Grlaf von Talleyrand an Sieyes, Paris 29 ventôse an VI
Prusse 190.
Aulnipfung von Berbanblungen mit bem neuen Kurfürften von Bayern zur
we eines Bundes in Siboeut{fhlanb.
. #. L'intention du Directoire exécutif est . . . de laisser au Corps ger- Mary 19. manique le temps et la facilité de séparer sa cause de celle de l'Autriche . . . Le Directoire ne combat comme ennemis que ceux qui veulent l'être : l'Autriche, la Russie, l'Angleterre. C'est contre leur coalition que sont dirigés tous les efforts de la République, et c'est pour leur porter des coups plus certains que le Directoire, frappé des mêmes considérations qui vous ont si souvent porté à désirer qu'on plagät en Allemagne une espèce d'État intermédiaire, s'occupe en ce moment de sa formation. Vous savez qu'il avait quelque temps pensé
Mars 19.
Mai 24,
500 Vierter Anbang. Urkunden No. 20— 22.
au landgrave de Hesse-Cassel pour le mettre à la tête de cette ligue: mais la malveillance que ce prince a témoignée, la petitesse de ses vues et sa parcimonie mettant obstacle à ce qu'il soit appelé à un pareil rôle, le Directoire exécutif a profité volontiers de la circonstance de l'avénement du duc des Deux-Ponts au trône électoral et des excellentes dispositions que ce prince a manifestées pour reporter à Munich et confier au citoyen Alquier le soin de cette importante négociation.
L'électeur a un intérêt tellement direct au succès d'une mesure qui peut le préserver d'une destruction prochaine, qui peut même non seulement consolider son existence actuelle, mais lui rendre les destinées brillantes ravies à sa maison, qu'il est permis de penser qu'il saisira volontiers des ouvertures aussi favorables à sa cause; et par sa position autant que par sa puissance actuelle et par celle qu'il peut acquérir, il se trouve le chef naturel d'une fédération qui serait composée des trois Cercles de Bavière, de Franconie et de Souabe, et qui se trouverait alors assez forte, avec l'appui des Républiques française et helvétique, pour contenir de ce côté toutes les entreprises de l'Autriche. Qu'on fasse ensuite vers le Nord ce qui aura été opéré au Midi et l'intervalle qui se trouvera entre les États prussiens d’une part et la France et la Batavie de l'autre se trouvera aussi rempli par des puissances qui échapperont à l'influence exclusive qu'exerce aujourd'hui sur elles la cour de Berlin.
Mais en s'occupant ainsi d'une meilleure organisation de l'Allemagne, le Directoire n'a point la pensée de s'immiscer en rien aux changements intérieurs que chaque État de cette contrée pourrait éprouver.
21. Bericht von Sieyes an Talleyrand. Berlin 5 prairial an VIL. Prusse 190.
Abichied vom Könige.
Le courrier chargé de m'annoncer ma nomination à la place vacante du Directoire exécutif est arrivé hier matin. J'étais à Potsdam, et mon premier mouvement en recevant cette nouvelle était de partir sur-le-champ, avant que le publie en fût instruit et que les ennemis de la France pussent préparer un complot pareil à celui de Rastatt. Mais les considérations touchant ma considération personnelle ont dû céder à des réflexions bien plus importantes, puisqu'elles ont pour objet l'intérêt du service public. | Vous avez pu voir, citoyen ministre, par mes dépêches précédentes combien les dispositions du ministère prussien sont équivoques et que le véritable système de la neutralité ne paraît plus appartenir qu'au Roi et au colonel Köckritz. Mon départ précipité et même clandestin, sans prendre congé, aurait été représenté par les fauteurs nombreux de la coalition, non comme un moyen d'épargner à nos ennemis un nouveau crime, mais comme une démarche ordonnée par le gouvernement et presque comme une déclaration de guerre tacite. | J'ai done pris le parti de revenir sur-le-champ à Berlin pour remplir toutes les formalités d'usage et surtout profiter d'un dernier moment, soit pour répandre soit pour recueillir quelques bonnes assurances d'amitié et de bon vouloir. J'ai trouvé M. de Haugwitz aussi réservé et tatillonneur qu'auparavant, quoique un peu prodigue en
Berichte von Sicyes und Otto. 501
civilités insignifiantes. Lui ayant prononcé le désir que j'avais de voir le Roi dans la journée même sans aucun appareil d'autant plus qu'il devait partir le lendemain, il m'a renvoyé à M. de Finckenstein, chargé du cérémonial diplomatique en sa qualité de doyen du cabinet. Ce dernier m'a dit qu'il prendrait les ordres du Roi, et m'a assuré d'avance que 8. M. serait elle-même très aise de prendre congé sans cérémonie au milieu du bal qui se donnait à la cour le soir même. Je m'y suis rendu à sept heures. M. le comte de Finckenstein m'a reçu dans l’antichambre et m'a conduit au milieu de la foule vers le côté où le Roi se trouvait. Dès que le Roi m'a aperçu, il est venu à moi, et dans une conversation d'environ dix minutes, il m'a confirmé dans l'opinion que j'ai toujours eue de ses dispositions personnelles. Il m'a parlé de l'assassinat de Rastatt avec le sentiment de la plus vive indignation, de son désir de voir
Mai 24,
le rétablissement de la paix, et du plaisir qu'il aurait de pouvoir y contribuer. .
J'ai donné en réponse les assurances convenables, et je me suis retiré de bonne heure pour faire les préparatifs de mon voyage !) ...
22, Bericht von Otto an Talleyrand. Berlin 10 prairial an VII. Prusse 190,
Graf Haugwit unb feine antifranëfifge Politit.
... Il n'y a que cinq jours que Haugwitz a dit à un agent allemand qui nous est dévoué: »J'avoue que j'ai été pendant très longtemps dans le système français; mais le Directoire ne veut rien faire pour nous; on ne peut compter sur rien de sa part; j'ai complètement changé d'avise . . .
Ein Bertrauter des Königs hat zu einem der franzöfifchen Gefandtidait befreundeten Agenten gejagt: »Le Roi a son système à lui entièrement différent de celui de M. de Haugwitz. Il écoute tout le monde, mais il cache ses véritables intentions. Il y a plus de 15 jours que les rapports de ce ministre sont restés sur la table du Roi sans décision.LAu reste le Roi est tellement réservé qu'il est impossible de connaître même les personnes qui ont de l'influence
sur Ipf.«
pa bent fpanifchen Gejandten bat Haugwiß gejagt: que la France ne serait tranquille qu'après être rentrée dans ses. anciennes limites. „Bu Dtto jelbjt fagt Haugwiß: #La France n'est pas encore entamée, et il est vraisemblable qu'elle ne le sera pas. Pourquoi ne ferait-elle pas aujourd’hui ce qu'elle a voulu faire il y a quelques années? Qu'elle se renferme dans ses limites, qu'elle manifeste son intention de ne pas en sortir, et elle sera forte.«
Voilà done, citoyen ministre, le système favori de M. de Haugwitz; il se rattache le mieux du monde à ses vues sur la restauration de la Hollande et sur le département de la Roer, de même qu'au langage qu'il tient aux agents allemands qui sollicitent sa protection. Je puis vous répondre du propos suivant tenu par le ministre à un des ces agents: »Vous êtes patriote allemand, pourriez-vous consentir à détacher de l'Empire les belles provinces de la gauche du Rhin? Non, il faut que ces pays nous soient rendus. Quant à
1) Sicyés reifte noch am 21. Mat ab.
Mai 29.
Mai 29.
Juli 20.
502 Bierter Anhang. Urkunden No. 22—23.
votre prince, il y gagnera de toutes les manières. Nous adopterons à son égard le système de la France, mais en sens inverse. Le Directoire a voulu agrandir les états séculiers pour s'en faire une barrière contre l'Empire; nous les agrandirions aussi soit par des sécularisations, soit autrement, pour faire une barrière contre la France. Jusque-là nous ne pouvons nous charger que de la protection du Nord de l'Allemagne!}« . .
23. Bericht von Otto an Talleyrand. Berlin 2 thermidor an VII.
Prusse 190.
Unterrebung mit Graf Haugmwig?). Gegenfäße zwiichen der Politit des Gabinets und des Minifteriums.
PE de vous avouerai franchement, [m'a dit M. de Haugwitz], le sort de la Hollande ne nous est pas indifférent; nous ne voulons pas qu'elle reste sous une influence étrangère, et tant que la France y exercera celle que les événements de la guerre lui ont donnée, il est impossible qu'il y ait un concert entre elle et la Prusse. Vous savez que depuis trois ans, il est question d'une alliance à conclure entre nous. „Nous pensons toujours que cette alliance ne doit se faire qu'après la paix: mais à cette époque même, nous ne pourrons nous entendre qu'autant que la Hollande sera rendue à son ancienne indépendance. C'est pour cela même que le Roi entend toujours que ses provinces transrhénanes lui soient rendues, puisque c'est là que se trouvera le foyer de la protection qu'il veut accorder à la Hollande. €ertes, la France n'a aucune raison de craindre notre voisinage, nos principales forces seront toujours employées sur la Vistule et sur l'Oder. Al est done de son intérêt de cimenter une alliance éventuelle avec nous en renonçant à toute prétention sur la Hollande et de couvrir en même temps sa frontière du Nord par un territoire neutre qui lui épargnera une armde./Nous nous engagerons à maintenir l'indépendance de la Hollande et à fermer le passage à toute puissance étrangère qui voudrait la troubler.«
Pour mieux connaître les intentions de M. de Haugwitz, j'ai feint de goûter son plan, et je lui ai observé, avec l'air de la confiance la plus entière, qu'il n'y avait qu'un inconvénient à craindre, savoir le renversement de la con-
1) In demfelben Sinne berichtet Otto, 4. Juni: »Heureusement, m'a dit un homme de la cour très instruit, le Roi voit mieux que la plupart de ses ministres; il se montrerait davantage, s'il était mieux entouré, et s'il aimait moins sa femme, qui penche pour la coalition« . .. Parmi tous les hommes influents, M. de Haugwitz est le moins disposé à favoriser les vrais intérêts de la France et de la Prusse, et nous n'avons pour nous que le bon sens et les dispositions vraiment sages du Roi ... Und nod am 30. November: Le Roi, ses deux favoris, et M. de Struensée sont capables de concevoir et d'exécuter un plan généreux, mais ils sont en minorité. Jusqu'au dernier moment les Prussiens travailleront contre la limite du Rhin. M. de Haugwitz ne manque jamais de me faire le tableau le plus effrayant d'une paix qui aurait cette limite pour base. Suivant lui, toute l'Europe, convaincue de la prépondérance de la France, se combinerait en peu d'années pour nous attaquer de nouveau ...
2) Bergl. die preußifche Berfion bicfer Unterreung in bem Erlaß an Sandgz-Rollin No. 271, ©. 319,
Sriftwebiel zwiichen Otto und Talleyrand. 503
stitution batave et le rétablissement du stathouder ..... Voici la réponse très 1799 remarquable de M. de Haugwitz: »Tout est compris dans le mot indépen- 3uli 20. dance. Si le peuple hollandais veut rétablir le stathouder, vous concevez bien que le Roi, son parent, ne pourra pas décemment s'y opposer. D'ailleurs, les relations de famille entre les deux princes consolideront encore davantage notre alliance avec la France. Le caractère personnel du Roi serait le sûr garant des dispositions amicales du prince d'Orange pour la République française .«
e rôle que j'ai joué, citoyen ministre, dans toute cette conférence, était péfible, puisque je m'étais fait la loi d'accueillir toutes les propositions du ministre pour savoir enfin ce qu'il fallait penser de ses plans et de ceux de M. Grenville qui est plus assidu que jamais. A mesure que je m'approchais de ses idées, il devenait plus aimable, plus confiant . . . Le cabinet prussien partage les inquiétudes de l'Angleterre touchant la conclusion de la paix avec l'Autriche. A a le double objet de nous égarer et de servir indirectement la coalition par une démarche en apparence généreuse et favorable à la France.
A et convaincu que le principal effort des coalisés se fera sur la Belgique. Dans ce cas, il lui importe de neutraliser la Hollande pour ne pas mettre l'armée anglo-russe entre deux feux. «La Belgique étant conquise, il sera facile de donner à la Hollande la constitution qu'il plaira aux coalisés . . . Si d'un autre côté les armements actuels des coalisés étaient réellement dirigés contre la Hollande, il est évident que la neutralisation de ce pays épargnerait les frais de l'expédition et la ferait tourner directement contre la Belgique. La coalition n'y perdrait rien ...
Mais je puis vous assurer, citoyen ministre, d'après les renseignements les plus positifs que le Roi et ses deux confidents, Köckritz et Zastrow envisagent ce projet sous un autre point de vue. Als sont effrayés des progrès des Russes, il craignent le rétablissement de l'influence anglaise en Hollande
. Le Roi et ses deux confidents ne sont pas disposés à servir la coalition, et les deux aides de camp ne se bornent pas à m'en faire renouveler les assurances par des intermédiaires, mais ils me font inviter à les voir pour causer sur les intérêts respectifs des deux pays. C'est demain matin que j'irai pour cet effet à Charlottenbourg. Il est toujours vrai qu'il y a en Prusse deux systèmes, . celui du Roi et celui du ministre. Cette bizarrerie embarrasse beaucoup la marche des affaires et déroute continuellement les observateurs les plus attentifs. Les deux partis désirent également de nouer des négociations avec nous, l'un pour nous tromper, l'autre pour nous être utile ; ils sont également ennemis de la guerre; mais l'un voudrait servir la coalition par des ruses diplomatiques, l'autre est franchement et loyalement neutre, et si depuis nos revers il montre quelquefois de la partialité, c'est plutôt contre que pour la coalition . ..
504 Vierter Anhang. Urkunden No. 24—25.
24. Bericht von Otto an Talleyrand. Berlin 6 thermidor an VI.
Prusse 190.
Unterrebung mit Zaftrew.
Je vous ai présenté dans mon dernier n° un aperçu des plans insidieux de M. de Haugwitz, autant que j'ai pu les entrevoir dans le brouillard diplomatique qui enveloppe ses conversations. Je vous rendrai compte aujourd'hui des projets de ceux qui ont la confiance du Roi.
M. de Zastrow m'ayant fait invité à le voir, j'ai été hier à Charlottenbourg, et j'ai causé longtemps franchement et très amicalement avec cet officier. »Nous avons, m'a-t-il dit, la plus haute opinion de la loyauté et des talents du Directoire exécutif: nous y voyons les meilleures intentions, mais nous ne voyons pas ses moyens. La situation de la France nous paraît extrêmement eritique . .. Il nous semble que . .. vous ne sauriez vous occuper trop tôt des moyens de faire la paix ; mais en cherchant ces moyens, gardez-vous d'agir d'après des suppositions. Vous avez supposé jusqu'ici que l'Angleterre ne voulait pas la paix ; cependant c'est elle seule qui a la faculté de la faire quand bon lui semblera. L'Autriche est bridée par les Russes dont elle doit craindre le ressentiment ; les Russes sont entièrement aux ordres de l'Angleterre. Il y a un moyen de satisfaire cette dernière et ce moyen conviendrait en même temps aux intérêts du Roi. Ce serait de rétablir l'indépendance absolue de la Hollande et de donner à cette république des limites plus analogues au nouvel ordre des choses. Croyez que l'Angleterre n'insistera pas même sur la restitution de la Belgique, et nous la désirons encore moins que le cabinet de Londres. Maïs nous sommes pénétrés de la nécessité d'établir entre nous et la France une puissance intermédiaire pour empêcher les tracasseries que le voisinage pourrait faire naître. Voici donc ce que nous noce ra Le Roi ne met aucun prix à ses provinces d’outre-Rhin ; mais il est juste qu'il reçoive une indemnité, et il lui serait agréable de la prendre dans le comté de Zutphen et dans l'Over-Yssel pour arrondir ses provinces de Westphalie. Dans ce cas on donnerait pour dédommagement à la République batave le département de la Roer; le gouvernement batave actuel serait garanti par le Roi et la France, et cette dernière retirerait ses troupes du territoire hollandais, qui dès lors se trouverait compris dans la ligne de d@marcation . . .«
M. de Zastrow m'a répété plusieurs fois : »si la France prend la consistance qu'elle doit avoir et que nous désirons fortement qu'elle ait, soyez sûr que nous marcherons avec elle et que notre cabinet ne sera pas assez absurde pour servir la coalition. VRétablissez la Suisse et acheminez la négociation dont je vous ai parlé et vous aurez la paix avant l'hiver. Vous connaissez les dispositions du Roi, il est jeune, il peut vivre longtemps ; vous ne devez done pas craindre de si tôt un changement de système si vous parvenez à nous faire concourir au même but«!) ...
1) Das Directorium erwiberte auf biefe Anträge betreffend Holland: Le Directoire est étonné que le ministre et le favori s'attachent également à invoquer l'indépendance de la Hollande comme devant être le préalable et le lien de tous les rapports intimes. Où remarque-t-on que l'indépendance de la Batavie ne soit
Schriftwechiel smifen Otto und Talleyranb. 505
25. Bericht von Otto an Talleyrand. Berlin 26 thermidor an VII. Prusse 190,
Unterredung mit Struenfee. Neformatoriihe Beftrebungen König Friedrich Bilbelm's ILL.
... Quant à M. de Haugwitz, tout ce que je vous ai dit jusqu'ici sur ses plans m'a été confirmé hier par le membre le plus estimable, le plus elairvoyant et le mieux disposé du ministère. »M.de Haugwitz, m'a-t-il dit, a depuis quelque temps un système bizarre dont il est impossible de le tirer. Un voyant les grands progrès de l'Autriche, il s'est imaginé qu'il en résulterait une paix avantageuse pour l'Empereur et qu'il fallait en conséquence se rapprocher de l'Angleterre. ya Roi ne partage pas ce sentiment. ‚Al parait convaincu qu'il n'y a rien à gagner avec les Anglais. Mais vous voyez d'après cela que nous avons réellement deux systèmes ; de là les contradictions que l'on remarque dans notre conduite surtout à l'égard du stathouder, dont le Roi ne se soucie pas, mais que M. de Haugwitz voudrait rétablir. V Croyez néanmoins que jusqu'ici il n'y a rien à craindre. Le travail que j'ai fait avec le Roi, il y a huit jours, me donne la conviction qu'il n'a pas envie de guerroyer. Vous avez en votre faveur l'intérêt évident du pays et les dispositions pacifiques du monarque. Il dépend de vous d'utiliser ces dispositions et de les faire concourir à la conclusion d'une paix générale où le Roi serait très flatté de jouer un rôle. Je crois être bien sûr qu'on n'insistera ici que sur la garantie de l'indépendance de la Hollande et de la Suisse et sur une indemnité du pays de Clèves. Vous garderez la Belgique dont l'Empereur lui-même ne paraît pas se soucier. Mais à tout événement, hâtez-vous d'empêcher, par des négociations bien entamées, que M. de Haugwitz ne s'engage pas trop fortement avec les Anglais qui l'obsèdent du matin au soir. Quant à Paul, je m'étonne que vous n'ayez pas encore cherché à le gagner. C'est une espèce de Don Quichote très inconséquent, très entêté, qui ne veut que satisfaire sa vanité . . .«
Je ne crois pas devoir omettre, citoyen ministre, une observation singulière qui a terminé cet entretien. »Vous n'avez contre vous que les aristocrates ; le Roi et le peuple sont décidément pour la France. La révolution très utile que vous avez faite du bas en haut se fera lentement en Prusse du haut en bas. Le Roi est démocrate à sa manière ; il travaille sans relâche à réduire les privilèges de la noblesse, et il suivra à cet égard le plan de Joseph IT, mais par des moyens lents. Sous peu d'années il n'y aura plus de classe privilégiée en Prusse. On laissera aux nobles leurs rubans qui souvent tiennent lieu de pension et soulagent nos finances; mais le besoin de vivre dans l'aisance les engagera à se jeter dans une carrière plus lucrative, celle
pas entière? Depuis que cette contrée jouit d'un gouvernement définitif, seraitil possible de citer aucune atteinte portée à sa souveraineté, à ses droits? L'indépendance d'un Etat ne peut être lésée par l'exécution des arrangements qui ont eu sa sanction volontaire etc. (Erlaf an Otto, 14. Auguft). Damit ver: gleiche man dann das eigene Geftänbnif Talleyrand’s (in dem Bericht an Napoleon, unter Nr. 36, S. 520) über die »atteintes trop évidemment portées à l'indépendance de la Batavie.«
Aug. 13.
Aug. 13
Aug. 26.
Po
506 Vierter Anbang. Urkunden No. 25—27.
du commerce et de l'industrie. Comme c'est précisément dans la révolution française qu'il a puisé ces principes, nos aristocrates vous détestent, et ils ne s'en cachent pas.«
Voilà les propres paroles d'un ministre très éclairé et ami de la France !} ...
Voici un nouvel échantillon de la politique de M. de Haugwitz. Un ministre de nos amis fut accosté hier par le chargé d'affaires d'Autriche, qui lui dit: «Il paraît enfin que la Prusse veut jouer un rôle prononcé. M. de Haugwitz m'assura avoir déclaré au citoyen Otto que le Roi insistait sur la restitution immédiate de ses provinces du Rhin et qu'il regarderait le refus du Directoire exécutif comme le signal d'une rupture.« Notre ami a répondu qu'il doutait très fort de cette déclaration. »J'en doute aussi, et c'est pour cela que je vous en parles, reprit le chargé d'affaires.
Vous remarquerez, citoyen ministre, que l'on s’entretient beaucoup depuis plusieurs jours de quelques ouvertures de paix entre la France et l'Autriche, et que pour traverser charitablement cette négociation éventuelle, M. de Haugwitz a cru sans doute devoir faire un bon mensonge propre à ranimer les espérances des coalisés . . .