Unterrebungen mit Mazarredo und Barras
Dit. 30. On ne parle ici dans ce moment que de la paix. Cela réunit toutes les volontés et réconcilie tous les partis... Mazarredo?), que j'ai vu hier, m'a dit d'un air mystérieux et important : »on est fort occupé depuis quelques jours dans le Directoire des négociations de paix; on travaille avec assiduité à en poser les bases« . . . Le sieur Barras, avec lequel je me suis entretenu il y a deux jours, m'a confirmé ces présages de paix. Il m'a dit: »tous les membres du Directoire sont réunis à la désirer, et
1) 22, November 1796.
2) Nach Azara’s Abberufung fpanifer Botichafter in Paris.
Aufzeihnung ven Gaugwis. Berichte von Sandoz-Rollin. 3415
il faut espérer que cette fois-ci il y réussira mieux que dans les négociations précédentes. Nous ne formerons aucune autre demande que celles qui ont fait la base du congrès de Rastatt, nous écarterons en attendant toute pensée et tout agent révolutionnaires . . .
293. Griebenspiüne ber franzöfiihen Machthaber. Borbereitungen zu einem Staatsftreih. Bonaparte und Barras. Berbhandlung mit Reinhard.
. |. Le sieur Sieyès a dit, il y a quelques jours, à l'ambassadeur d'Espagne: »nous voulons la paix et nous la proposerons franchement ; si on s'y refuse ou si on la décline artificieusement, nous publierons nos ouvertures et nous accuserons la coalition à la face de l'Europe de tous les malheurs que la guerre entraînera de nouveau. Cette publication, ou je suis bien trompé, ajouta-t-il, doit rallier à la République bien des amis et des alliése . . .
Quoi qu'on en dise, on doit vouloir sincèrement la paix continentale ici. La gloire militaire a été épuisée sous l’ancien Directoire; la gloire pacifique est la seule qui convienne aujourd'hui au Directoire actuel, et nommement au sieur Sieyès. Je suis presque sûr que c'est la seule à laquelle il aspire décidément; mais en même temps il est convaincu qu'il a besoin, pour offrir une garantie suffisante aux puissances étrangères, de rectifier la constitution. C’est de quoi il est occupé dans le moment présent. On m'assure qu'il existe, trois fois par décade, chez ce directeur des conciliabules, où les sieurs Talleyrand, Bonaparte, Moreau et quelques représentants assistent, et qui durent depuis 10 heures du soir jusqu'à 2 heures du matin. Si ce ne sont pas là des contes, on ne tardera pas à en voir le résultat, c'est-à dire une réduction à main armée des deux Conseils. Le sieur Barras n’est pas du secret, la variabilité de ses opinions et de sa conduite lui a attiré les plus vifs reproches de la part de Bonaparte. Ce ne serait pas se montrer son ami, lui a-t-il dit, que de vouloir lui cacher qu'il passait dans l'esprit du peuple pour un homme sans mœurs et sans principes, et de vouloir lui cacher que ses liaisons avec les plus effrénés Jacobins avaient donné une mauvaise idée de son caractère. Il lui a conseillé, pour se réhabiliter dans l’opinion publique, de prétexter une maladie et de se retirer pendant un mois à sa campagne de Grosbois, et là d'interdire sa porte aux aventuriers et aux brouillons. Le sieur Barras, qui dans toute autre occasion n'aurait pas souffert un pareil langage, l’a écouté patiemment et en a été confondu; mais il n’obéira point au précepte et est resté en froideur avec Bonaparte. La plus grande intimité existe dans ce moment entre ce dernier et Sieyès; tous les deux sentent la nécessité de donner à l’autorité plus d'étendue et d'appareil et de contenir les brouillons . . .
Oft. 30.
Nov. 7.
Nov, 7.
Nov. 11.
346 Urkunden No. 293—296.
Conferenz mit Reinhard; diefer erklärt an Sandoz: »Le Directoire a pris en sérieuse considération la note que vous lui avez remise, et a reconnu l'impossibilité où il est de complaire dans le moment présent aux désirs du roi de Prusse; mais cela ne sera que différé. D'abord il s'exposerait à des critiques amères et à des soupçons fâcheux, s’il s'occupait de vouloir interpréter aujourd'hui le traité de Bâle d’une autre manière qu'il l'a été jusqu’à ce jour; ensuite il s’attirerait les récriminations des alliés de la République, qui prendraient acte de cet arrangement amical pour exiger des condescendances très embarrassantes à accorder. D'une manière ou d’une autre le Directoire, touché des procédés personnels du roi de Prusse et de sa persévérance à son système de neutralité, saura lui en montrer sa reconnaissance et sera vigilant à en saisir toutes les occasions; c'est principalement à la paix où il pourra le faire avec quelque avantage, soit relativement à ces mêmes provinces, soit relativement à d'autres objets. Interesse d'ici à cette époque à écarter au moins les petites tracasseries qui pourraient se perpétuer dans les provinces prussiennes, et intéressé surtout d'y contenir les militaires, il a donné les ordres les plus sévères à ses agents de ne rien prescrire et de ne rien exiger de ses habitants sans avoir pris préalablement l'avis des ministres des finances et des relations extérieures« . . . On m’assure, et
je le crois, que le rapport du ministre était en tous points dans le sens
de ma note, mais que Sieyès ne l'ayant pas appuyé, par serupule de réveiller le soupçon d'être dévoué à la Prusse, les autres directeurs avaient opiné pour différer encore l’arrangement proposé . ..
294. Der Staatsftreih und bie Machtftellung Napoleon Bonaparte's.
... Staatsjtreicd) vom 18. Brumaire. Tout ceci est le résultat des conciliabules tenus chez Sieyès et dont il est question dans mon dernier n°, et auxquels assistaient Talleyrand, Bonaparte, Daunou et Régnier. Cependant on ne saurait y être trompé: toute l'autorité est véritablement entre les mains de Bonaparte: il dispose à lui seul de la force armée de Paris et peut-être même des armées éloignées. Le ton qu'il a pris dans ses discours aux soldats et dans ceux tenus aux Anciens est celui d'un homme qui se croit tout-puissant. De quelque manière que Sieyès s’y prenne, il ne sera jamais que secondairement en opinion et en influence: Roger Ducos sera l'écho de l'un et de l'autre. J'ai vu des gens attribuer à Bonaparte l'arrière-pensée d’usurper à lui seul l'autorité et le gouvernement . . . Une circonstance doit être transmise ici: c'est que ce général ne s’est résolu à se rallier à Sieyès que sur les révélations de Barras et de Moulins,,de vouloir établir une Convention et un Comité de {salut public et
Beridte von Sandoz-Rollin aus Paris. 347
sur leurs instances de se réunir à eux pour en assurer l'exécution. Si 1799 les principes politiques de Bonaparte me sont bien connus et s'il a per- N !1sévéré dans ceux qu'il m'a manifestés si souvent, je suis certain qu’il
fera offrir la paix à Vienne, si elle n’a pas été offerte déjà par cette dernière . ..
295. Charakter der legten Umwälzung. Vorbereitung einer neuen Berfaffung.
.. . [Nicht Hiffrirt] Chaque révolution passée avait imprimé beau- Nov. 13. coup de défiance et de crainte. Celle-ci au contraire, et j'en suis témoin, a déridé les esprits et réveillé les plus vives espérances. Nulle surveillance et nulle perquisition inquisitoriale ne se font sentir; le gouvernement n'a sévi jusqu'à ce jour que contre les meneurs et les plus fougueux des brouillons . . .
(Chiffrirt] Mais en quoi cette révolution aura quelque analogie avec les précédentes, c'est qu'on y parle de conspirations dont on ne dévoilera jamais les causes et les details; et puis, c'est qu'on y reproduira les déportations de Cayenne pour ceux des députés qui ont assailli le général Bonaparte à Saint-Cloud . . .
Les personnes qui sont dans la confidence des Consuls pensent et croient que le gouvernement existant provisionnellement éprouvera encore un changement; qu'on reviendra dans deux mois au premier plan de Sieyès, c'est-à-dire à celui d'un seul gouvernant pour la partie administrative sous le nom de président de la nation, et à un seul généralissime pour la partie exécutive. Le directeur Ducos, qui n’a été conservé que pour donner l'exclusion à Cambacérès et à Talleyrand, sera alors invité à donner sa. démission et obtiendra une bonne récompense. Les deux commissions législatives seraient réunies en un Sénat, dont le président-consul deviendrait le chef comme aux États-Unis de l'Amérique. Tout cela aurait pour but de simplifier et de resserrer davantage l'autorité. Autant que je puis en juger, le sieur Talleyrand a la promesse de rentrer dans le département des relations extérieures . . .
296. Die Gonfuin der franzöfifchen Republif an König Fricdrih Wil: heim III. Donné au Palais National des Consuls de la République française le 25 brumaire de l’an huit de la République!) Freundichafts » Berfiherungen.
Grand et cher ami. Une de nos premières démarches, en prenant Nov. 16.
1) Dur Duroc überbradht.
Nov. 16.
Nov. 17.
348 Urkunden No. 296—299,
les rênes du gouvernement français, est de faire connaître à Votre Majesté l’intention où nous sommes d'exécuter religieusement les traités existants.
Nous ne doutons pas que vous ne fassiez de votre côté ce qui dépendra de vous pour resserrer de plus en plus les liens qui unissent les deux Etats. Nous en avons pour garant le caractère de loyauté qui distingue les actions de Votre Majesté.
Elle a devant elle une grande carrière et un long règne à parcourir. Elle trouvera dans toutes les circonstances, et spécialement lors de la paix générale, dans les Consuls de la République des sentiments d’amitié, qui seront d'autant plus efficaces que Votre Majesté continuera à se déclarer franchement de son côté l’amie de notre République.
Nous formons des vœux sincères pour la prospérité et la gloire de Votre Majesté.
Les Consuls de la République Bonaparte. Sieyès. Roger Ducos.
Berichte von Sandoz:Rollin aus Paris.
297. Beratbungen der Confuln. Wiederberftellung des Erebits. Note von Neinbarb.
.… „Les trois objets qui occupent aujourd'hui toutes les délibérations du Consulat sont un plan de pacification, un plan de nouvelle campagne militaire, si on est forcé de continuer la guerre, et enfin un plan de finances propre à revivifier le crédit et obtenir 200 millions de francs pour faire face à tout. Quant au premier, on prétend toujours que le traité de Campo Formio sera pris pour base des arrangements à prendre en Italie, c'est-à-dire que l'Empereur garderait Venise avec une frontière plus avantageuse s'il consent à rétablir la République eisalpine et à rendre Mantoue; ou bien qu'il rentrerait en possession du Milanais sur le pied où il était avant la guerre s'il consent à rétablir Venise. On veut la paix avec Vienne, mais on ne veut point d'alliance . . .
La révolution présente n’a pas régénéré seulement le gouvernement aux yeux de la nation, elle a de plus régénéré l'esprit et le crédit public. V. M. peut donner confiance à ce que j'écris ici; je ne suis plus d'âge à me passionner et à exagérer. Je l'ai exposé plusieurs fois: les finances de la République française ne sont point perdues par le poids de la dette nationale, mais uniquement par la violation successive de tous les engagements contractés. On croit aujourd'hui pouvoir remédier au défaut de confiance et offrir aux capitalistes des sûretés suffisantes pour remettre leur argent en circulation. On suppute en effet que plus de 600
Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris. 349
millions de francs restent enfoués dans l'étendue de la République. Ces sûretés consistent en une stricte économie dans toutes les branches de l'administration, dans la volonté de l’affranchir de l'usure énorme des fournisseurs, dans celle d’affeeter scrupuleusement chaque somme à l'emploi où elle est destinée, et enfin dans celle d’aequitter avec exactitude et bonne foi les engagements contractés. Ce qu'on n'aurait pas osé tenter il y a deux mois, on vient de l’effeetuer avec succès: le Consulat a fait proposer à six des premiers banquiers de cette capitale de s'accréditer de leur signature pour une somme de 80 millions de francs . ..
Empfang einer Note von Reinhard, (dd. 17. Brumaire VIII — 1799 Nov. 8.), worin die in der preußischen Note vom 20. Oft. verlangte Räumung von Holland und Übertragung der Civil-Berwaltung der linfsrheinifchen Befigungen Preußens abgelehnt wird. »Le rétablissement de la régence de Clèves, par cela même que, suivant votre lettre, elle suppléerait en quelque sorte à l'évacuation militaire, serait au même degré en opposition avec le sens du traité de Bâleu 1} . ..