l'avantage de conserver le calme dont elle jouit. Il sera difficile peut-être qu'elle échappe à l'orage qui gronde sur elle; mais quel que soit le sort de cet État voisin, le Roi ne peut pas souffrir plus longtemps que ses provinces d'outre-Rhin partagent les dangers, les horreurs de la guerre. Le Roi doit à ses fidèles sujets de les couvrir contre les nouveaux dangers dont l'approche d'une nouvelle guerre les menace. Pour cet effet le Roi demande au Directoire qu’il retire ses troupes des provinces prussiennes sur la rive gauche du Rhin, et S. M. fait avancer les siennes pour les occuper.
Tel est le précis du langage que le Roi m’a chargé de tenir vis-àvis du sieur Otto; et tout en poursuivant la négociation avec ce chargé d'affaires, S. M. veut en informer son ‘ministre à Paris, l'instruire des principes sur lesquels elle se fonde, et le charger de venir à son appui par les représentations énergiques qu'il aura à faire de son côté. On apprendra en outre à M. de Sandoz que les troupes du Roi se mettent en marche vers le Rhin, qu'il n'y a cependant rien d’hostile dans cette mesure, mais que le Roi croit pouvoir s'attendre maintenant que le Directoire se hâtera de satisfaire S. M. à l'égard de la demande qu'elle a faite par rapport à ses provinces transrhénanes.
La dépêche à M. de Sandoz passera demain à la signature du Roi !) ...
Berichte von Sandoz- Rollin aus Paris.