Bericht Hardenberg'd. Bafel 1795 Dftober
Franzöfiiche Erklärungen und Schritte gegen bie Demarlationglinie bei Frankfurt. Berlegenbeit Harbenberg's. Franzöftihe Politik.
.. . [Nicht Hiffrirt] Le sieur Barthélemy, en me témoignant la peine sensible qu'ilressentait de me faire une communication désagréable, me fit part d’une dépêche qu'il venait de recevoir du Comité de salut public, en date du 6 octobre, et de la lettre y annexée dudit Comité au représentant Joubert près de l'armée de Jourdan, du 7 de ce mois, de la teneur suivante : que le Comité partageait vivement les sollicitudes du représentant à l'égard des subsistances pour la brave armée de Sambre et Meuse, dont ledit représentant attribuait principalement le défaut aux difficultés qu'il rencontrait par la neutralité que voulaient faire valoir les états situés dans la ligne de démarcation fixée par le traité du 17 mai entre la France et la Prusse; qu'il importait, tant sous ce rapport, que pour ne pas arrêter les succès ultérieurs et les opérations militaires qui devaient être les suites des victoires de cette armée, de se prononcer le plus tôt possible sur ce traité; qu'il était incontestable que la neutralité ne pouvait être accordée aux états qui n'en avaient pas rempli les conditions en retirant leurs contingents; que la ville de Francfort, dont la possession était nécessaire aux troupes de la République, était du nombre, mais comme il y avait garnison prussienne, faisant partie du corps d'armée laissé par V. M. sur la ligne de démarcation pour son maintien, que le général Jourdan devait incessamment écrire au prince de Hohenlohe d'une manière ‘polie et avec les ménagements qu’exigeaient les liens d'amitié entre la République et la Prusse, mais ferme en même temps, pour lui demander qu'il évacuât Francfort, et que, dans le cas d'une réponse dilatoire, il eût à écrire une seconde fois et déclarer: que si l'évacuation n'avait pas lieu dans les vingt-quatre heures, on entrerait de vive force, en rendant le prince responsable auprès de V. M. des suites que cela entrainerait.. En même temps il est prescrit au représentant »de tirer les subsistances pour les armées des pays neutres, (par lesquels on ne peut entendre que ceux du landgrave de Hesse et peutêtre le comté de Sayn-Altenkirchen), en promettant de rendre en nature ou de payer, à mesure que les contributions entreraient des pays qu'on ne regarde pas comme tels.«
Bericht Harbenberg’s aus Bafel. 25
La dépêche du Comité au sieur Barthélemy, en se référant à celle adressée au représentant Joubert, lui enjoint simplement de me faire part de tout ceci et de me prouver la justice de ces démarches. En réitérant cependant les assurances si souvent rebattues et jamais accomplies le moins du monde des sentiments d'amitié de la République pour la Prusse, on finit par me faire insinuer: qu'en considération de lintercession interposée au nom de V. M. pour les princes d’Ysenburg et de Hohenzollern, on userait de tous les ménagements que permettraient les opérations de l’armée et ses besoins.
Je n'ai pu obtenir une copie littérale de ces dépêches, mais j'ai eu le temps de m'en bien imprimer le contenu pour l'essentiel, et la phrase menaçante relative à la ville de Francfort est mot pour mot telle que je viens de l'écrire plus haut. |
V. M. daigne sans doute rendre trop justice à mon zèle pour sa gloire et sa dignité, pour ne pas se dire d'avance que, vivement ému de la manière indécente et tout à fait inattendue dont ce gouvernement de scélérats ose la traiter, j'ai marqué personnellement et avec chaleur mon étonnement et mon indignation au sieur Barthélemy, qui paraissant lui-même sensiblement affecté et peiné de la tournure que les choses prennent en général à Paris, et nullement d'accord, ni avec le système qu'on adopte, ni particulièrement avec ces procédés envers vous, Sire, convint de la justesse de toutes les observations que je lui fis, et gémit avec moi qu'au lieu de penser sérieusement à se donner le repos si nécessaire et à suivre un système modéré et sage, on se laisse aller à des plans vastes et ambitieux, qui ne tendent qu'à embrouiller et bouleverser ; que le parti jacobin ou terroriste, coalisé de nouveau avec les violents républicains Sieyès et compagnie, reprend de plus en plus le dessus, et que les bons esprits n'osent plus se prononcer et en seront encore plus empêchés depuis la funeste victoire sur les Parisiens . . .
Des lettres du sieur Gervinus, que je reçois dans ce moment de Paris par une voie sûre, confirment ce que j'ai déjà vu depuis assez longtemps dans la conduite des meneurs en France envers V. M.: que leurs assurances d'amitié ne sont qu'illusoires; qu'on rétrograde de plus en plus quant aux liaisons avec la Prusse; qu'on ne veut pas lui donner l'influence dont on l’a bercée dans le commencement. Après avoir d’abord réussi à paralyser les opérations des armées de V. M. et d’empêcher, par des moyens qui ne me sont que trop connus‘), qu'on ne mit des bornes à leurs conquêtes, et surtout à l’envahissement de la Hol-
1) Je ne connais que le manque d'argent absolu. (Ranbbemerfung bes Grafen
Haugwiß.)
Dit. 13.
Dit. 13.
26 Urkunden No. 16—17.
lande, l'événement le plus funeste qui jamais aurait pu arriver pour les affaires de l'Europe et qui empêchera plus que tout autre la paix générale, après avoir réussi à détacher V. M. de la coalition, !) et de lui ôter par là une de ses forces principales dans le moment le plus critique pour la France malgré tous ses avantages, on aurait voulu se servir des forces de la Prusse pour parvenir au but que l'ambition et l’exaltation frénétique du parti dominant se propose. S’apercevant bientôt qu'on n'y parviendrait pas, on a changé de système, on n'a déféré à aucune des justes réclamations ou intercessions de V. M., ni pour ses provinces d’outre- Rhin, ni pour d’autres objets . . .
Dans ce moment, mon embarras n’est pas petit. Quel langage tenir, quel rôle jouer ici, tant vis-à-vis des Français, que des envoyés et agents des états d'Empire déjà à Bâle ou pouvant arriver d'un jour à l’autre, pour réclamer mon intervention au nom de V. M., si l’esclandre a lieu à Francfort et si je ne suis pas exactement muni de vos ordres, Sire? Heureusement que j'avais déjà annoncé depuis plusieurs jours une petite course dans l'intérieur de la Suisse, devenue absolument nécessaire pour faire faire quelques arrangements dans la maison où je suis... Jetrouverai là une prétexte honnête et naturel de me tirer de cet embarras. Je me rendrai à Berne, d'où je ferai quelques petites excursions, et où j’attendrai les événements et ce que V. M. jugera à propos de me prescrire d'après les circonstances. Si les affaires s’arrangent à Francfort d'une manière qui me paraît convenable, je retournerai ici. Sinon, je ne manquerai pas de prétextes plausibles pour prolonger mon absence jusqu'au retour du courrier. En l’alléguant, le sieur de Tarrach, qui restera à Bâle, pourra suivre les affaires, sans rien compromettre . . .
Il faut ajouter encore que même la manière dont les négociations particulières des états d’Empire se traitent de la part des Français, n’est nullement satisfaisante. Jamais le sieur Barthélemy ne m'en parle, à moins que ce ne soit moi qui l'y engage en entamant la matière. V. M. se rappellera ce qui eut lieu déjà lors de la négociation du landgrave de Cassel, où l’on n'aurait pas fait mention de vos bons offices, Sire, sans la fermeté du baron de Waitz, où les sieurs Maraudet et Bacher lui avaient même insinué qu'il n'en était pas besoin. Le sieur Barthélemy n'a jamais donné aucune réponse par écrit aux notes remises par moi pour appuyer les négociations de paix de qui que ce soit. Il n'y a pas un mot des bons offices de V. M. dans les pleins pouvoirs du duc de Wurtemberg. Le système français est de faire des paix particulières sans aucune intervention, d'isoler, de diviser les états de l'Empire, de s'arranger séparé-
1) Le manque d’argent nous a détachés. (Haugwiß.)
Bericht Harbenberg’s. Juftruttion für Sandoz-Rollin. 97
ment avec eux sur les cessions qu'ils exigent, au moins provisoirement, comme avec V. M. et avec le landgrave de Cassel. Ils s'embarrassent bien peu de la pacification générale de l'Empire germanique, à laquelle ces arrangements provisoires sont renvoyés. Toutefois les pleins pouvoirs pour traiter avec le sieur Abel ne sont pas encore arrivés au sieur Barthélemy, et le Comité ne donne aucune réponse relativement à l'électeur de Mayence. Apparemment veut-on encore attendre des événements guerriers pour se prononcer et avoir plus de facilités pour traiter les pays en ennemis . ..
Häuffer 2, 46. Ranle»Harbenberg 1, 328.
17. Snftruftion für den Gefandten Preußens in Paris, Sandoz-Rollin. Berlin 1795 Dftober 21.
Concept vom Geh. Legationsrath Le Coq; ger. Findenftein. Alvensleben. Haugmwiß.
Die allgemeinen Beziehungen Preußens zu Frankreich. Der Reichsfrieve. Die linférbeinifden Lande Preußens.
19 Berhalten des Gefandten gegen die franzöfiiche Regierung, befonders bei Überreichung feines Beglaubigungsfchreibens.')
2°... Quant aux liaisons plus étroites qu'on a cru être résultées de la paix entre le Roi et la France, elles n'ont jamais existé. A la vérité, le gouvernement français a fait sonder à plusieurs reprises les dispositions de S. M. à ce sujet et n'aurait pas demandé mieux que de l’engager à des liaisons pareilles. Mais on s'en est constamment tenu au principe de les décliner poliment pour le présent, sans en rejeter entièrement la possibilité et l'utilité réciproque pour les temps futurs, après que, par une pacification générale, le gouvernement aurait acquis plus de consistance et de force intérieure. En effet, S. M. le Roi se trouvant en alliance avec l'Angleterre, l'Autriche et la Russie, elle est résolue de maintenir le système de ses anciennes liaisons, à moins que des événements imprévus et invraisemblables ne la forcent à agir en sens contraire. Elle compte donc en rester, au moins pour le présent, avec la France aux relations de bonne intelligence rétablies par la paix et que l'accord effectif des intérêts fondamentaux des deux empires pourra affermir de lui-même sans aucune stipulation expresse; influer, autant qu'il dépendra d’elle, sur la pacification de l'Empire, surtout en vue du recouvrement de ses États d’outre-Rhin, et ne contracter des engagements formels avec la France que pour les rapports de commerce, que $. M. ne demandera pas mieux que de pouvoir étendre et vivifier entre ses sujets et
1) Es wird ibm bauptiädlid der Umgang mit Boiffy b'Anglas und Gambacérès empfoblen.
Oft. 13.
Oft. 21.
Dt. 21.
28 Urfunben No. 17—18.
la nation française. La base principale de son système politique actuel étant le maintien de la paix nécessaire à sa monarchie pour reprendre des forces après trois années de sacrifices continuels, il en résulte que toutes ses démarches doivent se rapporter à ce grand but et qu’elle ne saurait par conséquent entendre à aucunes liaisons capables de le lui faire manquer, tant que des circonstances impérieuses ne la forceront pas à se départir à cet égard des principes que sa sagesse et son amour pour ses sujets lui dictent également.
3° Avec un tel système, le retour de la paix, principalement sur le continent et surtout en Allemagne, doit attirer sur toutes choses l'attention et les vœux du Roi. L'intervention de S. M. ayant été réclamée par l'Empire en corps, elle a fait tout ce qui dépendait d’elle pour inspirer au geuvernement français, par les insinuations du baron de Hardenberg, des principes de modération à cet égard, et pour lui faire agréer, s’il était possible, le statu quo avant la guerre pour base de la pacification avec le Corps germanique . .. Mais le gouvernement français ayant témoigné, par la note remise le 10 août par le sieur Barthélemy au baron de Hardenberg !} et par les explications verbales de cet ambassadeur, qu'il croyait devoir attendre préalablement l'établissement d’une négociation directe de la part de l'Empire avec la France, telle qu'elle a été résolue par le conclusum de la Diète, et cet établissement étant encore soumis à de nombreux délais, le Roi, pour ne pas augmenter l’humeur que cette réclamation a déjà causée à Vienne, s’est prescrit pour règle à cet égard de ne plus montrer aucun empressement pour une intervention, qui d’ailleurs, dans les circonstances présentes, offre si peu d'apparence de succès. C’est dans ce sens qu'ont été rédigées les dernières déclarations du comte de Goertz à la Diète, d’après lesquelles $. M. a témoigné vouloir attendre tranquillement que le Corps germanique lui-même juge l'emploi ultérieur de ses bons offices utile pour ses intérêts, et elle se borne en conséquence pour le moment à assister de son entremise, conformément à l’art. 11 de la paix de Bâle, ceux de ses co-états qui l'ont formellement réclamée pour entrer en négociation avec la France, tels que le due de Deux-Ponts, l'électeur de Mayence, le duc de Wurtemberg ete., se réservant toutéfois, comme il a déjà été dit, d’influer plus ou moins directement sur la pacification de l'Empire en corps, supposé qu'elle trouve moyen de le faire d’une manière honorable et avantageuse.
Il s'agira done pour le sieur de Sandoz de s'appliquer de pénétrer de plus en plus les conditions sous lesquelles cette paix de l'Empire pourra enfin être conclue, . . . et de concourir de plus, autant qu'il dé-
1) Bergl. Beridt Harbenberg’s vom 13. Auguft 1795, ©. 13.
Snftruftion für Sandoz-Rollin. Erlaf an Darbenberg. 29
pendra de lui, à faire goûter le principe modéré du statu quo ou approchant. Jusqu'à présent il s’en faut bien qu'on y voie clair sur le système qui prévaudra finalement à cet égard en France, et sur lequel il paraît qu'on ne se décidera en dernier ressort qu'après l'établissement de la nouvelle forme de gouvernement. Un parti, à la tête duquel se trouve l'abbé Sieyès, voudrait l'extension des limites de la France jusqu'au Rhin. Un autre plus sage, consultant ses vrais intérêts, professe des principes beaucoup plus modérés et rendrait sans difficultés les pays conquis, à l'exception de Luxembourg et des Pays-Bas. Indépendamment de l'intérêt général que le Roi peut avoir à prévenir autant que possible le bouleversement entier de la constitution germanique, qui résulterait probablement de la susdite extension jusqu'au Rhin, il en a surtout un très direct à empêcher cette dernière relativement à ses États sur la rive gauche de ce fleuve, dont la restitution ne peut que lui tenir infiniment à cœur, d'autant plus que l'indemnisation éventuelle stipulée par le 2° article secret serait sans doute hérissée de difficultés. Le Roi saura un gré infini au sieur de Sandoz de tous les soins qu'il prendra pour obtenir le recouvrement de ces provinces; mais si, contre meilleure attente, la France parvenait à étendre ses frontières jusqu'au Rhin, il ne resterait qu'à insister sur le dédommagement promis et à tâcher de l'obtenir aussi avantageux que possible. Il faut observer encore que le Roisserait, de plus, intéressé à cette extension par rapport au pays de Juliers, qui dans ce cas resterait à la France, et sur lequel S. M. a des droits de réversibilité, à la vérité très éloignés, mais qu'il serait juste cependant de transférer sur le pays qui serait cédé en compensation à la maison palatine.
40 Dem Gefandten wird anempfoblen : Aufmerkfamfeit auf etwaige Unterbandlungen Frankreichs mit Ofterreich, und 50 mit England ; 6° und 7° auf die neue Regierung und deren Mitglieder, jowie überhaupt auf die Parteien in Sranfreid, 8° das Verhältnig zur dritten Theilung Polens; 99 zu Holland und dem Haufe Dranien, 10% die Eivil-Berwaltung der lintérbeinifden Befigungen Preußens; 119 Unterhandlung über einen Handelsvertrag ; 12° die Intereffen preußifcher Unterthanen in Frankreich.
©. Hüffer. Diplomatifhe Verhandlungen aus ber Zeit ber franzöfiichen Nevolution, 1, 298,