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Unterrebung mit Graf Haugtwig über die Neutralitätslinie

J'ai eu le 3 de ce mois[germinal, 23 mars]avec M. de Haugwitz la conférence Mär; 26. que je vous ai annoncée dans ma dernière dépêche. Il m'a confirmé dans les craintes qu'il m'avait témoignées de voir manquer la négociation que M. Sandoz est chargé de suivre auprès de vous relativement à la nouvelle ligne de neutralité, et je ne puis vous dire combien il en est affligé. Il m'en a parlé fort

1) Bergl. ben Bericht vom 16. Januar, ©. 433.

März 26.

438 Dritter Anhang. Urkunden No. 8—9.

au long, sans humeur, sans aigreur, franchement et loyalement, mais d’un ton pénétré des inconvénients qui suivraient nécessairement un refus absolu de la part du Directoire de s'entendre à l'amiable avec le roi de Prusse sur ce point. Il m'a confié que le rapport de M. Sandoz avait été mis sous les yeux du roi dans un conseil tenu exprès !); qu'on y avait examiné la question sous ses rapports, et le parti que la Prusse devait prendre dans chacun des cas possibles. »Ces cas, m'a-t-il dit, se réduisent à trois: ou la République consent à assurer la paix au Nord de l'Allemagne par une ligne convenue de neutralité, ou elle veut bien la tranquillité de cette partie, mais rejette la ligne, ou enfin elle ne veut ni la ligne ni le repos de ces contrées.

»Dans le premier cas la Prusse obtient ce qu’elle demande à la République ; la confiance réciproque est parfaitement rétablie, et on peut entamer en toute sûreté les opérations relatives aux paix partielles. Il n’est pas nécessaire que la Prusse fasse aucun armement pour protéger la ligne qui laissera toute la latitude désirable pour les opérations militaires, sur laquelle d'ailleurs le gouvernement prussien est prêt à s'entendre avec le Directoire, si celui-ci demande quelque changement dans sa direction, attendu que la Prusse ne veut en tout ceci qu'une ligne quelconque qui assure le Nord de l'Allemagne. Le conseil entier pense que cet arrangement est sans contredit le meilleur de tous.

»Le second cas entraîne la nécessité de faire un armement sur les frontières des États prussiens; ces corps armés s'avanceront même un peu au delà des frontières, partout où les localités exigeront qu'ils empêchent les républicains de prendre des positions d’où ils pourraient dominer les Prussiens. Cette circonstance entraînera des explications entre les généraux des deux nations, qui finiront par convenir d’une démarcation pour la commodité des uns et des autres. Or cette ligne, ne vaudrait-il pas mieux en convenir dès à présent ?

»Enfin le troisième cas, beaucoup plus grave, plus embarrassant pour la Prusse que les autres, et qui pourrait conduire à des conséquences beaucoup plus importantes, a été examiné avec toute la réflexion qu'il mérite, et tout bien considéré, voici le parti auquel le gouvernement s'est arrêté. On assemblera une armée d'observation composée non seulement de troupes prussiennes, mais encore de celles des princes intéressés à la chose. Ce rassemblement ne pouvant se faire sans exciter une très grande sensation en Europe, le roi publiera un manifeste dans lequel il expliquera ses vues. Il prendra pour base le texte du traité de Bâle et annoncera qu'en rassemblant une armée, son dessein n'est pas de manquer de fidélité à ses engagements qu'il est au contraire résolu d'observer religieusement suivant la lettre de ce traité; mais que lorsqu'il avait fait la paix avec la République, un de ses principaux motifs avait été de l'assurer aussi au Nord de l’ Allemagne, comme il était facile de le voir par les articles additionnels au traité; que la ligne tracée dans ces articles n'ayant peut-être pas été calculée assez juste sur les circonstances et la position des armées, on avait été obligé de l'abandonner; que cependant il ne s'en croyait pas moins obligé d'empêcher que le théâtre de la guerre s'étendit au Nord de l'Allemagne ; que pour cet effet il avait fait proposer à la France

1) Babriheintid der Beridt vom 7. Müry. Bergl. ©. 57.

Berichte von Eaillarb aus Berlin. 439

une ligne qui ne présentait aucun des inconvénients de la première; que ses 1796 instances auprès du gouvernement français pour la lui faire accepter ayant été Mär 26. sans succès, il ne lui restait pour remplir ses devoirs envers les princes et

états du Nord de l'Allemagne dont il s'était engagé à assurer la tranquillité,

d'autre parti que celui d'armer pour les mettre par sa protection à l'abri des malheurs de la guerre« !) ete. . ..

9. Gaugwit und Bijdoffwerber. Fürft Hohenlohe. Haugwig und die Neutralitäts- Linie.

.. Vous avez dû voir par la série de mes dépêches que M. de Haugwitz April 2 est véritablement celui qui gouverne le département des affaires étrangères ?). M. de Finckenstein et M. d’Alvensleben sont à peu près hors d'activité, l’un par son âge, l'autre par sa paresse et sa médiocrité. C’est donc l'opinion de M. de Haugwitz qu'il importe de se concilier, parce que c'est elle qui à la longue doit toujours l'emporter au conseil. Il ne pourrait être traversé que par M. de Bischoffwerder ; mais il a eu l’art de le mettre de son côté, et ils agissent aujourd'hui d'un commun accord 3). C’est le ministre qui a amené le favori dans le parti de la France, ce qui donne à M. de Haugwitz une nouvelle importance ; car il n'adopterait sûrement pas d'autres principes sans entraîner l'autre dans son changement. M. de Hardenberg et le prince de Hohenlohe, malgré la bataille qu'ils ont perdue contre le ministère, conservent cependant encore quelque crédit auprès du roi, le premier par un esprit très souple et très insinuant, l'autre comme ancien compagnon de plaisirs du roi lorsqu'il était prince royal. Il est aujourd'hui à Potsdam, mais il ne tardera pas à partir; ne pouvant obtenir que le roi rentrât dans la coalition, il a obtenu du moins d'être conservé lui personnellement sur le pied de guerre, ce qui lui donne par mois un surplus de traitement de huit cents deus . . . Il doit done être content. Au reste, ne le fût-il pas, il ne deviendra jamais à craindre pour nous tant que nous conserverons M. de Haugwitz et M. Bischoffwerder de notre côté.

Vous avez vu par mes dépêches quel prix ce ministre attache à la ligne de neutralité qu'il vous a proposée. Rien n'est plus naturel. D'abord c'est un plan dont il est l’auteur, et il est assez simple qu'un ministre défende son propre ouvrage; ensuite c'est ce même plan qui lui a fourni les armes avec lesquelles

1) In bemielben Sinne ift ein Erlaß an Sandoz vom 21. März abgefaßt.

2) Am 4. Auguft jchreibt Gaillarb: M. de Haugwitz est le seul qui travaille, le seul qui fasse les grandes affaires, et sur la raison et la loyaut& duquel je puis compter, quoi que puissent en avoir dit bien des gens qui ne l'aiment pas. Ym 19. September 1797 bezeichnet er ibn als »ministre doué d'une justesse d'esprit et d'une sagacité exercéer.

3) Bifchoffwerber an Harbenberg, 24. Oftober 1795: „Das Einverftändniß zwifchen Graf Haugwig, Zaftrow und mir ift fo volllommen, daß wir mit Berbannung aller Eigen: beit lebiglid nad anerkannten Wahrheiten handeln, baber uns ftets auf bemjelben Wege begegnen, ums ohne Zurüdhaltung erpliciren und zu Beförderung ber Geichäfte die Hände reihen. Wie manches Übel würbe nicht fein vermieden worden, wenn biefes cher geichehen wäre” !

April 2.

April 23.

440 Dritter Anhang. Urkunden No. 9—10.

il a détruit toute l'intrigue du parti anglais. Sur les espérances peut-être trop promptes que M. Sandoz lui avait données de son succès auprès du Directoire, il s'était flatté de faire jouer un rôle brillant à son roi, que les princes d’Allemagne ses voisins auraient regardé alors comme le monarque auquel ils étaient redevables de leur tranquillité; peut-être même avait-il déjà répandu ces idées au dehors. Maintenant, si ce plan dont il se croyait sûr est remis en problème, et plus encore, s'il est rejeté par le Directoire, vous jugerez dans quel embarras il doit se trouver auprès du roi qui se trouvera trompé dans ses espérances, auprès des princes d'Allemagne auxquels il ne peut plus répondre de rien, auprès des ennemis de la République qui gagneront un grand avantage sur lui, reviendront à leurs intrigues et ne renonceront point à l'espérance de les faire réussir . . .

10. Verhandlung mit Haugwit Über die Neutralitätslinie unb ben geheimen Vertrag.

. . . J'ai donné lecture à M. de Haugwitz des deux projets de traité et même de la dépêche que vous m'avez écrite, qui en est une espèce de commentaire. Cette lecture a été écoutée avec attention et intérêt, et suivie d'une discussion assez étendue sur les différents points qui forment la substance du traité; cependant vous comprenez d'avance qu'il n'a rien été prononcé de décisif dans ce premier entretien.

Sur la ligne de neutralisation on paraît disposé à faire ce qui convient au Directoire. M. de Haugwitz n'oppose aucune difficulté sur l'évêché de Münster comme il m'en avait déjà prévenu, mais il fait des observations sur le duché de Westphalie, non pour contrarier les intentions du gouvernement, mais parce qu'il croit que la ligne telle qu'il l'avait tracée d'abord en coupant ce duché par une ligne droite en deux parties était plus avantageuse aux armées françaises qui se trouvaient plus à l'abri du danger d'être tournées. Ensuite vous continuez la ligne jusqu'aux frontières de Bohême, en sorte que vous y renfermez tout l'électorat de Saxe. Mais cette disposition suppose la solution d'une grande question, savoir l'accession actuelle de l'électeur de Saxe au plan du Directoire. Or vous n'ignorez pas que le contingent de ce prince est déjà à Francfort; on croit bien qu'il n'agira guère, et même qu'il sera tout à fait retiré, aussitôt que les Autrichiens auront été contraints de repasser le Rhin; mais on doit être persuadé que l'électeur ne reviendra pas brusquement sur ses pas, à moins que les événements ne lui en fournissent une raison plausible qui puisse accorder son propre intérêt avec son zèle pour la constitution germanique, et si on l’accuse de timidité, il est toujours prêt à justifier sa conduite par la position géographique de ses États et de ceux de l'Empereur. Il paraît qu'on désire vivement ici de l'amener à la neutralité, et sans doute cela n'est pas impossible pour la suite; quant au moment présent, c'est une de ces choses qu'on souhaite plus qu'on ne l'espère, et par cette raison M. de Haugwitz pense que la ligne doit s'arrêter là où il l'avait proposé, sauf à l’etendre aussitôt que l'électeur marquera la volonté d'entrer dans le plan du Directoire. J'aurais bien à vous rendre compte de quelques autres observations

Berichte von Gaillard aus Berlin. 441

d'une moindre conséquence ; mais je me réserve à vous en parler lorsque M. de Haugwitz me les reproduira officiellement, car ce qu'il m'a dit est de pure confidence, et il a eu soin de me répéter plusieurs fois que ces remarques n'avaient pour objet que le plus grand avantage de la République.

Quant aux articles séparés, le ministre m'a paru, je dirais presque ébloui des grands avantages qui sont offerts au roi de Prusse et à la maison d'Orange. Il a très bien observé que la médiation offerte par l'article 5 implique la médiation entre la République et l'Empereur, et vous pouvez être assuré que cette idée est accueillie de la manière la plus distinguée. Il m'a répété ce qu’il m'avait déjà dit plusieurs fois sur la limite du Rhin et la nécessité des sécularisations, la difficulté sur cela ne viendra jamais de la Prusse. Il m'a fait ensuite l'observation générale qu'il ne voyait pas trop comment réduire ces articles en traité, lorsqu'ils ne portaient encore que sur de futurs contingents; à quoi j'ai répondu que c'était précisément pour cela que ces articles devaient rester secrets; que si nous étions actuellement maîtres de toute la rive gauche du Rhin sans aucune crainte d'en être dépossédés, le gouvernement français pourrait annoncer ses intentions avec autant de publicité qu'il le fait par rapport à la Belgique; que par rapport aux autres points qui en dépendent, il fallait bien convenir de quelques mesures si on voulait arriver à la paix, et que je ne voyais pas comment on pouvait en convenir autrement que par un traité; que je sentais fort bien où tendait son observation qui embrassait le cas où les chances de la guerre nous seraient contraires; que je voulais m'y prêter pour un instant; que ce qui pouvait arriver de pis était que le traité tombät par le fait et qu'alors le secret couvrait tout et ne laissait à la Prusse aucun inconvénient à craindre. Il trouvait aussi que le roi pouvait difficilement transiger pour le stathouder sans la participation de celui-ci; mais il a eu en quelque sorte honte de cette réflexion, et il est convenu que le Directoire offrait un établissement si brillant à la maison d'Orange, si préférable en tout à celui qu'elle avait en Hollande, qu'il faudrait avoir perdu la raison pour s'y refuser.

Quant aux princes qui sont couverts par la nouvelle ligne, il m'a fait sur l'inutilité de traiter expressément de paix avec eux la même réflexion dont j'ai déjà rendu compte dans ma dépêche du 26 ventôse [16 mars] n° 41 t}, et j'y ai répondu de la même manière ; mais il l'a fortifiée par une nouvelle considération qui peut mériter quelque attention. Est-il de la dignité de la République de faire autant de traités particuliers de paix qu'il y a de petits états compris sous la ligne? J'ai répondu que ceci n'était qu'une difficulté de forme, qui ne paraissait pas arrêter le Directoire, puisque mes instructions étaient claires sur ce point; qu'au surplus nous pourrions arriver au même but par une simple accession de ces états au traité de paix conclu avec la Prusse; que l'essentiel était qu'il fût parfaitement notoire en France et en Allemagne que tels et tels princes et états étaient liés par un traité de paix soit général soit

1) Haugwit batte bemerkt, baf Frankreich von befonberen Friedensichlüffen mit ben innerhalb ber Demarlationslinie gelegenen NReichsftänden feinen Bortheil babe, da biejelben ohnebies ihr Neihs-Eontingent zurüdberufen müßten.

April 23.

442 Dritter Anhang. Urkunden No. 10—12.

particulier avec la République pour la force de l’exemple en Allemagne et la consolidation de l'esprit public en France, et qu'ici le fond l'emportait considérablement sur la forme. Il en est convenu.

Il m'a également répété le reproche qu'il m'a fait plus d'une fois de ce que nous avions refusé les propositions de Bade, Würtemberg etc. après la conclusion du traité de Bâle, et la difficulté qu'il y aura de les décider avant que les premiers événements de la campagne n'aient donné lieu à des conjectures probables sur l'avenir. Mais voici le point qui le touche le plus. Il paraît persuadé que le Directoire est encore en négociation avec la cour de Vienne sur la paix continentale !), et il voit en cela un manque de confiance de sa part envers la cour de Berlin. Car si la paix se fait directement avec l'Empereur, que devient la médiation prussienne, que devient le plan des paix particulières? Je ne puis combattre cette objection que d'une manière négative. Je le prie d'observer la date de ma dépêche, dans laquelle vous gardez un silence absolu sur ces négociations. Cependant cette circonstance aurait dû nécessairement apporter quelque modification à mes instructions, qui sont positives et ne me laissent pas même entrevoir limminence de la paix avec l'Autriche, d'où je conclus que son inquiétude à cet égard n'est pas fondée. M. de Haugwitz est assez porté à adopter ce raisonnement, et il revient sur ce que vous ne lui fournissez pas des bases suffisantes pour appuyer la médiation prussienne envers l'Empereur. »Mais, monsieur le comte, lui dis-je, la ligne du Rhin et les sécularisations, ne sont-ce pas là les fondements de l'édifice«? »Fort bien, mais que donnez-vous à l'Empereur? voilà ce que vous avez tort de nous laisser ignorer«. Alors je me suis rappelé un paragraphe d'instruction et je lui ai dit: »mais, monsieur le comte, vous connaissez aussi bien que moi l'éternel objet de l'ambition autrichienne ; vous savez qu'avec la Bavière on aplanirait beaucoup de difficultés ; reste à savoir jusqu'à quel point la Prusse voudrait se prêter à un pareil arrangement. J'ai été surpris de voir que le ministre ne s’armait pas d'une grande sévérité à cette proposition, et qu'il était seulement embarrassé de l'indemnité à donner à la maison de Bavière, et je lui ai fait sentir que si la question pouvait se réduire à ce point, on ne manquerait pas de moyens de la résoudre ; cependant vous devinez aisément que les réflexions sont venues en abondance sur la nécessité de l'équilibre en Allemagne, ce qui voulait dire la nécessité d'augmenter la force de la Prusse dans une proportion propre à garantir les libertés germaniques. Je me suis abstenu d'entrer dans des détails aussi délicats, et je me suis borné à l'assurer que la République était trop intéressée à la prospérité de la Prusse, à lui assurer des moyens puissants d'opposition contre la maison d'Autriche, pour négliger de lui procurer l'augmentation de puissance nécessaire non seulement pour sa propre conservation, mais aussi pour la protection dont les autres états de l'Empire auraient besoin dans ce nouvel ordre de choses . . .

1) Eine Reife Lebrbad's nah Münden gab biefen Gerichten bamals neue Nahrung. Bergl. außerdem Häuffer IL, 70.

Berichte von Cailarb aus Berlin. 443

11. Gefprüd mit Sangiwit über bie Neutralitätslinie und ben geheimen Vertrag.

.. . J'ai rappelé successivement toutes les objections qui m’avaient été 17% faites; j'ai tout réfuté et sans réplique. »Vous parlez, ai-je dit, de futurs Mei 24. contingents! mais qui vous répond qu'ils ne sont pas au moment de se réaliser ? qui vous répond que la paix ne sera pas conclue d'ici à un ou deux mois? oubliez-vous que peut-être la première bataille va décider la question? et si l'Empereur comme le roi de Sardaigne se trouve dans la nécessité de conclure avec nous à tout prix, voyez ce que devient votre position à notre égard. Vous avez marqué de l'hésitation sur notre plan dans un temps où vous auriez pu vous faire auprès du Directoire un mérite de la promptitude de votre acceptation, et vous nous l’offrirez vous-mêmes dans un moment où elle aura perdu toute sa grâce et où peut-être à notre tour nous ferons difficulté de la recevoir. En politique, ainsi qu'à la guerre, monsieur le comte, l'occasion fait tout, et il est rare de la retrouver lorsqu'on l’a laissé échapper. Voyez donc s'il ne vous convient pas infiniment de conclure avec nous dans un moment où l'avenir laisse encore sur les événements ce juste degré d'incertitude qui peut rendre votre accession à nos principes agréable au Directoire. Plus tard vous paraîtrez ne vous être décidés que sur l'événement, et nous ne pourrons vous en savoir aucun gré. Si même j'ose vous dire franchement ce que je pense, il me semble que vous ne devriez pas vous laisser presser autant que je le fais« .

J'ai surmonté l'esprit de timidité en répétant que la convention ne devant recevoir son effet que dans des circonstances déterminées, elle n'était qu'éventuelle au moment où on la signerait; j'ai consenti même qu'on insérât dans le préambule quelques mots qui indiquassent la nature du traité. Sur l'objection tirée de la difficulté d’assigner d'avance tels et tels dédommagements pour quelques-unes des parties intéressées, j'ai répondu que la désignation n'était pas telle qu’elle ne fût susceptible de modifications suivant les circonstances, et que l'essentiel était de bien fixer les deux principes fondamentaux, le Rhin pour limite de la République et les sécularisations pour servir d’indemnites aux princes qui en auront à réclamer . . .

M. de Haugwitz vaincu par toutes ces raisons, m'a parlé d'un ton extrêmement affectueux et amical . . . Il m'a prié de vous mander qu'il désirait que l'affaire fût traitée et terminée entre lui et moi; qu'il allait s'occuper de rédiger les deux traités. et qu'il espérait que son travail ne serait pas long... Au reste, citoyen ministre, si on était tenté de me faire quelque honneur de ce succès, il ne faut pas oublier que le canon d'Italie a fait les trois quarts de la besogne.

12. Einfluß der jchlechten Finanzlage auf die preußifche Politik.

... En ne perdant jamais de vue la situation gênée des finances de la Mai 31. Prusse, vous aurez la clé presque universelle des détails de sa conduite. M. de Haugwitz a effectivement beaucoup trop d'esprit, pour ne pas être entièrement convaincu que le moment est arrivé où la Prusse, appuyée par la République,

Mai 31.

Sept. 17.

444 Dritter Anhang. Urkunden No. 12—13.

doit prendre un tres grand essor et gagner un ascendant irresistible sur la maison d'Autriche, et il n'est pas douteux qu'il ne se hätät de profiter de la circonstance en marchant vers ce but avec toute la célérité possible sans s'arrêter aux petites considérations d'égards particuliers aux préjugés pour une constitution qui croule de tous les côtés, ni à la crainte de se compromettre, si un trésor bien fourni mettait la Prusse en état de déployer tous ses moyens militaires. Mais on se trouve ici arrêté à chaque pas par ces considérations de finances. Elles fournissent au courant et rien de plus. Voilà comment il arrive que des idées majeures auxquelles tout devrait être sacrifié, ne se suivent que par les moyens d'une politique étroite, par des voies obliques, par la ruse et les détours de l’ancienne diplomatie. Cet état de gêne ne peut s'améliorer qu'avec le temps, et il est question du moment présent. Forcer les ressorts sur lesquels roule actuellement cette machine, ce serait vouloir la briser, et on ne peut exiger aujourd'hui de la Prusse la conduite hardie et déterminée qu'on aurait pu attendre du grand Frédéric. Je crois done que si on veut s'en servir, il faut la prendre telle qu'elle est, avec les moyens qui lui restent, et que je crois pouvoir assurer qu'elle emploie de bonne foi au succès du plan du Directoire !) ...

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