Beriht Hardenberg’d. Berlin 1795 Juni
Berhalten Frankreichs bei den Friebensunterhandlungen mit einzelnen Reihsflänben.
Die Weigerung der Franzofen, in dem Bertrage mit Geffen die preußifche Vermittlung zu erwähnen, ift durch die Voritellungen Hardenberg’3 und des beffiihen Minifters Bait befeitigt. . .. Nous avons cru voir, dans la répugnance des négociateurs français d'attmettre la mention expresse des bons offices de V. M., soit des ménagements pour la cour de Vienne, soit peut-être une suite du plan de détacher partiellement les états d’Empire des liaisons avec son chef et de les attacher plutôt, avec la Prusse, au gouvernement français qu'à la Prusse même. Ces dernières vues paraissent celles du Comité de salut publie, qui désire sans doute plutôt des paix particulières avec les princes prépondérants de l'Empire, une scission en Allemagne et le bouleversement de la constitution germanique, qu'une pacification générale avec tout le Corps . . .
8. Bericht des Legationd-Sefretär Barnier. Bajel 1795 Juni 8.
Eröffnungen der franzöfifhen Bevollmächtigten über bie territorialen Bedingungen für einen Frieben mit Dentjchland,
(Nicht hiffrirt] Je erois de mon devoir de rendre très respectueusement compte à V. M. de plusieurs données et raisonnements qui m'ont été confidentiellement manifestés par les négociateurs français, relativement à la voie qui semble devoir être ouverte incessamment à une négociation directe pour la pacification définitive avec l'Empire, ainsi qu'aux bases sur lesquelles elle pourra être assise.
Le principe du statu quo avant la guerre se trouve être mis en avant ct étayé des raisons solides et concluantes dont il est susceptible par S. E. M. le ministre d'état baron de Hardenberg. Soit que le sieur Barthélemy ait déjà des instructions précises sur cet objet (dont cependant il m'a témoigné le contraire), soit qu'au delà de son opinion particulière suffisamment prononcée contre l'idée primitive de l'extension des limites de la France jusqu’au Rhin, le plénipotentiaire soit indirectement informé des principes moderés de la majorité des membres du gouvernement, c'est du moins cette tournure que le sieur Barthélemy a jugé à propos de donner aux pourparlers dont les points suivants contiennent le résumé. Tl m'a fait comprendre: 1° que le gouvernement français paraissait décidément disposé à laisser tomber l'idée, quelque crédit qu'elle ait antérieurement acquis dans l'opinion publique, de la limite stricte du Rhin; 2° que cette même opinion et le vœu général suffisamment exprimé de la nation, sans compter les considérations majeures fondées dans les
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sacrifices faits et dans le droit et le devoir de faire servir à les compenser une partie des avantages que le sort des armes avait mis dans le pouvoir de la République, ne permettrait jamais à son gouvernement d'accueillir une proposition strictement bornée à demander le statu quo avant la guerre: on a ajouté que le Comité serait dans le cas de ne pas pouvoir même délibérer sur une proposition pareille; qu'ainsi 3° en consultant et les intérêts et l'honneur de la nation, le Comité croyait pouvoir s'attendre qu'une proposition quelconque propre à ouvrir la voie à la pacification générale, fût conçue de manière à l'inviter pour ainsi dire explicitement de se prononcer sur les modifications sous lesquelles la France pourrait s'entendre à restituer en partie et même en majeure partie ses conquêtes sur la rive gauche du Rhin; restitution dont l'Empire devrait surtout être redevable aux bons offices de V. M. et au désir sincère de la République à les accueillir avec toute la condescendance possible; en conséquence de quoi 4° une proposition ainsi formée et faite par V. M. au nom de l'Empire, lequel ne pourrait lui-même se faire illusion au point de prétendre à ravoir gratuitement tout ce que le sort de la guerre lui a fait perdre et ce que la France avait légitimement acquis par droit de conquête et au prix de tant de sang et de tant de sacrifices, offrait le moyen terme le plus convenable pour entamer, et avec espoir réciproque de succès, la négociation directe et définitive pour la pacification avec le Corps germanique.
J'ai tâché de provoquer à propos quelques explications plus précises sur le plan peut-être déjà formé, à ce que ces développements semblaient indiquer, par rapport à la partie des conquêtes sur la rive gauche du Rhin, qu'on se proposait soit de rendre, soit d’exelure de la restitution. En me répétant que si on me parlait sur ces objets, ce n'était sous aueune autorisation ni d'une manière authentique et positive, mais simplement par confiance, sur des données préalablement connues et dans la vue sincère de frayer la voie au but, on est entré dans les détails suivants, savoir 5° que, d'après les vues actuelles du Comité, la partie des trois électorats de Mayence, de Trêves et de Cologne située sur ladite rive, pourrait être rendue dans toute son intégrité ; 6° qu'on était également disposé à se dessaisir en général du reste des pays d’Empire conquis sur la rive gauche du Rhin qui ne se trouveraient pas compris dans les exceptions suivantes; 7° cette partie de ses conquêtes sur l'Empire germanique que le gouvernement français compte réunir dans tous les cas au territoire de la République serait: a, la partie de l'évêché de Bâle sur la rive en question, comprenant le pays de Porentrui ete.; b, les morceaux enclavés dans l’Alsace et quelques arrondissements de l’ancienne frontière de France du côté de Landau; ce, le comté de Mont-
Schriftwechjel mit Garnier in Baiel. 7
beillard; d, la principauté de Saarbrücken; e, l'évêché de Liege ete. ; de même que probablement f, la ville d’Empire Aix-la-Chapelle.
A ma question hasardée [de savoir] ce que, en suivant cette ligne, on réserverait aux Pays-Bas autrichiens? la réponse fut, qu'ils n'étaient point comptés dans la catégorie des objets à régler avec l'Empire, mais qu'il en serait question dans la pacification particulière avec l'Autriche et surtout avec l'Angleterre etc. Enfin on observa que quoiqu’au fond il ne püt pas s'agir d'indemnisations proprement dites pour ceux que le hasard de leur position géographique exclurait du bénéfice d’une restitution entierement gratuite, 8° le gouvernement français serait néanmoins disposé à en faire avoir, autant que les circonstances pourraient s'y prêter, aux princes et états protestants plus particulièrement attachés à V. M. dont les possessions tomberaient dans la ligne de l'exclusion; que sans parler du Hanovre et sans vouloir mettre sur le tapis l’'à-propos, en soi sans doute épineux, de sécularisations, on reconnaissait qu'il y avait des états ecclésiastiques dont l'existence comme tels survivrait difficilement à cet arrangement général. On cita à cette occasion vaguement l'évêché de Spire etc.
Loin de m’avanturer dans aucune espèce de discussion sur ces ouvertures, je me suis borné à y prêter une attention assez complaisante, pour les encourager plutôt que de les repousser. Ce sont les sieurs Barthélemy, Bacher et le secrétaire de confiance du premier, Maraudet, qui mont successivement et dans des entretiens séparés parlé sur cette matière. Les deux premiers cependant, en se bornant aux observations générales et en se référant pour ainsi dire au dernier, dont je tiens les détails sur les conquêtes qu'on entend s'approprier. Mais je me suis fait répéter l'aveu qu'il me parlait du su et de la part de son chef. Le bon esprit des négociateurs français a dû leur faire pressentir qu'un plan d'agrandissement pareil ne saurait être analogue à l'attente de V. M., quelque persuadés qu'eux-mêmes sont ou professent d'être de sa justice et même de sa nécessité pour les intérêts de leur État, et en même temps de sa non-opposition à ceux de la Prusse. Je dois ajouter, pour compléter ce récit, que le point de vue sur lequel ils se sont appliqués à diriger constamment les pourparlers et qu'ils en ont même fait valoir comme le principal et unique motif de leur part, c'est la crainte que la cour de Vienne, qui moyennant la Bavière a déjà offert son assentiment à la limite du Rhin, pendant qu'elle travaille assidûment à brouiller, par des démonstrations feintes et par des bruits contradictoires, les cartes en Empire, ne gagnât quelque chance favorable en faveur de son plan astucieux de s'emparer de la négociation pour l'Empire, si, à la suite d'une première proposition inadmissible, elle se trouvait paralysée
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peut-être du premier abord. Alors elle mettrait sans doute tout en œuvre pour pousser ses arrangements particuliers (dont toutefois, selon les principes de la saine majorité du gouvernement français, l'idée de l'acquisition de la Bavière resterait invariablement exclue), aux dépens du reste de l'Allemagne, dont elle aurait soin de s'attacher plus intimement au moins les électeurs ecclésiastiques, et par eux tout le corps des Catholiques, et pour usurper, tout en se déchargeant sur la Prusse des reproches des sacrifices inséparables de la paix de l'Empire avec la France, le mérite dû uniquement à V. M. et le rôle aussi bienfaisant que glorieux dans lequel, selon le vœu du gouvernement français, V. M. est appelée à présider à une pacification dont dépendra peut-être le repos et le bien-être de toute l'Allemagne, et qui en même temps, loin de tourner au profit de l'Autriche et de servir ses plans, devait aboutir à la mettre finalement à sa place...
Bergl. Sybel 34, 417; Häuffer 2, 20.