‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 168 sur 234 · Bericht von Sandoz: Rollin aus Paris · texte numérisé non relu

Bericht von Sandoz: Rollin aus Paris

Unterredung mit Napoleon Bonaparte.

..»Apres la victoire de Marengo«, me disait le Premier Consul, »et après la convention de l'armistice, j'ai voulu la paix comme auparavant; j'en ai fait de nouveau l’aveu à la cour de Vienne, moins par des propositions particulières de paix, que par des propositions générales. Elle ne saurait vouloir ratifier l'armistice et rejeter la négociation; cela est incompatible. Difficilement pourra-t-elle soutenir et continuer la guerre contre des troupes victorieuses, elle y exposerait la sûreté de ses propres États. Les généraux et les troupes autrichiens sont extrême-

Juni 30.

Juli 6.

Juli 6.

Juli 18,

354 Urkunden No. 343—345.

ment découragés et en sont presque révolutionnaires. Le général Melas même m'a fait dire que, sachant mes dispositions pacifiques et croyant connaître également celles de l'Empereur, il ignorait pour quel sujet on se battait encore. Il déplorait l’&garement de Thugut, qui faisait verser sans nécessité des torrents de sang et qui entrainait le malheur et la ruine de la patrie«. Le Premier Consul ajouta à ceci: »si contre toute attente l'Autriche était livrée à l'Angleterre de manière à ne plus séparer ses intérêts de ceux de cette puissance, et si contre toute attente elle persistait à prolonger la guerre, mon parti alors est pris: je rassemblerai des forces plus considérables qu'elle ne peut le supposer, et je l'attaquerai au mois d'octobre prochain dans Vienne même; rien n'y mettra obstacle. J'exécuterai ce projet avec moins de difficultés que je n'en ai mis à entrer en Italie en présence d'une armée supérieure à la mienne. Alors Venise est ravie à l'Autriche et sera rétablie dans son ancienne forme de gouvernement. Le baron de Thugut n’ignore pas qu'il existe un parti puissant dans cette république, qui n'attend, pour se déclarer, que la présence des troupes françaises, et le baron de Thugut doit redouter et éloigner ce moment que la continuation de la guerre amènera nécessairement. Quelle que soit la résolution de Vienne, je m’attends que la Bavière fera encore l'objet de sa convoitise politique. Ses scrupules politiques sont nuls. Il est inoui de penser que l'électeur actuel ait contracté au delà des bornes requises des liaisons avec une puissance qui n'a été occupée depuis quarante ans qu'à s'approprier ses États. Ce prince en sera bien puni par la suite de nos conquêtes en Allemagne.

»Dans mes idees«, reprit encore le général Bonaparte, »la paix devient chaque jour plus nécessaire à l'Europe. On ne songe pas assez que la révolution française n’est pas finie tant que le fléau de la guerre durera, et que cette révolution peut encore troubler, ébranler et renverser bien des États dans sa marche. Je désire la paix, autant pour fonder le gouvernement français actuel, que pour sauver le monde du chaose.

Cette conversation du Premier Consul fut assez longue: je n'en transmets ici que les principaux traits. Cependant son air était soucieux et tel que je ne l'avais jamais vu. Douterait-il de la paix? ou ne seraitil pas content de ce qui s'est passé ici pendant son absence? . . .

344. Erlaß an Sando;: Rollin in Paris. Berlin 1800 Juli 18. Preußen und ber Fricbe.

... En vous parlant de la nécessité de la paix, le Premier Consul

a allégué le double motif de prévenir les troubles et les bouleversements dont l'Europe serait encore menacée tant que cette guerre durerait et de

Berichte von und Erlaf an Sanboz-Rollin. 385

fonder d’une manière solide le gouvernement français actuel. L'une et 1500 l'autre de ces observations est de la plus grande vérité et parfaitement "fi 18. d'accord avec mes idées. Je désire la paix pour épargner l’effusion du

sang humain; je la désire pour rétablir dans la société civile de l'Europe l'ordre et la stabilité qui seuls peuvent faire son bonheur; mais je ne la désire pas moins pour que le gouvernement plus sage et mieux réglé que l'autorité du Premier Consul a fait prévaloir en France puisse s’y fixer

sur des bases solides, la mettre à l'abri de nouvelles convulsions et ramener le calme, l’industrie et le commerce!}. Ce n’est effectivement

que par la paix que cette autorité pourra se consolider, et pour qu'elle opère cet effet si conforme aux vœux de toute la nation, pour que la sûreté que le régime actuel en recevra soit permanente, il faut nécessaire-

ment que la paix soit conclue sous une intervention et une garantie respectables, telles que peut seule l’offrir une puissance neutre et impartiale comme la Prusse, intéressée elle-même à ce que la France reprenne son ancienne place en Europe et les moyens de la maintenir . ..

Berichte von Sandoz:Rollin aus Parie,

345. Unterrebung mit Talleyrand über die Mediation Preußens und Nuflanbs. Lebrun. Scene zwiihen Napcleon und Kambaceres.

Nicht Hiffrirt] Peu d’heures après le départ de ma très humble dé- Suti 13. pêche du 10 de ce mois, j'ai vu le ministre Talleyrand, qui sortait de son entretien avec le Premier Consul 2).

»Les offres de médiation du roi de Prusse«, m'a-t-il dit, »ont été accueillies de ce chef de la République avec reconnaissance et confiance. Vous pouvez en assurer ce monarque. Avant d'en profiter, comme il en a le désir, une seule considération l'arrête et qui est assez importante pour avoir besoin d'être levée. C'est celle que la réunion de la Russie à ladite médiation devient incompatible aussi longtemps que cette puissance n’est pas en paix avec la France. Comment en effet compter sur un médiateur qui n'est pas censé avoir posé les armes et qui peut les reprendre au premier jour, et comment compter de plus sur une juste impartialité de sa part? |

»Les dispositions et la facilité que le roi de Prusse nous a montrées de rétablir la bonne intelligence et la paix avec la Russie nous autorisent à le requérir de nouveau de l’effectuer. Celle-ci conclue, le Premier Consul acceptera avec reconnaissance une médiation qui, par la masse

1) Sufat von Haugwig.

2) Am 10, Juli hatte Sandoz einen Erlaÿ vom 1. Juli erhalten und fofort bie bamit überjchidte Note vom 30. Juni bem Minifter Talleyranb mitgetheilt. Bailleu, Preußen u. Srantreid. 1. 25

Juli 13.

336 Urkunden No. 345—347.

de sa puissance, peut non seulement rétablir la paix, mais l'affermir d'une manière durables . . . Sandoz befämpft vergebens dieje Anficht.

Après une infinité de réflexions sur le même sujet, . . . je me résumai à demander une réponse par écrit sur l'offre de médiation de V. M.; Talleyrand allégua qu'il ne pourrait y satisfaire sans une note de ma part... J'y consentis pour écarter tout retard et toute difficulté !...

(Chiffrirt) On veut ici la médiation de la Prusse et même de la Russie quand on perd toute espérance de traiter séparément avec la cour de Vienne: on n'en veut plus au contraire quand cette espérance renaît, ainsi que dans la circonstance présente . . . Conversant, il y a peu de jours, sur cette matière avec le sieur Talleyrand, il lui échappa de dire dans la chaleur du discours: »ce ne sera pas de bon gré qu'on disposera Vienne à accepter une médiation, mais de force: elle s'est montrée bien contraire à celle de la Prusse« . . .

Der erfte Conful wiederholt, in einer Unterredung mit Sandoz, die von ZTalleyrand gegebene Erklärung. Son air était soucieux et montrait de l'humeur . ..

Le consul Cambacérès, avec lequel je me suis entretenu de la médiation, ne m'a manifesté qué des vœux pour la paix et nulle opinion sur son acceptation. Il n'en a pas été de même du consul Lebrun. Selon lui, la France n'a pas besoin d'interposition pour sa paix particulière avec l'Autriche, mais en a besoin pour concerter les arrangements qui doivent garantir la durée de cette paix. Le roi de Prusse est appelé formellement et nécessairement à y intervenir en sa qualité de puissance impartiale protectrice de l'Allemagne et de l'humanité. C'était au moins son opinion et qu'il avait professée hautement dans le consulat lorsque la lecture de la note de V. M. y avait été faite, note rédigée dans les termes les plus propres à inspirer la meilleure confiance . . .

L'humeur du Premier Consul est bien apparente: elle s'exhale quelquefois. Le sieur Cambacérès ayant soupçonné de la malignité dans l'article du Publieiste où il est désigné comme chef des mécontents, en a porté des plaintes au Premier Consul et a demandé que le rédacteur fût puni corporellement. On se souviendra que cet article était tiré des papiers anglais. Alors le Premier Consul l’a tancé très durement. Il lui a reproché d'avoir voulu sortir des bornes de sa place, s’attribuer les prérogatives du Premier Consul, d'avoir eu la prétention de donner audience au Corps diplomatique, et enfin d'avoir agité avec plusieurs membres du Sénat le remplacement de lui, Bonaparte, dans le cas où il aurait le malheur d'être tué et de s'être désigné pour lui succéder. Pen-

I) Die Note Sandoz’ (dd. 12. Zufi) ift ein kurzer Auszug der Note vom 30. Juni.

Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris. 387

dant cette scène, le second consul n'a montré que de l'embarras et de la crainte. Ceux qui ambitionnaient sa place ont répandu artificieusement le bruit qu'il avait donné sa démission, mais il n’en est rien jusqu'à présent...

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