‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 36 sur 234 · Napoleon Bonaparte und Venedig. Unterredung mit Carnot · texte numérisé non relu

Napoleon Bonaparte und Venedig. Unterredung mit Carnot

... Si le général Bonaparte a étonné d'un côté les provinces d'Italie par la rapidité de ses victoires, il les a irritées de l’autre par la dureté de ses exactions. J'ai eu communication de deux dépêches du sénat de Venise à son ministre ici, qui représentent ce général comme un Attila et comme un fléau destructeur . . .

Je viens dans ce moment même de voir Carnot et de lui faire lecture de la déclaration de V. M. sur la neutralité du Nord de l’Allemagne. Il en a été parfaitement satisfait. »Nos intérêts réciproques, m’a-t-il dit, »doivent donner confiance à nos engagements de paroles, comme à nos engagements par écrit... La neutralité du Nord de l’Allemagne est assurée, ... et il ne doit plus être question de s'en occuper. Je conseillerai done à votre cour dès à présent des arrangements, qui feront partie de la convention secrète. Des propositions de paix peuvent être faites incessamment par l'Empereur, et il ne sera plus temps alors d'y revenir. Pourquoi ne prendriez-vous pas le Hanovre«? a-t-il questionné. »Parce que nous voulons être les protecteurs de l'Allemagne, et non pas des conqu6rants«.

Häuffer 2, 72. Hüffer 1, 308.

97. Berhandlungen über bie Neutralität Norbdentfchlands und ben geheimen Bertrag.

Juni 20.

Mittheilung der preußischen Deklaration vom 11. Juni in einer Sigung Juni 30.

des gefammten Direftoriums. La lecture en fut entendue avec beaucoup d'intérêt; tous y reconnurent la franchise et la sincérité des procédés de V. M. et furent à désirer que les affaires politiques se traitassent de cette manière; mais les opinions si l’on pouvait renvoyer la convention secrète à l'époque de la paix générale, devinrent épineuses et partagées . . . Carnot resta à son avis, Rewbell tint à sont opposition!). Cependant on se rapprocha pour conclure et pour dire assez unanimement: qu'à la vérité le Directoire ne voyait aucun empêchement à ce que la convention tacite de la neutralité ne tint lieu d’une plus expresse et à ce que celle des arrangements éventuels et secrets ne fût renvoyée à la pacification générale, mais que lui, Directoire, était à deviner comment V. M. trouverait plus ses avantages dans des arrangements de pure indifférence à ceux d’une amitié bien prononcée. »Qu'y gagnera en effet le roi de Prusse«, se mit à dire le sieur Rewbell, »le système d'étendre les limites de la République jusqu'au Rhin n'est plus assujetti

1) Carnot hatte fi gegen Sandoz für ben preußifhen Boridlag, Rewbell bagegen ausgefprohen. (Sanboz, Juni 25.)

Juni 30,

Juli 6.

76 Urkunden No. 57—58.

à aucune variation; ce monarque a donc le plus grand intérêt d'arrêter dès à présent l'échange de ses provinces de Clèves et de Gueldres et les dédommagements pour le prince d'Orange. Des délais peuvent les exposer aux menées et aux tracasseries que Vienne suscitera parmi nous au moment de sa paix, et dout nous ne serons peut-être pas les maîtres de nous garantir . .. La convention de la neutralité du Nord de l'Allemagne peut être maintenue par un engagement verbal, mais la convention éventuelle et secrète exige d'être signée; celle-ci aura besoin d'être sanctionnée à la pacification generale; cella-là n'a besoin que de notre engagement, et les ordres donnés au général Jourdan sont bien positifs à cet égard'}) ... Je le vis clairement: le sieur Delacroix, rentré en faveur, avait ramené la majeure partie du Directoire à son opinion invariable. J'étais instruit d'ailleurs que peu de jours auparavant il avait fait un rapport, où il s'était plaint de ce que l’on avait pu abandonner son système pour se prêter à quelques idées isolées de ma part... Delacroix m'a reproché . . . d'avoir gagné deux membres du Directoire pour contrarier et arrêter des arrangements qui touchaient au moment d'être conclus et des arrangements qui n'avaient été proposés de sa part que pour la prospérité de la Prusse ...

58. Denkfchrift des Grciberrn von Alvensleben. Berlin 1796 Juli 6. Diundum (Kriegsrath Paul Lubwig Le Coq) gez. Alvensleben. Borichläge für die Bedingungen des Vertrags mit Frankreich.

Les exhortations pressantes du Directoire et du ministre des affaires étrangères M. Delacroix, les représentations redoublées de M. de Sandoz, les démarches de M. Caillard, les succès des armées françaises, la défense insuffisante de la maison d'Autriche qui le deviendra encore plus depuis le subside manqué en Angleterre, enfin le contenu de la dernière dépêche de M. de Brockhausen de Dresde?), rendent selon moi très urgent de penser à fixer: 1° non seulement nos indemnités pour nos provinces transrhénanes, 2° mais aussi d'arrêter définitivement tous les autres intérêts que nous avons à d&meler avec la France, quand ce ne serait qu'éventuellement, comme j'ai déjà osé le proposer lors de notre traité de Bâle, où je crois même que nous aurions eu sur

1) In bem Erlafje an Sandoz beißt es mit Bezug hierauf: Je sens bien que dans les circonstances présentes il n'est guère à supposer que la France se relâche du principe de la rive gauche du Rhin, et qu'ainsi la nécessité exige de fixer bientôt mon indemnisation éventuelle pour mes provinces au delà de ce fleuve. (11. Juft.)

2) Der Beridt Brodhaufen’s vom 2. Juli enthielt Nachrichten über geheime Griebensverhanblungen zwijchen Öfterreich und Frankreich.

Bericht von Sanboy-Rollin. Dentibrift von Alvensleben. 77

plusieurs objets des facilités qui nous seront disputées aujourd'hui; mais toujours n'y a-t-il à mon avis plus un instant à perdre.

Après que la France s’est si souvent prononcée sur le désir qu'elle a d'agrandir et de rendre plus puissant le roi de Prusse, je erois pouvoir partir de ce principe dans les propositions à faire, n'y ayant rien de plus facile que de prouver au gouvernement français que tous les articles qu'on voudrait régler tiennent à ce but. Enfin en posant en prineipe que tout ce qui serait arrêté ne le serait qu’en autant que par la paix avec l'Empire le Rhin soit stipul& comme frontière entre la France et l'Empire et que les principes de sécularisation etc. fussent adoptés, (même réserve que je comptais mettre aux négociations si elles avaient d’après ma proposition été entamées à Bâle) :

I’ le Roi céderait à la France: 1° la partie transrhénane du duché de Clèves, 29 la partie prussienne du duché de Gueldres, 3° la principauté de Meurs.

II La France se chargerait en retour 1° des dettes hypothéquées sur ces différents Etats en tant qu'il en existe; 2° elle accorderait liberté plénière à tous les habitants de ces trois provinces d’&migrer dans les autres États du Roi leur ancien maître, leur accordant un délai de 3 années pour vendre leurs bienfonds et retirer leurs capitaux, sans qu'on puisse leur en disputer la propriété ni en diminuer le montant sous aucun prétexte quelconque, et sans les molester de manière ou d'autre par des droits de sortir ou autres vexations personnelles; 3° en supposant éventuellement le Rhin comme frontière, tous les droits acquis au Roi sur ce fleuve lui resteraient naturellement; 4° le Roi recevrait en échange des provinces susmentionnées, afin de se mieux arrondir, de lui donner plus de corps et pour lui rendre en quantité de sujets ce qu'il perd en qualité par l'attachement à lui voué par les habitants de Clèves, Meurs et Gueldres: l'évêché de Münster, die Geîte Recklinghausen, l'évêché d'Osnabrück, l'abbaye de Werden, l'abbaye d’Essen, l’abbaye de Herford, le comté de Gehmen, le comté de Limburg, la seigneurie de Rheda, la ville de Dortmund, le comté de Steinfurt, en sécularisant ces provinces et abbayes, ou en soumettant les terres immédiates qui ne le sont pas à la supériorité territoriale du Roi.

L'evêché de Münster et la Yefte Recklinghausen ont déjà été censés par le département nous convenir, et c'est eu consultant la carte qu'il apert que le tout reste un pays coupé si celui d'Osnabrück n'y est joint, et que les avantages qui résultent d'un arrondissement seraient perdus pour ainsi dire si, hors cet évêché, on n'y ajoute encore les abbayes de Werden, Essen, Herford, le comté de Gehmen, le comté de Steinfurt, le comté de Limburg, la seigneurie de Rheda et la ville de Dortmund,

Juli 6.

Juli 6.

78 Urkunden No. 58—59.

qui toujours soutenus par l'Empereur, ne seraient là que pour nous chicaner et traverser toutes nos démarches tendantes au bien de l'État, principe général que la République doit reconnaître à d'autant plus forte raison, que toute sa guerre avec l'Allemagne ne dérive que de ce principe de ne pas vouloir tolérer une autre puissance ou pouvoir dans le centre de ses États. De plus, si nous n’obtenions pas un si grand arrondissement, nous ne serions pas indemnises pour des provinces aussi riches que bien organisées et attachées au Roi, tandis que celles que nous recevrions en échange sont en partie mal organisées, en partie très incultes, donnant peu de droits au souverain et beaucoup aux états, imbus d’une ancienne haine contre la maison de Brandebourg et d’un bigotisme si brut, qu'il fera échouer par fanatisme beaucoup de nos arrangements.

5° Mais ces provinces ne sont rien si on n'y joint et si la France ne s’oblige à nous faire tenir respectivement de l'Empereur et de l'Empire: 1° le droit de non appel pour toutes ces provinces, comme nous le tenions déjà dans les pays de Clèves, Meurs et Gueldres, ce qui au fond ne fait done que rendre nos nouvelles acquisitions de condition égale avec celle des États que nous perdons, 2° le droit de séance à la Diète pour lesdites provinces.

60 D'après le principe adopté par la République française de rendre le Roi aussi indépendant que possible de la maison d'Autriche, il serait nécessaire qu'elle concourät: 1° à faire réaliser par l'Empereur la promesse déjà si souvent faite au Roi de lui accorder le jus de non appellando pour les provinces de Franconie; et 2° à faire passer sous la domination de $. M. la ville de Nuremberg, seul moyen de mettre de l’ensemble dans ces pays et d'éviter, vu l’état délabré des finances de cette ville, d'y voir établie une commission impériale, qui serait un manequin dans les mains de l'Empereur pour chicaner le Roi dans toutes ses opérations.

7° La France nous garantirait toutes les parties de la Pologne qui nous sont échues dans les différents partages.

8° Elle promettrait que dans le cas éventuel où il y aurait un changement dans la position de la maison du prince d'Orange, le gouvernement français se chargerait de procurer au Roi toutes les sûretés pour 19 les douaires de LL. AA. RR. mesdames les princesses d'Orange et 20 pour les sommes avancées au prince stathouder.

99 Elle promettrait de plus que dans le cas éventuel de changements possibles dans les États Palatins et de Deux-Ponts, il soit garanti à S. M.: 1° sûreté des capitaux avancés au due de Deux- Ponts, 29 sûreté pour les droits de confraternit entre la maison de Brande-

Dentihrift von Alvensleben. Berichte von Sanbcz-Rollin. 79

bourg et la maison palatine, notamment pour les duchés de Juliers et de Berg.

Ce n’est qu’en posant ces bases que je crois qu'on pourra, sans faire tort aux intérêts de S. M. dans ce débâcle général où l’ancien ordre des choses change absolument, établir un arrangement qui convienne pour le moment, en mettant de côté tous les autres objets, tels que les échanges etc. qui compliqueraient cette négociation de manière à n'y pas voir d’issue, à l'exception qu'on pourrait d'abord fixer l'indemnité de l'évêque d'Osnabrück de manière à transférer l'alternative de cet évêché sur celui de Hildesheim. Je crois au reste que vu les succès rapides des Français, il n’y a pas un moment à perdre, puisque l'Autriche une fois aux abois, toutes les puissances présenteront un intérêt égal aux Français, et alors ils dicteront la loi, tandis qu'aujourd'hui ils seront peut-être plus coulants vis-à-vis de nous, mais sans doute l’auraient-ils été infiniment plus lors du traité de Bâle, moment dont je proposai de profiter, la France n'ayant alors pas eu autant de chances par devers elle qu’elle en a aujourd’hui.

Quand mon opinion n'influerait pas, j'ai pourtant cru de mon devoir de la manifester et de la donner ad acta, comme je l'ai fait dans les grandes crises politiques qui ont déjà eu lieu !).

Häuffer, Deutihe Gefbidte 2, 73. Hüffer 1, 309.

Derichte von Sandoz -Rollin aus Paris.

99. Bejetung Livorno’s durch die Franzofen. Finanzielles Ergebniß des Feldzugs in Italien.

... Souvent ce sont les généraux d'armée qui prennent de leur chef des mesures violentes, et ce n’est pas le Directoire. L'entrée des troupes françaises à Livourne en est une preuve. Il y a quelques semaines que l’archidue?), inquiet du voisinage des troupes françaises sur ses frontières, avait requis une déclaration qu'on n'émpiéterait pas sur

1) Graf Findenftein äuferte fit über bieje Dentidrift folgendermaßen: »Je crains bien qu'en demandant trop, nous ne courions risque de ne rien obtenir, outre que l'acquisition d’Osnabrück, dont le duc d’York, gendre du Roi, est le possesseur actuel, et celle de l'abbaye de Herford, dont la collation appartient en quelque manière au Roi, mettrait le comble à l’odieux, qui ne rejaillira déjà que trop sur la Prusse d'un renversement aussi complet de la constitution germanique, qui, pourvu qu'on ne le pousse pas trop loin et qu'il soit étayé par l'exemple de l'Empereur, paraîtra excusable, mais qui, à mon avis, ne le serait plus, si on voulait s'approprier à droite et à gauche tout ce qui pourrait faire notre convenance« (6, Suli).

2) Großherzog Ferdinand III. von Toscana.

Juli 6,

Suli 7.

Juli 7.

Guli 12,

Aug. 2.

80 Urkunden No. 59—61.

son territoire. Le Directoire y avait consenti; peu de temps après, on apprend que Bonaparte y avait fait entrer des troupes pour y rétablir, disait-il, la police. Certainement il aurait été désavoué de cette violente entreprise, s'il ne l'avait pas appuyée de l'espérance d'y lever 60 millions de livres. L’appas de l'argent subjugue les suffrages comme les décisions du Directoire ‘} . .. Carnot m'a assuré que la campagne d'Italie vaudra 215 millions de livres à la République française, et l'on demande où est la recette . ..

60. Äußerung Delacroir’s Über bas Verhalten Granfreids in Italien.

... J'étais en discussion avec le sieur Delacroix, lorsqu'il a été averti que le ministre de Toscane et celui de Gênes attendaient l’'avantage de le voir. »Chacun d'eux aura des plaintes à me faire, se mit-il à dire, l’un pour la police exercée par ordre du général Bonaparte à Livourne, et l’autre pour celle exercée dans le golfe de la Spezzia. Le système en est arrêté: nous chasserons les Anglais de la Méditerranée, et nous y réussirons infailliblement, ou en mettant garnison française dans lesdits ports, ou en exigeant leur fermeture à tout bâtiment anglais. Ce n’est pas à la République à respecter des propriétés neutres que les Anglais n'ont jamais voulu reconnaître et ménagers 2).

61. Sendung des Oberft: Lieutenant Karl Chriftian Erdmann von Le Goq an den General Jourdan.

Inftruftion für Le Coq. Berlin 1796 Auguft 2. Concept vom Geh. Legationsrath Le Eoq; core. Haugrwit; gez. Alvensleben. Haugwik. Anlaß und Gegenftand der Sendung.

L’électeur de Saxe venant de réclamer, par son ministre à Berlin ?), l'intervention et les bons offices de S. M. pour obtenir de la République française la neutralité de ses États et du cercle de haute Saxe en général et ayant en conséquence rappelé son contingent de l’armée impériale, . le ministère du Roi s’est adressé tout de suite au sieur Caillard, ... pour faire passer le plus promptement possible cette réclamation au gouvernement français et l’appuyer des considérations les plus propres à en faire réussir l'objet . . .

1) Am 29. Juli fbreibt Sandoz: Toutes les puissances d'Italie envoient successivement ici des ministres pour dire: j'ai failli et je payerai!

2) Rewbell fagte bamals zu bem toscaniichen Gefanbten Eorfini: Le soldat ne sait pas ce que c'est qu'un neutre.

3) Note Zinzendorff’s, vom 1. Auguft.

Berichte von Sanboy-Rollin. Sendung Le Eog’s an Jourban. 81

Cependant . .. pour prévenir l’effusion inutile du sang entre les 1796 troupes fraçaises et saxonnes, S. M. a résolu d'envoyer le lieutenant um. 2. colonel de Le Coq . .. au quartier du général Jourdan, commandant

l'armée française de Sambre et Meuse, afin de prévenir que, durant la négociation qui vient de s'entamer, les troupes françaises n’entreprennent rien contre le cercle susmentionne... Pour s'acquitter de sa commission, il reçoit à la suite de celle-ci . . . un passeport, ainsi qu'une lettre du sieur Caillard pour le général Jourdan . . .

Bericht des Dberft-Lieutenant von Le Coq. Plauen 1796 Auguft 13.

Erfolg feiner Sendung. SJourban und feine Armee.

Avec tout l'empressement à m’acquitter des ordres de V.M., je n'ai Aug. 13. pu joindre le général Jourdan que le 10 à Erlangen. Après lui avoir exposé les motifs de ma mission et ceux qui devaient le porter à se prêter aux vues de V. M., il témoigna d'abord quelque ressentiment contre la conduite de l'électeur de Saxe (qu'il nommait faible) d'avoir renvoyé son contingent à l’armée impériale au commencement de cette année: mais après quelques discussions à ce sujet, j'obtins de lui une déclaration de ne rien entreprendre contre les États de l'électeur de Saxe et de tous les princes de sa maison pendant la durée de la négociation entre V. M. et le gouvernement français, attendu que . . . les généraux commandant les troupes saxonnes s'engageassent également de ne rien entreprendre pendant ce terme contre les armées françaises . . . J'ai fait en conséquence, Sire, toute la diligence possible pour me rendre à l’armée saxonne et hâter la contre-déclaration de ses généraux. C’est le général de Lindt, auquel l'électeur a confié le commandement en chef de toutes ses troupes, qui l’a adressée et envoyée au général Jourdan . ..

Je dois ajouter quelques observations faites à l’armée de Jourdan Le général Jourdan arriva le soir à 6 heures à Erlangen où il prit son quartier. Renfermé avec une partie de ses aides de camp, avec le commissaire du gouvernement Gaubert, l'intendant des vivres et quelques officiers chefs de différents départements, il expédia tout de suite les ordres pour l'opération du lendemain, toute la correspondance de la journée et la réponse à mon mémoire. A 9 heures, tout était fait et les officiers d'ordonnance partis pour les différentes divisions. Chaque géneral de division est mis au fait de l'objet principal de la manœuvre et plus particulièrement de ce qui regarde sa division, et c'est lui qui à son tour règle le detail de la besogne qui lui est assignée. Je n'ai pu qu'admirer l'ordre qui règne dans cette partie... Avec le silence qui

Bailleu Wreußen u Grantreid. 1. 6

Aug. 13.

Aug. 23.

82 Urkunden No. 61—62.

règne au quartier général de Jourdan sur les opérations militaires et politiques, il est surprenant que par rapport à la paix il n'y ait qu'une voix: on en parlait hautement, et j'ai été tenté de croire que c'était une mesure concertée, sans en entrevoir le motif. Jourdan même, assez silencieux, ne cachait pas ce désir.

J'ai trouvé, Sire, l'armée de Jourdan en très bon état, si l’on excepte les mauvais vêtements de toutes les couleurs qui couvrent l'infanterie . . La cavalerie a de beaux hommes et d'assez bons chevaux; les grenadiers sont d’une belle taille, l'infanterie petite, mais composée de jeunes gens vigoureux propres aux fatigues. L'attelage de l'artillerie est excellent. Cette armée, presque sans équipages, est capable des mouvements les plus rapides; tandis que les Autrichiens prennent des positions pour couvrir la retraite de leurs équipages, les Français ne cessent de les harceler . ..

Mad Empfang eines Erlafjes vom 13. Auguft, worin ihm eine ähnliche Berwendung für Nafjfau-Dranien-Dillenburg aufgetragen war, begab fid Le Coq aufs Neue zum General Jourdan.

Bericht des Dberft-Lieutenant von Le Coq. Amberg 1796 Augujt 23.

Mißerfolg feiner neuen Sendung. Politisches.

... Je trouvai le général Jourdan à Amberg le 20, et je fus moins étonné que fâché . . . de ne pas le trouver disposer à acquiescer entièrement aux propositions que je lui fis de la part de V. M.... Il paraît en général, Sire, que dès qu'il s’agit de sacrifier des contributions ou des réquisitions, on craint de déplaire au gouvernement et de se priver des avantages de finances qui dans les succès présents des armées entrent principalement en ligne de compte. Le général Jourdan . . . se disait dans l'impossibilité de se relâcher quant aux contributions en numéraire, la répartition en ayant été envoyée au gouvernement, approuvée par lui, et que de nouveaux ordres le forçaient même d’insister sur le payement aux termes fixés, sous peine d'exécution militaire et d'un haussement des sommes demandées. Par rapport aux réquisitions, je le trouvai plus facile . ..

Sans vouloir m’immiscer dans la politique, je crois seulement de mon devoir d'observer très humblement à V. M. qu'il y a dans cette armée plusieurs individus qui ne eroient pas qu’il serait de la politique du gouvernement français d'agrandir certaines puissances de l’ Allemagne. Le général Jourdan lui-même me dit qu'il n'était pas informé des vues de son gouvernement, mais qu'il avait, lui, ce sentiment: »parce ques,

Sendung Le Eog’s an Yourban. Beridt von Sanboy-Rollin. 83

disait-il, »ces soldats des contingents dont nous nous moquons à présent 1796 seraient autant de guerriers valeureux sous les drapeaux d'une grande *"# 23puissance. D’autres en revanche paraissent convaincus que, pour entre-

tenir la balance au Nord et à l'Est de l'Europe, il est de l'intérêt de la

France de contribuer à l'agrandissement de la monarchie prussienne

Beridt des DOberft-Lieutenant von Le Coq. Baireuth 1796 Auguft 25.

Ausschreitungen der franzöfiichen Soldaten.

Mes derniers efforts en faveur du malheureux pays de Nassau- Aug. 25.

Orange n'ont pas eu de meilleurs succès que les premiers . . . Ila fallu . . . prendre le parti de s’en aller, dans l'espérance que le ministre de V. M. à Paris... obtiendra un ordre au général et aux commissaires

de ménager ce pays et de le dispenser entièrement des contributions et réquisitions. Jusque-là, malheureusement, il aura souffert beaucoup

par les exactions et excès incroyables qui se commettent en général à une armée où l'individu n’est entretenu que de rapine, sans que l'État contribue la moindre chose à son entretien. Voilà le cas à l'armée fran-

gaise, dont le soldat depuis deux mois ne reçoit pas le sou, et malgré

cela il y en a très peu qui n'aient 10 écus en poche. Pour se les pro-

eurer, il est facile de s'imaginer à quels excès on se porte; j'ai eu la. douleur de les voir pendant quelques jours. Le Palatinat en gémit;

mais les paysans poussés au désespoir commencent à se défendre contre

les maraudeurs; ils les tuent et estropient sans miséricorde lorsqu'ils se

trouvent les plus forts . ..

Berichte von Sandoz: Hollin aus Paris.

62. Mangel eines Syftems in der franzöfiihen Bolitit. Theremin.

..„. Ce n’est pas un système politique que la France constituée prend Aug. 2. pour guide dans ses négociations et dans ses relations avec les puissances de l'Europe: ce sont de simples combinaisons, fruits des eirconstances et de ses succès; elle n’a pas encore de système. Carnot et Rewbell, les plus influants dans la partie politique, n’ont ni le temps ni les lumières nécessaires pour le fixer; le sieur Delacroix est trop minutieux et trop scholastique pour embrasser des objets d’une vaste étendue. Selon ce que je vois et ce que j'entends, la politique est menée présentement comme les finances: du jour au jour et d'événements en événements. Toute la prospérité de la France provient de la guerre; les généraux français ont été pour leur patrie autant de financiers doués des plus grandes ressources: le général Pichegru a valu cent millions de

Aug. 2.

Aug. 17,

54 Urkunden No. 62—64.

livres dans l'invasion de la Hollande: Bonaparte 215 millions de livres dans celle de l'Italie; et les généraux Jourdan et Moreau 72 millions dans leurs derniers avantages en Allemagne. La paix avec l'Autriche ne sera donc point l'effet d'aucun système politique, mais uniquement le résultat des succès et des revers. Le sieur Rewbell me disait hier: »il faut reléguer l'Empereur dans ses États héréditaires et le dépouiller de tout le reste: le jour de l’humiliation de la maison d'Autriche est arrivé, on doit s'en réjouir. Son langage était celui de la passion, de la vengeance et de la haine, et ne sera pas vraisemblablement celui qui prédominera dans les négociations de la paix . ..

Ma crainte est que les succès inouis des armées françaises ne réveillent le projet de refondre la constitution de l'Empire, et de faire une seconde paix de Westphalie. Une paix prompte avec l'Autriche serait le seul moyen de détourner cette idée; autrement je ne voudrais plus répondre de rien. Theremin!) est devenu le grand publiciste qui est consulté dans cette partie, et sa mauvaise tête et sa mauvaise logique sont de nature à tout embrouiller et à tout décomposer . . .

63. Äußerungen Carnor’s über Napoleon Bonaparte und ben Frieden mit Dfierreih und bem beutjchen Reiche.

. »Nos succös«, m'a dit Carnot, »sont grands et deeisifs?), et ils ont tenu néanmoins à peu de chose. Le général Bonaparte a eu besoin de tout son sangfroid et de toute sa capacité pour n'être pas déjoué par la fortune; il a failli être la victime de deux fautes: d'avoir trop dispersé son armée et d’avoir trop méprisé son ennemi«. Entrant plus intimement en matière, il m'a confié sous le sceau du secret les conditions transmises en dernier lieu à Vienne, et qui devraient servir de base à la paix. Tout est changé pour la restitution de l'Italie 5); l'incertitude prolongée de l'Empereur de mettre fin à une guerre malheureuse a développé l'indépendance de ces contrées d’une manière rapide et décidée. Milan, Bologne, Ferrare et d'autres la demandent à grands cris, et menacent de la défendre contre les forces autrichiennes. D’après cela,

1) Über Theremin vergl. Hüffer 1, 197.

2) 5. Auguft, Schlacht bei Eaftiglione. Auf die erften ungänftigen Nachrichten über das Zufammentreffen von Bonaparte und Alvinby bei Arcole, äußerte Carnot zu Sandoz: Bonaparte est brave, mais il est bien jeune, il ne prévoit pas assez le danger, et il n'agit que par impétuosité. (24. Nov.); auf die Nachricht von bem fchlieflichen Siege dagegen lobte ibn Garnot wegen feiner »présence d'esprit, ses ressources et l'impétuosité de ses attaques« (2. Dec.).

3) Nah ben Berichten von Sandoz aus bem Anfang Juli bätte das Direftorium daran gebadt, bem Kaifer die Lombardei als Entihäbigung für Belgien zurüdzugeben.

Beridte von Sandoz-Rollin aus Paris. s5

le Directoire avait déclaré franchement au ministère de Vienne que la Belgique, le Brisgau et l'Italie seraient détachés de sa domination, et composeraient, pour l'Italie, des États indépendants, et pour le Brisgau, des objets d'échange; autant de conditions, interrompit-il, dures à entendre et pénibles à répondre. Le Directoire a déclaré encore que l’empressement de l'Empereur à rendre la paix à l'Empire et à l'Europe pourrait lui faire trouver des dédommagements dans la cession d’une partie de la Bavière; que tout dépendrait à cet égard de la diligence qu'il y mettrait. »Vous devez penser, a observé ici Carnot, »qu'il n'est aucun des membres du Directoire qui n'ait répugné fortement à cet article, je puis vous en faire laveu; mais de deux choses l’une: ou il faut ôter moins à l'Empereur, si on veut lui refuser toute espèce de compensation; ou il faut lui en trouver de proportionnées, si on veut lui prendre beaucoup. Le besoin que le Directoire a de la paix le forcera nécessairement à des sacrifices pour l'obtenir. Cependant il serait possible encore de sortir de cet embarras: le moyen consisterait en ce que le roi de Prusse fit mine de menacer l'Autriche, en faisant approcher de ses frontières un corps considérable de troupes; dès ce moment cela produirait l'effet de presser l'Empereur à conclure la paix, et cela rendrait le Directoire plus difficile sur les conditions et à refuser toute cession trop importante. C'est présentement au roi de Prusse à examiner s'il peut tenter une manœuvre de cette espèce, qui dans le vrai ne le compromettrait pas et ne l’exposerait à rienc!) . ..

»Les frontières de la République de France seront reculées jusqu’au Rhin«, continua Carnot; »tout en assure aujourd'hui la stabilité. Les changements qui en seront la suite exigeront nécessairement d'autres arrangements et un nouveau traité. Celui de Westphalie deviendra sans vigueur et ne pourra plus servir de base à la constitution de l'Empire; ce chaos de gouvernement a duré trop longtemps pour qu'on ne désire pas de le voir débrouillé. Une révision de cette nature ne sera point préjudiciable au roi de Prusse, bien loin de là: ce monarque peut être assuré que le Directoire n’agira que de concert avec lui dans tout ce qui aura rapport à cette grande œuvre. Ce qui tient au protestantisme y sera principalement favorise« . . .

Hüffer 1, 313.

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