‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 89 sur 234 · Nadridt von der Belebung Malta's · texte numérisé non relu

Nadridt von der Belebung Malta's

... Lorsque la capitulation de l’île de Malte a été lue par le mi- Juli 4. nistre de la marine, le Directoire s'est fort récrié sur cet acte de générosite, de permettre aux chevaliers de Malte de rentrer en France et d’accorder au grand-maitre une pension aussi forte que celle de 300 mille francs; c'était une condescendance déplacée. »Remercions le général Bonaparte, a dit le ministre de la marine, d'avoir su procurer à la République française une conquête de cette importance, et respectons la capitulationc. Le lendemain de la réception de cette nouvelle‘), le chevalier Azara ? a représenté au ministre des relations extérieures que la cour d'Espagne a des droits incontestables sur cette île, et qu'elle les revendiquerait si celle de Naples négligeait de faire valoir les siens. »Vous avez raisons, a répondu ce ministre, »ces droits seraient incontestables sans doute pour toute autre puissance que pour la République française »Je ne reçois pas cela pour une r&ponse«, a repris Azara, »et je remettrai une note à ce sujet. On peut prévoir l'inutilité d’une démarche pareille. Naples n’osera ni se plaindre ni protester contre cette conquête . ..

1) Die Nadridt von der Befebung Malta's war am 30. uni in Paris. 2) Spanifher Botihafter, Nachfolger von bel Campe.

Juli 4.

Juli 5.

Zuli 8.

214 Urkunden Ne. 181—183.

Je l'ai dit: le Directoire ne veut pas la guerre, mais il ne fera rien pour l’eviter; fort de ses succès passés, il se croit supérieur à tous les événements et à toutes les coalitions . . .

182. Graf Findenftein an Graf Haugwib und Baron Alvenéleben. Berlin 1798 Zuli 5.

Aubienz von Sieyès bei bem König.

Le nouveau ministre de France M. Sieyès m'a remis, au sortir de son audience, la copie du discours qu'il a tenu au Roi!)... Le Roi m’ayant fait entrer, après toutes les audiences finies, m'a parlé de ce discours, en me disant qu'il y avait observé des phrases qui tendaient visiblement à des relations intimes avec la France; mais qu'il s'était contenté d'y répondre en termes généraux, qu'il ne demandait pas mieux que d'entretenir et de cimenter l'amitié et la bonne intelligence qui l'unissait à la République, et S. M. m’ajouta qu'elle n'avait nullement l'intention d'aller plus loin et d'entrer dans des liaisons plus étroites avec ces gens-là; c'est à quoi je n’ai pu m'empêcher d'applaudir, puisqu'il n'y avait aucun fond à faire sur une puissance qui ne tenait rien de ce qu'elle promettait et qui n’agissait que par le principe de ses avantages et de son utilité et sans s’embarrasser de celle des autres et même de ceux qu'elle regardait comme ses amis. Je m'attends au reste que cet homme dangereux nous taillera de la besogne et tiendra une marche très différente de celle de son prédécesseur.

Berichte von Sandoz: Nollin aus Paris.

183. Konvention mit bem König von Sarbinien. Die Ereigniffe in Holland. Stellung des Direktoriums zu den Gejandten im Auslande und ben Parteien im Inneren.

... Le roi de Sardaigne a signé une convention avec le général Brune, pour remettre la citadelle de Turin au pouvoir des Français?) ;

1) Sieyes hatte bei feiner Audienz Folgendes geäußert: . . . j'ai accepté cette mission, parce que je me suis constamment prononcé . . . en faveur du système qui tend à unir par des liens intimes les intérêts de la France et de la Prusse, parce que les instructions que j'ai reçues étant conformes à mon opinion politique, mon ministère doit être franc, loyal, amical, convenable en tout à la moralité de mon caractère; parce que ce système d'union d'où dépendent la bonne position de l'Europe et le salut peut-être d'une partie de l'Allemagne, eût été celui de Frédéric II, grand parmi les rois, immortel parmi les hommes, et parce que ce système enfin est digne de la raison judicieuse et des bonnes intentions qui signalent le commencement de votre règne . ..

2) 28. Juni.

Findenftein an Haugwig und Alvensieben. Berichte von Sanboy-Rollin. 215

et c'était dans le moment où le Directoire souhaitait qu'il rejetät sèchement cette proposition !), et c'était dans le moment où son ambassadeur pressait une réponse pour faire révoquer une demande semblable. »On ne saurait croirex, me dit avant-hier le ministre des relations extérieures, »la surprise et l'embarras que cette convention a causé à ce même Directoire, et elle a été d'autant plus imprévue, qu'il n’en voyait pas la nécessité. Que risquait en effet ce monarque d'attendre les dépêches de son ambassadeur pour se diriger? Une crainte exagérée l'a fait céder à ce que Brune, Sotin et Ginguené ont exigé de lui« . . . »Qui empêches, observai-je à ce ministre, »que vous ne désapprouviez la conduite de Brune et consorts dans cette occasion? et qui empêche surtout que vous ne cassiez la convention qui vient d’être signée? (C’est un beau témoignage à donner à l'Europe que le Directoire n’a point d'arrière-pensée sur le Piémont«. »Les ministres de la République ne sauraient être désavoués à ce degré: on ne saurait sévir contre eux comme ayant agi de leur seule autorité sans compromettre le Directoire« . . .

Le sieur Rewbell est convalescent d'une colique néphrétique et n’assiste aux séances du Directoire que lorsqu'elles se tiennent chez lui. Je l'ai vu un instant avant-hier au soir, et en présence de trop de monde pour avoir pu parler librement; à peine eus-je le moyen de lui dire: »les affaires de Piémont pourraient embarrasser la paix, si vous n'y mettez ordre«. »Le roi de Sardaigne est bien mal conseill&«, répondit-il à voix basse ; »il montre d'un côté un ressentiment déplacé en entrant à main armée sur le territoire génois, et il montre de l’autre une faiblesse extrême en précipitant l’arrangement qu'il vient de faires. »Mais avaitil le choix d’en prendre un autre«? observai-je; »le temps était pressant. »Mieux valait-il attendre le résultat de ce qu'il avait commencé icie, répondit-il . ..

Les affaires de Hollande divisent toujours fortement ici les suffrages du Directoire; quelques-unes des dernières séances ont été fort orageuses à ce sujet. Le sieur Treilhard essaye son caractère et son esprit en combattant successivement les idées de ceux de ses collègues qui veulent dominer. Dernièrement il a entrepris Larevellière-Lepeaux, et l'a traité d'ignorantissime sur ces mêmes affaires de Hollande: il l'a défié de lui dire avec précision quel était le parti en Hollande qui était favorable au système français, et quel était le signe auquel on le reconnaissait? et il l'a défié de lui dire quel serait le dernier résultat de ces choses de partis ? Le sieur Barras, qui n’a plus ni voix ni influence pour les affaires, en a pour ces scènes de discorde, et parvient à les contenir. Au milieu de

1) So behauptet Sandoz in feinem Bericht vom 4. Juli.

Juli 8.

Juli 8.

Juli 12.

ces divisions, on se réunit néanmoins à ne pas admettre les lettres de créance du ministre de Hollande, sous prétexte que son gouvernement n'est ni assis ni avoué; on a fait retirer, par une suite de cette opinion, Roberjot de la Haye, pour lui rendre sa première commission à Rastatt. De tous côtés ce sont les agents intérieurs et extérieurs qui mènent et dirigent le Directoire; aussi les inconséquences qui en résultent sont multipliées, et altèrent la confiance qu'on pourrait y avoir. En Sardaigne, on voit Ginguené et Sotin agir selon leur bon plaisir, sans se mettre en peine des intentions du gouvernement. En Suisse, l'on voit Rapinat désavoué et rappelé, puis justifié et réintégré, et cela dans l'espace de quinze jours. Toutes ces inconséquences proviennent du degré d’inquiétude et d'embarras que le Directoire prend successivement ou des Jacobins, ou des prétendus royalistes. Si ceux-là conspirent, il s'attache aux gens modérés; si ceux-ci conspirent au contraire, il s'attache aux gens ardents et impétueux ; ainsi ballotté sans cesse d'un parti à l'autre, il suit une marche incertaine et affaiblit autant de fois l'opinion publique, qui est la seule force des gouvernements . . .

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