Unterrebungen mit bem Prinzen Heinrich und Graf Gaugwit
... Je n'ai pas manqué d'éclaircir l'affaire qui me causait les inquiétudes dont je vous ai fait part dans ma dernière dépêche. Ces inquiétudes avaient un fondement réel; mais je m'empresse de vous dire avant tout que je n'ai aujourd'hui que des résultats satisfaisants à vous communiquer. J'ai puisé mes explications dans trois sources qui varient dans les details, mais s'accordent dans la conclusion.
La première est celle du prince Henri, qui, à son arrivée, m'a fait prévenir secrètement qu'il voulait absolument me voir. Je me suis rendu chez lui à l'heure indiquée. Il m'a exprimé son indignation sur les détestables intrigues par lesquelles on cherchait à égarer le roi de son véritable intérêt et à le remettre dans les chaînes de l'Angleterre et de la Russie. Il ma confié qu'il avait reçu de ce prince un accueil si distingué, si amical, si peu ordinaire, que lui-même en avait été surpris et avait craint au premier moment que ces caresses ne cachassent quelque piége; qu'il s'était trompé sur cela; que le roi avait entamé de lui-même la conversation sur les affaires et lui avait dit que le ministre d'Angleterre, lord Elgin, dès sa première audience, et en lui remettant ses lettres de créance, lui avait fait des propositions et offert le renouvellement des subsides ; mais qu'il l'avait éconduit, et qu'il avait résisté depuis à tous les efforts qu'on avait faits auprès de lui pour ébranler sa résolution ; qu'il était décidé à se renfermer dans l'observation religieuse du traité de Bâle et à rester en bonne et sincère intelligence avec la France. Le prince Henri m'a ajouté que dans le cours de la conversation le roi lui avait demandé son sentiment sur les moyens d'arriver à une paix générale et de satisfaire les princes que la guerre avait privés de leurs possessions en tout ou en partie; que lui, prince Henri, avait répondu qu'il ne lui paraissait pas possible d'y arriver autrement qu'aux dépens du clergé, et que le roi avait paru goûter cet expédient. Au reste le prince Henri a cru pouvoir m'assurer que nous devions être entièrement tranquilles; que le roi ayant une fois pris son parti, l'intrigue ne le ferait pas revenir; que M. de Hardenberg et le prince de Hohenlohe ne resteraient pas longtemps ici, et que M. de Schulenbourg n'obtiendrait probablement rien.
J'ai obtenu à peu près les mêmes résultats par une autre voie, avec cette seule différence qu'on m'a assuré que les propositions avaient été faites par le chevalier Liston, ambassadeur d'Angleterre à Constantinople, qui se trouvait ici il y a quelques jours, propositions dans lesquelles il avait échoué, quoiqu'il
Jan. 30,
Gebr. 2.
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ait été soutenn par le nouveau ministre de Russie‘), qui même avait voulu prendre une espèce de ton comminatoire, auquel on n’avait fait aucune attention.
Enfin M. de Haugwitz s'est expliqué avec moi sur ces mêmes faits. Il a mis dans cette explication moins d'abandon que le prince Henri; il n'est pas même convenu que les propositions aient été faites, soit qu'il n'ait pas jugé à propos de me mettre si avant dans la confidence, soit qu'il les ignore véritablement. Il m'a dit seulement qu'il croyait le ministre anglais dans l'intention d’en faire, mais qu'il attendait pour cela le retour d'un courrier qui devait arriver dans quelques jours. Mais il m'a fortement assuré que je devais être tranquille sur la manière dont ces propositions seraient reçues et n'élever aucun doute sur la fidélité du roi à remplir ses engagements ?} . ..