Krankheit des Könige
Citoyen ministre. Ily a environ un mois que je ne vous ai parlé de la santé du roi, et les nouvelles que je vous en donnai alors n'étaient pas rassurantes. Depuis ce temps elle a toujours été en déclinant, et se trouve aujourd'hui dans un état qui fait regarder le péril comme très imminent.
Depuis son retour de Pyrmont, 8. M. n'est venue qu'une seule fois à Berlin, pour assister à une petite fête que la reine lui donnait à l'occasion de son jour de naissance !}. Quoique M. de Haugwitz m'eût prévenu sur l'état de changement où je le trouverais, mon étonnement, en voyant ce malheureux prince, passa de beaucoup l'idée que je m'en étais formée. La maigreur me parut au dernier degré, la respiration très fréquente, la voix presque éteinte et la parole à peine intelligible ; la jambe gauche très gonflée depuis le bas jusqu'au genou, et la droite depuis le bas jusqu'au milieu. Il paraissait marcher avec peine et s'arrêter à chaque pas sur la jambe droite, pour mettre en mouvement la gauche dont le poids semblait le gêner.
Cependant il resta debout fort longtemps, en quoi je pense qu'il se con-
1) 25. September.
oft.
Dee.
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traignait. Il retourna le soir même à Potsdam, et depuis ce temps les nouvelles sont devenues de plus en plus fächeuses. Elles sont actuellement au point que les calculs sur la probabilité de son existence se resserrent de plus en plus. Il peut finir dans quinze jours, peut-être un peu plus tard, peutêtre aussi dès demain. Il éprouve assez souvent des attaques de nerfs, qui lui font perdre connaissance plus ou moins longtemps, et des assoupissements contre nature très fréquents.
On a fait venir à Potsdam M. Hermbstädt, célèbre chimiste de Berlin, pour lui faire de, l'oxygène {air vital, ei-devant air dephlogistique), qu'on lui fait respirer. Vous voyez que c'est là une de ces ressources des médecins qui n'en ont plus et qui indiquent que le terme fatal n'est pas éloigné. Tout Berlin est dans l'attente du grand événement !}. Le prince royal se conduit dans cette occasion avec une décence incomparable; il y a bien longtemps qu'il a témoigné qu'il était très peu flatté par l'espérance prochaine de monter sur le trône, pour lequel il se sentait encore trop jeune et trop peu expérimenté, et ces assurances sont sincères dans un prince d'un caractère tel que le sien. D'ailleurs l'union des princes qui composent la maison de Prusse est un modèle à citer: le roi aime prodigieusement ses enfants, qui à leur tonr ont un attachement sans bornes pour leur père. L'histoire appréciera Frédéric-Guillaume comme roi; comme homme privé, il n'y a parmi tous ceux qui l'ont approché qu'une seule voix sur sa probité, sa bonté et ses vertus domestiques.