Talleyrand. Rapport au Directoire. Sur les négocia
tions de Berlin'}, Paris 23 fructidor an VI.
Scheitern der Allianzverhanblungen mit Preußen. Talleyranb empfiehlt Wieberaufnahme ber Berbanblungen auf Grund einer gemeinfamen Garantie ber territorialen Berhältniffe Deutichlands und Italtene durch Frankreich, Preußen, Spanien und die Schweiz.
Ce qui avait été prévu dans les instructions du citoyen Sieyès paraît aujourd'hui confirmé par toutes les notions qui nous sont parvenues et par les dépêches que nous a rapportées le courrier qui avait été expédié à Berlin le 26 du mois dernier.
La cour de Prusse, obsédée des instances de celles de Saint-Pétersbourg et de Vienne, n'a pu se soustraire au concours d'action qu'on réclamait d'elle qu'en promettant de repousser toutes les propositions d'alliance qui lui seraient faites par la République française, et quand oh pense que cette neutralité absolue, système chéri du ministre de Haugwitz, est aussi d'accord avec les dispositions thésaurisantes du jeune Roi, on est peu surpris que les efforts du citoyen Sieyès n'aient point encore obtenu de succès, malgré la voie plus directe qu'il avait choisie pour faire parvenir au monarque ses dispositions et malgré l'espèce de chaleur avec laquelle le favori Zastrow avait paru les saisir.
L'opinion du ministre a prévalu. On voit qu'il met sa gloire et sa politique à combattre successivement les ouvertures de la Russie et celles de la France. Naguères il était en butte à toute la colère du prince Repnine et de son parti parce qu'il rendait nulles toutes leurs excitations. Aujourd'hui c'est pour eux et par eux qu'il repousse les nôtres. Les écrits ont démenti les discours. Au lieu de la réponse qu'on avait droit d'attendre et qui devait faire
1) Am 7. Auguft berichtet Sieyès : »Du moment où Cobenzl a mis pied à terre, tous les salons parlaient dans le sens de la guerre contre la République, tous les propos étaient devenus autrichiens.«
2) Bergl. hierzu ben Bericht von Sanboy-Rollin von bemjelben Tage S. 237.
Aug. 29.
Sept. 9.
488 Vierter Anhang. Urkunde Nr. 10.
suite à la conversation qui avait eu lieu entre le citoyen Sieyès et M. de Zastrow, une note froide, insignifiante a été remise par le ministre du cabinet à l'envoyé de la République et dans laquelle on affecte de parler de difficultés existantes entre la France et l'Autriche dont il n'avait point été question et d'offrir des bons offices qui n'avaient point été demandés.
Le citoyen Sieyès a eu soin de relever ces inconvenances et de faire sentir qu'il attendait autre chose d’après les conférences dans lesquelles on avait paru si bien d'accord sur la nécessité de s'occuper en commun des moyens d'assurer la paix continentale.
En même temps ayant acquis la preuve qu'on ne tenait rienavecle ministère quand onnavait que la parole, il s'est déterminé à commencer par écrit une nouvelle attaque.
Il avait été souvent question de la part du ministre prussien d'une sorte d'engagement mutuel, d’après: lequel l'Autriche et la Prusse se seraient réciproquement promis de ne rechercher aucun agrandissement en Empire, de renoncer même à toute nouvelle indemnité. Le citoyen Sieyès a senti qu'on pouvait tirer un parti fort utile de cette commune résolution si elle était sincère et qu'elle acquit de la publicité. En conséquence, par un office en date du 10 fructidor !), il a demandé la notification de ce fait comme un moyen évident de faciliter la conclusion de la paix. Cet office est encore sans réponse.
Si je crois ce qui m'a été dit par M. de Sandoz, sa cour ne répugnera point à faire connaître officiellement l'engagement qu'elle a pu prendre avec la cour de Vienne et leur renonciation mutuelle à toute indemnité ultérieure en Empire. Il assure que son gouvernement veut la paix ; son gouvernement ne cesse de tenir ce même langage. Cependant il résulte des renseignements que le citoyen Sieyès a obtenus de deux sources intéressantes que si le cabinet de Berlin veut la paix, c'est pour lui, pour les États d'Allemagne qui l'environnent et dont il s’est déclaré le protecteur, mais qu'il verrait sans chagrin, même avec plaisir, que la guerre recommençât en Italie entre l'Autriche et nous.
On recueille aussi des conversations intimes de M. de Haugwitz, que la raison principale qui tient son gouvernement éloigné du nôtre, c'est la méfiance, toujours la méfiance.
En même temps qu'on nous suppose des projets de révolution, qu'on aperçoit jusque dans nos opérations sur les poids et mesures ?), on témoigne
1) Bergl. Ar. 201. ©. 234.
2) Am 17. Juli hatte Sieyès bas preußiiche Minifterium zur Abienbung von Ge: lebrten »chargés de concourir avec les savants français à la fixation de l’unité fondamentale des poids et mesures« eingeladen. Das Minifterium begründet feine ablehnende Antwort damit, daß ber König fich nicht für befugt halte »de permettre soit à l'égard des poids et mesures établis dans ses états, soit par rapport à tel autre objet que ce puisse être, une altération quelconque des principes fondamentaux qui y sont admis et dont l’ensemble et la liaison étroite entre eux forme la constitution de ces mêmes états . .. Les sujets prussiens ont trouvé jusqu'à présent dans cette constitution la tranquillité et le bonheur, et le corps de l'Etat, sa force et sa sûreté, au point que S. M. croirait manquer essentiellement à ce qu'elle leur doit en touchant à cet édifice même dans ses parties en apparence les moins importantes« (16. Auguft).
Dentidrift von Talleyranb. 489
des doutes sur le sort de la nôtre, et sans désirer formellement une contrerévolution en France, on ne peut perdre l'idée que d'un moment à l'autre elle peut, elle doit arriver, et on trouve que le plus sûr est de ne pas s'exposer àattirer sur soi dans le cas d'une contrerévolution la vengeance des autres gouvernements et celle de la France elle-même.
Ainsi aux considérations misérables qu'on oppose à toutes nos ouvertures, il faut joindre encore ces idées, ces terreurs secrètes, et le citoyen Sieyès a raison de penser que dans ce moment la proposition formelle de l'alliance, si elle était faite, ou seralt déclinée, ou ne recevrait encore que des réponses dilatoires et un bavardage douteux.
Frappé de la position singulière dans laquelle nous nous trouvons, voyant qu'à travers les projets haineux de l'Autriche, et l'oisive amitié de la Prusse, nous cheminons cependant à Rastatt, mais sans apercevoir encore le moyen sûr d'arriver au but, j'ai cherché ce que nous pouvions faire sans changer la base sur laquelle nous avons travaillé et sans employer encore le dernier et plus dangereux moyen de négociations, qui est de traiter directement avec l'Autriche.
Je vais soumettre au Directoire le résultat de mes réflexions fortifiées de ce que je tire de mes entretiens avec les ministres de Prusse et d'Espagne.
Notre position à Rastatt n'est point mauvaise. Le dernier conelusum transmis sans retard et sans difficulté par le ministre impérial accorde la démolition d’Ehrenbreitstein, et n'insiste plus qu'avec tiédeur sur la restitution par la France des points fortifiés à la droite du Rhin, encore avec le consentement qu'ils ne retournent à l'Empire que démolis et sans pouvoir jamais être rétablis.
Sur le transport des dettes, la conservation des propriétés particulières et la non-application des lois sur l'émigration aux habitants de la rive gauche, la députation réclame encore des réponses favorables. Nos plénipotentiaires sont autorisés à les donner, au moins sur les deux derniers points ; ils emporteront le premier, ainsi on peut regarder déjà cette partie du traité comme conclue, et si la Prusse met un si grand intérêt à ce que nous ne conservions point Cassel, on peut encore la satisfaire, mais ceci supposé que, faisant tout pour elle, elle ferait quelque chose pour nous.
Ce n'est point une alliance que nous lui demandons, c'est un acte simple, d'accord avec la modération qu'elle met en avant, d'accord avec les engagements auxquels l'Empereur lui-même a consenti (nous dit-on).
Aux bases de traité qui ont été discutées jusqu'ici à Rastatt et qui dans quelques jours peuvent être définitivement posées, qu'on ajoute un seul principe, savoir que la Prusse et l'Autriche renoncent à toute indemnité ultérieure, et que parmi les autres princes ci-devant possessionnés à la rive gauche du Rhin les princes héréditaires seuls ont droit à être indemnisés, il en résulte un véritable traité, dont l'existence peut être supposée et qui sera signé du jour où la France et la Prusse auront annoncé qu'elles le garantissent.
Mais ce serait un ouvrage bien imparfait que celui qui n'embrasserait que
Sept. 9.
490 Bierter Anhang. Urkunden No. 10—11.
la paix d'Allemagne ; en ôtant à l'Autriche tout espoir d’agrandissement en Empire, gardons de lui laisser celui de s'étendre en Italie.
C'est là que cette puissance dirige tous ses-efforts, et tandis qu'elle aceumule ses moyens d'attaque, les républiques que nous avons créées, livrées déjà à des dissensions intérieures, ne présentent malheureusement que trop de chances favorables à leur ennemi. Naples est armé sur tous les points. Sa position appuyée de celle de Venise est à la fois bonne pour la défense, heureuse pour l'attaque. Les Anglais sont en force dans la Méditerranée ; Turin, Parme et Florence existent encore, le Tyrol est garni de troupes, et la superstition fournit à Milan et à Rome de nombreux et secrets auxiliaires aux ennemis de la liberté.
On se le dissimulerait en vain: l'aspect de l'Italie devient chaque jour plus effrayant. Si la guerre recommence, ses chances sont terribles, et peut-être, après avoir manqué l’occasion que nous avaient donnée nos victoires pour révolutionner toute l'Italie, serait-il dangereux de brusquer en ce moment des mutations que le temps doit amener tôt ou tard, et qu'un échec peut reculer à l'infini.
Non, ce n’est point à la République à provoquer en ce moment des changements en Italie. Ce qui y est suffit pour assurer le triomphe de la liberté, et c'est à garantir momentanément cet état de choses contre les entreprises réunies de Vienne et de Naples, qu'il faut mettre tous ses soins. Cette garantie se lie naturellement à celle qui doit avoir lieu pour la paix d'Allemagne. Les garants naturels sont, avec la France, l'Espagne et la République helvétique. Ce ne sont pas les gouvernements qu'il s'agit de garantir, ce sont les limites et le territoire des États. Cette garantie existe déjà pour Parme et pour Turin; qu'importe qu'elle soit renouvelée. Son effet est présent et redoutable contre l'Autriche, il sera nul contre les efforts des peuples et les progrès de la liberté.
Telle est done ma pensée. Réunir dans un seul acte, souscrit par la Prusse, l'Espagne, la République helvétique et nous, deux garanties, la première pour l'Allemagne, la seconde pour l'Italie, la première portant sur les bases déjà arrêtées du traité définitif, sur celles qui devront l'être dans quelques jours, sur celle enfin qui le sera aussitôt que la Prusse aura fait connaître l'engagement pris entre elle et l'Autriche. La seconde portant sur l'état actuel de l'Italie, sur l'impossibilité pour l'Empereur de franchir les limites qui sont tracées par le traité de Campo Formio, sur la conservation de Naples, de Florence, de Parme et de Turin, sur la séparation des trois Républiques romaine, cisalpine et ligurienne, enfin sur leur reconnaissance ; car il est à observer qu'un des plus graves inconvénients de l'incertitude qui règne sur le sort de l'Italie, c'est que les États monarchiques en profitent pour ne point reconnaître, ou ne reconnaître que très imparfaitement les trois Républiques.
J'ai dit au Directoire que ces considérations s'étaient fortifiées dans mon esprit par mes conférences avec M. de Sandoz et M. Azara.
En effet M. de Sandoz se montre persuadé que sa cour, qui naguères nous faisait présenter une sorte d'intercession officielle en faveur du Roi de Sardaigne, ne se refusera ni aux moyens qui häteraient la paix d'Empire sans
Dentidrift von Talleyrand. Bericht von Sieyis. 491
que l'Empereur püt en profiter, ni aux moyens qui tendent à l'empêcher de conquérir en Italie plus que l'équivalent de ce qu'il avait pu obtenir en Allemagne. M. Azara répond des dispositions de son cabinet; sa cour sera fière de jouer un rôle dans les affaires d’Empire, et surtout elle mettra un grand prix à ressaisir en Italie un peu de l'influence qu'elle y a perdue, par la protection qui naîtra de sa garantie. Considérée sous tous les rapports, celle de la République helvétique est d'un poids réel, et si la guerre devait recommencer par suite des efforts mêmes qui auraient eu lieu pour amener la paix, il saute aux yeux que les Helvétiens pourraient, en s'étendant dans le Tyrol, devenir pour la Cisalpine un voisinage sûr et un appui constant.
Je demande au Directoire qu'il m'autorise à écrire dans le sens de ce rapport au citoyen Sieyès. J'ajoute que la double garantie que je propose, si elle peut avoir lieu, rentre à merveille dans les propositions que fait le citoyen Sieyès dans sa lettre particulière !), qu'il regarde comme souverainement utiles et comme exécutables, si le Cabinet de Berlin était mu par des vues grandes et raisonnables.
Le Directoire peut se rappeler combien de fois j'ai insisté moi-même pour qu'en reléguant l'Autriche au Midi de l'Allemagne, la Prusse au Nord, on plaçât entre elles et nous une ou deux fédérations assez puissantes pour ne point former une interposition inutile et un mauvais garant de la paix.
Je regarde que le premier pas à faire pour arriver à cet important résultat, c'est de faire la paix en forçant l'Empereur de restreindre ses prétentions à la jouissance de ce qu'il a; que pour amener ce prince à une semblable résolution, il faut le concours de la Prusse, et que pour obtenir le concours de la Prusse, il faut recourir à des moyens qui ne la tirent pas trop violemment de cet état de repos dans lequel elle se complaît.
Je n’en ai point aperçu d'autre que celui que j'ai proposé ?).
Approuvé les vues du rapport). Treilhard. Larevellière- Lepeaux. Barras.
11. Bericht von Sieyed an Talleyrand. Berlin 11 vendémiaire an VII. Prusse 159.
Gegenfats ber franzöfiihen unb preußifchen Politit in Dentfchland. Frankreich ift im Stande, ben allgemeinen Kampf aufzunehmen.
... Comment caractériser la politique d'un ministère qui s'est opposé, de son aveu même, aux dernières cessions, gage nécessaire de votre consentement à la paix, et qui désire vous faire déclarer à la face de l'Europe que c'est principalement à sa recommendation que cette paix va être accordée ? Cette demande indiserète échappe à ses plénipotentiaires au Congrès tout comme ici. Le cabinet de Berlin vous somme en queldue sorte d'accroître de plus en plus la considération que vous lui avez déjà donnée parmi les états de l'Allemagne, et il ne prétend se servir de cette supériorité de crédit, en partie
1) Bergl. das vorbergebenbe Schreiben.
2) In biejem Sinne erging unter bemfelben Datum ein Erlaf an Sieyis. 3) Bon Ercilbarb's Hand.
Sept. 9.
Oct. 2,
Oft. 2.
Oft. 9.
492 Büerter Anhang. Urkunden Nr. 11—14.
votre ouvrage que pour la tourner contre vos intérêts. Déjà, il ose tenir ce langage: »C'est à la Prusse que la France doit la partie gauche du Rhin, et ce sera également à la Prusse que l'Empire devra l'intégrité de la rive droite.« fe veut se donner l'air de tout mener, de tout faire en ne voulant prendre part à rien. L'affectation que M. de Haugwitz a mise à me soutenir que si la députation de l'Empire l'avait écouté jusqu'au bout, vous n'auriez jamais eu la démolition d’Ehrenbreitstein, de Cassel etc. pas plus que la cession de l'ile de Saint-Pierre, ne prouve autre chose que son dessein de persuader à l'Empire qu'il en est le sauveur, que sans la Prusse les prétentions de la République n'eussent pas connu de bornes, et que c’est autour de la Prusse que tous les états secondaires doivent se rallier contre l'ambition de la République. Ainsi bientôt vos projets d'influence sur cette partie de l'Allemagne et ceux de la cour de Berlin se mettront en opposition évidente . . . Je parierais que les deux cabinets de Vienne et de Berlin sont d'accord sur la punition à infliger aux princes que la peur et l'espérance ont rendus plus souples envers la République, ce qui ne manquerait pas d'achever notre crédit en Allemagne. Ce malheureux pays serait destiné à partager un jour le $ort de la Pologne. Il me semble que si ces considérations ne s'éloignent pas trop de votre manière de voir, il importe que vous trouviez le moyen d'éclairer les états secondaires sur les spéculations probables des deux cours . . .
Après tout, songez que dans tous les cas, excepté celui de la pusillanimité si elle pouvait avoir lieu de la part de la République, la Prusse restera neutre et que les Français doivent s'accoutumer à se passer d'elle.
Je finis par une observation sûre et importante qui me vient de gens à portée de bien voir dans l’armée de Joubert. »La temporisation est très nuiblise à nos intérêts, à nos moyens même. Nous en avons tant actuellement que nous ne craignons pas d'entreprendre la lutte générale. Les mots soulignés le sont aussi dans la lettre que je tiens entre les mains et dont je connais l'auteur . ..
12. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 18 vendémiaire an VI.
Prusse 189.
Franfreih und bie deutfchen Mittelftaaten.
... On m'a confié un propos remarquable de M. de Haugwitz à un agent d'un prince allemand qui le pressait de ne point s'opposer aux indemnisations auxquelles son prince avait tant de droits, »ce qui m'embarrasse, dit-il, n'est pas de vous donner des indemnités, mais de vous conserver ce qui reste contre les projets révolutionnaires de vos voisins ete. A cet égard, citoyen ministre, j'ai rassuré celui qui m'a fait cette confidence; j'ai jeté quelque lumière sur le motif qui faisait tenir de semblables discours, et j'ai cherché à lui faire entendre qu'il était de la dignité des états secondaires comme de leur intérêt de quitter enfin l'antichambre de Berlin et de Vienne et de se tourner vers la République française, leur protecteur véritable et désintéressé. Je lui ai dit un mot sur un projet de concert à établir entre eux. On m'a répondu que cela ne se pouvait qu'avec le secours de la France, J'ai répondu
Schriftwechiel zwifchen Sieyes und Talleyrand. 493
que la République ne pouvait protéger une chose avant qu'elle existät au moins en projet. J'ai nommé tous ceux qui dans le Sud pouvaient s'interroger mutuellement à cet égard . . .
13. Grlaÿ von Talleyrand an Sieyes. Paris 19 vendémiare an VII. Prusse 184.
Vertheibigt feine zurüdhaltende Politit in Italien. Die Freiheit bedarj bes Friedens.
. . . Permettez que je soutienne, relativement aux affaires d'Italie, mon opinion contre la vôtre). Ce que vous appelez la force des choses. cette tendance vers le régime républicain que vous supposez que nous combattons dans cette contrée, y existe-t-elle en effet? Nous avons de toute part la preuve du contraire. A Milan, à Rome, la liberté a jeté de bien faibles racines, et les Français sont chaque jour exposés à de nouveaux attentats. Si à Naples et surtout à Turin il existe un parti qui appelle la révolution, il est malheureusement trop vrai qu'un parti bien plus nombreux et qui se montre, travaille dans les Républiques déjà formées au profit de la tyrannie. Garat me disait à son retour qu'on ne saurait prévoir les crimes affreux dont cette contrée était menacée de devenir le théâtre. Il y a plus: Supposez l'Italie entière libre et réunie sous un gouvernement unique; eroyez-vous que nous n'eussions rien à craindre d'une nation livrée encore à tant de préjugés et tellement exaspérée contre nous que nos armées sont sans cesse en péril au milieu de ceux qui nous doivent leur existence politique? Je persiste à le eroire: nous gagnerions beaucoup si nous obtenions la garantie du statu quo actuel en Italie. Dans les chances de mutation possible, il y a plus à craindre qu'à profiter pour la cause de la liberté, qui a besoin de repos pour se faire aimer et pour étendre ses progrès sur tout ce qui l'environne . . . Songez-vous que nous n'avons encore que 60 mille hommes en Italie et que les forces de l'Empereur surpassent seules celles que nous pouvons y opposer . . .
14. Denkfchrift von Sieyes über die preufifhe Note vom 13. Ofto-
ber2}, Berlin 22 vendémiaire an VII, Prusse 189.
Il paraît difficile de faire valoir cette communication ouverte et franche près du gouvernement contre lequel elle est dirigée. On conçoit encore plus difficilement pourquoi une mesure tendante à accélérer la paix devait être préalablement communiquée à un cabinet qui se croit intéressé à en empêcher l'exécution ou à la rendre illusoire. Mais quand même cette communication atteindrait le but désiré, le ministre prussien pouvait-il la faire
1) In feinem PBeriht vom 25. September hatte Sieyes bie auridbaltenbe Politit Talleyrand’s in Italien angegriffen: »Vous me paraissez vous être mis en opposition avec le cours naturel des événements; vous y combattez cette force des choses qui commande dans l'ordre politique comme la loi de gravitation dans l'ordre physique.«
2) Bergl. Nr. 230. ©. 252.
Oft, 9.
Oft.
Oft.
494 Bierter Anhang. Urkunden No. 14—15.
sans l'assentiment préalable du Directoire qui lui avait proposé confidentiellement la mesure dont il s'agit? et peut-il compter d'après ve sur des témoignages ultérieurs de la confiance du gouvernement français ? Au reste le ministre ne répond pas à la demande réitérée du citoyen Sieyès de faire proposer à Rastatt ce qu'il a déjà communiqué à Vienne comme si le consentement de la députation de l'Empire n'était pas aussi nécessaire que celui de l'Empereur, et ne devait pas conséquemment répondre au désir si souvent manifesté par le Roi de contribuer à la conclusion de la paix.
Ce n'est pas sur les objets de la pacification, mais sur les moyens d'accélérer et de consolider la paix que le citoyen Sieyès a été chargé de négocier avec le ministre prussien. C'est sans doute de la République française que dépend la paix, si elle veut renoncer à ses avantages, si elle veut compter pour rien et les sacrifices incalculables qu'elle a faits depuis huit années pour repousser une agression injuste et la sûreté future des territoires que ses efforts ont conquis. {Mais si la paix dépend d'une garantie assurée pour l'avenir, certes ce n’est pas à elle qu'il faut attribuer les délais qu'éprouve la pacification. On a d'ailleurs déclaré au citoyen Sieyès que le gouvernement français n'aurait jamais obtenu à Berlin les concessions successivement arrachées aux négociateurs allemands à Rastatt — peut-on s'étonner d’après cela que les articles de la paix n'aient pas été discutés à Berlin ?
Si le citoyen Sieyès eût proposé au ministre de consentir aux demandes qui ont été ou qui pourraient être faites à Rastatt par la légation française, il eft été de toute justice d'exiger la communication de ces demandes. Mais comme sa négociation était entièrement indépendante des articles du traité et qu'en établissant le concert qu'il avait proposé, le ministre était toujours maître d'accéder ou de s'opposer aux demandes de la légation française; il était également contraire à ses instructions et à l'intérêt de son gouvernement de faire des communications dans lesquelles le ministre aurait pu se borner à prendre les objets favorables à l'Empire et à laisser de côté ceux qui sont analogues aux vues de la France.
Le citoyen Sieyès a déclaré positivement dans sa dernière note que dans ses entretiens confidentiels il avait présenté un ensemble de vues qui lui paraissaient embrasser les relations politiques et nécessaires entre les deux États. Il n'a donc pas semblé insinuer qu'il donnerait une exposition complète des demandesde son gouvernement sur les stipulations de la paix. Cette interprétation s'écarte tellement de sa manière de voir et d'agir, que pendant son séjour ici il a été constamment occupé de moyens de repousser les insinuations de ce genre. Il ne conçoit pas d'après cela comment le ministre a pu prendre le change sur ses explications très claires, très précises qu'il a cru devoir donner à cet égard dans sa dernière note.
Ce mémoire!) avait été annoncé au citoyen Sieyès comme le résumé de l'opinion du ministre sur le concert de mesures propres à accélérer et à consolider la paix, dont il avait été uniquement question dans ses entretiens con-
1) Baiebt fit auf S. 254, Zeile 8. Die Dentirift (3. Auguft) vergl. Nr. 191.
Denffchrift und Bericht von Sieyes. 495
fidentiels. Il se trouva ne renfermer qu'une série de demandes étrangères à 1798 l'objet dont il s'agissait. „A fut remis confidentiellement au citoyen Sieyès, qui ft. 13. déclara sur-le-champ n'avoir aucune réponse à y faire et pouvoir pas se charger d'en donner connaissance à son gouvernement.Le ministre en reconnut bien lui-même l'insuffisance, qu'il s'empressa de lui substituer bientôt après une autre note. Cette seconde note étant réellement officielle, fut accueillie par le citoyen Sieyès avec les égards qu'il aura toujours pour les communications de ce genre, mais comme elle renfermait des propositions entièrement nouvelles auxquelles il n'était nullement autorisé à répondre, il s'est borné à en accuser la réception et à la transmettre au Directoire. Le citoyen Sieyès pouvait d'autant moins se permettre de répondre à cette note, qu'elle supposait une mésintelligence entre la République et l'Empereur, dont il n'avait aucunement été question dans ses entretiens avec le ministère comme d'un fait, mais tout au plus en supposition éventuelle et qu'ainsi les bons offices du Roi qui lui étaient offerts en conséquence de cette supposition n'avaient réellement aucun objet déterminé.
Lorsque le citoyen Sieyès a dit que dans le cas où le ministère se préterait à faire adopter à Rastatt la clause proposée, il était prêt à entrer dans des explications suffisantes touchant la condition que le ministre veut y mettre, il entendait parler de la renonciation au territoire de Kehl et de Cassel; c'est une affaire finie au congrès. D'ailleurs comme le ministre ne veut agir que d'après l'impulsion de la cour de Vienne, le citoyen Sieyès peut-il réitérer par écrit des communications dont on a déjà fait un usage étrange? N’at-il pas plutôt tout! lieu de croire que si son gouvernement veut faire passer des propositions à Vienne, il pourra le faire sans l'intervention d'un autre cabinet ?
Non seulement la condition‘) dont il s'agit est expressément énoncée dans la première note des ministres, mais elle est répétée à la fin de cette même note dans laquelle on nie de l'avoir ajoutée à la clause proposée, puisqu'on dit positivement que le Roi renonce à toute indemnité pourvu que la paix soit conclue sur la base stricte de la limite du Rhin. Sur quoi il est bon de remarquer que le ministre regarde la cession de l'île de Saint-Pierre et la démolition des forts d’Ehrenbreitstein et de Cassel comme contraires à la base stricte de la rive gauche du Rhin.
15. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 29 vendémiaire an VII. Prusse 189.
Äußerungen des Öfterreichiichen Legationsfetretärs Hubelift. Sieyès empfichlt Ver:
fländigung mit Ofterreich.
Le secrétaire de légation de Vienne causant de confiance avec une per- Dft.- 20.
sonne sensée et qui est connu pour nous être attachée, lui a dit: »Nous avons des preuves multipliées que la Prusse ne désire que la guerre entre l'Empereur et la France. Ce cabinet-ci n'a cessé d'employer des moyens détournés pour
1) Bezieht fih auf die Stelle ©. 255, Zeile 3.
Oft. 20,
Jan, 8.
496 Bierter Anhang. Urkunden No. 15—16.
la souffler entre nous. Nous savons avec certitude que toutes les nouvelles qui sembleraient favorables à la paix, sont reçues à la cour avec une humeur caractérisée.« Il est convenu ensuite que ce qui se passe à Constantinople mérite de sérieuses réflexions de la part du ministère de Vienne. »Enfin, a-t-il ajouté, l'Empereur a eu raison de répondre à l'offre des bons offices du Roi qu'il n'en a pas besoin. Si la France était disposée véritablement à s'accommoder avec nous, est-ce qu'elle ne nous parlerait pas directement, et si elle ne l’est pas, à quoi serviront les prétendus bons offices du roi de Prusse « J'ai engagé cette personne à répondre par la question suivante qu'elle m'a bien promis de porter à son adresse: »connaissez-vous sur le globe une puissance qui puisse faire à la maison d'Autriche plus de mal ou plus de bien que la République, et dans ce cas, est-il raisonnable de forcer les Français à des hostilités lors qu'ils se montrent si bien disposés à la paix et même à la bienveillance?« Mais, citoyen ministre, en proférant ces mots, j'avais l'esprit plus frappé encore d'une autre pensée tout aussi vraie et que je ne pouvais pas communiquer; souffrez que je l'écrive ici dans toute sa simplicité: Nous voulons la paix; la Prusse, lors même qu'elle serait de bonne volonté, ce qui n'est pas, ne peut vous la donner!); l'Autriche le peut, lors même qu'elle ne serait pas de bonne volonté. Sans doute, il y a de furieuses passions à Vienne, mais la circonstance du crédit nouveau et si effrayant des Russes sur le Divan peut tempérer quelques volontés et en éveiller quelques autres. La paix avec Vienne ne tient qu'à Thugut fortement soutenu par la Russie, mais si l'on a peur des Russes, on pourrait finir par avoir peur de Thugut?} . ..
16. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 19 nivöse an VII.
Prusse 159.
Preufen ift bas Hinderniß für die Verwirllidung der franzöfifhen Pläne in Deutichland.
... Quand je jette les yeux sur le passé, je ne puis m'empêcher de croire que la République pouvait être depuis longtemps en paix avec l'Angleterre et par conséquent avec le continent, si elle avait mis la main sur les importantes possessions du roi d'Angleterre en Allemagne. Qui nous en a empêches? La Prusse. Je regarde dans l'avenir et je m'assure par les raisonnements les plus certains que nous ne pourrons contenir l'Angleterre, que nous ne pourrons nous garantir une paix solide même sur le continent, que nous
„N Talleyrand bat hierauf erwibert: »C'est au contraire parce qu'on était convaineu qu'il suffisait de l’association franche et complète de la Prusse aux vues de la République pour donner au continent une paix prompte et solide, que depuis trois ans on n'a cherché qu'à exciter cette cour vers une coopération dont les résultats avantageux paraissaient incontestables. Le mauvais succès de nos démarches prouve que la Prusse manque de bonne volonté, mais ne prouve pas qu'elle manquât des moyens que nous lui supposions.« (6. November).
2) Hierauf erwibert Ealleyranb: Quel moyen avons-nous de détruire l'influence de Thugut, après avoir employé dans le temps ceux qui paraissaient certains, en dévoilant sa vénalité et sa corruption? (6. November).
Schriftwechjel zwiichen Sievès und Talleyrant. 497
ne pourrons obtenir une bonne influence politique et commerciale dans le 1799 Nord, que par une habile disposition des petits états qui couvrent l'Ems, l'Elbe Ian. 9. et le Weser. Or qui voudra nous empêcher d'effectuer à cet égard le plan
qui convient aux intérêts de la République, et j'ose dire, de l'Europe? La Prusse.
17. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 7 pluviôse an VII.
Prusse 189,
Zulfünftige allgemeine Politit. Gründung eines Bundes in Norbweftbrutichland gegen England.
... Je ne puis, citoyen ministre, éloigner de mon esprit la pensée que Jan. 26. la politique de l'Europe est destinée à éprouver sous peu de temps des changements considérables. Les différents gouvernements obéiront plus ou moins promptement à cette tendance naturelle qui porte les malades à se placer dans une position moins douloureuse, et vous verrez que chacun finira par s'asseoir tout doucement dans son centre de gravitation. Il faut peu de choses actuellement à la République française pour rencontrer son véritable aplomb. Donnezlui en Italie un allié qui ne soit pas à sa charge, un allié assez puissant pour lui servir d’auxiliaire utile, et elle sera en paix sur le continent. En même temps, osez fonder au Nord-Ouest de l'Allemagne depuis l'Yssel ou l'Ems jusqu'à la Baltique une ligue ou confédération la plus représentative possible et faisant alors à la Grande-Bretagne une guerre contre laquelle ses flottes deviendront impuissantes, vous aurez la paix sur mer, la véritable paix, solide et permanente, pour vous et pour toute l'Europe occidentale. Vos agents dans l'étranger pourront alors se montrer républicains, sans crainte de nuire aux affaires, et pour dire la vérité, la République sera reconnue politiquement, moralement et civilement . ..
18. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 1° ventôse an VIL.
Prusse 190,
Nachricht vom Tode des Kurfürften von Bayern. Bortheile einer Berftänbigung mit Öfterreich über Bayern.
... Je désirerais que l'Empereur eût l'idée de nous faire des propositions gebr. 19. convenables et qu'il nous demandât notre consentement et notre appui pour garder la Bavière. Que de bonnes conséquences à tirer de lal 19 Plus d’Allemands en Italie, car sans doute ils abandonneraient la Vénétie et le Tyrol italien. 2° Ces deux pays gagnés au système représentatif sans équivalent pour le système monarchique, puisque la Bavière appartient déjà à ce système. 39 Avantage illusoire pour l'Empereur dans l'acquisition de la Bavière, puisqu'il n'en serait pas tranquille possesseur, et guerre inévitable avec la Prusse et la Russie. 4° Pendant ce temps, paix et surcroît de crédit en Europe et bonnes affaires pour la République. 5° Chances les plus heureuses pour le progrès ultérieur du système représentatif à commencer par la Bavière ellemême, et sans que nous eussions à nous en mêler . . .
Bailleu, Preußen u. Kranfreih. 1. 32
498 Vierter Anbang. Urkunden No. 19—20.
19. Erlaß von Zalleyrand an den franzöfifchen Gefchäftsträger Alquier in München. Paris 27 ventôse an VL.
Bavière 178.
Anknüpfung von Unterhandblungen mit Bayern über die Gründung eines jübbeutjchen Bundes.
1799 Citoyen. Depuis plus d’un siècle, à mesure que la puissance autrichienne Mrs 17. au Midi de l'Allemagne et celle de la maison de Brandebourg au Nord acquéraient de nouveaux développements, l'Allemagne intérieure s’affaiblissait et la fédération germanique, dépouillée de force et d'éclat, paraissait décliner vers sa dissolution. Cette guerre a prouvé combien l'Empire avait par lui-même peu de volonté et d'action. Entraîné contre son intérêt et même contre son gré dans une querelle qui lui était étrangère, supportant seul le poids des hostilités, c'est en vain qu'il témoigne le désir de les voir cesser. Son chef rallume la guerre, et il s'efforce d'y faire participer de nouveau l'Empire, tandis que le Roi de Prusse s'isolant du reste de l'Allemagne ne cherche qu'à étendre son influence dans la partie septentrionale en la préservant des hostilités. A cet état de choses qui menace les Cercles intérieurs d'un déchirement continuel, on n'avait aperçu qu'un remède: c'était qu'il se formât au cœur de l'Allemagne une fédération particulière de tous les princes qui s'y trouvent placés, et qu'avec l'appui direct de la République française, ils essayassent de former en Empire une opposition redoutable aux vues ambitieuses dont le foyer est à Vienne et à Berlin. Voulant donner à cette ligue un centre et un chef, le Directoire, qui ne pouvait y faire entrer l’ancien électeur de Bavière, avait longtemps pensé au landgrave de Hesse-Cassel ; mais une observation plus approfondie et quelques insinuations demeurées sans effet lui ont prouvé que ce prince pusillanime et parcimonieux était au-dessous du rôle qu'on voulait lui faire jouer. Le duc de Württemberg et le margrave de Baden n'étaient point assez puissants; le premier d'ailleurs avait des dispositions équivoques. L'électeur Palatin n'était encore que duc de Deux-Ponts que déjà on avait jeté les yeux sur lui; mais quoiqu'on fût porté à prendre confiance en sa bonne volonté, les embarras de sa position empêchèrent qu’on ne s'ouvrit à lui. Mais aujourd'hui, si cette réunion devait avoir lieu, c'est par ses soins qu'elle doit être formée, il en est le chef naturel, comme le plus intéressé à sa formation et le plus propre à garantir son intégrité.
C'est done vers ce but qu'il faut appeler l'électeur et quel moment est plus favorable pour une pareille entreprise? La République fait la guerre à l'Empereur, mais elle se montre disposée à respecter l'Empire, si l'Empire témoigne au moins la volonté de conclure et conserver la paix. Quelles que soient à Ratisbonne les déterminations de la Diète qui se trouve par sa composition trop livrée à l'influence autrichienne, la députation qui est à Rastatt ne peut-elle point dans une circonstance aussi grave se tracer une marche indépendante et prendre une salutaire initiative dans les affaires de l'Empire, et s'il arrivait même que l'Empereur et la Diète osassent de concert révoquer la députation et opérer la dissolution du Congrès, la République n'est-elle pas prête, ainsi qu'elle l'a plusieurs fois déclaré, à accueillir toutes les propositions particu-
Erlafje von Talleyrand an Alquier und Sieyès. 499
lières qui lui seraient faites pour des arrangements séparés? Qui pourrait 1799 done empêcher que les princes et états germaniques qui ont à s'occuper du März 17. soin de leur conservation ou de leur agrandissement, ralliés autour d'elle et entre eux, ne formassent ce tiers parti dont l'influence en Empire pourrait si utilement balancer celle des deux cours qui maîtrisent aujourd'hui l'Allemagne ?
Je ne fais, citoyen, qu'indiquer le principe et le but sans m'étendre sur les conséquences. Je ne doute pas qu'elles ne soient saisies par le cabinet de Munich et par vous. En communiquant à l'électeur les vues du gouvernement français, vous pouvez parler en même temps à sa raison et à son ambition, à sa raison, en lui prouvant que son existence entière tient aujourd'hui à sa plus intime union avec la République, et que l'appui intéressé de la Prusse, soumis d'ailleurs aux calculs déjà pressentis d’une ambition commune et d'un accord possible entre elle et l'Autriche, ne présente qu’une sécurité fausse et incomplète, tandis que celui de la République repose sur l'intérêt le plus évident des deux États: à son ambition, en lui mettant sous les yeux qu'une guerre heureuse contre l'Autriche dont il aurait mérité de partager le succès, peut rendre à la maison palatine tout ce qu'elle a perdu par les traités antérieurs, et donner à ses possessions au delà de l'Inn et vers le haut-Palatinat de si belles frontières, qu'elle n'aura rien à regretter de ce que sa participation à la guerre contre la République lui a fait perdre à la gauche du Rhin.
Si vos propositions sont accueillies à Munich, citoyen, vous vous oceuperez sans relâche et de concert avec les ministres palatins à former cette utile association des états de l'Allemagne intérieure. Vous arrêterez les bases sur lesquelles elle devra poser; vous conviendrez de tous ceux qu'il sera utile d'y admettre, et après ce premier travail, pour en assurer le succès, le Directoire vous autorise à vous transporter auprès de chaque prince ou état dont il faudra déterminer la volonté et l'action. C'est une mission que le Directoire ne croit pas pouvoir confier à de meilleures mains. La satisfaction qu'il a eue de toute votre correspondance lui donne le juste espoir que vous obtiendrez | des succès dans cette délicate entreprise, et il ne vous laissera manquer d’aucune des directions qui pourront vous être utiles . . .
Approuvé: Barras. Treilhard. Larevelliere-Lepeaux.