‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 86 sur 234 · Gaillard an Graf Gaugwit. Berlin 1798 Mai · texte numérisé non relu

Gaillard an Graf Gaugwit. Berlin 1798 Mai

Mundum, gez. Gaillard.

Antrag auf Abichluß einer Allianz zwifchen Preußen und Frankreich.

Je crois, Monsieur le Comte, qu'il ne sera pas sans utilité de retracer à votre mémoire les principaux points de nos deux dernières conférences, ainsi que les raisons déduites en faveur de la proposition qui en a été

le sujet:

2 grand événement s'est passé à Vienne; le renouvellement de la guerre ou la conciliation peuvent en être la suite. Dans ces circonstances, le Directoire juge que le moment est arrivé où la Prusse, renongant à son indécision, doit prendre un parti qui ne laisse plus aucun doute sur son système politique. (Je n'ai jamais pu me persuader que les intérêts de la Prusse pussent être séparés de ceux de la République française, et j'ajoute encore qu'ils ne doivent point être séparés de ceux de l'Empire en général, et que les liens à former doivent avoir pour but d'assurer à l'Allemagne une paix solide et que rien désormais ne puisse altérer. de pour atteindre un but si désirable, que je vous ai proposé de conclure en ce moment même un traité d'alliance avec la République française.

1) Diefer Erlafi genügte bem König mod nidt. Auf feinen ausbridiiden Befehl wurde in einer Nachfchrift vom 22. Mai hinzugefügt, daß ihm die Ernennung von Sieyes im böchften Grade perjönlich unangenehm fei. Sandoz folle alle Mittel anwenden, um berfelben vorzubeugen. Weshalb laffe man nicht Eaillarb in Berlin, »qui par sa droiture et sa conduite sage et réservée s'est acquis déjà des titres à ma confiance que son successeur, quel qu'il soit, n’aura pointe.

Baillen, Preußen u. Grantreid. 1. 13

Mai 21.

Mai 10,

Mai 10.

194 Urkunden Ho. 170.

En résumant tout ce que nous avons dit sur ce sujet, il se trouve que nous l'avons envisagé de deux manières, en le divisant en deux questions. La première: la Prusse doit-elle s’allier avec la République ? la seconde : est-ce actuellement le véritable moment de conclure cette alliance ?

La première de ces deux questions n’est point difficile à résoudre, car elle ne peut être envisagée que sous deux points de vue, ou en supposant que la Prusse préférerait l'alliance de quelque autre puissance, ou qu'elle ne voudrait d'alliance d'aucune espèce. Dans le premier cas, la Prusse ne pourrait s’allier qu'avec l'Autriche ou avec la Russie, ou avec toutes les deux ensemble. Il est évident alors que cette double ou triple alliance ne serait plus qu'un renouvellement de la coalition contre la France, et je ne me persuaderai jamais qu'une pareille idée puisse entrer dans le système de la Prusse, surtout lorsqu'elle est devenue limitrophe de la République. Le parti de rester sans allié quelconque ne serait pas moins dangereux pour la monarchie prussienne; car dans le cas d’une attaque, soit de la part des Russes, ce qui tôt ou tard arrivera, soit de la part des Autrichiens, ce qui n'est pas moins probable, soit de la part des uns et des autres, ce qui est également dans les chances possibles, que ferait alors la Prusse? aurait-elle recours à la République dont elle aurait déjà deux fois rejeté l'alliance, en lui avouant que si elle a recours à nous, c'est le besoin pressant de notre secours qui la force à cette démarche? Comment pourrait-elle espérer qu'une pareille sollicitation arrachée par l'intérêt personnel et le besoin du moment serait favorablement accueillie, lorsque cette même proposition d'alliance faite par la République aurait été repoussée par la Prusse dans un moment où il n'aurait pas été question de l'intérêt personnel de la France, mais simplement des moyens d'assurer à jamais la paix en Allemagne et d’en donner l'honneur à la Prusse? L'idée de rester sans allié quelconque ne peut done devenir jamais la base du système politique de la Prusse.

Il résulte de tout ce qui précède que le véritable moyen de mettre chaque chose à sa place, est d'établir par une bonne et solide alliance une liaison intime d'intérêt entre la Prusse et la République française. Cette proposition est si évidente, elle est d’ailleurs avouée depuis si longtemps, que je regretterais presque de l'avoir rappelée et discutée, s'il n'avait pas été nécessaire d’en faire encore mention afin de traiter la question présente dans toute son étendne, de manière que rien ne manquât au tableau général.

Actuellement il s’agit de savoir si le moment est arrivé de réaliser aujourd'hui cette alliance, dont la convenance et l'utilité sont d'ailleurs démontrées et convenues pour une époque quelconque.

Gaillarb an Saugiit. 195

Il n’est pas douteux, et je crois l'avoir démontré, qu’il est impossible de trouver un moment plus opportun et mieux choisi pour terminer cette affaire importante. Toute l'Allemagne est en suspens. Aurons-nous la paix, aurons-nous la guerre? telle est l'alternative inquiétante qui partage tous les esprits. Dans ce moment décisif, si la Prusse prend enfin son essor, si elle choisit justement cet instant pour former son alliance avec la République, il est évident que la guerre devient absolument impossible. Il est évident que l'Autriche déjà ruinée par sa lutte contre la République seule, n’osera jamais dans un si grand état d’&puisement rouvrir la guerre contre la République fortifiée par la Prusse. L’Autriche restera donc en paix, l'Empire jouira du repos, et verra clairement qu'il en a l'obligation au parti que la Prusse aura su prendre. Craindrait-on que la Russie ne voulüt entrer en scène? On connaît assez la jactance de cette puissance, mais on ne connaît pas moins l'épuisement de ses finances. Personne n'ignore l'état de dépérissement où les a laissées la feue impératrice, et l’on sait également que Paul I”, fort éloigné de l'esprit de sagesse et d'économie du jeune monarque prussien, bien loin de guérir les plaies profondes infligées par sa mère aux finances de son pays, n’a fait jusqu'à présent qu'aggraver le mal, et ne tardera probablement pas à le rendre entièrement incurable. Il est connu aussi que Paul I® n'aime point la guerre, pour laquelle il n’a point été élevé; il serait toujours arrêté par la crainte d'une révolution intérieure. Je n’ajoute rien sur ce sujet, sur lequel le gouvernement prussien en doit savoir beaucoup plus que moi. L'alliance avec la République réalisée dans le moment actuel est done u... moyen infaillible d'empêcher absolument le renouvellement de la guerre, dans le cas même où les puissances ennemies ou amies peu sûres de la France en pourraient avoir quelque volonté.

Le second cas qui se présente est de savoir si l'Autriche montrant des dispositions manifestes à la conciliation, la Prusse doit cependant saisir également le moment pour conclure son alliance avec la République. Premièrement, rien n’est décidé encore sur la conciliation, et l'Empire, qui saura que dans cette incertitude la Prusse n'a point négligé les moyens d'assurer le repos de l'Allemagne contre tous les événements, ne peut manquer de lui en savoir le plus grand gré. Cette politique est parfaitement conforme aux intentions humaines et: bienfaisantes du roi de Prusse; elle lui assure la bienveillance universelle de tous les princes de l'Empire et, par une conséquence nécessaire, une influence en Allemagne d'autant plus puissante, qu'elle sera fondée sur la reconnaissance et sur la certitude qu'on aura acquise que le jeune roi ue cherche qu'à diriger entièrement son système politique sur le plus grand bien de l'Allemagne.

Mai 10.

196 Urtunben No. 170—171.

En second lieu, la conciliation füt-elle assurée, l'alliance de la Prusse avec la République ne peut être encore envisagée que sous le jour le plus favorable. Elle ne nuit à rien; elle n'empêche point les négociations de Rastatt de suivre leur cours naturel: elle donne au contraire à la députation prussienne une consistance beaucoup plus grande qu'elle ne l'avait jusqu'à présent. Les députations qui ont entravé jusqu'aujourdhui ces négociations verront bien qu'il serait inutile désormais de chercher à prolonger davantage par des chicanes de toute espèce une affaire qui, malgré leur mauvaise volonté, ne se terminera pas moins suivant le vœu de tout ce qu'il y a de raisonnable dans l'Empire, dans l'état où les circonstances ont amené les choses. Ainsi loin de nuire à la négociation générale, l'alliance de la Prusse avec la République doit en rendre la marche plus rapide et l’amener à un terme très prompt.

Dans toutes les hypothèses, l'alliance proposée est donc un bien, et pour la Prusse, et pour l'Empire en général.

Quel peut être le motif qui porte la République à faire aujourd'hui cette proposition et à en presser l'acceptation? Nous ne craignons point que la Prusse dévie assez de son intérêt pour se prêter à une nouvelle coalition contre nous. Nous ne craignons guère les Russes; nous ne craignons pas davantage les Autrichiens; mais nous trouverions fâcheux de renouveler les horreurs de la guerre dans le cœur de l'Allemagne qui en a déjà tant souffert. Notre proposition a donc pour but la paix, et rien autre chose que la paix. Elle ne doit donc point inquiéter la Prusse par la crainte d'une guerre. Elle ne lui sera donc onéreuse dans aucun cas; bien loin de là, elle ne peut que seconder ses vues et les plans de Sa Majesté. Si, l’année dernière, elle a cru devoir décliner la proposition qui lui fut faite, elle pouvait du moins alléguer pour excuse que nous lui proposions d’entrer en guerre ipso facto; mais, aujourd'hui, ce n'est pas d’une guerre qu'il est question, mais au contraire d’en empêcher le renouvellement. Les raisons alléguées l’année dernière n’ont donc aucune application dans le moment présent; et si la Prusse persévérait dans son refus, nous devrions nécessairement supposer que ce refus tient à des causes qu'on ne se soucie pas de nous révéler, et renferme quelque arrièrepensée sur laquelle il serait juste que nous nous tinssions en mesure.

A tous ces détails, je vous ai présenté, Monsieur le Comte, quelques autres réflexions générales qui méritent bien aussi quelque attention. Nous sommes pressés d'établir un système politique, et, en vérité, vous devriez l'être aussi. Nous avons cru, et nous croyons encore, que ce véritable système consiste dans une union intime entre nos deux nations, et ce serait avec le plus grand regret que nous nous verrions obligés de renoncer à un plan qui jusqu'à présent nous a paru

Gaillard an Haugwig. Dentfdrift von Alvensleben. 197

le vrai moyen de mettre les différents peuples de l'Europe à l'abri de nouveaux envahissements. Mais si après nous avoir refusés l’année dernière, vous nous refusez encore aujourd'hui, vous comprenez que la dignité de la République française ne lui permettrait pas de s’exposer à un troisième refus, et qu’alors nous nous verrions dans la nécessité de chercher dans d’autres combinaisons, dans lesquelles la Prusse n’entrerait plus pour rien, les moyens de parvenir au but que nous avions cherchés par son concours. Je suis tellement persuadé que le ministère du Roi sentira toute la force des considérations que je viens de mettre sous vos yeux, que je ne doute pas que vous ne soyez autorisé à traiter avee moi les détails de l'alliance.

Häuffer 2, 180. Hüffer 3, 62.

171. Denkichrift des Freiheren von Alvensleben. Berlin 1798 Mai 12. Eigenhänbige Niederfchrift.

Empfehlung der Allianz mit Frankreich.

1° Les prétentions énoncées dans la note du 14 floréal ou du 3 mai des sieurs Treilhard et Bonnier, remise à la députation de l'Empire, portent entre nombre d’autres articles nommément sur 1° la levée de tout péage sur le Rhin et les rivières qui s’y portent, 2° le transport de toutes les dettes des provinces cédées sur les indemnités à accorder, 3° et sur des entraves sans fin mises à l’usufruit de toute possession du côté droit du Rhin; si bien qu'il en résulte que si nous nous en tenons à notre dernier principe, de renoncer à toute indemnité, notre perte est immense, non seulement parce que nous perdons de fait, mais aussi par les dettes dont nous serions obligés de grever nos anciennes provinces pour payer celles des provinces cédées à la France, enfin par le non-payement des dettes du duc de Deux-Ponts et du prince d'Orange, si également ils n'étaient pas indemnisés d’une manière convenable.

20 Ce serait se faire illusion que de croire obtenir par la force des armes de beaucoup meilleures conditions et pour le total et pour ce qui est relatif à nous.

3° Pour agir, il faut des moyens; ces moyens ne peuvent consister que dans une réunion franche de plusieurs puissances au même but et capables d'employer de pareils moyens. 1° La marche de la cour de Vienne depuis quatre mois, sa conduite molle vis-à-vis de la France, ses faux-fuyants dérisoires vis-à-vis de la députation à Rastatt, son obstination constante jusqu'aux moindres bagatelles à tout ce qui pourrait nous convenir, et enfin l’aveu du prince Reuss que, quoique ses instructions fussent très détaillées, on attendait pourtant de notre cour la pro-

Mai 10.

Mat 12.

Mai 12,

198 Urkunden No. 171.

position comment forcer les Français à quitter la rive droite du Rhin s'ils ne s'y prêtaient de gré, comme cela était à prévoir, me portent à poser en fait que la cour de Vienne n’agit pas franchement, un des premiers points cardinaux. D'ailleurs ses moyens relativement à l'Allemagne, après sa retraite derrière le Lech et après l'abandon de Mayence, sont devenus nuls. 2° La Russie est nulle par ses moyens et par son éloignement. Elle pourrait simplement empêcher le mal de ce côté en gardant le dos, si peut-être les Turcs ne lui donnaient de la besogne et qu'il ne survint une révolution dans son intérieur, ainsi qu’on ne saurait jamais calculer sur la Russie comme une puissance qui pourrait coopérer à l'attaque et faire réussir le plan de porter la France à des conditions plus tolérables. 3° Le Danemark est faible, rien moins que décidé, et nullement rassuré sur son intérieur. 4° Enfin quant à l'Angleterre, l'expérience de tout ce siècle doit nous prouver qu'elle ne pense constamment qu'à elle.

49 Toutes ces puissances en apparence veulent nous ramener à une coalition contre la France. La Russie et l'Angleterre le veulent sincèrement; l’une, puisqu'elle n’y saurait perdre; l’autre, puisqu'elle y trouve un avantage évident; le Danemark n’agit que par impulsion; mais la cour de Vienne a un double but: 1° ou de nous brouiller avec la France et d’en tirer parti pour elle, 2° ou s'il faut la guerre, de nous y ramener; c'est pourquoi ces lenteurs, cette ostentation dans les moyens, et l'intervention requise de la Russie. Son premier but est presque rempli; il ne s'agit que de se décider sur le second après les convenances. Toutes ces puissances veulent nous ramener à une coalition, loin d'être rebutées par un premier refus.

5° Quant à nos propres moyens, je ne les crois également pas faits pour une guerre offensive; mais c'est à la finance et aux militaires à décider cette question.

6° Done d'un côté ces quatre cours nous offrent une alliance contre la France dans l'esprit et avec les moyens que je viens d'indiquer, contraires au fond à toutes acquisitions, indemnités ete. et pour nous et pour le prince d'Orange, convoitant constamment une partie de la Bavière, et soutenant constamment la constitution germanique dans tous les cas où elle paraît nous être contraire, et s'en moquant quand elle sert à appuyer nos intérêts et ceux des princes qui nous sont attachés. Elles nous offrent une alliance qui amène avec certitude la guerre, dans laquelle toutes les chances sont contre nous.

7° La France, dans le même instant, nous offre l'alliance d'une manière si catégorique, que la refuser, c’est nous jeter dans la coalition pieds et mains liés, nous isoler, ou, pis que cela, voir devenir l’Empe-

Dentidrift des Freiherrn von Alvensleben. 199

reur l’allié de la France. Si l'alliance avec les quatre puissances nous force à la guerre avec certitude, celle-ci peut nous y mener, mais cela est même moins que probable et le succès presque assuré; si l’alliance avec les quatre puissances nous enlève tout espoir de nous refaire par des indemnités et nous affaiblit extrêmement, celle-ci nous assurera des indemnités et nous renforcera, même elle nous procurera le seul moyen possible à procurer encore des avantages personnels aux habitants des provinces que nous avons cédées, devoir sacré pour le Roi visà-vis des sujets si fidèles.

s° Ce serait se faire illusion que de croire se tirer de ce dilemme entre les différentes puissances qui briguent notre alliance sans se prononcer et sans se prononcer bientôt. La mission d’apparat du prince Repnine et la déclaration du sieur Caillard se croisent d'une manière trop manifeste, pour échapper par des demi-mesures ou par des réponses dilatoires. Nous choquerons ou la Russie ou la France, et nous ne pourrons compter ni sur l’une ni sur l'autre, même toutes les deux prendront de la défiance et deviendront nos ennemis secrets. Après tout ce qui a précédé, je n'hésite pas à me prononcer pour une alliance avec la France, s'entend avec les modifications nécessaires, nommément celle, s'il est possible, que l'effet n'en saurait commencer qu'après la pacification générale sur le continent; ce serait même saisir l'esprit de la note de M. Caillard, qui appuie sur ce qu'il n’est pas question d'une guerre instante, mais bien plus de rassurer la France sur les manœuvres des puissances coalisées et sur la rentrée de la Prusse dans la coalition.

9° Si l'alliance avec les puissances coalisées, ou pour mieux dire, le refus de l'alliance avec la France, nous aurait dans l'instant même exposés à des dangers imminents, comme je l'ai détaillé plus haut et pour lesquels je puis m'en rapporter encore au tableau que M. de Brockhausen en trace dans sa dernière dépêche !), je erois qu'il est évident qu'au moins nous ne courons pas les mêmes dangers en choisissant la France pour alliée. L'Empereur sera toujours tenu en échec par la France: la Russie ne saurait remuer, nous connaissons trop bien l’état de ses finances, la désorganisation de son armée et le mécontentement de son intérieur, pour oser la craindre, et si même elle pouvait et voulait nous tomber sur le corps, il ne dépendra que de nous et de la France de la faire attaquer par la Suède et par les Tures.

109 Si peut-être tout ce que j'ai avancé pourrait paraître concluant

1) In einem Bericht vom 8. Mai jpricht Brodhaufen von ber in Dresben berridenben Bejorgniß, daß die bei Weblar verfammelten Grangofen mit Leichtigkeit Sachen und Franten überfhwenmen könnten.

Mai 12,

Mai 12.

et décisif, s'il s'agissait de la politique ordinaire d'après laquelle on a cru jusqu'ici devoir se diriger dans les cabinets de l'Europe, on m’objectera qu'ici il s'agit de sauver l'Europe d'une révolution générale et non d'un intérêt partiel et momentane. Cet argument porterait coup, et je ne nierais pas qu'il y a même du vrai dans ce raisonnement; mais posons en fait qu'il est question d’une révolution générale, il s’agit de savoir si on l'empêche absolument et si on l'éloigne en adoptant un système tel que la Russie, l'Autriche et l'Angleterre nous le proposeront. Avec les moyens que nous connaissons aux Français, nous pourrions prévoir que nous serions la première victime, car les Français étant déjà au cœur de l'Allemagne, nous serions obligés de nous opposer les premiers au torrent, avant que la Russie ait pris l'idée de faire quelque chose, si jamais elle veut et peut même le faire; et si enfin elle en prenait la résolution, une armée russe qui passerait par nos provinces équivaudrait une demi-révolution. Enfin pour combattre les Français avec avantage, il faut adopter leurs usages, leurs moyens, sans quoi nous serons toujours inférieurs et aurions constamment le dessous. Quels sont ces moyens dans l'armée? nuls magasins, nuls équipages ; on existe par réquisitions, et on se pourvoit du nécessaire et même du superflu partout où l’on arrive. Cela est dur, mais cela est possible dans un pays qui n’est pas le nôtre, mais cela devient impossible, inhumain, dans les propres Etats du Roi, et sommes-nous sûrs d'établir nos armées sur un sol étranger? et si nous agissons avec les Saxons et les Hanovriens, nous serions à la vérité sur un sol étranger quand nous serions dans ces pays, mais eux ne le seraient pas, et je laisse là les réflexions sur ce qui en résulterait. Pour fournir aux moyens, il faudrait comme en France (avant qu'elle pillät tous les pays) mettre tout le numéraire en réquisition; pour fournir les recrues, mettre les hommes qui ne sont pas du canton en réquisition, de manière que toutes les villes exemptes aujourd'hui, telles que Berlin, seraient obligées de fournir des recrues; pour rendre l'armée aussi leste que celle des Français, où nul officier que le général et l’aide de camp ont des chevaux, il faut congédier tout notre état-major, nos capitaines et nos premier-lieutenants ; car à l'exception d'une partie des lieutenants et des enseignes, nos officiers, avec la meilleure volonté du monde, ne seraient pas capables de faire les marches à pied et de porter leurs bagages en même temps. Ceci exigerait un remplacement général de tous ces officiers, qu'on ne saurait prendre que dans les simples soldats. Ce serait se faire illusion, selon moi, [que] de croire faire la guerre aux Français d’une manière avantageuse [autrement] qu'en adoptant leurs principes, et en les adoptant, en mettant en réquisition dans son propre pays l'argent, les

Dentirift von Alvensleben. Bericht des Kabinets-Minifteriums. 201

hommes et même, si l'armée y séjourne, tout ce qui lui est nécessaire, et en désorganisant l'armée par un changement total du corps des officiers, on adopte de fait une révolution volontaire, si on peut même parvenir à conserver l'état monarchique ‘en employant des voies si dures; mais ce qui est bien plus à craindre, on amènera peut-être par cette marche une révolution républicaine, précisément le mal qu'on veut éviter, et on l'accélérera, au lieu de l’éloigner. Berlin, ce 12 mai 98. Alvensleben.

P.S. J'ai négligé d'appuyer de nouveau, quant à l’article 5, sur le danger qui nous menace de voir toute la Prusse méridionale et nouvelle Prusse occidentale en insurrection, dès que nous serons en guerre avec la France, puisque j'ai déjà eu occasion dans plusieurs vota de manifester mon opinion sur cet objet et que plus que jamais je suis convaincu que les Français mettront tout en œuvre pour donner de la suite à une marche qui jusqu'ici n’a été que secrète et qu'ils se sont ménagés de ne mettre en évidence que selon les circonstances. Leur silence absolu sur la Pologne fait preuve évidente de leur politique à cet égard, et je le répète encore: nous n’aurons rien fait malgré les paix les plus solennelles qui auraient été signées à Rastatt, si nous ne parvenons à les faire prononcer sur cet objet !).

172. Das Kabinetd-Minifterium an Friedrich Wilhelm III. Berlin 1798 Mai 13.

Concept von ©. D. Le Coq. Mundum gez. Gindenflein. Alvensleben. Haugwik. Die framëfifhen Allianz» Anträge. Erwägungen für unb wiber die Annabme. Borichlag zu einer Antwort an Eaillarb.

Depuis le rapport que j'ai eu l'honneur, moi Haugwitz, de faire verbalement à V. M. de mes deux entretiens avec le sieur Caillard, dans lesquels il a produit, au nom et de la part de son gouvernement, la proposition d’une alliance à conclure entre V. M. et la France, ce ministre m'a fait parvenir la lettre adressée à moi seul, sous la date du 10 de ce mois, que nous prenons la liberté de joindre ici en original, et

dans laquelle il renouvelle la susdite proposition, en tâchant de la re-

présenter comme l'unique moyen de parvenir à une prompte paix et d'en assurer la durée, mais sans articuler avec précision la nature de l’alliance offerte, ni les conditions de la paix à laquelle elle devrait se rapporter.

1) Was Häuffer in feiner deutfchen Oelbidte 2, 181 als Inhalt einer Dentidrift von Alvensleben angiebt, find Stellen aus bem folgenden Berichte des Kabinets-Minifteriums an ben König.

Mai 12.

Mai 19.

Mai 13.

Mai 13.

202 Urkunden No. 172.

Pour compléter ce qui concerne cet objet, il me reste à ajouter que dans une dépêche que le sieur Caillard m'a lue en plus grande partie, il est dit que sur la première nouvelle de l'événement de Bernadotte, le Directoire avait donné ordre de faire marcher ses armées sur le Rhin, mais que cette nouvelle avait été suivie de près par l’arrivée d’un courrier autrichien, porteur des assurances les plus positives de la part de l'Empereur, des regrets qu'il éprouvait de ce qui venait de se passer et de ses offres de satisfaction, qui faisaient espérer que cette affaire désagréable serait aplanie au contentement des deux parties; que l’Empereur annonçant en même temps le départ instant du baron de Degelmann pour Paris!), le Directoire avait résolu de son côté d'envoyer le général Bonaparte à Rastatt pour contribuer à cet aplanissement; qu'en attendant, il lui importait plus que jamais d'établir pour lui un système politique ferme et durable, et que pour cet effet, il réitérait à la Prusse la proposition d'une alliance qui servirait essentiellement à amener une prompte pacification; qu'elle avait à la vérité été déclinée au mois de septembre, mais qu'aujourd'hui les circonstances étaient entièrement différentes, puisqu'alors il avait été question de partager avec la France les hasards de la guerre, au lieu que le but de l'alliance proposée maintenant était d'abord la paix, et puis le maintien du repos et de la tranquillité pour tous les temps; enfin que si la Prusse pouvait s'y refuser encore une fois ou se borner à une réponse évasive, le Directoire serait , forcé de chercher d’autres combinaisons ; sur quoi le sieur Caillard m'a encore donné à entendre que dans ce cas il doutait que le gouvernement français voulût continuer à entretenir ici une mission formelle.

On ne pourra pas se dispenser de répondre par écrit à ce ministre, quoiqu’en adoptant une forme non-officielle, semblable à celle de sa lettre, et il s’agit par conséquent de prendre au sujet de l'alliance proposée un parti décisif. Dans la grande incertitude où V. M. se trouve encore aujourd'hui et depuis quatre mois sur les vrais sentiments de la cour de Vienne, grâce aux inconcevables lenteurs qu'elle a mises jusqu'à ce jour à répondre aux ouvertures pleines de franchise et de modération que vous lui avez faites, Sire, pour un concert sur les affaires de l’Allemagne, cette décision est infiniment difficile et offre de côté et d'autre la possibilité de suites sérieuses et embarrassantes.

Une alliance conclue dans ce moment-ei entre V. M. et la Républi-

‘que française, supposé même qu'on parvint à en rendre les stipulations

purement défensives et innocentes et à en différer l'effet jusqu’apres la pacification de l'Allemagne, n’en ferait pas moins la plus vive sensation,

1) Bergl. Hüffer 2, 266.

Das Kabinets-Minifterum an Friebrih Wilhelm III. 203

rtout à Vienne et à Pétersbourg. Il en résulterait nécessairement un rapprochement et une union plus intime entre ces cours et celle de Londres contre la France et la Prusse, dont les effets éclateraient à la première occasion et qui par le fait équivaudrait à cette nouvelle coalition du Nord, qu'on regarde avec raison comme propre à éloigner toujours plus l’époque de la paix générale. D'un autre côté la France s'appuyant de l'alliance de V. M. n’en serait que plus difficile dans ses arrangements avec l'Autriche et saisirait peut-être le premier prétexte pour recommencer avec elle une guerre qu'elle trouverait bien moyen de faire passer pour défensive, afin d'y entraîner V. M. Il serait superflu d'observer combien d'après la position topographique de vos Etats, Sire, une rupture avec les deux cours impériales serait dangereuse: et aux embarras qui en résulteraient, pourrait se joindre encore le danger d'une insurrection qui éclaterait peut-être dans les parties russe et autrichienne de l’ancienne Pologne, et qu'on empêcherait difficilement de gagner de proche en proche les provinces polonaises de V. Majesté. On ne peut d'ailleurs se cacher que le gouvernement français, sans parler même des variations qu'il pourrait encore subir dans sa forme actuelle, n’est pas propre à inspirer de la confiance, soit dans ses principes, soit dans son exactitude à remplir ses promesses, au lieu que les cours impériales, malgré ce que leur conduite a eu jusqu’à présent d’&quivoque et d’inexplicable, semblent du moins, pour peu qu'elles veuillent ouvrir les yeux, avoir un intérêt absolument identique avec V. M., tant sur les affaires de la Pologne, que particulièrement pour ce qui concerne la tranquillité intérieure et le maintien de la forme des anciens gouvernements. Enfin V. M. ayant une fois embrassé le système de la neutralité, sur lequel elle s’est encore récemment expliquée envers la cour de Pétersbourg, ce serait s’en écarter que d'entrer dans ce moment-ci en alliance avec la République française, et peut-être une persévérance inébranlable dans ces mêmes principes est-elle le seul moyen, s'il en existe un, de tenir dans un certain équilibre les forces des puissances respectives et d'accélérer la conciliation et la paix. ve Mais le refus de cette alliance n'en est pas moins sujet aussi aux nconvénients et aux dangers les plus réels. La note et les discours du sieur Caillard font assez connaître qu'au défaut de V. M.le Directoire se tournerait du côté de l'Autriche, et on ne peut certainement répondre que ses offres d'alliance n'en soient accueillies. Il est probable alors qu’elle s'établirait aux dépens de l'Empire et surtout de la Bavière, que la cour de Vienne convoite et que la France se soucierait peu de sacrifier, en cherchant elle-même ses principaux avantages en Italie. S’opposer à ce système d’envahissement en Allemagne, ce serait risquer une

Mai 13.

Mai 13.

204 Urkunden No. 172.

guerre contre les forces réunies de la France et de l'Autriche, et pour en éviter les chances dangereuses, il ne resterait A V. M. que de se contenter d’indemnites modiques, qui dans aucun cas ne pourraient rétablir l'équilibre entre elle et la cour de Vienne. De plus, le gouvernement français, renonçant après ce refus à la convention de neutralité, reprendait peut-être plus sérieusement que jamais son projet d’envahir le pays de Hanovre et de séparer l'Angleterre du continent. V. M. se trouverait dès lors dans le cas de soutenir par la force le système qu’elle a embrassé pour la sûreté du Nord de l'Allemagne et d'avoir une guerre défensive avec la France, dans laquelle l'Autriche resterait tout au plus neutre et passive. Enfin il est très possible que pour opérer dans ce cas une diversion puissante, la France cherchât à exciter et à soutenir les dispositions révolutionnaires des mécontents en Pologne, qui, dans de semblables circonstances, seraient d'autant plus difficiles à réprimer, que la Russie, sur laquelle nous croyons en général qu'il n'y aurait jamais beaucoup à compter pour un secours actif et efficace, aurait sans faute les mêmes et de plus grandes difficultés encore à combattre chez elle.

7 Il n'appartient qu'à V. M. seule de prendre son parti entre ces deux ternatives difficiles. /Si, comme nous avons lieu de le présumer, elle se décide à décliner la proposition du sieur Caillard, nous ferons tout ce qui dépendra de nous pour adoucir la forme de ce refus, en le motivant par le système de neutralité invariablement adopté par V. M. jusqu'à l'époque de la pacification et dont elle pouvait d'autant moins s'écarter qu'elle n'avait cessé de l'alléguer vis-à-vis des autres puissances; par le peu de nécessité d'une alliance pareille pour conclure la paix que le Directoire assure former son but principal et qui ne dépend que de la France elle-même; par le danger qui en résulterait au contraire pour une extension du feu de la guerre, puisque ce serait inviter les autres cours à se réunir entre elles et à former une nouvelle coalition contre la France; enfin par l'impossibilité d'établir, avant que la paix générale n'ait fixé et assuré les intérêts respectifs, un système de liaisons politiques solides et permanentes pour l'avenir. Nous y joindrons les assurances les plus expressives et les plus énergiques de la résolution de V. M. de n’entrer dans aucune coalition contre la France, tant que celle-ci voudrait respecter sa neutralité ; mais ce qui, plus que toute autre chose, donnerait du poids à ces assurances et adoucirait le refus de l'alliance proposée, ce serait une insinuation, par laquelle on donnerait à entendre que V. M. ne prétendait nullement renoncer à des liaisons plus étroites avec la France pour la suite, et ne serait pas éloignée de s'en occuper à l'époque de la tranquillité généralement retablie; qu'il

Das Kabinets-Minifterium an Gricbrid Wilhelm TI. 205

importerait pour cet effet d'accélérer cette époque, comme V. M. n'avait cessé de le désirer, et qu’elle invitait la France à y travailler de concert avec elle, en commençant par lui communiquer d'une manière franche et complète ses intentions à ce sujet. Un article pareil a fait partie de la réponse que nous avons faite au mois de septembre dernier, suivant les ordres du feu roi, au sieur Caillard sur la proposition d'alliance dont il fut alors chargé, et comme la perspective que cette insinuation ouvrirait pour un rapprochement futur entre les deux puissances, ne serait toujours que très générale et subordonnée aux événements et aux circonstances, il n'y aurait en cela aucune contradiction avec les espérances également vagues et dépendantes des événements qu'on a fait concevoir au cabinet de Russie, pour la possibilité d'une réunion des gouvernements monarchiques après la paix conclue. Nous supplions done V. M. de vouloir bien, en nous donnant ses ordres sur la réponse au sieur Caillard, nous faire connaître en particulier si elle agréerait qu'on y insérât l’article dont nous venons de parler? Nous ne manquerons pas au reste, après avoir dressé cette réponse, de la présenter à son approbation, avant de la délivrer au ministre de France '!).

Parmi les suites possibles du refus dont il s’agit, nous avons allégué ci-dessus l'invasion des Français dans le Nord de l'Allemagne et nous avouons, Sire, que c'est celle qui nous paraît la plus vraisemblable et la moins éloignée, surtout si la France venait à se désister du projet d'une descente en Angleterre. V. M. saura apprécier dans sa sagesse la nécessité urgente qui en résulte de songer à temps et en silence aux moyens militaires et particulièrement aussi aux moyens pécuniaires qu'il faudrait en ce cas réunir pour soutenir la neutralité dont V. M. est l’auteur et l'appui.

Nous la supplions encore de pardonner l'étendue de ce rapport; l'extrême importance de l’objet ne nous a pas permis de passer sous silence aucune des considérations essentielles qui nous ont paru y appartenir?).

Hüffer 3, 63.

1) Eine in bdiefem Sinne entworfene Antwort an Caillarb (vom 15. Mai) erhielt, nad einer Konferenz mit bem Herzog von Braunfhweig und Haugwig, bie Genehmigung bes Könige.

2) Man barf fit nicht wundern, daß Alvensieben biefen feinen Anfichten wiber- Iprehenden Bericht an ben König gezeichnet bat. Er pflegte zu umterfchreiben, was feine beiden Gollegen einmal unterfhrieben hatten, inbem er fidh begnügte, feine abweichende Überzeugung burd ein Separat-Botum ad acta zu geben. Bergl. jeine Dentidrift vom 1. Oftober 1797 No. 127.

Mai 13.

206 Urkunden No. 173—174.

173. Denkfchrift des Grafen Haugwib für den Herzog von Braun: Ihweig'). Potsdam 1798 Mai 17.

Bollmadt für den Fall, daß die Franzofen die Neutralität Norbbeutichlands verlegen, biejelben mit Gewalt zurüdzumeifen.

1798 S.A.S. Mgr le duc de Brunswick est déjà informée par les com- Mai 17. fnunications verbales du ministre d'État comte de Haugwitz?) des pro- / positions d'alliance adressées au Roi par le ministre de la République française et de la réponse déclinatoire de Sa Majesté.

Si les choses en restent là, si l'effet de ce refus se bornait à refroidir le Directoire sur des relations dont tous les résultats avantageux auraient été pour lui, tous les résultats critiques pour la Prusse, S.M. verrait accomplir son vœu le plus cher, et au milieu du désastre de l'Europe, ses États jouiraient encore de la paix et du bonheur qui la suit. Mais le ton qui caractérise les dernières ouvertures de la France, la menace verbale de rappeler son ministre si la Prusse n'y répond pas, la marche trop éprouvée d'un gouvernement qui se soutient par la guerre, le moment surtout, ne permettent point de se livrer aveuglément à cet espoir.

Dans l'ivresse de ses succès la France a décrété le plan gigantesque d’une descente en Angleterre. A mesure qu'elle s’est occupée des moyens, les obstacles se sont développés. Elle semble calculer enfin

- les dangers auxquels elle s'expose et désirer des circonstances qui la dispensent de les courir. Mais le Directoire a annoncé son plan avec tant de faste, qu’il se couvre de honte en reculant. Il lui faut du moins des motifs du plus grand poids. Il doit mettre un autre projet à la place, et il en est un qui non seulement motiverait l'abandon du premier, mais qui tendant au même but, quoique moins directement, effacerait plus que tout autre la honte du démenti.

On connaît les anciennes vues des Français sur Hanovre et sur Hambourg. C’est là qu'ils sont sûrs de porter à l'Angleterre un coup sensible, et sans la neutralité du Nord de l'Allemagne, sans la garantie de la Prusse, ils l’auraient frappé déjà. Qui peut répondre qu'ils n'y reviennent aujourd'hui? . . . C'est pour ce cas que S. M., qui se voit à la veille d'une absence de quatre semaines, devait à Mgr le duc de ne lui laisser aucun doute sur ses intentions pendant cette époque.

La neutralité du Nord de l'Allemagne est un point dont elle ne se

1) Nach einer von Haugwis am 22. Mai feinen Eollegen überreihten Minüte. (Der Stil feint Übrigens Lombarb’s Antheil zu beweifen.)

2) Der Genog von Braunschweig und Graf Haugwig waren gleichzeitig nad Potsdam zum Könige berufen worben.

Denkichrift von Haugwib fiir den Herzog von Braunfchweig. 207

départira jamais, et au moment où les Français violeront les engagements qui la fondent, c'est les armes à la main qu'elle en embrassera la défense. S. A. S. connaît les moyens dont elle peut disposer d’abord et ceux que des ordres préliminaires lui assureraient en très peu de temps. C’est à un talent comme le sien à juger sans appel de ce qu'il est possible d'effectuer avec eux. Quant au moment de les déployer, il est deux écueils que le Roi désirerait d'éviter également. Laisser aux Français le temps de préparer leurs mesures et de rassembler leurs forces sans préparer à son tour les siennes, serait pécher contre toutes les règles de l’art militaire. Preeipiter ces apprêts avant que le besoin le prescrive, serait s’&carter d'un principe de politique auquel le Roi ne renoncerait qu'en gémissant. Il veut la paix. Il veut ôter à l'ennemi jusqu'à la dernière occasion de la rompre, éviter surtout de la provoquer. Des mesures militaires précoces qu'une politique avide de prétextes appellerait infailliblement offensives, seraient dans ce sens contre ses intentions. C’est là une considération que la sagesse de Mgr le duc appréciera sans peine, et il ne saurait entrer davantage dans les vues de S. M. qu'en s'étudiant à tromper l'attente des Français, qui vont épier ses moindres mouvements, les envenimer dans l'esprit de la nation et armer pour leur cause un enthousiasme que l'excès de la circonspection de notre part peut réussir enfin à lasser . . .

Mais si rien de ce qui peut mettre la République dans son tort ne s'est négligé, si aucune mesure prématurée n’a provoqué les siennes, si, au mépris de tous les efforts du Roi, les Français veulent, coûte qui coûte, poursuivre leur système de perfidie, s'ils violent la ligne de démarcation ou se préparent à le faire avec des moyens instants, redoutables, tels que le danger croisse par l'attente, ou qu'une plus longue circonspection fit perdre des ressources précieuses pour le repousser du premier coup, le Roi, aussi plein de confiance dans la façon de penser de Mgr le duc, que juste admirateur de ses talents, autorise S. A. S. à prendre dans son absence et sans attendre de nouvelles communications le parti que les circonstances pourront exiger, à n’en croire que ses connaissances et son tact sur la manière la plus utile de disposer de ses moyens militaires et à ne point risquer la perte d'occasions heureuses, ou le concours d'événements moins favorables, par une attente dont dès lors la confiance du Roi le dispense . . .

Berichte von Sandoz: Rollin aus Paris.

Page 1