‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 33 sur 234 · Rheingrenze. rievensgerlchte. Pichegrn · texte numérisé non relu

Rheingrenze. rievensgerlchte. Pichegrn

... »Ouis, me disait hier Carnot, ...»nous tiendrons invariablement Wprit 12. au système des limites du Rhin«... Le système des limites prévaut dans le Directoire, je ne saurais plus en douter. Ce n’est pas le sieur Rewbell seul . .. qui le soutient: ce sont les membres les plus accrédités du gouvernement actuel; il n'y a que Larevellière- Lepeaux et Barras dont les sentiments soient modérés et portés pour le statu quo. Mais dans le Corps législatif, comme dans celui des Anciens, la majorité est toujours pour le système de préférer le bien d'une paix prochaine à des conquêtes qui deviendront un foyer de discorde et de divisions . ..

Des bruits de paix sont répandus et imprimés ici avec la plus grande affection; on criait même avanthier dans les places publiques de Paris: arrivée de 5 courriers extraordinaires au Directoire avec la nouvelle de la signature des préliminaires entre la République française et l'Empereur. Le peuple crédule y était trompé et en montrait sa joie. Je croyais ces bruits sortis du gouvernement même, pour disposer les esprits à quelque récidive de l'emprunt forcé. Il n’en était rien. Delacroix et Carnot, que j'eus occasion de voir le même jour, m'en ont montré au contraire beaucoup d'humeur, disant qu'ils étaient semés par les émissaires de Pitt et par une faction ennemie, dans le but de relächer le courage des armées; »mais nous y remédierons et nous déploierons, à l'égard de ces traîtres et de ceux qui les soufflent, des actes de sévérité qui dans d’autres temps passeraient pour despotiques« . . .

Dans une grande fête donnée ces jours passés chez le ministre de l'intérieur/Benezech|}, j'eus occasion de m'entretenir avec le général Pichegru. Je l'ai trouvé tel que sa réputation l'annonce: modeste, parlant peu, mais parlant bien et jamais de lui. Il se répandit en louanges sur la bravour personelle de V.M. et sur la confiance qu'elle inspirait à son armée. »La tactique prussienne a fondé la nötre«, disait-il; »nous n’en avons différé que par des combinaisons audacieuses et peu soigneuses de la vie des hommes. (Cela a réussi, mais cela doit avoir un terme, si l'on veut organiser une armée . ..

44. Heftige Scene bei ben Fünfhundert. Die Parteien und bas Directorium. .. . Nicht Hiffrirt]) Jusqu'à ce jour les délibérations du Conseil des April 18,

April 18.

64 Urkunden No. 44—45.

Cing-Cents avaient été calmes et décentes. L'influence des tribunes y était absolument inconnue. La séance du 23 germinal ou du 12 de ce mois a reproduit une scène fächeuse, et réveillé les passions et l'animosité des partis qui divisent le Corps législatif !).

Il était question de vérifier les troubles du Midi; la commission chargée d'en faire le rapport a représenté qu'elle avait besoin de nouveaux renseignements à ce sujet; ce texte a fourni matière à des discours très vifs entre plusieurs des membres, et entre autres entre Isnard, Jourdan, Rovère et le parti modéré. Ne voulant rien écrire que de vrai sur cette matière, je transcrirai les paroles d'une personne sage qui y était présente. »A peine le président Doulcet était-il découvert«, m’at-elle dit; »le Conseil est jeté de nouveau dans le plus grand trouble; on voyait dans un coin de la salle Jourdan au milieu de plusieurs députés et dans la plus vive agitation. Tout à coup les cris: »à l'Abbaye, à l'Abbayex se font entendre. Tous les députés sortent de leurs places et se précipitent vers l'endroit du désordre. Le président se couvre pour la troisième fois. Enfin la tranquillité renaît et les délibérations sont reprises.« On conclut à ce qu'une nouvelle commission soit formée. Le lendemain, on criait publiquement dans les rues: »grand combat à mort entre plusieurs députés du Corps législatif. Il n'y avait pas eu une seule voie de fait; mais les malveillants font usage du mensonge et des calomnies pour décrier le gouvernement. Le souhait à faire serait qu'on ne leur fournit pas tant d'aliments pour exercer leur perfidie . ..

(Chiffrirt) Une grande discorde agite dans ce moment le Corps législatif. Quelques membres du Midi de la France, tels que Isnard, Jourdan et Rovère, ont le projet de ressusciter la Montagne et les Jacobins pour incendier l'anarchie; mais ils n'y parviendront pas. Ces têtes exaltées et folles ne sauraient être sous aucun rapport dangereuses. Le parti de Boissy d'Anglas, également opposé au Directoire, manque d'énergie et de caractère pour prendre une certain consistance ; il se consume en cris, en murmures et en mesures inutiles. Cependant il était résulté de toutes ces divisions dans le Corps législatif des attroupements et des rassemblements parmi le peuple; on les a vus même, pendant 3 jours, se multiplier et grossir considérablement. Le gouvernement en a senti le danger. Il était temps en effet: il a fait passer une loi dans les deux chambres de législature qui prononce la peine de mort contre ceux qui ne se disperseraient pas à la première réquisition, ou ceux qui opposeraient la résistance à la force armée?). Dès ce moment ces attroupe-

1) Bergl. u. A. die Schilderung biefer Scenen bei Meyer, Fragmente I, 193 fig. ; er behauptet, Augenzeuge geweien zu fein. Wovere wird oben irrthümlich genannt. 2) Gejeg vom 27. Germinal (16. April).

Beridte von Sandoz-Rollin aus Paris. 65

ments ont été dissipés. Le Directoire s'est trop prononcé dans ce moment de crise pour pouvoir reculer et pour ne pas sévir avec la dernière rigueur contre les ennemis de la constitution. Il y réussira : le peuple, las et excédé de révolutions, obéira et sera subjugué plus facilement qu'un autre peuple. C’est une opinion que je ne cesserai de ré-

peter...

45. Borgehen des Direltoriums gegen bie Iacobiner. Boltsfimmung. Unter: rebung mit Delacroir.

April 18.

... Depuis que la loi contre les rassemblements a été mise en April 26.

exécution, et depuis que la police surveille les factieux, les royalistes et les terroristes, tout est soumis et la plus grande tranquillité règne dans cette ville. Aussi, n’en déplaise aux législateurs modernes, on ne peut mettre en activité et fonder un gouvernement que par des voies de vigueur et de force; la justice n’est, hélas, qu'une œuvre secondaire. Mais la grande mesure qui occupe sérieusement dans ce moment le Directoire est de saper et d’andantir le parti jacobin ou la Montagne; il ne peut plus exister d'intermédiaire ou de ménagements: il faut ou qu'il l’expulse entièrement du Corps législatif, ou qu'il voie son autorité toujours contrariée et souvent compromise. Rien n’annonce davantage, selon moi, les moyens d'énergie et de puissance du Directoire que de former ce projet, et il y réussira. Deux camps, de six mille hommes chacun, viennent d'être établis, l'un dans la plaine de Grenelle, et l’autre dans celle des Sablons, dont l'objet est d'en imposer et d'être employés au besoin. La ruine du parti jacobin entraînera nécessairement celle d’un grand nombre de fonctionnaires publics, ce qui deviendra très agréable au peuple. Le sieur Delacroix y sera compris, comme étant un des membres cachés et honteux de ce parti. Les sieurs Maret et Bourgoing sont ceux que le public désigne et appelle pour lui succéder . . .

La constitution s’affermit chaque jour davantage depuis que l’autorité est resserrée en peu de mains, et je ne cesserai de répéter de plus que le peuple est mille fois plus las des révolutions, qu'il n’est mécontent du gouvernement . . .

Lorsque j'ai vu le sieur Delacroix, c'était le jour où l’on venait de recevoir la nouvelle de la première victoire remportée sur les Autrichiens près des frontières de Gênes.!) Il en était transporté de contentement et de joie; »encore un avantage de ce genre«, disait-il, »et nous verrons le roi de Sardaigne déserter la coalition; encore une seconde victoire sur

1) Treffen von Montenotte, 12. April.

Bailleu, Preußen u. Grantreid, 1.

wir

April 26.

April 29.

Mai 6.

66 Urkunden No. 45—47.

les Autrichiens, et nous verrons l'Empereur reprendre la négociation que l'Angleterre lui a fait abandonner. C’est de l'armée d'Italie et de ses opérations que nous devons attendre la paixe . . .

46. Spftemlofigkeit und Wanbelbarkeit der franzöfiihen Regierung.

... On se perd à chercher et à trouver le système politique de la France. ll n’en existe point: chaque ministre décide souverainement dans sa partie, de manière que rien n'est lié à la chose publique. Je ne connais aucun envoyé étranger qui ne se plaigne de la variabilité de penser et d'agir des employés comme des ministres, et qui ne se plaigne surtout de la dureté des formes dont on fait usage ici dans les moindres affaires . ..

AT. Miftrauen gegen Preußen. Unterrebung mit Garnot und Rewbell. Gran

aôfifte Abfidten gegen Hannover.

Nicht hiffrirt] De ces soupçons sur les dispositions de V. M. on est passé ici à la plus terrible défiance; j'en ai eu la preuve hier en conversant avec le sieur Delacroix, et ensuite avec les sieurs Rewbell et Carnot. »Que veut dire ce départ du ministre d'État comte de Haugwitz pour Brunswick« !}? m’ont-ils demandé chacun séparément; »que signifie ce rassemblement d'une armée de 850 mille hommes, dont le général prince de Hohenlohe doit être le chef? Serait-il vrai que le roi de Prusse a le projet d'entrer en Hollande et d'y rétablir le stathouder ? Et serait-il vrai qu'il est résolu de rompre la paix de Bâle et de se déclarer contre la France? Tant d'avis nous ont été transmis à ce sujet, ..…. qu'il est impossible de les mépriser et de ne pas surveiller sérieusement les démarches de la Prusse.« Ma réponse fut de repousser ces bruits et ces soupçons, comme sortis de la même source et répandus dans le même esprit de semer la défiance et de brouiller. Je le vis: je fus écouté comme un homme qui dissimulait.

[Gbiffrirt) »Entendons-nous mieux«, reprit le sieur Rewbell, »je voudrais qu'il n’existät plus de politique sur la terre. Le roi de Prusse requiert la neutralité du Nord de l'Allemagne, y compris spécialement celle de Hanovre; il la requiert pour la seconde fois et pour la seconde campagne; c'est un grand sacrifice et le plus grand que ce monarque puisse exiger de notre part. La République consent à lui faire ce sacrifice moyennant quelques arrangements particuliers et quelques engagements propres à rassurer le Directoire sur toute entreprise contre la Hollande. Le roi de Prusse rejette ces derniers comme éventuels, comme

1) Am 14. April hatte Gaugwit Berlin verlafien.

Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris. 67

étrangers et comme devant être renvoyés à la pacification générale; mais il rejette d'un côté, et prétend de l’autre ce qui est contraire à une bonne réciprocité et même à l'équité. Pourquoi le roi de Prusse, en refusant de se prêter à celles des propositions qui lui ont été faites, n’a-til pas exprimé clairement ses souhaits et ses modifications? Il eût été possible de se rapprocher et de se concerter peut-être. Encore une fois, il serait bien à souhaiter qu'on s'expliquât franchement et nettement, et qu'on déposât dans des affaires de quelque importance toute espèce de politiques . . . »Enfin,« reprirent encore Rewbell et Carnot, »pourquoi le roi de Prusse mettrait-il une grande armée sur pied, si ce n'était pour nous en imposer et pour nous contrecarrer dans nos opérations militaires ? Nous en avons les soupçons. »Pourquoi ai-je besoin de vous le dire«? répondis-je: »le roi mon maître lève une armée d'observation pour faire respecter la neutralité du Nord de l'Allemagne; le maintien de la constitution de l'Empire lui tient d'autant plus à cœur qu'il en est devenu, à bien des titres, le garant et le protecteur; son influence et sa considération dans l'Empire en dépendents . . .

Le sieur Rewbell parut adopter mon opinion; le sieur Carnot s'y montra d'un autre côté entièrement opposé. Son argument fut de dire: »le seul moyen qui soit en notre pouvoir pour forcer le roi d'Angleterre à la paix, c'est d'attaquer le Hanovre, c’est de le mettre à contribution; et puis ce serait aussi de détacher entièrement cet électorat de l’Angleterre. Le peuple de Hanovre y est déjà entièrement disposé, et sa haine contre les Anglais est bien prononcéex. »A quoi cela aboutira-t-il«? ob- Jectai-je; »convient-il à la République de révolutionner le Nord de l'Allemagne pour arracher quelques misérables contributions de Hanovre, et enfin de bouleverser des États qu’elle ne veut ni ne peut conserver, et dont elle se fera autant d’ennemis irréconciliables? Qu’y gagnera-telle? Il y a de quoi beaucoup méditer selon moi avant de l’entreprendre«. »Mais comment tirer vengeance de ceux qui nous provoquent audacieusemente? reprit Carnot; »comment punir, par exemple, la ville de Hambourg de l'affront qu'elle vient de nous faire essuyer à la face de l’Europe')? Ces gens-là sont trop riches, et il est indispensable qu'ils achètent chèrement leur neutralité.

On le voit et on l'entend: l'occasion de rangonner et de ramasser quelque argent, fait céder ici toute autre considération, et devient le mobile de leurs entreprises, et j'oserai dire, de leur politique . . .

N’ai-je pas entendu le sieur Rewbell me dire avec son ton de franchise et de brusquerie : »nous aimons le roi de Prusse et nous détestons 1) Hamburg hatte einen von Frankreich geibidten Refidenten auridgewiefen.

Mai 6.

Mai 6.

l'Autriche; mais si l'on veut prendre notre amitié pour un pis-aller, et si l’on veut la mépriser, nous serons forcés d’y renoncer; d’autres sauront en faire plus de cas, et nous reviendrons à ceux que nous n'avons pas

pu estimerc . ..

Bergl. Häuffer 2, 71; Hüffer 1, 305.

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