‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 219 sur 234 · Grlaf von Talleprand an Sieyes. Paris 6 thermidor an VI · texte numérisé non relu

Grlaf von Talleprand an Sieyes. Paris 6 thermidor an VI

Prusse 188.

Vis für die Antniüpfung vertraulier Unterbanblungen mit Preußen.

L'impatience du Directoire est telle, pour mettre un terme à cette espèce d'incertitude dont l'Europe entière pâtit relativement à la paix ou à la guerre, que je ne puis attendre que vous m'ayez fait connaître le résultat de vos premières conférences avec M. dé Haugwitz pour vous transmettre les instructions du gouvernement . . . /Il faut que vous pressiez votre ouvrage et que vous obteniez une décision. ” Nous la voulons prompte et positive. Tous les intérêts de la République sont compromis par cet état de choses et il est temps qu'il cesse.

Que la Prusse fasse un choix! Veut-elle opérer avec nous au Congrès ? Veut-elle entrer de bonne foi dans nos vues? Nous favoriserons les siennes. Si Ehrenbreitstein lui tient si fort à cœur, en exigeant que cette forteresse soit démolie parce que son existence est vraiment incompatible avec celle de Coblenz, nous ne nous opposerons pas à ce que la rive droite du Rhin soit défendue de ce côté par la construction d'une nouvelle place, pourvu qu’elle soit plus éloignée du fleuve et que ses feux ne puissent inquiéter ni notre rive ni nos îles.

1) Talleyranb bat bierauf geantwortet (6. Auguft)}: Vous savez à quel point je partage votre opinion sur ce qui est relatif à la puissance prussienne. Je pense avec vous que nous ne saurions trop l’&loigner de nos frontières, trop l’&liminer des côtes de l'Océan pour la porter tout entière au Nord et à l'Est de l'Allemagne. Je ne perds pas une occasion de faire prévaloir des maximes que je crois saines et que j'ai souvent développées dans mes divers rapports.

Schriftwechlel zwifchen Sieyes und Talleyrand. 483

Que la Prusse devienne un allié sincère, actif, et ses intérêts ne nous seront moins chers que les nôtres, mais si pour la quatrième fois, nos excitations n'aboutissent qu'à prolonger sa léthargie, peut-être sa mauvaise volonté, si nos ouvertures n'obtiennent qu'une réponse toujours dilatoire, évasive, je vous le dis, fatigués de notre inutile persévérance, nous mettrons alors tous nos soins à nous passer d'elle; vous ne doutez pas que nous n’en trouvions les moyens, et si la Prusse bien avertie recueille des fruits amers de sa résistance à nos vues, de sa confiance dans celles de l'Autriche, elle n'aura point à nous reprocher de l'avoir trompée on trahie.

Je n’imagine point de vous fournir des arguments pour décider la cour de Berlin. Tous ceux qui y sont propres sont présents à votre esprit. Vous saurez combattre et réfuter avec l’objection qu'on met en avant celle qu'on dissimule. Vous vous attacherez à détruire cette terreur secrète qui entretient à Berlin comme ailleurs une méfiance de nous qui nuit sans cesse à nos ouvertures, parce qu'on ne nous croit occupés que du projet de révolutionner l’Allemagne. Vous saurez faire entendre que les chances de révolution sont toutes dans la reprise des hostilités et que la paix générale est pour les gouvernements monarchiques de l'Europe une sauvegarde beaucoup meilleure que l'espèce de ligne vers laquelle on les excite et qu'on prétend opposer ostensiblement à celle qu'on suppose les républiques disposées à former contre les couronnes . . .

6. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 10 thermidor an VI.

Prusse 188.

Graf Saugwit.

Je dois vous donner une idée juste de ma position politique prise au matériel et au moral ; car il faut que vous puissiez juger de la nécessité où je suis de me frayer une nouvelle route pour atteindre au but de ma mission.

Les nombreux ministres d'État qui régissent l'administration intérieure me sont étrangers, ainsi qu'aux autres agents politiques, comme s'ils servaient la monarchie chinoise. Point de liaison personnelle avec aucun de nous; jamais de conversations sur les affaires politiques; ils n'oseraient, surtout avec l’envoyé de France; ils ne veulent pas se rendre suspects. Lorsque nous avons des affaires à traiter de leur ressort, il faut passer par les ministres du cabinet qui nous servent d'intermédiaires. Ceux-ci sont au nombre de trois ; mais il est reconnu par expérience qu'inutilement on s’adresserait à tout autre que M. de Haugwitz, excepté pour les pièces écrites qui doivent être ostensiblement remises au doyen des trois pour revenir de même à M. de Haugwitz.

J'ai donc à vous faire connaître M. de Haugwitz, comme je le juge. Avec lui les affaires particulières vont comme ailleurs quoique plus lentement ; les affaires diplomatiques ne vont point, et cette inertie, on la décore du nom de système de conduite. } Mirabeau aurait appelé cet homme: le ministre des ajournements !). Il croit gagner toutes les causes qu'il évite de traiter. Plu-

1) In einem andern Bericht (4. Sept.) harakterifirt Sieycs bie Stellung bes Grafen Gaugwits mit folgenden Worten: Haugwitz est beaucoup moins le ministre des affaires

Quii 24.

Suli 28.

484 Bierter Anhang. Urkunden No. 6—8.

1798 sieurs de mes confrères sont assez contents de lui; ce sont ceux qui n’ont rien Juli 28. à négocier. Ils disent, en le comparant aux autres, qu'au moins celui-là fait la conversation ; ils ont raison; mais du moment qu'on veut parler sérieusement, on ne trouve plus qu'un finassier à formes germaniques, douces. Il finasse pour éviter d'entendre, il finasse pour éviter de répondre. Il s'accroche au premier mot pour vous égarer dans des anecdotes insignifiantes. Jamais il ne raisonne que hors de la question; toujours attentif à se défendre d'une demande directe, d’une proposition catégorique, il les détourne comme un escrimeur adroit pare les coups directs de son adversaire. Les Russes, les Anglais, les Autrichiens, les émigrés ne l’aiment point. Il y a de leur part une intrigue sans cesse renaissante pour faire mettre à sa place un homme plus actif et qui leur soit dévoué. Ils l'accusent d'avoir des sentiments français, ce qui ne veut dire autre chose, si ce n'est qu'ils regardent cette inculpation comme la plus propre à lui faire du tort. Non, M. de Haugwitz n'est pas du parti français. Il est du parti de ne rien faire. Il n’est point étonnant qu'il déplaise aux Anglo-Russes qui voudraient du mouvement. Par la même raison, mais dans des vues diamétralement opposées, je n'aime pas non plus le plan d'inertie dans lequel il s'est retranché. Je conçois comment un Prussien honnêtehomme a pu vouloir jouer le rôle de temporiseur depuis le traité de Bâle jusqu'aux approches de celui de Campo Formio. Mais à cette dernière époque, lorsque le Directoire exécutif fit proposer une alliance au Roi de Prusse, il m'est démontré que le ministre qui n'a pas voulu sortir de tout système d'inertie a blessé évidemment les intérêts de son pays. Certes, le traité de Campo Formio en vaudrait mieux, si la Prusse n'avait pas refnsé de se concerter avec la France, et qui est-ce qui était le plus intéressé à ce que la paix avec l'Autriche fût bonne et solide et ne rompit pas trop l'équilibre entre les puissances d'Allemagne? Dans mon opinion, le moment actuel n'est pas moins important. L'état de l'Europe, et une impatience bien juste de la part du Directoire, exige impérieusement que la Prusse adopte enfin une marche franche et prononcée . . .

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