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Der Beitritt Sadjens zur preufifhen Neutralität

.. . Dans une conversation fort intéressante que j'ai eue hier avec M. de Haugwitz, ce ministre m'a remis une note officielle que vous trouverez cijointe, et dont l'objet est de presser le Directoire de conclure sans délai l’arrangement avec l'électeur de Saxe. Cet objet de la plus haute importance en lui-même, vous le paraîtra bien davantage encore lorsque vous saurez par quelle réunion d'efforts sont combattues à Dresde les intentions conciliatrices de l'électeur envers la République. Ce ne sont pas des ennemis obscurs que nous avons à cette cour; c'est l'archiduchesse Christine, la princesse Antoine, l'électeur de Cologne et celui de Trèves, c'est-à-dire des personnages qui vivent dans la familiarité de l'électeur de Saxe, l'entourent et l'obsèdent tous les jours, et renouvellent sans cesse leurs efforts pour le convaincre de la nécessité de revenir à la coalition, tandis qu'aucun engagement ne le lie encore irrévocablement avec la France, car l'armistice convenu entre les généraux n'est obligatoire qu'autant qu'il le voudra. Dans cet état précaire des affaires à Dresde, cette dangereuse intrigue a tiré une nouvelle force de la retraite du général Jourdan. Dès le premier instant, l'archidue Charles a envoyé à l'électeur courrier sur courrier pour le supplier de mettre en mouvement les trente mille hommes qu'il a sur les frontières de la Saxe, et de les faire marcher, ou vers

1) In bemjelben Sinne fchreibt Gaillarb am 17. Mai: Vous nêtes pas à vous apercevoir que le gouvernement prussien montre partout ce déplorable esprit de pusillanimité qui tient à l'épuisement des finances, en vertu duquel on n'ose se livrer à aucune idée grande, parce qu'on se défie de ses moyens pour la soutenir: de là cette crainte excessive de se compromettre et ces égards extrêmes pour les puissances dont on craindrait de choquer l'opinion.

Berichte von Gaillarb aus Berlin. 445

Francfort, ou vers tout autre lien où le général Jourdan düt se trouver entre 1796 deux feux et coupé dans sa retraite. L'électeur a résisté loyalement à ces Sept. 17. pressantes sollicitations soutenues par tous les efforts de la cabale, et Jourdan est heureusement et sans obstacle arrivé sur la Lahn. Mais l'archiduc ne se rebute pas, il donne seulement un autre objet à ses sollicitations, et il demande que puisque Jourdan a effectué sa retraite, l'électeur au moins envoie ses troupes pour le tenir en respect sur la rive droite de la Lahn, tandis que lui archiduc, libre désormais, se mettra à la tête d'une grande partie de son armée pour aller prendre à dos le général Moreau.

Voilà, citoyen ministre, ce qui se passe à Dresde en ce moment. Le cabinet de Berlin nous sert dans cette occasion loyalement et de tous ses moyens ; l'électeur tient bon par son extrême considération pour le roi de Prusse, envers lequel il se croit engagé; mais vous sentez que ce fil rompra nécessairement si, par des retards trop prolongés, le Directoire paraît ne pas attacher une grande importance à sa neutralité.

Citoyen ministre, je dirai librement ce que je pense. Je suis loin de m'effrayer de la retraite du général Jourdan; j'espère au contraire que les secours qui lui sont envoyés par le Directoire le mettront bientôt en état de regagner tous les avantages qu'il a perdus. Mais soit que vous envisagiez l'accession de la Saxe à la neutralité par rapport au plan du Directoire sur la paix continentale, soit que vous la considériez dans son rapport avec les opérations de la guerre, il me paraît souverainement intéressant de ranger l'électeur de notre côté.

Sous le rapport de la paix continentale, l'intention du Directoire est de gagner à la France le plus grand nombre de voix qu'il sera possible ; c'est donc ici une affaire de calcul. Vous avez la Prusse, les princes et les états compris dans la ligne de neutralité, le landgrave de Cassel, tous les princes qui viennent de faire leur paix particulière avec la République, ce qui compose déjà un nombre considérable, mais si vous y ajoutez encore la Saxe et tous les princes et états dont les voix sont à sa disposition, vous trouverez que nous aurons acquis à peu près les trois quarts de l'Allemagne; et si vous observez que toutes les voix gagnées à la République non seulement sont perdues pour l'Autriche, mais servent même contre elle, vous verrez que notre avantage relatif s’augmente dans une progression très rapide, et qu'il diminuerait de même par des opérations contraires 1).

Il entre également dans les vues du Directoire que la Prusse, par le moyen de laquelle il compte opérer ses grands changements en Allemagne, acquière dans l'Empire une influence devant laquelle disparaisse entièrement celle de l'Autriche. Un des moyens les plus puissants est que la Saxe lui soit redevable de la paix dont elle jouira lorsque son arrangement sera conclu avec le Directoire; alors sera terminée pour toujours cette indécision qui jusqu'à présent avait donné au cabinet saxon une politique équivoque, en le laissant perpétuellement flotter entre la Prusse et l'Autriche. Le gouvernement prussien

1) Am 4. Auguft bezeichnet Gaillard als Inhalt feiner Inftruftion: isoler l'Empereur autant qu'il sera possible.

Sept. 17.

446 Dritter Anhang. Urkunden No. 13—15.

sent très bien l’avantage qui lui en restera. C’est pour lui une raison de plus pour désirer ardemment la conciliation de la Saxe avec la République, et vous ne devez pas douter un instant de la sincérité de ses efforts pour y parvenir.

Sous le rapport des opérations de la guerre, la neutralité de la Saxe ne me paraît pas moins précieuse. Elle est d'ailleurs parfaitement conforme au système adopté par le Directoire d'isoler l'Autriche autant qu'il est possible. Mais vous pouvez être sûr que, malgré les efforts de la cour de Berlin, la Saxe vous échappera, si vous lui imposez quelque condition dont l'électeur puisse croire sa dignité blessée, car vous donneriez à l'intrigue autrichienne une force nouvelle, contre laquelle le zèle de la Prusse viendrait indubitablement échouer. Il me paraissait très naturel, il y a deux mois, d'exiger une forte contribution de la Saxe; aujourd'hui je le crois impraticable ; ce n'est pas moi, ce sont les circonstances qui ont changé. A cette époque, les armées de la République étaient presque aux frontières de la Saxe, qui se trouvait alors tellement sans défense, que rien ne pouvait la mettre à l'abri d'une invasion; c'était le moment de lui faire acheter la paix par une contribution. Aujourd'hui la Saxe a trente mille hommes aux frontières, et peut facilement porter son armement jasqu'à quarante mille, et cette force est actuellement disponible. Voyez, citoyen ministre, si le prince qui a de tels moyens dans sa main souscrira volontiers à la condition d'une contribution, lorsque les armées de la République ne sont pas sur son territoire, ou s'il n'est pas plus vraisemblable qu'il cédera plutôt aux suggestions qu'un parti puissant fait sans cesse retentir à son oreille, et ajoutera enfin ses forces à celles de notre ennemi, en faisant au roi de Prusse cette excuse naturelle que si l'intervention de $. M. se trouve sans effet, la faute en est au Directoire seul qui lui propose des conditions que sa dignité ne lui permet pas d'accepter.

Je voudrais, citoyen ministre, pouvoir vous écrire des choses plus agréables; car je sens parfaitement combien, dans la gêne où se trouvent les finances de la République, il est essentiel que la guerre nourrisse la guerre, et je vous prie de croire que j'ai retourné cette raison de mille manières, ainsi que la justice dont il est que nous trouvions une indemnité chez ceux qui ont contribué à la guerre atroce qu'on nous fait essuyer en haine de la liberté. M. de Haugwitz en est témoin. Mais je trahirais mes devoirs envers la patrie si, au lieu de vous dire une vérité fâcheuse et cependant utile, je vous entretenais d'illusions qui seraient bientôt dissipées et dont le résultat serait de conserver à l'Autriche un auxiliaire plus puissant qu'auparavant, et qu'on est le maître en ce moment d’&carter pour toujours. Si j'étais capable de mettre une pareille mollesse dans ma conduite à votre égard, le Directoire me rendrait à juste titre responsable des événements, et moi-même je ne me trouverais plus digne de servir la République !).

1) Diefer Bericht hatte die Wirkung, daß (bon am 30. September bie Ermädtigung zur Annahme ber Neutralität Sachjens in Ausficht geftellt und am 4. Oftober wirftih von Paris an Gaillarb gefhidt wurde. Am 22. November erfolgte dann in Berlin der Beitritt Sadiens zur Neutralität, worüber am 29. November ein article additionnel zur Convention vom 5. Auguft zwifchen Haugwig und Gaillarb unterzeichnet wurbe.

Berichte von Kaillarb aus Berlin. 447

14. Unterredung mit Graf Haugmwit über eine Allianz Preußens und Grantreids.

... Dans une conversation de trois heures et dont le texte était la nécessité que la Prusse se prononçât enfin de la manière la plus décidée en faveur de la République, j'ai appuyé cette proposition par de grands développements et par tous les arguments que me fournissaient les engagements que nous venions de contracter, l'intérêt des princes d'Allemagne, la nécessité de profiter de l'occasion pour se les attacher et ne pas se laisser gagner de vitesse ete. Il serait fort inutile que j’entrasse aujourd'hui dans le détail de tout ce que j'ai dit à M. de Haugwitz dans cette conférence. Quoique ces idées ne soient point nouvelles pour lui, parce que je n'ai jamais manqué l'occasion de les lui présenter, cependant comme je les exposais alors sous la forme ministérielle, il s'est contenté de m'écouter avec une extrême attention et ne m'a interrompu que par des réflexions fort courtes. Ainsi lorsque je lui disais que le moment était arrivé de lier les deux puissances par une alliance solide, il m'a répondu par une observation à laquelle je m'étais attendu, savoir qu'une alliance formée au milieu d'une guerre ne pouvait avoir son application dans cette guerre même. Je lui ai cité l'exemple de l'Espagne. »Mais, m'a-t-il dit, l'Espagne a des griefs contre l'Angleterre, et nous n'en avons point contre l'Empereur«. Je lui ai fait sentir qu'il y avait une autre manière et même fort noble d'entrer sur la scène. »Ralliez les princes d'Allemagne autour de vous, prenez-les sous votre protection, et déclarez à la cour de Vienne que l'Empire fatigué d'une guerre qui n’a plus d'autre motif que les vues personnelles de l'Empereur veut absolument mettre un terme aux dévastations auxquelles il est continuellement exposé; que le bien général de l'Allemagne exige de vous le développement de tous vos efforts pour lui rendre le repos qui lui devient si nécessaire ete. Voilà le thème que je me borne à vous indiquer et que vous saurez mieux que moi rédiger de la manière la plus convenable. Alors vous paraitriez, non pas l'allié de la République, mais l'ami naturel et le défenseur du repos de l’Allemagne, et nous arriverions également au but que nous nous sommes proposé. »Fort bien, me dit-il, mais ne commencez donc pas par écarter de nous l'électeur de Saxe. Cette ligue de princes sous la bannière de la Prusse est déjà fort avancée par la neutralité que nous avons procurde à ceux qui se trouvent en dedans de la ligne; mais elle sera toujours incomplète sans l'électeur de Saxe, le premier entre les princes du second ordre. A cela vous jugez que je n'ai pu répondre que par le mot: »attendons«. Du reste M. de Haugwitz, en politique habile, a évité dans tout le cours de la conversation de laisser rien échapper qui pût me donner ni m'ôter l'espérance de réussir . . .

15. Unterrebung mit Graf Haugwit über eine Allianz Preußens mit Sadfen und Heflen. Die legte Theilung Polens. Die Emigranten,

La signature de l'article additionnel que je vous envoie) m'offrait, pour parler plus sérieusement à M. de Haugwitz de l'extrême convenance d’unir par une alliance commune la Hesse, la Saxe et la Prusse, une occasion trop na-

1) Beitritt Sadjens zur Neutralität,

Dt. 4.

De. 9.

448 Dritter Anbang. Urkunden No. 15—16.

turelle pour la laisser échapper. Je n'ai pas eu besoin de m'épuiser en raisonnements pour convaincre ce ministre des avantages qui résulteraient en général d'un pareil arrangement pour les trois puissances et de ceux que la Prusse en retirerait en son particulier. Je puis dire que j'ai été écouté avec complaisance, et je me suis bien aperçu que j'avais touché une corde qui retentissait fort agréablement à l'oreille et au cœur de M. de Haugwitz. Aussi n'a-t-il fait aucune difficulté de convenir du principe; le temps et le mode peuvent seuls être l’objet d'une discussion. Le premier moyen qui se présente à l'esprit serait que la Prusse en fit dans l'instant même la proposition à la Saxe, qui fortement occupée de la négociation qu'elle vient de terminer pour assurer sa neutralité, pourrait regarder comme un moyen de la consolider davantage une alliance positive avec la cour de Berlin. Il est possible en effet qu'en brusquant ainsi l'affaire, on l'emportât pour ainsi dire d'assaut. Mais aussi cette méthode a contre elle des chances qu'il est très prudent d'écarter. Après toutes les sollicitations de l'Autriche auprès de la cour de Dresde, et dans les rapports de voisinage des deux nations entre elles, l'électeur est sûrement persuadé qu'il a fait un pas très hardi en persévérant dans le dessein de se retirer entièrement de la coalition. Contracter dans ces circonstances une alliance avec la Prusse lui paraitrait peut-être aller plus loin que le besoin ne le demande ; il sentirait que cette remarque ne pourrait échapper à la cour de Vienne, qui dès lors ne verrait dans cette conduite qu'une offense gratuite et méditée depuis longtemps et ne manquerait pas d'envelopper la cour de Dresde dans les mêmes sentiments de haine qu'elle a voués à celle de Berlin. Il serait done très possible, il me paraît même vraisemblable que l'électeur jugerait prématurée la proposition d'alliance, si on la lui présentait dans le moment actuel ; il ne la rejetterait pas, mais il la renverrait à d'autres circonstances ; le projet resterait ainsi suspendu et peut-être trop longtemps, et je pense qu'il est bon de ne pas en courir les risques . . .

Il n'y a pas à Berlin un homme de sens qui ne convienne aujourd'hui que le dernier partage de la Pologne a été une opération désastreuse pour la Prusse, et on se rappelle avec amertume la maxime connue du grand Frédéric que l'existence d'une Pologne quelconque était nécessaire à son repos. J'ai vu les larmes rouler dans les yeux du respectable Möllendorff, toutes les fois qu'il m'a parlé de ce sujet. M. Bischoffwerder, M. de Haugwitz, tous les ministres, et, je crois, le roi lui-même conviennent que la situation de la Prusse est devenue beaucoup plus critique par ces malheureuses acquisitions !. Le prince Henri, le prince Ferdinand son frère, tous les jeunes princes condamnent ouvertement cette opération, et on peut dire que la nation entière n'a qu'une opinion à son égard. Les ministres et M. Bischoffwerder ne la justifient que par la nécessité. L'opération, disent-ils, est très mauvaise, mais si le roi se fût refusé au partage, les deux cours impériales auraient tout pris, et la Prusse ne s'en serait pas moins trouvée en contact immédiat avec elles. Ce n'était donc pas ici une affaire de choix . ..

Pendant son séjour à Pyrmont, le roi a été obsédé, assiégé par les émi-

1) Bergl. den Erlaß des Königs an Hardenberg, 25. Auguft 1795, Ranfe 1, 326.

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grés, dont il n’a pu se débarrasser qu'à force d'argent. Le maréchal de Broglie lui a coûté mille louis !}. Les autres ont obtenu à proportion de leur grade et de leur importunité, mais voici un trait qui mérite d'être cité, parce qu'il est caractéristique. Un de ces gens-là (dont j'ai oublié le nom, je sais seulement qu'il est père de cinq enfants), avait persécuté le roi dans sa promenade toute la matinée. Le monarque entre dans une boutique, l'émigré l'y suit. Le roi fatigué dit à son chambellan de le défaire de cet homme en lui donnant cinquante ducats, ce qui fut exécuté sur-le-champ, et l'émigré d'un air fort gai quitta enfin la partie. Le soir, le roi entra dans la salle de jeu, et s'approchant de la table de Pharaon, se fixa derrière la chaise de l’un des pontes et regarda jouer. Ce ponte avait quelque argent devant lui, qu'il perdit entièrement, et se leva lorsqu'il ne lui resta plus rien. Qui eroiriez-vous qu'était ce ponte qui perdait si noblement son argent? c'était ce même émigré qui le matin même avait reçu l’aumöne du roi, qui était venu se donner les airs de l'opulence à une banque de Pharaon, et qui avait perdu; jusqu'au dernier ses einquante ducats sans s'embarrasser s'il avait à la maison du pain pour sa femme et ses enfants.

De Moustier, ci-devant comte et ministre de France à Berlin, ne sachant plus où donner de la tête, est venu à Potsdam avee M"® de Bröhan ?\. Le roi, qui l'avait aimé, l'a fort bien accueilli, et après quelque temps lni a donné une petite campagne avec quelques arpents de terrain où il a été s'établir. Huit ou quinze jours après, le roi a pensé qu'il achèverait de mettre de la grâce à son bienfait s'il envoyait à M. De Moustier de quoi fournir sa maison des meubles les plus indispensables; il ordonne done qu'on lui porte deux mille écus. Vous croyez que cette marque de bonté sera reçue avec tous les témoignages de la plus vive reconnaissance? point du tout. Monsieur le comte reçoit les deux mille écus d'un air fort étonné, presque dédaigneux, ne conçoit rien à cet envoi, demande si c'est une mauvaise plaisanterie que le roi veut lui faire. On lui répond que cela est très sérieux; et il accepte parce qu'on ne refuse jamais les dons d'une tête couronnée. J'ai connu De Moustier, et je l'ai connu passablement orgueilleux ; mais ce trait est d'une telle insolence, que je me serais refusé à le croire, s'il ne m'avait pas été raconté par un homme de la cour même et qui le tenait de source,

Le roi est las des émigrés, aussi a-t-il défendu qu'il en entrât davantage dans ses états. Vous jugez bien qu'ils n'ont aucun crédit. Cependant cette force d'inertie qui ne lui permet pas de revenir sur ce qui est fait une fois l'empêchera de les renvoyer . . .

16. Einfluß des Regierungswechiels in Rußland auf die Bolitit Preußens und Frankreichs.

... Tant que l'impératrice a vécu, le peu d'espoir d'arriver à une récon-

1) Ein Prinz Morig von Broglie erhielt damals vom König ein Canonicat am Eolfegiat-Stift zu Gnefen.

2) De Mouftier fam mit der Marquife de Breban, feiner Schwägerin, im November 1796 nad Potsdam. Er mar vom Ende des Jahres 1790 — 1791 Gefandter in Berlin geweien.

Baillew, Preußen u. Franfreih. 1. 29

Dec. 9.

Gan. 20,

Jan. 20,

450 Dritter Anhang. Urkunden No. 16—17.

ciliation sincère avec cette princesse après la paix de Bâle, le peu d'apparence même d'éviter longtemps une guerre avec elle, n'ont pas permis au roi de songer à se fortifier par un autre appui que celui de la République française, et le moment serait bientôt arrivé peut-être où la cour de Berlin non senlement se serait montrée disposée à nous seconder de tous ses efforts, mais nous aurait sollicités elle-même d’unir les deux nations par des liens plus étroits.

Si le nouvel empereur ne s'écarte pas d'une manière très marquée des dispositions générales de sa mère, s'il conserve quelque attachement à la coalition et quelque ressentiment contre les princes qui l'ont affaiblie par leur defeetion, il n'est pas douteux que le péril restant à peu près le même, les dispositions prussiennes à notre égard resteront aussi et le système français ne recevra aucune atteinte sensible.

Mais pour peu que la Russie paraisse se radoucir envers la Prusse et laisse entrevoir quelque espérance de revenir à l'ancien système du comte Panin, je m'attends à voir la cour de Berlin s'occuper par-dessus tout du soin de renouveler son alliance avec la Russie; ce sera là sa première affaire, et toutes les autres lui seront plus ou moins subordonnées. L'importance qu'on attache iei à la Pologne et le désir de rester en possession de ces nouvelles provinces sans être obligés d’essuyer une guerre dont la dépense serait aussi certaine que le succès le serait peu; ces raisons l'emporteront sur toute autre considération, et il importe que vous soyez bien convaineu de cette vérité. Tel est le dilemme inquiétant dont nous attendons la solution et sur les conséquences duquel je vous dois compte de mon opinion.

Dans le cas d’une alliance avec la Russie, que devient le système français à Berlin? telle est la première question qui se présente. Si l'on peut espérer de réconcilier l'empereur russe avec notre révolution, le système reste dans son intégrité, cela est évident. Dans le cas contraire, le système reste encore, mais dépouillé en grande partie des avantages que nous nous en étions jusqu'à présent promis, et le ministère prussien n'osera se livrer à aucune démarche en notre faveur sans s'être auparavant assuré qu'il ne déplaira point à son nouvel allié. Peut-être même cherchera-t-on à se faire un mérite auprès de lui de tout ce qu'on nous aura refusé ; mais très certainement cette crainte de déplaire viendra nous traverser sans cesse dans toutes les demandes que nous aurons à former et enchaînera même la bonne volonté des princes d'Allemagne, qui n'oseraient rien entreprendre sans en avoir reçu le signal de la cour de Berlin. Ainsi nous tomberons tout à fait en seconde ligne, et on croira iei avoir satisfait à tout en persévérant dans une exacte neutralité. Voilà le danger d'une alliance actuelle entre la Russie et la Prusse, et je crois pouvoir vous assurer que celle-ci recherchera cette alliance avec ardeur, quelles que puissent être les dispositions de Paul I” à notre égard.

Cependant en accordant à ses provinces polonaises une prééminence d'intérêt sur tout le reste, la Prusse n'oubliera certainement pas ses autres intérêts en Allemagne et les avantages que lui assurent ses liaisons avec la République, et c'est ce rapport essentiel qui la conservera dans son attachement à notre cause: mais sa politique alors aura deux pivots au lieu d'un seul: la machine

Berichte von Gaillarb aus Berlin. 451

devenue plus compliquée en multipliant les ressorts, s’embarrassera souvent dans ses mouvements, mais la grande impulsion viendra toujours du Nord.

Autant donc cette alliance contrariera nos intérêts si l'empereur russe est mal disposé envers nous, autant elle nous deviendrait favorable si ses sentiments s'élevaient seulement à l'indifférence. Mais on n'a pas encore la moindre donnée qui manifeste sa politique sur ce point comme sur bien d'autres. S'il a d’un côté révoqué Tukase sur les levées, de l'autre il n'a pas renoncé à la triple-alliance, et en accueillant le ministre prussien d’une manière distinguée, il n'en a pas moins assuré l'ambassadeur autrichien et le ministre d'Angleterre qu'il resterait fidèle aux engagements déjà contractés par sa mère avec leurs cours; et si, dans ses sentiments personnels, on pouvait juger l'empereur par le grand-duc, nous n’aurions pas fort à nous applaudir de ses opinions. Heurensement ce n'est que sa politique générale dont il est question ici, et le roi de Prusse, aristocrate déterminé, ne nous en serait pas moins utile si rien ne venait à la traverse.

Vous voyez, citoyen ministre, quelles sont mes craintes et la crise qui nous menace. Cependant en mettant les choses au pire, je suis encore fort loin de perdre l'espoir, mais il faudrait alors donner ‘aux négociations à Berlin une direction telle que l'alliance devint un instrument propre à opérer la réconciliation de la Russie avec la République. C'est le travail que je m'imposerai et auquel je me livrerai avec une ardeur égale au désir que j'aurai de réussir . . .

LD Unterrebung mit Graf Haugmwit über die Bermittelung Preußens.

San. 20.

... M. de Haugwitz m'a donné hier une heure de conférence. Je lui ai Febr. 18.

répété ce que je lui avais dit précédemment; je lui ai même lu tout ce que je pouvais lui lire de votre dépêche. Il a senti la justice de ne pas nous départir des pays réunis à la République soit par les lois, soit par les traités, et il convient que le Directoire consentant à mettre en discussion le reste de nos conquêtes !}, le roi peut, sans manquer à ses convenances comme prince de l'Empire, se livrer auprès de la cour de Vienne aux démarches nécessaires pour amener la paix. Dans la crainte qu'il ne donnât à cette disposition du Direetoire plus de latitude qu'il ne convient, je lui ai rappelé le texte même de votre dépêche, savoir que le gonvernement n'abandonnera de ses conquêtes que ce qu'il voudra sacrifier à l'exécution de ses vues pacifiques. Après avoir bien circonscrit et déterminé les idées sur ce point, il m'a prié à son tour de lui citer nominalement les pays que nous voulions absolument garder. J'ai répondu : la Savoie et le comté de Nice; tout ce qui a jusqu'à présent été connu sous la dénomination de Pays-Bas autrichiens ; la partie de la Flandre hollandaise qui nous a été cédée par le traité avec la Hollande, et l'évêché de Liége

1) Nad Empfang zweier Erlafje vom 24. und 26. Januar fchreibt Eaillard: je vois que les pays adjacents à la rive gauche du Rhin sont regardés comme pouvant faire un objet de négociation, et que leur cession à la République ne sera plus un préliminaire indispensable à tout traité. (Febr. 7.)

Gebr. 18.

452 Dritter Anhang. Urkunden No. 17—18.

comme faisant partie de la Belgique. Il m'a observé qu'il faisait aussi partie de l'Empire, et j'ai vu qu'il aurait désiré qu'il n'en fût pas question; mais j'ai été inflexible, et j'en ai appelé à sa propre raison sur l'impossibilité de nous en détacher, car du moment que nous posons en principe la conservation de tous les pays réunis, se relâcher sur l'un, serait évidemment ouvrir la discussion sur les autres et détruire le principe. Au reste M. de Haugwitz n'a aucunement insisté sur ce point.

Après nous être ainsi éclaircis sur le véritable état de la question, nous avons passé aux moyens d'en faire usage auprès de la cour de Vienne. Le ministre m'a dit qu'il s'agirait d'abord de faire à l'Autriche une communication amicale des dispositions pacifiques du Directoire et des bases qu'il offrait pour la conciliation; qu'on ferait en même temps la démarche collatérale auprès de la cour de Londres. lei je me suis récrié en observant au ministre que ce que nous demandions était au contraire une démarche propre à opérer en résultat la séparation de l'Autriche et de l'Angleterre, afin d'amener immédiatement la paix continentale ; dans quel dédale n'allions- nous pas nous jeter si nous appelions l'Angleterre à cette négociation, l'Angleterre qui pose en condition sine qua non la renonciation aux Pays-Bas autrichiens, lorsque la République pose leur conservation en principe? quel moyen de conciliation pouvait-il se présenter entre deux volontés aussi diamétralement opposées? M. de Haugwitz sentait bien tout le poids de cette réflexion; mais il reprit en me disant que si l’on se bornait à agir exclusivement auprès de l'Antriche, nous pouvions être assurés que la cour de Vienne répondrait qu'il lui est impossible de traiter sans l'Angleterre; qu'ainsi il faudrait toujours en venir à faire des communications à la cour de Londres, et qu'en les faisant simultanément aux deux cours, on économisait le temps qui est la chose précieuse dans les circonstances actuelles. Je paraissais plus fâché que je ne l'étais en effet, car je sentais fort bien que la Prusse, en essayant une démarche auprès du ministère britannique, ne s'éloignait aucunement des intentions pacifiques du Directoire; mais en supposant même que l'Angleterre cédât sur la Belgique, le système des compensations se reproduirait avec plus de force encore, et la difficulté d'établir une balance juste et convenable à toutes les parties intéressées entrainerait une négociation longue et épinense. Or le Directoire demande à la Prusse la paix continentale ; il la demande honorable et prompte. J'ai d'ailleurs été constamment persuadé que le moyen le plus sûr d'arriver à la paix d'Allemagne était d'en écarter l'Angleterre, je m'en suis déjà expliqné avec vous il y a longtemps, et vous avez approuvé mes idées sur ce point. J'ai présenté toutes ces réflexions à M. de Haugwitz et avec force. Je lui ai répété ce que je lui avais dit si souvent, que nous attendions de la Prusse une démarche éclatante, qui fortement combinée avec la Saxe et la Hesse, inspirât assez de crainte à l'Empereur pour le déterminer à en venir à un accommodement sans attendre le bon plaisir de l'Angleterre.

Il m'a répondu qu'il fallait commencer par quelque chose; qu'il n'était pas naturel d'ouvrir la voie aux négociations par une démarche comminatoire, sans avoir an moins essayé la voie douce de la persuasion; qu'en communiquant immédiatement avee la cour de Londres, on prévenait la première et in-

Berichte von Caillarb aus Berlin. 453

faillible objection de l'Autriche: que si l'Angleterre persistait dans ses con- 1797 ditions, et que l'Empereur refusât de son côté de traiter sans elle, il serait Febr. 18. évident alors que ce prince ne voulait pas la paix, et qu'on verrait à Berlin

ce qu'il y aurait à faire dans ce cas. Il m'était aisé de voir que je ne tirerais

pas M. de Haugwitz de ce cercle d'idées, et d'ailleurs je compris que cette marche ne devait pas causer beaucoup de retard, si, comme on doit s'y attendre, l'Angleterre persévère dans ses principes. Je me renfermai donc dans

la demande si, lorsqu'on aurait épuisé tous les bons procédés exigés par les égards que les nations se doivent réciproquement, je pouvais enfin être assuré

que la Prusse prendrait auprès de la cour de Vienne un langage digne d'une grande puissance et empécherait l'Empereur de fatiguer plus longtemps l'Em-

pire par une guerre devenue absolument sans objet? M. de Haugwitz répondit

à cette interpellation qu'il ne lui était pas possible de dire dès aujourd'hui ce

qu'on ferait alors; qu'une démarche en amènerait une autre, dont la nature

serait déterminée par les circonstances, mais qu'il n'était pas naturel qu'il se

liât ainsi les mains d'avance avec moi; que nous devions avoir de la confiance

dans le ministère du roi et compter qu'on ferait tout pour y répondre d'une manière dont nous pussions être satisfaits . . .

18. Überreigung ber Note betreffend die Vermittelung Preußens zwifden Frankreich und Ofterreich.

.. . Avant de remettre la note du 10 ventöse [28 février] !)}, la manière Mäy 4, dont je suis traité par M. de Haugwitz exigeait que je lui en fisse une communication confidentielle, et il m'a paru très sensible à cette marque d'attention. Il n'a rien trouvé ni à y changer ni à en retrancher, et je l'ai envoyée avanthier telle que vous l'avez. Le Directoire la trouvera peut-être un peu longue ; mais j'ai travaillé pour le conseil du roi; j'ai donc dû me livrer à de grands développements et me charger moi-même de détailler toutes les raisons qui motivent la demande, de peur que personne n'en prit la peine au conseil, et que la note n'éveillât pas l'attention aussi fortement qu'elle le mérite. Vous verrez aussi que je n'ai pas demandé explicitement qu'on prit les armes contre l'Empereur. (C’est que je suis sûr que cette expression dans sa crudité aurait déplu, et j'ai cru nécessaire d'écarter tout ce qui pouvait effaroucher l'oreille du roi pour lui concilier un plus grand degré de faveur. Au reste, sans dire le mot, j'ai exprimé la chose, et le ministère ne s'y méprendra sûrement pas. M. de Haugwitz me paraît toujours attaché à faire une communication à l'Angleterre. Quoique dans le fond je n'y trouve pas grand inconvénient, puisque un refus du ministère britannique fournirait à la Prusse une raison de plus contre l'Autriche, cependant j'ai combattu cette disposition, à laquelle il sera toujours temps d'accéder si le roi et son conseil se trouvent unanimes dans cet avis . ..

1) Einen Auszug aus diefer Note, burd welche die Bermittelung Preußens zwiichen Frankreih und Ofterreich angerufen wurde, f. bei Hüffer 1, 318; Häuffer 2, 100.

Mary 11.

454 Dritter Anhang. Urkunden No. 19—20.

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