‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 207 sur 234 · Prinz Heinrich · texte numérisé non relu

Prinz Heinrich

Antwort auf ein Bulletin aus Berlin, welches Delacroir ihm zur Bequtachtung zugejchidt hatte. Le prince Henri est arrivé, comme on vous l'avait annoncé. Celui qui vous écrit paraît avoir des liaisons particulières avec ce prince; je dois donc être extrêmement surpris qu'il le connaisse aussi peu et qu'il vous donne une mesure aussi inexacte du crédit et de la sphère d'action de $. A.R. Certes personne ne désirerait plus que moi de voir ce prince entrer pour beaucoup dans la direction des affaires générales et dominer M. de Haugwitz et le ministère du roi; j'aurais alors à ma disposition un puissant levier, à la force duquel l'éternelle indécision du cabinet, sa circonspection timide, ses craintes chimériques n'auraient pas résisté si longtemps. Malheureusement tout ce qu'on vous a dit sur cela n'a pas le moindre fondement !). Le voyage du prince à Berlin est approuvé, mais nullement provoqué par le roi. La vanité de l'oncle et du neveu sont en opposition l’une avec l'autre: le prince sindigne avec raison de n'être pas consulté, et le roi serait désespéré qu'on pût croire qu'il a besoin du prince, parce que sur toutes choses il ne veut pas passer pour être gouverné. Ajoutez à cela la jalousie des ministres, et jugez si, au milieu de ces dispositions, il est possible que le prince Henri s'établisse un crédit solide et permanent auprès du roil Le prince royal peut l’estimer beaucoup, parce que les passions n'arrêtent point en lui les sentiments de la nature et celui de l'équité; mais c'est là un suffrage absolument stérile, parce que le prince royal lui-même n'est compté pour rien dans les grandes affaires. Il est plus étrange encore qu'on vous parle du pouvoir absolu du prince Henri sur M. de Haugwitz, qui est précisément de tous les ministres celui contre lequel on a le plus de préventions à la cour, dont on craint le plus d'éveiller la jalousie, et, puisque’ je dois tout vous dire, contre lequel on montre le plus d'animosité.

Le prince lui-même connaît infiniment mieux que celui qui vous écrit sa propre position, dont il ne fait pas mystère. Le jour de son arrivée, il m'a envoyé le citoyen Royer, son homme de confiance. Il m'a fait dire que les circonstances actuelles lui avaient paru assez graves pour le déterminer à faire le voyage de Berlin; qu'il savait que nous étions en négociation pour opérer une réconciliation avec la Russie d'une part, et pour déterminer de l'autre la cour de Berlin à une grande démarche relative à la paix ; qu'il voudrait savoir s'il ne pourrait pas nous être utile par quelque tentative particulière auprès de Paul I", sur l'estime duquel il croyait avoir quelques droits, et de l'autre côté auprès du roi pour la démarche que nous lui demandons de faire auprès de la cour de Vienne; qu'il désirerait de s’entretenir avec moi sur ces affaires, et que dans la persuasion qu'il devait éviter de donner le moindre ombrage au ministère de Berlin, il m'assurait d'avance qu'il ne ferait rien que ce dont nous serions convenus.

Je lui ai fait faire les remerciements les plus étendus et assurément les

1) Schon am 9. Dec. 1796 jchreibt Eaillarb: c'est une erreur de supposer quelque influence au prince Henri, surtout dans les grandes opérations.

Berichte von Kaillarb aus Berlin. 455

plus sincères. J'ai répondu que j'étais entièrement à ses ordres; que s'il vou- 1797 lait bien m'indiquer son heure, je me rendrais chez 8. A. R.; que je lui par- Räy 11. lerais avec une confiance sans bornes ; que je lui apporterais les deux dernières

notes que j'ai remises ici!) pour lui faire connaître avec la plus grande exac-

titnde le point où nous en sommes tant par rapport avec la Russie qu'avec la

cour de Vienne; et que nous nous entendrions sur la nature des services que

nous attendons de ses bontés; tout cela accompagné de toutes les marques possibles de reconnaissance et de sensibilité tant de la part de la République française en général, que de la mienne en particulier . . .

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