Grlaß von Talleyrand an Sieyes. Paris 26 thermidor an VI
Prusse 188.
Das Ziel der franzöfifhen Politit in Deutichland ift Stärkung der Mittelftaaten und Suridbrängung Ofterreihs und Preufens.
Auguft 13. ... Il y a longtemps que nous connaissons son désir [de l'Empereur] de renoncer à son extension en Allemagne pour s’accroitre en Italie. M. de Cobenzl en avait fait à Rastatt les premières ouvertures; il les a renouvelées à Selz, mais nous sommes restés muets, parce que nous voulons que l'Empereur renonce à ses dédommagements d'Allemagne sans en acquérir en Italie, où sa puissance est déjà trop forte. Si, à l'aide du cabinet prussien, vous remplissez ce double but, vous aurez fait ce qu'il y a de mieux, surtout si l'Autriche et la Prusse exceptées,
Nous assurez aux dépens de la puissance sacerdotale, l'indemnité des princes V séeuliers, afin de former et de fortifier au cœur de l'Allemagne cet État inter-
étrangères qu'une sentinelle placée à la porte avec la consigne d'empêcher les affaires d'entrer.
2 Schriftwechfel zwifchen Sieyès und Talleyrand. 485
médiare, cette fédération de puissances que vous regardez comme essentielles 1798 et qui doivent être assez robustes pour devenir les alliés naturels de la Ré- Yuguft 13. publique française et des alliés efficaces. Votre principe est le mien, je l'ai toujours professé. Reculer l'Autriche, parce qu'elle est ennemie et qu'elle doit longtemps l'être; reculer la Prusse, parce qu'elle est amie et qu'elle le deviendra davantage si sa puissance reçoit les modifications dont elle est susceptible .
8. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 8 fructidor an VI.
Prusse 188.
Ausfichtslofigleit der Berbanblungen mit Preußen. Frankreih muß fit den Mittelftaaten zuwenden unb in Deutfchland einen Nord: und Sidbund gründen.
N I suis chargé par mes instructions de maintenir la neutralité prus- Auguft 25. sienne contre les instances de la coalition, et cela fait, de proposer une alliance. Nous en sommes à ce point. Or je vous déclare que si je propose l'alliance nettement, catégoriquement , j'aurais une réponse négative, et ce sera pour la quatrième fois que la République sera refusée, ou ce qui serait plus misérable encore, on me répondra par un bavardage douteux et de mauvaise foi, dont l'unique intention sera de vous empêcher de prendre votre parti. Plus je réfléchis à notre ennuyeuse position vis-à-vis de la Prusse, Plus je me confirme dans l'idée qu'elle sera sourde aux bonnes paroles, ff elle restera couchée mollement dans sa neutralité jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive que vous agissez pour vous passer d'elle. Vous avez deux moyens de la réveiller en excitant ses inquiétudes. Faites entendre qu'aucun sacrifice ne vous coûtera pour appaiser l'Autriche à la seule condition que la Souabe, la Suisse et la Cisalpine sépareront à jamais vos intérêts des siens; que dans cette supposition le trésor de Vienne s’accroitrait de cent millions, si l'on veut, sans que ce fût la République, assise sur des bases de puissance infiniment plus fortes, qui püt s’en effrayer. D'un autre côté, agissez directement sur les États de l'Empire; c'est leur intérêt à l'avenir de s'attacher à nous. C'est notre rôle de les soutenir, de les protéger, et surtout de leur révéler leur force et leur puissance en les unissant par un lien fédéral quelconque, autre que celui du grand Corps germanique. Votre projet jusqu'à présent paraît avoir été de les donner à la Prusse; prenez-les pour vous. Envoyons des hommes capables près de chacun d'eux, sondons principalement Hesse-Cassel, qui a de justes sujets de plaintes contre la Prusse et contre qui j'ai surpris dans le cabinet de Berlin des sentiments de jalousie très réels quoique très ridicules !).
1) In der That erging am 26. September folgenber Erlaß von Talleyrand an Rivals, ben franzöftihen Gefanbten in Eaffel:
... Pendant que l'envoyé extraordinaire de la République suit à Berlin une négociation dont vous concevez que le but est de conduire à l'achèvement et au maintien de la paix, il serait utile que vous excitiez un peu le landgrave à sortir de l'immobilité dans laquelle il se renferme, soit pour marcher avec la Prusse, si elle sait prendre l'attitude qui lui convient, soit pour agir indépendant d'elle et remplir peut-être un rôle beaucoup plus important en devenant le pivot et le chef d'une ligue intermédiaire qui se formerait des princes intérieurs de l’Alle-
Aug. 25.
486 Bierter Anhang. Urkunden No. 8—10.
Distinguons en ce genre deux unions en Allemagne. Celle du Sud nous sépare de l'Autriche et sera garantie contre elle; celle du Nord nous séparera de la Prusse avec laquelle nous resterons simplement dans les termes de la paix, et qui défendra l'Allemagne contre le commerce anglais. Ces deux fédérations se ligueront entre elles et avec nous. La Prusse maintenue dans son existence secondaire à l'égard des cours impériales en sera d'autant plus obligée, non pas de vous accueillir, mais de vous demander vos bons offices, soit directement contre ses grands ennemis, soit indirectement pour vivre en bonne harmonie avec les deux unions germaniques du Nord et du Sud, qui seront le véritable gage de la paix européenne occidentale. En un mot, si vous voulez vous attacher la Prusse, montrez que vous pouvez vous passer d'elle et que vous consultiez plus ses intérêts que les vôtres quand vous ne cessiez de lui offrir un surcroit de considération, d'influence et d'agrandissement topographique, qui ne serait propre au fond qu'à la soustraire bientôt à la nécessité de respecter et de chérir l'amitié de la République . .
9. Privatfchreiben von Sieyes an Talleyrand. Berlin 12 fructidor an VI.
Eigenhändig. Prusse 188.
Scheitern der Verhandlungen mit Preußen,
. . . J'ai reçu une pièce authentique de Naples qui me prouve ce que je pensais avec une sorte d’opiniätret6 de réflexion, c'est qu'on a eu tort de ne pas en finir avec toutes ces monarchies italiennes. Nous gâterons les affaires tant que nous mettrons quelque prix à mériter l'approbation de nos ennemis!) ...
S'il y avait un homme ici, avec quelle facilité nous signerions trois conventions: 1° pour déterminer la paix de Rastatt, 2° pour la garantie contre ceux ou celui qui n'aurait pas voté avec la mar 3° enfin pour contenir à jamais l'Autriche dans telles limites convenues. /Mais H . . . ne veut pas de suppositions. Les deux dernières se seraient renforcées de l'accession des états d'Empire survivants. Dans la première, la séparation éternelle de l'Autriche par la Souabe, la Bavière, la Franconie aurait été stipulée. Par une 4° convention, un État intermédiaire entre le Rhin et la Prusse et des indemnités dans le Nord. Enfin un appel de la Suède, du Danemark etc. pour le liberum mare et une police générale maritime. Mais le roi veut thésauriser, et le ministre ne rien innover. Le premier s'était rendu aux propositions transmises par ses favoris. Toute l'aristocratie en masse a fini par se soulever.
magne, qui pourrait se subdiviser en ligue du Nord et ligue du Sud et qui, appuyée par nous, deviendrait la véritable garantie du Corps germanique tel qu'il se trouvera organisé par les résultats de la pacification ... Le landgrave, par sa position, par ses moyens militaires et par ses richesses, est appelé à de hautes destinées. Il connaît les dispositions que nous avons toujours montrées pour favoriser son agrandissement; qu'il travaille lui-même à sa grandeur. La chance est superbe. S'il la laisse échapper, qui sait si elle se retrouvera jamais ...
1) Unter Bezugnahme auf diefe und ähnliche Außerungen freibt Otto, 29. Oftober 1799: Nous ne pouvons nous maintenir que par la force; il serait absurde de compter sur des amis volontaires; le citoyen Sieyès l'a dit bien souvent.
Schriftwechjel zwifchen Sieyés und Talleyranb. 487
Ha ... s'est vu plus fort. Les lettres de Paris leur ont fourni de nouvelles armes, et décidément on veut rester en paix et vivre à nos dépens, parce qu'on regarde la reprise des hostilités en Italie comme certaine. Il y a trois à quatre mois, je vous aurais dit: envoyez-moi à Vienne, mais à présent je sais qu'on ne raisonne plus dans ce pays-là, c'est de la rage. Les passions aristocratiques les plus violentes se sont emparées des rois comme de leurs instruments naturels. Depuis une décade environ, l'aristocratie prussienne donne un spectacle semblable. On dirait que Cobenzl court l'Europe pour donner le mot d'ordre des héréditaires. (Cependant, en me rappelant bien tout ce que j'ai vu, je ne puis fixer l'époque de ce singulier mouvement qu'à trois jours après son départ !) . ..
Si la guerre recommence, vous ne la finirez que pour la voir recommencer encore, ainsi de suite, à moins d'adopter et d'amalgamer avec les opérations militaires un plan de républicanisation différent de celui qu'on a suivi. Adieu, mon cher ami, vous savez que je vous aime invariablement.