‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 213 sur 234 · Plan, ben Grafen von Provence in Blankenburg aufzuheben · texte numérisé non relu

Plan, ben Grafen von Provence in Blankenburg aufzuheben

... L'idée que vous me communiquez par postseriptum ?) est extrêmement hardie et présente de grandes et nombreuses difficultés. Cependant, avec des gens bien déterminés et d'une discrétion profonde, on vient à bout de tout. Le grand obstacle que j'y vois, c'est que Blankenbourg est bien avant dans les terres. Quand on aura saisi l'homme, l'ouvrage sera encore loin d'être achevé, car il restera une grande étendue de pays à traverser, de quelque côté qu'on tourne ses pas, et comme le snceös entier dépendrait de la rapidité de la marche, il faudrait avoir auparavant disposé ses propres relais de distance en distance pour ne pas arrêter un instant et échapper à ceux qu'on mettrait à la poursuite. Cette précaution serait indispensable, car on ne pourrait pas compter sur les chevaux de poste. Tout le monde sait qu'on ne voyage pas en Allemagne comme en France, et qu'à chaque poste on est retenu à peu près une heure, quelque fois deux. Il faudrait dans la marche éviter le territoire prussien, pour ne pas indisposer le jeune roi, qui eraindrait sûrement de se trouver compromis en Allemagne lorsqu'il serait constaté que l'enlèvement aurait été fait à travers le pays prussien sans obstacle quelconque. Il eraindrait l'accusation de complicité, et je le connais assez pour être assuré

1) Am $. Oftober war in Berlin bereits das Geriidt vom Tode des Königs verbreitet. (Bericht Schraut’s, Oft. 10.), was diefen Bericht veranlaft haben mag. 2) Nahbichriit zum Erlaffe Tallevrand's vom 17. November.

Berichte von Gaillarb aus Berlin. 465

que cette idée le tourmenterait horriblement et peut-être même entraînerait des suites qu'il faut éviter, si nous voulons bien vivre et resserrer nos liens avec lui. Il faudrait donc abandonner ce plan de marche et se diriger droit sur le pays de Hanovre, où nous n'avons rien à ménager, et entrer sur le territoire de Brême pour arriver aux bouches du Weser, où le prisonnier serait embarqué sur un bâtiment léger. Tout cela au reste ferait un éclat prodigieux en Allemagne, on crierait au scandale, à la violence etc., et nous perdrions beaucoup dans l'opinion publique, qui commence à signifier quelqne chose en Allemagne, deviendra tous les jours plus importante et mérite d'être ménagée dans les circonstances présentes.

Voulez-vous éviter presque tous ces inconvénients? Laissez votre homme arriver à Jever!). On l'enlèvera là tout aussi facilement qu'à Blankenbourg ; on n'a que quelques lieues à faire pour le conduire au bord de la mer; là on l'embarque sur un bâtiment très léger et tirant très peu d'eau, pour pouvoir le conduire en toute sûreté par ce qu'on appelle les Waters jusque sur la côte de Groningue, par exemple à Delfzyl. On appelle Waters les eaux de la mer qui se trouvent entre la côte d'Allemagne et une multitude de bancs de sable parallèles à cette côte dont ils sont peu éloignés, et qui sont presque contigus les uns aux autres, en sorte que cette navigation est à l'abri de tous corsaires, parce que leurs bâtiments n'y trouveraient jamais assez d’eau. (Celui qu'on emploierait à cette expédition serait sans doute un bâtiment hollandais qui se trouverait là à point nommé, et les marins seraient aussi des Hollandais, parce qu'ils connaissent parfaitement cette navigation. Les moyens d'exécution sont infiniment simplifiés dans ce second plan, et l'éclat sera beaucoup moindre, au moins pour le moment, parce que c'est une extrémité reculée de l'Allemagne qui sera le lieu de la scène, et que ce lieu même n'appartient pas à un prince allemand. Mais vous aurez soin de calculer l'effet que produira cet événement à Pétersbourg auprès d'un prince violent qui se croira méprisé, insulté, qui remplira l'Allemagne de ses clameurs, s'en prendra à la Prusse d'avoir laissé violer la ligne de neutralité ete., et lorsque vous aurez bien pesé toutes ces considérations, vous verrez dans votre sagesse si cet homme vaut la peine que le gouvernement brave les chances défavorables de l'événement.

27. Unterrebung mit Prinz Heinrich über König Friedrich Wilhelm III.

... J'ai vu le prince Henri plusieurs fois?). Il m'a dit qu'il avait vu et entretenu le roi fort souvent; qu'il en était content au delà de l'expression ; qu'il lui trouvait des connaissances et même un esprit qu'il ne lui avait pas soupçonné; qu'il s’occupait prodigieusement tous les jours, mais avec ordre et méthode, sans vouloir traiter cent choses à la fois comme le fait l'Empereur de Russie, ce qui est le vrai moyen de ne rien faire du tont ou de tout faire de travers; que 8.M. n'avait pas voulu aller en avant sans avoir pris une

1) E83 war damals bie Rebe davon, baf ber Graf von Provence von Blantenburg nach Jever Überficheln werde.

2) Prinz Heinrih war am 24. November nah Berlin getommen. Bailleu, Preußen u. Franfreid. 1. 30

Dec. 2.

Dec. 9.

466 Dritter Anbang. Urkunden No. 27—2$,

connaissance exacte de l'arriéré et s'être mis au courant; qu'elle lui avait témoigné une grande confiance sur mille choses de l'intérieur, mais que lorsqu'il avait voulu lui parler de la politique extérieure, il l'avait trouvée silencieuse et réservée, qu'il n'en avait obtenu que de ces réponses vagues qui sont une espèce d'invitation à ne pas insister plus longtemps; qu'il avait su parfaitement interpréter ce silence et avait aussitôt changé de propos ; que cependant il pouvait m’assurer, par beaucoup d’autres choses qu'il savait d'ailleurs, \que S. M. était entièrement dans le système français, et que sa grande probité, ses mœurs pures, sa justice, son âme neuve et exempte de préjugés, devaient nous assurer que nous serions incomparablement plus contents de lui que de son père.|

Je le crois fermement, et je m'en aperçois déjà à la différence du ton de M. de Hangwitz. Ce ministre était obligé, pour ainsi dire, de louvoyer en mille occasions avec nous, soit lorsque la matière était nouvelle et qu'il ne savait pas comment le roi recevrait son rapport, soit lorsque l'affaire proposée était déjà connue et qu'il savait que le roi avait des préjugés contre. Car ce prince, malgré sa faiblesse, peut-être même à cause de sa faiblesse, était très peu gouvernable. Il résultait de là quelquefois dans la conduite apparente de M. de Haugwitz quelque chose de louche qui n'était dans le fond que l'effet de la difficulté des circonstances relatives au roi et à ses entours. Aujourd'hui je trouve à ce ministre une expression plus nette et plus décidée; il est beancoup plus bref parce qu'il n'a plus besoin de s’envelopper dans des discours équivoques pour gagner du temps et pour pallier la mauvaise volonté du monarque.

Mais il en résulte clairement que les grandes affaires se feront sans le prince Henri, comme auparavant. Il ne m'en a pas tellement caché son méeontentement que je ne l'aie très bien aperçu; mais je crois qu'il se pliera aux circonstances. Cependant il m'a paru disposé à voir et à bien traiter M. de Haugwitz. Tant il a de peine à saccoutumer à ne jouer aucun rôle! . . .

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