‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 147 sur 234 · Unterrebung mit Tallıyrand. Sieyis · texte numérisé non relu

Unterrebung mit Tallıyrand. Sieyis

Talleyrand bemerft: »N'y aurait-il pas moyen de faire entendre à la Russie qu'elle ne peut tirer aucun avantage de la guerre qu'elle allume

1s0u San. 2.

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358 Urkunden No. 309—311.

et soutient contre la France? En s’affaiblissant, elle agrandit sa rivale, l'Autriche. N'y aurait-il pas moyen surtout que le roi de Prusse voulüt se charger de sonder les dispositions de la Russie et d'être l'organe d'un rapprochement avec cette puissance? Plus j'y réfléchis, et plus je découvre un grand intérêt à ce monarque de s’immiscer dans une négociation semblables . . . Sandoz erwibert: »Il serait plus expédient de participer au Roi les propositions qui doivent servir de base à la paix générale: cette manière serait la plus briève et la plus propre à faire juger de la sincérité du gouvernement français. »Nous y viendrions ensuite«, répliqua Talleyrand. »Chargez-vous pour le moment de participer nos désirs à votre cour et nos dispositions de nous rapprocher à la Russie)...

A peine le Tribunat avait-il commencé à entrer en fonction, qu'on y a tramé des dénonciations contre Talleyrand ; mais le Premier Consul s'est prononcé à son sujet et a déclaré qu'il ne les souffrirait pas... Sieyés . . . s'est déclaré contre Talleyrand depuis que celui-ci s'est jeté entièrement dans le parti de Bonaparte, et l'accuse d'ingratitude et de perfidie . ..

310. König Friedrich Wilhelm LIT. an Graf Haugmwig. Berlin 1800 Januar 25 und 27.

Rep. XI. Rußland 147. Munbum (£ombarb) ges. Frédéric Guillaume. Vermittlung zwiihen Franfreih und Rußland.

... Se dire toujours que les circonstances ne sont pas assez développées pour agir, c'est quelquefois en éloigner le moment de manière à le laisser échapper. Pour ne pas mériter ce reproche, je vous fais part d'une idée qui m'est venue. Vous savez que le gouvernement français m'a transmis par l'organe de ma mission le désir de se rapprocher par moi de la Russie. Pourquoi laisserait-on ces insinuations tout à fait sans suite? . .. Je vous charge done de confier au ministre de Russie les propos de Talleyrand ... |

... Il n'est pas impossible que les insinuations du même genre auxquelles le gouvernement français s'est porté à différentes époques aient eu plus de fondement que la juste défiance qu'il a toujours inspirée n'avait permis de le croire. Peut-être, plein de défiance lui-même contre

1) Auf biejen Antrag Talleyrand’3 wurbe in Berlin erwidert: »je serais disposé... à porter des paroles de conciliation entre la France et la cour de Pétersbourg; mais pour le moment où nous sommes, la situation des affaires est de beaucoup trop indécise et trop peu développée encore pour que l'on puisse juger des démarches à faire et s'en promettre le moindre succèsr. (Œrlaÿ vom 19. Januar |

Beridte von Sandoz-Rollin. Griecbrib Wilhelm III. und Haugmwig. 359

les autres gouvernements auxquels il a quelque droit aussi de supposer des préventions, ne jette-t-il des idées générales que pour en attendre l'accueil et se prêterait-il à les particulariser davantage si on l’encourageait à s'ouvrir. Que serait-ce si mon ministre à Paris y rendait compte de la communication faite au baron de Krüdener? s'il représentait en même temps que des insinuations aussi vagues promettraient peu de fruit, qu'en pronongant non pas le désir de la paix qui se trouve dans toutes les bouches et qui par cela même ne séduit personne, mais des ouvertures qui le prouvassent, mais des propositions déterminées auxquelles la sagesse présidât, la France aurait l'honneur de l’'exemplex.…

311. Graf Gaugwit an Friedrih Wilhelm III. Berlin 1500 Januar 31.

Concept von ©. D. Le Eog; corr. und gez. Daugrwit. Unterredung mit Beurnonville.

Les idées dont V. M. a daigné me faire part par ses ordres du 27, sur la communication et le langage à prescrire au sieur de Sandoz - Rollin relativement aux ouvertures de rapprochement entre la France et la Russie, me paraissent sous tous les rapports parfaitement conformes aux circonstances et au système de neutralité et de conciliation que V. M. a toujours professé . . . Le gouvernement français, instruit de l'empressement de V. M. à porter à la connaissance du cabinet de Saint - Pétersbourg ses insinuations conciliatoires, ne pourra qu'y trouver une nouvelle preuve de son désir de contribuer à la paix. Mais ce qui surtout me paraît démontrer la nécessité de profiter de cette occasion pour faire expliquer s'il se peut ce même gouvernement par le canal de votre mission, Sire, sur les conditions de la pacification, c'est le résultat qu'il me reste à présenter très humblement à V.M. de l'entretien que j'ai dû avoir avec le général Beurnonville et dont elle a été prévenue d'avance.

A la manière dont ce ministre m'y avait préparé, je devais m'attendre qu'il avait en effet quelques ouvertures intéressantes à me faire sur les bases de la paix: mais il s'en est tenu invariablement à m’assurer en termes généraux que son gouvernement désirait fortement de la conclure et de parvenir à ce but sous la médiation de V.M., et que c'était là le grand objet de sa mission. Auf die Bitte von Haugwiß, fich über die Sriedensgrundlagen, welche die Republit im Sinne hätte, genauer zu erklären, erwidert Beurnonville, qu'il ne se trouvait chargé de rien de semblable et qu'il devait se borner à la protestation répétée du grand désir de son gouvernement de faire la paix par l'entremise de V.M. Il y mêla cependant quelques propos vagues sur la ligne du Rhin, que la France aurait, selon lui, le plus grand intérêt à conserver, et comme à cette oc-

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360 Urkunden No. 311—312,

casion, il nomma les pays de Trêves et de Cologne comme devant faire partie des possessions qui resteraient à la France, et qu'il indiqua une autre fois la forteresse de Mastricht comme utile à la défense des frontières de la République, j'en aurais conclu (si tant était qu'on pât le supposer bien instruit et s'attendre de sa part à des assertions conséquentes). que plus ou moins l'intention serait d'excepter de la cession de la rive gauche cette partie dont il s'agit dans un article de la paix de Campo Formio, et qui comprend les provinces transrhénanes de V. M. avec une partie du pays de Juliers. Il fit la réflexion singulière que la France pouvait d'autant moins être la première à s'expliquer sur les conditions de la paix, qu’attachant le plus haut prix à l'opinion de V. M. et, pour la suite, à des relations plus étroites avec elle, elle craignait de heurter son sentiment et de lui déplaire en articulant des conditions qu'elle ne jugerait pas convenables; après quoi il ajouta que c'était de vous-même, Sire, que la France attendait l'initiative à cet égard. Je me dis alors: se refuser entièrement à l'initiative, quelque déplacée qu'en est la proposition, ce serait fournir au sieur Beurnonville le prétexte pour l'avenir d'avoir trouvé trop peu de facilités pour entrer en explication. Et puis il me semblait encore importer de prévenir le ministre de France et de lui faire connaître d'avance les principes de V. M. sur l’article de l’alliance. Il l'avait touché plus d'une fois dans le cours de cet entretien, mais toujours en protestant qu'il n'était pas chargé d'en parler. Guide par ces considérations, je crus devoir lui répondre qu'en autant qu'il s'agissait des conditions spéciales de la paix, une pareille demande ne me paraissait pas naturelle, puisque ce n'était point entre V. M. et la France, mais entre celle-ci et les autres puissances belligérantes qu'il fallait opérer un rapprochement: mais que s'il était question d'arrêter un principe général qui pât servir de règle et de base, je lui avouais avec franchise que V. M. ne méconnaissant pas quels avantages pourraient peut-être résulter quelque jour pour les deux Etats de liaisons plus étroites entre eux, elle ne pouvait, sous ce point de vue, que désirer non seulement de voir la France conserver ses anciennes frontières, mais les rendre même plus fortes et plus inexpugnables encore qu'elles ne l'avaient été, mais sans prétendre garder les moyens de reprendre l'offensive envers les autres puissances: qu'un allié unissant toujours du plus au moins ses intérêts à ceux d’un autre Etat et courant les mêmes chances avec lui, il lui importait que celui-ci fût à l'abri de toute attaque, mais aussi qu'il ne se mit pas dans une assiette telle par ex. que la France l'aurait obtenue par les conditions proposées à Rastatt, où les autres puissances seraient dans le cas de se tenir constamment en garde contre elle: qu'enfin, sous cette dernière supposition, V. M. ne pourrait jamais

Haugwis an Frievrid Wilhelm II. 361

s'exposer à courir, par des liaisons plus étroites, la fortune de la France, 1800 puisque dès lors la paix à laquelle elle aurait forcé ses ennemis, serait Jan. 31. nécessairement fragile et de peu de durée.

C'est là, Sire, que se termina cette conversation de plus de deux heures et demie et dans laquelle le général Beurnonville, selon son ordinaire, me fit entendre une multitude de phrases et d'assertions vagues et décousues. Il se réserva de revenir et de m'entretenir alors ultérieurement.

Quoiqu'il soit à prevoir qu'il en rendra un compte détaillé au Premier Consul, il n’est guère probable cependant que celui-ci s'expliquera par son organe sur les conditions à proposer, et il est d'autant plus convenable de charger la mission de V. M. à Paris de provoquer ces explications, puisque l'occasion s'en présente si naturellement. Soit qu'on obtienne ce but, ou qu'on réussisse seulement à éclaircir davantage le fond des dispositions du gouvernement français, on en retirera toujours une utilité réelle, et d'après ces considérations, j'ai cru ne devoir pas différer d'expédier au sieur de Sandoz, conformément aux idées que la sagesse de V.M. m'a suggérées, la dépêche que j'ai l'honneur de présenter ci-jointe à sa haute approbation et signature.

Malheureusement, lorsqu'on réfléchit au peu d’empressement du gouvernement français à exposer à V. M. ses véritables intentions sur les bases de la paix, en combinant cette circonstance avec les avis que nous recevons de tous côtés, on ne peut que conserver les plus grands doutes sur la sincérité de ses assurances de vouloir effectuer la paix sous la médiation de V.M., et j avoue que selon mon opinion, le but de la mission du général Beurnonville n'a été que d'en imposer à la nation française et aux puissances étrangères par une affectation de confiance et d'intimité avee V. M.; que le Premier Consul n'en essayera pas moins toutes les voies possibles pour parvenir séparément à la paix. surtout avec l'Angleterre ou avec la cour de Vienne, et que ce ne sera qu'après avoir échoué à cet égard, qu'il reviendra peut-être à articuler effectivement envers V.M., pour les faire valoir par son entremise, les conditions déjà inutilement proposées et dont dès lors il n'y aurait plus aucun fruit à se promettre.

312. Grlaf an Sandoz-Rollin in Paris. Berlin 1800 Januar 31. Die Vermittelung Preußens smiiben Franfreih und Rußland. ... A la suite des ordres que vous avez reçus le 19 de ce mois, ... Jan. 31.

j'ai fait communiquer confidentiellement à la cour de Russie, par l'organe du baron de Krüdener qui réside actuellement de sa part à Berlin,

Jan. 31,

Jan. 9.

362 Urkunden No. 312—315.

les dispositions conciliatoires exprimées par le sieur Talleyrand selon votre rapport du 5 janvier. Il s'entend que ce ministre a dû se borner à les prendre ad referendum, et il faudra voir maintenant l'effet et les explications qui en résulteront. Vous ne tarderez pas d’informer le sieur Talleyrand de cette démarche, en le priant d'en donner connaissance au Premier Consul. Mais vous y ajouterez surtout, officiellement et de ma part, qu'une ouverture aussi générale que celle que j'avais eu à transmettre à Pétersbourg ne promettrait que bien peu de fruit, puisqu'on ne pouvait mettre que peu de confiance dans la seule expression du désir de la paix, tant que les effets ne se manifestaient pas par des propositions formelles ; que la France, en articulant envers moi de pareilles propositions déterminées, dictées par la sagesse et la modération et propres à jeter les fondements d'une pacification générale et solide, donnerait l'exemple de la conciliation, se ménagerait la confiance et le suffrage des puissances impartiales et y trouverait elle-même de nouvelles facilités pour amener la paix qu'elle assure désirer sincèrement; qu'aussitôt qu'elle me les aurait fait connaître d'une manière détaillée et complète, je n'aurais de mon côté rien de plus pressé que d’en faire, selon les eirconstances, l'usage qui me paraitrait le plus profitable pour le but salutaire dont il s'agit . ..

Solgt Mittheilung der Unterredung mit Beurnonville.

Berichte von Sandoz: Rollin aus Paris.

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