Mittel und Wege, die Allianz mit Preußen zu gewinnen
J'ai reçu votre dépêche du 3 de ce mois [22 avril}, n° 9. Vous avez vu dans ma dernière que j'ai senti l'influence que les circonstances devaient avoir sur la conduite de la cour de Berlin, et que j'ai déjà parlé à M. de Haugwitz de manière à amener très naturellement les ouvertures dont vous me chargez auprès de lui. J'ai conféré encore hier avec ce ministre, et comme vous le pensez
1) Als Gegenftüde hierzu dienen folgenbe Äußerungen bes Prinzen Reuß: »je tiens par une très bonne source de la maison de Caillard que le Directoire est fort bien informé des dispositions peu favorables du roi vis-à-vis de lui« (Jan. 15). und „ber verichmitste Gaillard fdeint ben Grafen Sangwits bergeftalt umftridt zu haben, baf ihn nur ber nahbrüdliche Ernft des Königs wieder auf rechte Wege bringen kann“ (Jan. 31).
Jan. 31.
Miy 6.
Mai 5.
470 Dritter Anhang. Urkunden No. 30—32.
1795 bien, sans lui rien laisser connaître des ordres que vous me transmettez: car Mai 5. je crois devoir préparer le sol qui doit recevoir ces idées pour qu'elles puissent fructifier plus aisément. Si je demandais, comme je l'ai fait l'année dernière, l'alliance des deux nations pour faire ensemble la guerre sur-le-champ, je ne réussirais probablement pas, car cette proposition contrarierait beaucoup les plans actuels du roi, qui ne s'occupe que du rétablissement des finances et de celui de la discipline dans son armée que son prédécesseur avait laissé tomber dans un grand relâchement. Si donc j'ai quelque succès à me promettre, c'est en présentant l'alliance de la République comme le moyen le plus sûr et peutêtre le seul d'empêcher les Autrichiens de rompre la paix. C’est dans ce sens que je travaillerai, et le mieux sans doute serait de donner aux conférences une direction telle qu'en établissant la nécessité de la paix et cherchant ensuite les moyens de la conserver, le ministère prussien fût insensiblement amené à proposer lui-même l'alliance comme le seul moyen de parvenir à ce but. Soyez certain qu'on ne montre à Berlin si peu d’empressement pour notre alliance que parce qu'on craint la guerre. On désire beaucoup que l'affaire de notre ambassadeur soit de nature à pouvoir s'arranger ; mais je démêle déjà dans les discours de M. de Haugwitz que si la rupture en était la suite, et que la guerre qui en résulterait se concentrât dans la seule Italie, cette guerre pourrait être regardée comme étrangère à l'Empire, et je vois que dans ce cas la Prusse ne trouverait aucune raison pour sortir de son état passif . ..
J'ai ... acquis la preuve de l'éloignement du gouvernement prussien pour la guerre et de la nécessité de lui présenter l'alliance sous un point de vue tout à fait différent. Si elle doit être acceptée, peu importe le motif, car lorsqu'elle sera conclue, il faudra bien que les stipulations en soient observées. Rappelez-vous, je vous prie, ce que je vous ai mandé dernièrement. La Prusse n'est pas touchée du tout par les idées d'agrandissement. Elle redoute si fort celui de la maison d'Autriche, qu'elle est prête à sacrifier à cette considération puissante les intérêts même de la maison d'Orange. M. de Haugwitz me parlait bien différemment l'année dernière lorsqu' il affectait une si grande indifférence sur le sort de la Bavière; mais alors le danger paraissait éloigné. Aujourd’hui qu'il est imminent, il faut bien que le langage change et que la vérité éclate; l'espérance de gagner pour longtemps l'influence majeure en Empire en défendant l'inviolabilité des États héréditaires, le dédommage de la nécessité de renoncer aux agrandissements qu'il pouvait se promettre dans les commencements. Les circonstances étant entièrement différentes de ce qu'elles paraissaient devoir être au moment de notre convention, la Prusse a dû modifier ses idées en conséquence, et si un agrandissement pouvait la flatter encore (ce que dans le fond je ne révoque pas en doute}, au moins ce ne serait pas dans le moment actuel son motif premier, son motif déterminant pour contracter l'alliance.
La conséquence naturelle de ces notions est que je dois entrer dans toutes ces idées et n’attaquer le ministère prussien que là où il laisse apercevoir quelque jour; car lui parler dans un système lorsqu'il est dans un autre, serait le vrai moyen de ne point avancer d'un pas. Je reste donc, et je resterai encore à ma première conférence, dans les simples dispositions préparatoires sans risquer
Berichte von Gaillarb aus Berlin. 471
une proposition qui serait d'ailleurs écartée sur-le-champ par la considération qu'on doit avant tout connaître la manière dont le Directoire envisagera l'affaire de notre ambassadeur à Vienne . .