Bericht Hardenberg’. Bajel 1795 April
Die Antnüpfung von Gricbensunterbanblungen für einzelne Reichsftände ift möglichft zu befdleunigen. Grundlage dafür: Rüdgabe bes linken Rheinufers.
- . . [Nicht hiffrirt] Il me paraît qu'on ne peut assez se presser d’en- Aprit 20. tamer les négociations pour les états de l'Empire en vertu des articles 7 et 11 du traité et du 3° art. séparé, et de faire une déclaration à la Diete pour empêcher que la cour de Vienne ne prévienne V. M., soit par des négociations qui peut-être avancent dans le plus grand secret par le canal du comte Carletti, soit par des opérations militaires en passant le Rhin.
1) Die Berichte Harbenberg’8 und Harnier’s nach den an König und Minifterium ge fidten Originalen.
Bailleu, Preußen u. Franfreid. 1. 1
April 20,
April 22.
2 Urkunden No. 3—6.
Celles-ci pourraient, vu l'état de la France et de ses armées, tourner à l'avantage de l'Autriche et lui faire reconquérir les pays au delà de ce fleuve. S'il m'est permis de soumettre encore mon opinion aux hautes lumières de V. M., je crois que ces négociations devraient avoir pour base la restitution de la rive gauche et le statu quo avant la guerre, d'autant plus que cela me paraît plus conforme aux vrais intérêts de V. M. et même de la France, que tout ce qui pourrait résulter du bouleversement de la constitution germanique, inévitable du moins à un certain point, supposé que la rive gauche restât à la France, et des risques, complications et incertitudes que cela entrainerait. Je erois qu'un grand parti en France envisage la chose sous ce point de vue, et le sentiment particulier du sieur Barthélemy est bien le même. La France acquerrait une influence très prépondérante en Allemagne; elle la donnerait entièrement à V. M., si elle se pressait de consentir par votre médiation, Sire, à l'intégrité de l'Empire . . .
Le Comité, dans une dépêche du 11 avril au sieur Barthélemy, vient encore de renouveler le raisonnement : qu'il serait de l'intérêt de V. M. de ne regarder, comme lui, le traité qui vient d’être conclu que comme le préliminaire d’un autre beaucoup plus important, et qu'il ne tiendrait qu'à vous, Sire, en concourant aux vues du Comité, de vous élever à un point de grandeur et de stabilité qu'il vous importait infiniment d’atteindre, et d'exercer, conjointement avec la République française, la plus utile influence sur le sort de l'Europe entière. J’ai répondu à ces ouvertures réitérées d’après les instructions et les hautes intentions de LÉ FPT
Bal. Sybel, Gef. der Rev.:Zeit, Bb. 3, vierte Aufl. S. 376.
4. Grlaß des Comité de salut publie an Barthélemy. Paris 3. Sloreal III.
Abfchrift, am 15. Mai von Hardenberg nat Berlin gefhidt. Heilfame Folgen einer innigen Berbindung zwiihen Frankreich und Preußen.
... Nous ne voyons pas sur quel fondement M. de Hardenberg, tout en convenant de l'intérêt pressant qu'a la Prusse de se serrer à nous, peut penser qu'il serait nécessaire avant tout que la paix fût rétablie dans le continent. Ne serait-ce pas plutôt pour rétablir, disons mieux, pour commander la paix dans le continent, que le gouvernement prussien devrait s'entendre avec le gouvernement français? Leur union dans les circonstances actuelles aurait une force irrésistible, procurerait satisfaction aux états de l'Empire, surtout aux princes laïcs, et en mettant à sa place l’ambitieuse maison d'Autriche, la réduirait à l'impuissance de troubler dorénavant le repos de l'Europe . .
Soriftucbiel mit Hardenberg in Bafel. 3
5. Erlaß an Hardenberg. Berlin 1795 April 27. Goncept von Le Eog; gez. Findenftein, Alvensleben, Haugwit.
Die Friebensunterhandlungen für einzelne Reihsftände. Die Frage der Rheingrenze. Die Alianzanträge Frankreichs.
. . . Il n'est pas douteux que nombre d'états s'empresseront de faire 1795 entamer à Bâle des négociations particulières avec la France, pour pro- “tit 27. fiter de l'intervention dont vous êtes chargé. Mais à l'égard de ceux de la rive gauche du Rhin, je ne vois pas, en tant qu'il sera question de leurs possessions sur cette rive, qu'il y ait d'autre parti à prendre dans ces négociations partielles et particulières, que de renvoyer cette question comme je l'ai fait moi-même à la pacification avec l'Empire en corps; sauf pourtant à y soutenir toujours, autant que faire se pourra, la thèse de la restitution de cette partie de l'Allemagne. Vous jugerez sans peine combien je serais charmé que cette pacification avec l'Empire püt avoir lieu sur le principe du statu quo avant la guerre, en y ajoutant tout au plus quelques modifications que la France peut-être exigera. Si, par le concours des circonstances et les bonnes dispositions du sieur Barthélemy, vous voyiez jour à obtenir ce principe pour base de la paix, il importerait de saisir le moment, en annonçant avec assurance ma persuasion intime de la prompte conlusion de cet ouvrage salutaire sur un pareil fondement et en y promettant ma coopération la plus prompte et la plus efficace !) . .. :
Je suis bien aise que vous ayez répondu, comme vous l'avez fait, aux ouvertures réitérées du plénipotentiaire français, concernant des liaisons plus étroites à contracter entre moi et la France, et vous aurez soin d'écarter toute proposition pareille, comme ne pouvant avoir lieu avant l'époque de la pacification générale. Toutefois il sera nécessaire, dans les cireonstances compliquées où nous nous trouvons, de ne pas en faire perdre entièrement l'espérance aux Français pour l'avenir, et j'abandonne à vos lumières de vous expliquer à ce sujet d'une manière conforme à la bonne intelligence rétablie entre les deux puissances et qui ne paraisse qu'éloigner et suspendre les relations dont il s’agit jusque vers l'époque susdite, sans en rejeter absolument l’idée pour la suite...
6. Note Hardenberg’ an Barthélemy. Bafel 1795 Mai 14. Abfchrift, am 15. Mat von Hardenberg nad) Berlin gefchidt. Gründe fir ben Berzicht auf bie Rheingrenze.
... Il paraît en effet qu'une saine politique devrait éloigner en- mai 14. tiérement l'idée de vouloir conserver les pays de l'Empire sur cette rive
1) In bem Erlaffe vom 3. Mai wurde Hardenberg noch beftimmter aufgeforbert, ben Berziht der Franzofen auf die Rheingrenze als bas wichtigfte Ziel feiner Unterbanblung zu betrachten.
Mai 14.
4 Urkunden No. 6—8.
gauche, et que même la République française devrait ne pas tarder à se prononcer sur cette question. Il n’est pas besoin d'appuyer sur les principes de modération et de générosité propres à ce concilier l'admiration et la confiance des nations d'après lesquels la France a déclaré à la face de l'univers qu'elle ne voulait point de conquêtes; son propre intérêt semble l’inviter particulièrement à renoncer à celles-ci. Le moyen le plus sûr et le plus prompt de parvenir à une pacification pour tout l'Empire germanique qui amènerait bientôt une paix générale appelée à grands cris par le peuple français comme par tout autre, à ce bienfait dont tous sentent le besoin le plus pressant, d'effectuer le rétablissement du commerce, et la facilité de faire succéder l'abondance au défaut des subsistances, d'assurer la conservation de la constitution germanique, la confiance et l'attachement des états pour la France qu'ils regarderont désormais comme leur bienfaitrice et leur appui et pour la Prusse dont elle assure vouloir augmenter l'influence, d'obtenir l’affermissement même de son gouvernement actuel, et enfin l'avantage d'avoir etoufl& d'avance un germe infaillible de guerres futures, voilà ce que la France gagnerait indubitablement en abandonnant un système plus digne d'un conquérant ambitieux que d’une République fondée sur la justice et les droits de l'homme. Quel vrai profit capable de contrebalancer les maux auxquels elle s’exposerait en voulant conserver ces conquêtes, en retirerait- elle au contraire? Les Français en seront-ils plus heureux, plus sûrs de jouir d’un paisible repos, des fruits de leur sol et de leur industrie? Il serait sans doute très superflu de prouver que la France n’a pas besoin d'étendre ses frontières pour sa sûreté. Voudra-t-elle verser, malgré toutes ces considérations, le sang de ses citoyens uniquement pour la gloire d’avoir ajouté à l'étendue de son grand et superbe domaine, le voudra-t-elle en s'exposant aux événements incertains d'une guerre trop longtemps prolongée, en exposant l'Allemagne aux suites incalculables du bouleversement total de sa constitution, inévitable dès que les pays de la rive gauche se verraient enlevés de cet édifice compliqué, en mettant en jeu l'intérêt que presque tous les Etats de l'Europe prendront plus ou moins à un démembrement de cette nature, en s'occupant d'indemnités incertaines toutes encore à conquérir et à maintenir pour ceux des princes possessionnés sur la rive gauche du Rhin qu'elle veut favoriser et regarde comme ses amis?!) ...
1) Haugmwit lobte diefe Note febr; er fand darin »un langage mâle et une force de vérité qui ne saurait manquer de produire le plus grand effet«. (An Harbenberg, 25. Mai.)
Schriftwechiel mit Hardenberg und Harnier. >