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Unterrebung mit Talleyranb: Grlaÿ besjelben an Sieyès

Talleyrand zeigt fi zufrieden mit der preußifchen Note vom 31. Auguft. Il me proposa de faire partir ma dépêche ... par courrier jusqu'à Wesel; il en profiterait pour le charger d'une dépêche à Sieyès; il me ferait lecture de son contenu et de ce que le Directoire aurait déterminé pour la paix de l'Empire . . . Le sieur Talleyrand, à la suite de ces discours, me donna rendez-vous pour le lendemain.

Dans l'instant même, je prends la plume pour rendre compte à V. M. de ce dernier entretien. Si j'ai bien retenu, voici la substance de la communication qu'il m'a donnée de sa dépêche à Sieyès et qui fera le sujet de ses conférences avec le ministère de V. M. D'abord le Direc-

Sept. 2.

Sept. 6.

Gept. 8.

Sept. 9.

238 Urkunden No. 206—208.

1798 Lie veut aujourd'hui fermement la paix de l'Empire: il croit pouvoir

Sept. 9.

Sept. 12.

se flatter de la conclure, puisqu'il se rapprochera, en bonne partie, des principes de la cour de Prusse sur cet objet ; 41 n'insistera que sur deux points: le versement des dettes de la gauche à la droite du Rhin et la possession de l'ile de St. Pierre; Lénsuite il aura besoin de la ratification de l'Empereur pour cette paix, qui sans cela serait éphémère et peu durable, ou, à son défaut, de la ratification des princes de l'Empire pour y tenir lieu d’&quivalent. dei le Directoire aime À compter sur l'influence de la Prusse et sur son grand intérêt de pacifier l'Empire. »Mais il est de plus, reprit le sieur Talleyrand, »un autre objet qui intéresse essentiellement la paix continentale C'est celui d'une garantie faite par la Prusse, l'Espagne, les Républiques française et hélvetique, des États de l'Italie tels qu'ils existent aujourd'huit; garantie qui, selon lui, entraverait les projets de l'Empereur et le forcerait de signer la paix). En réciprocité de cet engagement, le Directoire prendrait celui de garantir à son tour l'indépendance de ces mêmes États d'Italie et en général de tous les gouvernements, articulant bien expressément dans le traité de paix que la République française respecterait la sûreté politique de chacun d'eux et ne se mêlerait en rien, et sous aucun prétexte, de leurs affaires intérieures. Le sieur Talleyrand avait à cœur et à ambition que le Directoire fit une déclaration semblable sous son ministère, afin de tranquilliser l'Europe et de mettre en évidence les principes qui avaient dirigé sa politique . ..

207. Alvensleben. Précis d’une conversation que j’ai eue avec M. Sieyès le 12 septembre. *- Gigenbänbig.

M. Siey&s prétend avoir dit, et à M. de Zastrow séparément et à M. de Haugwitz séparément et à tous les deux conjointement, que la France voulait la paix et qu'elle aurait la paix; qu'il s'agissait simplement de savoir comment elle l'aurait, ou 1° par nous, ou 2° sans nous; que le but de ses propositions et de son envoi avaient été de porter la Prusse (bien convaincu comme il l'était que toute paix qui se ferait à Rastatt ne serait qu'une paix plâtrée, si elle n'était consolidée par un concert des deux gouvernements), enfin que son but avait été de porter la Prusse de poser éventuellement à Berlin 1° les bases de la pacification générale en convenant notamment 2° quel devait être le par-

1) Eine foie Garantie bezeichnete man in Berlin als une véritable alliance offensive contre l'Autriche. (Un Sanboz, 20. September.)

Schriftwechfel mit Sandoz. Rollin. Mivensleben und Eieyes. 239

tage de l'Empereur en Italie et en Allemagne; 3° de fixer également la situation de toute l'Allemagne conjointement, afin que l'Empereur n'ait pu empiéter sur les princes qui auraient formé corps autour du roi de Prusse; 4° de se garantir réciproquement sur tous ces objets.

En forme de réflexions et de réponses à mes questions, il ajoutait : 1° qu'il considérait la paix de Rastatt qui aurait suivi ou précédé absolument comme indifférente, mais qu'ici le vrai état de la question aurait été décidé; 2° qu’on nous aurait déroulé ici tous les plans pour l'avenir; 30 que tout n'aurait été qu'éventuel; 4° qu'il s'était offert à mettre ses propositions par écrit, ce qu'on n'avait pas voulu; 5° qu’à juger après la réponse qu’on lui avait donnée, on avait mal saisi, mal rendu au Roi ses propositions, puisqu'il n'avait pas demandé les bons offices de notre cour pour faire la paix, qu'ils pouvaient la faire quand ils voulaient avec l'Autriche: 6° il se plaind de ce qu’on ne répond pas à ses notes; 7° il se plaind de ee qu'il n'ose pas négocier avec tout le monde; 8° que le comte Haugwitz avait paru entrer entièrement dans ses vues, et qu’ensuite, dans sa réponse, cela avait été tout à fait le contraire.

Comme il était facile de répondre à une grande partie de ses plaintes, je n’y ai pas manqué; et quant à l'objet principal de la conférence qu'il m'avait demandée, je m'en suis tenu à lui dire qu’effeetivement je n'avais pas era qu'il s'était jusqu'ici absolument expliqué dans ce sens, comme il l’annongait, et que j'étais bien aise de m’en voir instruit; qu'au reste il sentirait que je ne saurais m'expliquer en manière quelconque sur l’objet dont il était question.

Berlin, le 13 septembre 1798.

Alvensleben.

208. Erlaß an Sandozj-Rollin in Paris. Berlin 1798 September 18. Fefthalten am ber Neutralität. Der Neichsfriebe.

. Soyez-en très certain: jamais, quoi qu'il en arrive, je ne me départirai du système de neutralité tel qu'il est stipulé entre la France et moi, ni ne permeftrai que les limites en soient retrécies. Du moment où la France rompt cette ligne, elle rompt ses stipulations avec moi et me déclare la guerre. Elle me force dès lors à employer contre elle les moyens qui sont en mon pouvoir, et par conséquent à faire cause eommune avec les puissances belligérantes . . . Mon plus ardent désir est de conserver la paix et, s’il est possible, de la rétablir généralement sur un pied solide et durable. Celle de l'Empire ne dépend absolument que de la France, et si elle se contente enfin des grands sacrifices qu'il a déjà faits, sa conclusion n'éprouvera plus de retards. Mais je ne crains

Sept. 12.

Sept. 18.

‘1798 Sept. 18.

Sept. 20,

240 Urkunden No. 208—210.

pas la guerre, et elle aura immanquablement lieu si le Directoire m'y oblige en attaquant le Nord de l'Allemagne . . . Je vous charge itérativement de vous expliquer là dessus envers les personnes du gouvernement de manière à ne pas laisser le moindre doute sur ma résolution ferme et inébranlable de regarder comme une attaque directe contre moi toute invasion dans les pays de la neutralité et de m'y opposer de toutes mes forces . . .

209. Graf Findenftein an Graf Haugwis und Baron Alvenéleben. Berlin 1798 September 20,

Unterrebung mit Gicyès.

Je ne m'attendais à rien moins qu’à l'entretien que je viens d'avoir avec M. Sieyès. Il n'y a pas été question de ce que M. de Sandoz nous a marqué). Ils’est borné à me dire que son gouvernement souhaitait de savoir si le Roi avait renoncé à toute indemnité, à condition que l'Empereur renonçât de son côté à tout dédommagement en Allemagne. Je lui ai répondu que je ne concevais pas comment l'on pouvait avoir des doutes sur ce sujet en France, où le ministre de $. M. avait parlé dans plus d’une occasion du sacrifice généreux que le Roi était disposé à faire pour la paix de l'Allemagne et pour le bonheur de l'humanité. Sur quoi il m'a dit d'un air surpris qu'on aurait donc pu le lui dire dans la réponse qui lui a été donnée lorsqu'il en a fait la première demande, et sur ce que j'ai répliqué qu’on n'avait fait aucune difficulté de répondre au mémoire qu'il avait remis dans les termes les plus clairs, il m'a voulu soutenir que cette réponse portait simplement qu'il n'y avait eu rien de fait et de signé. Je lui ai dit alors que cela était vrai, qu'il n'y avait eu aucune convention signée sur ce sujet, mais que le Roi n’en persistait pas moins dans le dessein de renoncer à toute indemnité si l'Empereur, comme il y paraissait disposé, voulait en faire autant de son côté. Alors il m'a témoigné qu'il ne voyait done pas ce qui pouvait arrêter la paix de Rastatt. vJe n'ai pu m'empêcher de lui faire sentir sur cela que cette paix ne dépendait que de la France, si elle voulait se contenter de la rive gauche du Rhin, à laquelle la députation de l'Empire avait consenti et renoncer aux points de Kehl et Cassel et à d’autres demandes qui portaient sur la rive droite. Il s’&chappa jusqu'à dire que dès lors il ne voyait pas ce qui pourrait arrêter cette négociation, dont il ne se m&lait pas au reste et qu'il laisserait faire aux plénipotentiaires de Rastatt. Il n’a été question d’ailleurs, dans toute cette conversation, ni d’une négo-

1) Bergl. ben Bericht von Sandoz vom 9. September.

Berbanblungen mit Sieyes in Berlin. 241

ciation à entamer ici au sujet de cette paix de l'Empire, ni d'une garantie de cette paix de la part du Roi. Je ne sais si ce ministre en aura dit plus à Vos Excellences, et je suis curieux d'apprendre de quelle manière il se sera expliqué envers $. E. M. le comte de Haugwitz, à qui il avait demandé une heure. Il m'a quitté assez brusquement, en me disant que si on lui avait répondu aussi franchement que je l'avais fait sur l'existence d'une renonciation réciproque à toute indemnité, il aurait eu lieu d’être satisfait, ajoutant que des lors il ne pouvait être question que de dédommager les princes perdants par la cession de la rive gauche. [J'avoue que M. Sieyès est un homme avec lequel je n’aimerais pas à m'entretenir souvent. !

210. Graf Haugmwig an Graf Findenftein und Baron Alvensleben. Berlin 1798 September 20.

Unterrebung mit Sieyis.

J'avais appointé M. Siey&s à 1 heure ce matin, mais il a jugé à propos de venir une demi-heure plus tard; de sorte que ce n’est qu'en me levant de table que je puis avoir l'hopfeur de rendre compte à VV. EE. de l'entretien que j'ai eu avec lui. YIl n’a guère été plus satisfaisant que celui dont S. E. M. le comte de Finckenstein vient de nous donner connaissance; et si je vais entrer en quelques détails sur la manière dont le ministre de France s'est expliqué vis-à-vis de moi, c'est moins pour l'importance que j’accorde à ses explications que pour donner un supplément à tout ce qui tient à l’histoire de la conduite tout à fait particulière de cet homme. Après m'avoir parlé de la pluie et du beau temps, des manœuvres de Potsdam, de l’affluence des officiers étrangers, et de je ne sais quel autre objet encore, il me dit assez brusquement : »enfin, vous avez reçu des lettres de Paris qui vous portent la réponse du Directoire. VV. EE. sentent bien que je n'avais qu’à lui répliquer que nous avions reçu effectivement des dépêches de M. de Sandoz par le même courrier qui avait apporté à lui, Sieyès, le paquet que le ministère lui avait fait remettre, et que le ministre du Roi à Paris nous annonçait que le Directoire avait chargé son ministre à la cour d'ici d'entrer avec le ministère du Roi dans des explications relatives à la paix de l'Empire. »Vous les connaissez doncx, répliqua M. Siey&s. »Nous les attendons de votre parte, fut ma réponse. »Mais on me mande«, riposta-t-il, »qu'on n'a rien laissé ignorer au ministre de Prusse. M. de Sandoz, lui répliquai-je, nous a effectivement rendu compte d’un entretien qu'il a eu avec M. Talleyrand, dans lequel ce dernier a bien voulu toucher en gros quelques objets sur lesquels nous avions lieu de croire que lui, Sieyès, au-

Bailleu, Preußen u. Frantreid. 1. 16

Sept. 20.

Sept. 20,

242 Urkunden No. 210—213.

rait regu des instructions de la part de son gouvernement, mais que ces notions étaient trop vagues, pour que nous nous permettions d'en porter le moindre jugement, jusqu'à ce que nous aurions reçu de sa part les explications auxquelles nous croyons pouvoir nous attendre d’après ce que M. de Sandoz nous en avait dit. M. Sieyès ne se rebuta pas. Il fit encore quelques tentatives pour m'engager à entrer le premier en matiere; mais se persuadant enfiw, à ce qu'il me semblait, que ses peines à cet égard étaient perdues , A1 me dit: »le Directoire veut effectivement la paix, et malgré qu'on en débite le contraire, A est sûr qu'il la veut; aussi me semble-t-il, ajouta-t-il, qu'on est en chemin de la conclure; wi ne sera plus ici, ce sera à Rastatt; mais le Directoire, avant cette conclusion, désire de s'entendre avec S. M. Prussienne sur un objet qu'il croit également conforme aux intérêts de la France et de la Prusse. C'est de savoir s'il pourrait convenir à S. M. Prussienne d'admettre, à la conclusion de la paix entre la France et l'Empire, ‚An article portant qu'il serait mis en principe que les princes séculiers ou héréditaires seuls auraient droit d'être indemnisés des pertes qui résulteraient de la cession de la rive gauche, vu que la Prusse et l'Autriche avaient renoncé pour leur part aux indemnités qu'elles avaient été dans le cas de réclamer à la charge de l'Empire pour les pertes qu'elles avaient essuyées. M. Sieyès m'ayant prévenu que son intention était de remettre une note sur cet objet, mais qu'il était également prêt à entrer en discussion préalable, si je croyais que par ce mode on pourrait accélérer la conelusion de la paix qui, peut-être, ne tenait plus qu'à cet objet; je lui ai répondu que le moyen le plus expéditif me semblait être celui de le traiter par écrit, et que je croyais pouvoir m'attendre que nous ne tarderions pas de recevoir la note qu'il m'avait fait espérer.

211. Note von Sieyes an das preufifhe Kabinets-Minifterium. Berlin 1798 September 20.

BVorfchlag zu einem Artikel bes Heichsfriebens,. L'Envoyé de la République française au Ministère du Cabinet. Office.

Le Directoire exécutif ne voulant négliger aucun moyen d'amener la conclusion du traité de paix qui se négocie à Rastatt, et persuadé que le Roi de Prusse est animé des mêmes intentions pacifiques, a jugé convenable de consulter S. M. sur une mesure qui lui paraît devoir atteindre ce but salutaire. UElle consisterait à faire insérer dans le traité de paix définitif un article dans le sens qui suit: »la Prusse et l'Autriche renonçant à toute indemnit&LAl n'y aura parmi les états ci-devant possessionnés sur la rive gauche du Rhin que les princes héréditaires qui aïent

Verhandlungen mit Sieyes in Berlin. 243

droit à être indemnisésæ. Comme le Directoire a tout lieu d'espérer que 1798 S. M. ne pourra méconnaître l'utilité de cette clause, j'ai reçu l'ordre UN: exprès d'engager le ministère du cabinet à prescrire à ses plénipotentiaires au congrès qu'ils aient à se concerter d'une manière prononcée et efficace avec les ministres français pour la faire adopter le plus promptement possible. Le ministère du cabinet voudra bien observer que cette clause ne pouvant préjudicier en aucune manière aux autres articles du traité qui ont été ou qui pourront encore être débattus à Rastatt, on doit avec toute raison s'attendre qu’elle sera accueillie, comme elle est proposée, sans aucune condition accessoire qui puisse en retarder l'adoption définitive.

Berlin, le 4° jour complémentaire de l'an VI de la République

française. (20 septembre).

Sieyès.

212. Graf Kindenftein an Graf Saugwis und Baron Alvensleben. Berlin 1798 September 21.

Außerung Über die. vorhergehende Note von Sieyes.

J'ai l'honneur d'envoyer à Vos Excellences la note ci-jointe que le Set. 21. ministre Sieyès a fait remettre dans ma maison hier entre huit et neuf heures du soir. Il me paraît assez singulier qu'il donne l'exclusion entiere aux princes ecclésiastiques dans la clause qu'il propose d'insérer au traité de paix, puisqu'on nous a marqué plus d’une fois que les plénipotentiaires français avaient fait espérer au sieur Albini'), que la République ge pröterait à quelque dédommagement pour l'électeur son maître. un au Roi, il pourrait lui être assez indifférent que les princes ecclésiastiques ne fussent point indemnisés ; afais la cour de Vienne ne voudra jamais admettre une clause pareille ‚et il me semble qu'il n'est pas de l'intérêt de $S. M. d'être le premier à la proposer, puisque la majeure partie de l'Empire l'envisagera toujours comme un renversement de la constitution dont tout l’odieux retomberait sur la Prusse.

213. Gutachten de8 Baron8 Alvensleben. Berlin 1798 September 21. Eigenhänbig.

Empfehlung des von Sieyes gemadten Borfchlags.

Le principe énoncé dans la note du citoyen Sieyès antérieurement Sept. 21.

a toujours été mis en avant par nous comme base des indemnités à ac- Fo

1) Bevollmädtigter bes Kurfürften von Mainz in Raftatt,

Sept. 21.

Sept. 27.

Sept. 27.

244 Urkunden No. 213—216.

corder aux princes de l'Empire, 4 d'ailleurs ce principe est absolument conforme à nos intérêts; aussi j'avoue que, quant à moi, je ne crois pas qu'il y aurait du mal à instruire en conséquence nos ministres à Rastatt, pourvu que nous portions des modifications aux termes prononcés et efficaces qu'on exige de nous. Par la seule cession de la rive gauche du Rhin la constitution germanique est déjà tellement bouleversée, qu'il faut déjà la reconstruire à neuf pour qu'elle puisse marcher légalement, ainsi que cette seule considération ne saurait m'arrêter. D'ailleurs si nous éloignons un peu plus la cour impériale par cette marche, il faut convenir que pour les affaires de l'Empire nous ne parviendrons jamais à la mettre dans nos intérêts, puisque ses intérêts et les nôtres sont en contradiction manifeste, et qu'il s'agira seulement d'un peu plus ou d'un peu moins de haine. Si nous nous mettons à dos par cette marche les princes ecclésiastiques, nous parvenons aussi, si ce plan passe, à les affaiblir de manière que leur haine sera nulle; tandis que les souverains héréditaires se rangeront tous de notre côté, si nous nous pronongons à cet égard. D'ailleurs l'adoption de ce moyen sera le seul qui pourra nous fournir des moyens 1° à être conséquents dans tout ce que nous avons manifesté jusqu'ici vis-à-vis de la France, 2° à remplir les engagements directs ou indirects que nous avons pris avec plusieurs princes souverains héréditaires d'Allemagne et 3° à rétablir la balance en Allemagne qui sans cet expédient serait absolument à notre désavantage.

214. Note von Sieyes an das preufifhe Kabinets-Minifterium. Berlin 1798 September 27.

Dringt auf Antwort.

Le soussigné ne peut se dispenser de soumettre au ministère du cabinet cette réflexion : la proposition contenue dans l'office qu'il a eu l'honneur de lui adresser par ordre exprès de son gouvernement, il y a aujourd'hui huit jours, ne mérite-t-elle pas, par la nature même de son objet, une prompte réponse ?

Berlin, 6 vendémiaire, an VII de la République française (jeudi, 27 septembre 1798). Sieyès.

215. Äußerungen der Rabinetéminifter über die vorftchende Note. J'ai l'honneur d'envoyer à Vos Excellences une nouvelle note de M.

Sieyes, par laquelle il presse la réponse à la première d'une manière qui me paraît assez indécente.

Berlin, le 27 septembre 1798. Finckenstein.

Serbanblungen mit Sieyès in Berlin. 245

Je crois que dans la réponse à M. Sieyès il faut lui donner sur les 1798 doigts. Alvensleben. Ft 27.

Il est d'autant plus étonnant que M. Siey&s se permette d’énoncer son impatience de ce que nous avons tardé depuis huit jours à lui répondre, que ni lui ni son gouvernement n’ont jugé à propos de donner signe de vie sur trois offices que nous avons délivrés au ministre de France. Haugwitz.

216. Note des preufifhen Kabinetd-Minifteriumd an Sieyes. Berlin 1798 September 29.

Concept von ©. D. Le Coq; ges. Findenftein, Alvensleben, Haugwit. Der König bat fit Über bie Frage bes gegenfeitigen Verzichtes und der Entichäbigungen mit bem Kaifer in Berbindung gefett.

Nous avons eu soin de mettre sous les yeux du Roi l'office que le Sept. 29. citoyen Sieyès, envoyé extraordinaire de la République française, nous a fait passer le 20 de ce mois, au sujet d’un article qu'il propose d’insérer dans le traité de paix qui se négocie à Rastatt.

Suivant les communications verbales du ministre des relations extérieures envers l’envoy& du Roi à Paris et dont ce dernier a rendu compte à S. M., elle avait lieu de penser que les ouvertures récemment commises au citoyen Sieyès embrasseraient généralement les stipulations de la paix à conclure. Elle se plaisait d'autant plus à cette supposition, qu'elle espérait de trouver dans les explications annoncées l'occasion de satisfaire le désir si souvent manifesté de sa part de contribuer, par son intervention et ses bons offices, à rendre enfin à l'humanité souffrante la tranquillité et la paix, et il semble en effet que la tractation isolée de tel ou autre objet particulier, en augmentant les délais, ne puisse que retarder davantage ce but salutaire. L’attente du Roi n'ayant pas été remplie à cet égard, S. M. se flatte que ce sera au congrès même que le gouvernement de la République voudra manifester de plus en plus des dispositions conciliantes et pacifiques. Les moyens lui en seront faciles, puisqu'il ne saurait plus être question de nouveaux articles à y débattre, mais seulement de céder à la voix de l'équité et de consulter la solidité de l'ouvrage à conclure, en se relâchant sur les objets qui restent encore en litige, après les immenses sacrifices auxquels l'Empire germanique s'est déjà offert.

Quant au contenu de la note du citoyen Sieyès, l’article de la paix future qui s'y trouve proposé renferme proprement un double objet, savoir, la renonciation de S. M. l'Empereur et du Roi lui-même à toute indemnité et le principe: »que parmi les états ci-devant possessionnés à

Sept. 29.

Sept. 21.

246 Urkunden No. 216—217.

la rive gauche du Rhin, il n'y aura que les princes héréditaires qui aient droit à être indemnises«.

A l'égard du premier point, et en tant qu'il y est question de la renonciation du Roi, S.M. croit devoir se référer à la note remise au ministre de France sous la date du 31 août, où elle a déclaré être prête de son côté à cette renonciation, moyennent qu'elle ait pareillement lieu de la part de S. M. l'Empereur, et que du reste la paix entre l'Empire germanique et la France soit conclue sur la base stricte de la cession de la rive gauche du Rhin. A la même occasion, S. M. a témoigné qu'elle croyait pouvoir s'attendre à des dispositions parfaitement analogues de la part de la cour de Vienne, pour une renonciation à toute indemnité à la charge de l'Allemagne. Mais le gouvernement français ayant jugé à propos de revenir sur cet objet, qu'il regarde comme propre à accélérer la pacification, le Roi, toujours fidèle à son désir de contribuer à ce but sacré, a cru ne pouvoir choisir une voie plus courte et plus simple pour y concourir à cet égard autant qu'il dépend de lui, qu'en s'adressant à la cour de Vienne elle-même, par une communication ouverte et franche, pour connaître avec précision ses sentiments sur ce point.

Il en est de même du second objet de l'article proposé, savoir du principe qu'il s'agirait d'y établir quant aux indemnités. Il est incontestable que ce principe ne saurait entrer dans la pacification de l'Empire, sans l'accession de l'Empereur comme chef du Corps germanique. Le Roi a donc pensé ne pouvoir mieux faire que de s’en ouvrir également envers ce monarque, en s'employant auprès de lui pour acheminer sur ce sujet une détermination commune, qui puisse faciliter l'ouvrage de la paix. A l'un et à l'autre égard, S. M. s'empressera de s'expliquer ultérieurement envers la République française, aussitôt que la réponse de la cour de Vienne lui sera parvenue.

Nous venons au reste de recevoir encore la note du citoyen Sieyès du 27 septembre, par laquelle il a trouvé bon de presser notre réponse à la première. Le ministère du Roi a suivi constamment le principe de ne retarder inutilement aucune affaire; mais de laisser aussi à chacune le temps que son objet ou les circonstances rendent nécessaire. Ce principe tient à la nature des choses et au bien du service, et il ne s’en départira jamais.

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