OBJECTIONS KT DISCUSSIONS DIVERSES
Résumé des objections contre Tastrologie.
Nous voulons résumer ici les questions les plus courantes dirigées contre Tastrologie à titre (Tobjeciions.
Pour éviter les redites, nous prions le lecteur dési^ reux d'entrer dans le détail de la discussion de se reporter aux renvois indiqués.
!• Nativités semblables (1). — ^La plupart des objections contre Tastrologie, sinon toutes, reposent sur Tignorance qu'on a de sa définition et de ^^s procédés. De toutes les objections, celle des nativités au même lieu et au môme moment est une des plus répandues. Elle vaut donc la peine qu'on l'analyse une bonne fois, pour en montrer le peu de valeur malgré sa gravité apparente- On s'étonne de voir des savants comme Flammarion déclarer que et si rastrologle
(i) Injiuence astrale j ch. ii et m. — Etude nouvelle mr V hérédité ^
était vraie, dix enfants nés au même moment devraient avoir le même avenir ! »
Il eut été d'abord plus scientifique de commencer par chercher ces dix enfants-là (nés de plus au même lieu, C9 qu'oublie de dire Flammarion et qui est très important comme on Ta vu), puis de démontrer ({M^aucune analogie ne pouvait être reconnue entre leurs caractères ou leurs destinées.
Sans atteindre le principe de l'astrologie, le cas eut été intéressant et je dirais même embarrassant pour beaucoup d'astrologues.
Gomme nous l'avons exposé ailleurs, le ciel de naissance peut caractériser des facultés et une destinée variables avec l'hérédité, l'éducation, les circonstances diverses, le libre arbitre et autres facteurs divers que l'astrologie n'élude pas. En admettant même que le facteur astral puisse être identique (cas assez rare à observer) pour plusieurs ludWiàus jie's 7Jormalement, il ne s'en suit pas que la résultante des facteurs qui constituent leur personnalité soit identique. Ici comme partout ailleurs les composés peuvent être très différents des composants ^ surtout si Ton a affaire à un ciel de nativité à caractère peu tranché comme il arrive souvent.
2* Jumeaux (1).—Lecasdes jumeaux dissemblables a été parfois invoqué contre l'astrologie. Comme, Si moins d'une monstruosité à écarter ici, deux jumeaux ne naissent pas liés, c'est-à-dire en même temps, on pourrait dire que la différence des heures séparant
(1) Etude nouvelle sur l'hérédité^ ch. v.
leurs naissancos peut faire varier suffisamment, dans la plupart des oas, les positions planétaires par rapport au méridien et àThorizon, pour changer Finterprétatîori du thème de nativité.
ToutefoiSj n*hésitons pas à le reconnaître, il est difficile d'apprécier les différences pouvant porter sur un écart de quelques minutes, comme le cas peut se présenter.
Si deux jumeaux, nés à cet intervalle de temps je suppose, sont réputés dissemblables, la première observation à faire serait de s'assurer si les naissances ont été normales. D'autre part, la question des analogies Q démêler n'est pas toujours simple : chacun sait que les ressemblances entre parents frappent davantage les étrangers. Il serait donc utile de savoir si ]sl dissemblance est réelle à tous les points de vue; autrement dit, si un psychologue exercé ne pourrait arriver à constater l'analogie et le parallélisaie de destinée ou de caractère des jumeaux, chose moins aisée qu'on ne le pense généralement.
Notons que si le cas des jumeaux, en apparence dissemblables et nés à quelques minutes d'intervalle, peut exister, il est rare. Le cas général des jumeaux est au contraire d'offrir le maximum de ressemblance qu'on peut observer entre les êtres humains, et il me semble fournir même une preuve de Tastrologie qui est la seule science rendant compte de ces similitudes.
En présence en effet de deux jumeaux nous nous trouvons devant deux êtres qui ont à la fois des thèmes de nativilé analogues sinon identiques, un atavisme identique et généralement une éducation sem-
blable. Ces trois facteurs-là sont ceux qui servent le mieux à différencier les individus.
Contrairement à ce que plusieurs personnes croient, de nombreuses statistiques médicales, — celles de Galton entre autres, — prouvent la ressemblance, parfois très voisine de Tidentité, des jumeaux; et cela non seulement au point de vue du physique et du caractère, mais aussi sous le rapport des phases de destinée.
Il n'existe pas de cas autre que celui d'individus nés sous le même ciel, — et surtout jumeaux, — offrant ces singularités psychologiques ; celles-ci devraient mettre à elles seules les savants sur la voie de l'astrologie.
3** Système d'astronomie changé (1), — L'abandon de l'astrologie comme science officielle, ayant à peu près coïncidé avec l'admission du système astronomique moderne, quelques-uns ont cru trouver dans ce changement de système une incompaîibilUé qui est la condamnation définitive de l'astrologie. Ils oublient les œuvres de Kepler, astronome et astrologue, auquel on doit une partie des lois qui servent de base à l'astronomie moderne. Ses livres sur les deux sciences sœurs sont à lire sous ce rapport.
J'avoue n'avoir jamais compris la portée de l'argument ! On conçoit à la rigueur que Voltaire ait pu prétendre que « les lois de lastrologie étaient contraires à celles de l'astronomie » et ait pu y voir un
(1) Influence astrale, ch. m. — Etude nouvelle ^ur l'hérédité, oh. II.
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argument nouveau et la c raison démonstrative » qu© lui et tant d'autres avaient cherchée contre l'astrologie ; mais la science positive contemporaine ne saurait se contenter d'objection de ce genre qui peut attaquer certains astrologues mais nullement l'astrologie ; nous en avons parlé dans ce livre à propos de Flammarion et de Bouché-Leclercq, et nous ne voyons nullement en quoi les correspondances astrales ^ — c'est-à-dire le principe même de la science astrologique, — peut être en jeu. Tout au plus les découvertes des astronomes peuvent-elles modifier et parfaire l'œuvre des astrologues.
4° Frécession des équinoxe8(l). — Les signes du ZO' diaque changent de constellations^ donc la valeur qu'on leur attribue est chimérique, a-t-on dit.
D'abord il reste à savoir si l'influence astrale qui caractérise les signes zodiacaux est bien due uniquement aux constellations variables qu'on y rencontre et non à d'autres causes inconnues et fixes comme la division mathématique des cieux en douze parties à partir du point équinoxial... S'il en est ainsi, il n'y a qu'une réponse à faire : l'interprétation du zodiaque doit changer à travers les siècles comme les constellations qui la régissent.
Mais nous sommes réduits encore à des hypothèses sur la nature des correspondances astrales, et les correspondances propres au zodiaque, qui sont des faits positifs (comme on Ta montré dans les preuves par rhcrédito et par les statistiques) pourraient fort
(1) Influence aMtralef cb, in.
bien dépendre ^d'influences cosmiques relatives à la division de la voûte céleste fixée invariablement au point équinoxial. Je m'explique: aujourd'hui comme dans l'antiquité on peut appeler le Bélier la douzième partie du zodiaque que traverse le soleil aussitôt après réquinoxe de printemps ; rien ne prouve à priori que ces signes ou divisions ainsi invariables ne caractérisent pas des zones d'influences particulières indépendantes des étoiles.
En tout cas la vieille objection répétée par les adversaires de l'astrologie ne peut renverser les faits d'observation cités plus haut. On a vu que Voltaire considérait cette objection comme la plus forte de toutes (tout en convenant qu'elle attaquait au fond bien plus les astrologues que le principe même de l'astrologie). — « Un homme, dit-il, né selon Talmanach quand le soleil était dans le signe du Lion devait être nécessairement courageux ; mais, malheureusement, il était né en réalité sous le signe de la Vierge i ainsi il aurait fallu que Gauric et Michel Morin eussent changé toutes les règles de leur art. i&
5** Catastrophes et accidents divers, — L'objection n'est pas nouvelle car Cicéron demandait « si tous ceux qui ont péri à la bataille de Cannes étaient nés sous le même astre (1) ». L'argument paraît même répété à satiété dans l'antiquité.
On pourrait commencer par répondre qu*aucun astrologue véritable n'a admis la fatalité absolue et qu'on peut, sans démolir la science qui nous occupe,
(1) Boughé-Leglerq, Astrologie grecque^ ch&p. xvi.
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prétendre avec Ptolémée que les influences générales remportent sur les ii^fluences particufières i qi) du moins que telle influence qui se canc^lise fréquemment d'une façon insignifiante, prend sous une a]q[ibiance particulière, — comme en temps de guerre je suppose, — une forme d'une gravité inaccoutumée.
Au lieu d'avancer cette objection, \l vauçirait d'ailleurs mieux montrer que, en cas d'accidents collectifs (catastrophes, épidémies, guerres, ^tc...), les victimes ne présentent dans leurs thèmesi de nativité aucun passage soi-disant mauvais. J'avoue jusqu'ici ne pas avoir trouvé encore d'invrfiiseinblance complète à cet égard aussi bien pour les sinistrés d'accidents collectifs que pour les victimes d'accidents isolés. Ma statistique porte sur quelques centaines de cas il est vrai, et il serait préférable d'en avoir des milliers.
Celui qui part de l'expérience est obligé de reconnaître que l'accident coïncide à peu près toujours pour la victime avec Tune des phases critiques, comme il en existe rarement plus d'une dizaine dans le cours d'une vie humaine.
Nous avons exposé dans Langage astral le moyen de calculer ces périodes fatales plus ou nioins étendues qu'admettent en principe tous les astrolpgues. Citons en passant Tintéressant recueil de Luc Gauric, le savant évêque italien du xvi* siècle qui, dans son Traiié d'astrologie^ donne les figures de nativité d'un grand nombre de gens prédisposés à une mort violente^ arrivée, comme l'auteur le prouve, sous un ensemble de positions planétaires pouvant être répétées d'avance.
Au sujet des fléaux collectifs, les données positives que Texpérience enseigne sont les suivantes, en faisant la part des incertitudes fréquentes relatives aux données de nativité :
Dans la plupart des cas, sinon dans tous, les horoscopes des victimes marquent une réceptivité particulière pour l'influence astrale du moment. Sans pouvoir nous étendre ici sur la façon de le constater, disons que cette réceptivité peut varier à l'infini en forme et en gravité, vis-à-vis d'un même ensemble de dissonances planétaires. J'ignore, par exemple, si les trente mille horoscopes des sinistrés de la Martinique en étaient marqués tous comme les deux que j'ai pu étudier (M. Mouttet et M"' Ricci). A priori il semble aussi téméraire de le prétendre que de le nier.
A. titre de simples exemples je prie le lecteur, au courant des figures de nativité, de comparer celles relatives aux dates suivantes avec le ciel correspondant à la catastrophe survenue h Saint-Pierre le 8 mai 1902 vers 8 heures du matin :
M. Mouttet, né à Marseille le 10 octobre 1857, à 2 heures du soir.
M"' Ricci, née à Reims le 7 juillet 1855, à 2 heures 30 minutes du matin.
En se reportant aux lois d'influences résumées dans Langage astral, il est facile de s'assurer que l'époque fatale correspondait pour ces deux thèmes à une convergence d'influences astrales exceptionnellement mauvaises, marquant l'un des passages -critiques les plus saillants de la vie des deux yic-
times. Chacun peut en répéter la vérification par le calcul (1).
Toutes les théories qu'on peut bâtir autour de la question sont au fond assez secondaires ; l'important en astrologie est d'apporter des preuves répétées de correspondances astrales, et le grand nombre d'exemples est de rigueur si Ton ne veut pas tomber dans des rêveries sans issue.
Les amateurs de théories sont libres, à condition de consentir à l'examen de toutes les données positives capables de modifier leurs opinions.
Puisque l'expérience montre que Thomme ne naît pas à n'importe quel moment, mais sous un ciel plus ou moins conforme à celui des parents, les horoscopes de toute une population peuvent fort bien comporter certaines réceptivités communes, de même que les types de physionomie et de caractère peuvent présenter certains traits semblables. Ceci pourrait expliquer la nature collective de quelques influences qui n'entraîne pas forcément ridentité des horoscopes atteints.
Chacun est libre de ses opinions, mais jusqu'à preuve du contraire et nous basant sur l'analyse de plusieurs centaines des cas étudiés, nous sommes portés à croire que la plupart des victimes de la Martinique, sinon toutes, traversaient une période néfaste.
Il est également probable que bien des milliers d'horoscopes, autres que ceux des sinistrés en question, comportaient à la même époque de mauvais pas-
(1) Voir à ce sujet Déterminisme astral^ n» de janvier 1905.
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sages franchis autrement, ou n'ayant amené rien de saillant chez ceux qui avaient à les traverser.
Dans le cas des sinistres comme celui de Saint- Pierre de la Martinique, une sélection plus ou moins inconsciente peut fort bien s'opérer chez les hommes à rapproche du danger, si l'on songe que certains animaux en sont parfois instinctivement avertis.
On pourrait en dire autant des catastrophes at* tribuées à la maladresse ou à la malveillance.
L'aimantation de notre organisme par rapport aux influences sidérales, terrestres, télépathiques, etc. aboutit peut-être à des phénomènes analogues à ceux du magnétisme artificiel qu'on a répétés de nos jours dans la suggestion hypnotique.
Je suppose qu'un magnétiseur suggère à son sujet ridée de faire un faux pas tel jour à telle heure, 11 est probable que si le sujet hypnotisé est assez sensible, la suggestion à échéance aura lieu avec d*autant plus de netteté que ce dernier l'ignorera.
Si celui-ci est averti du danger couru et qu'il évite de se promener au jour fatal, au lieu d'une jambe cassée (que tout le monde s'empresserait d^attribuer au hasard) il pourra en résulter une simple entorse ou même un faux pas sans conséquence.
Cet exemple nous paraît un peu conforme avec ce qu'on est convenu d'appeler la « fatalité », grand mot qui effraye les uns se bataillant avec une chimère et qu'emploient les autres sans vouloir le définir,
A la nativité, le magnétisme humain, en formation d'individualité, peut très bien recevoir du magnétisme planétaire, en même temps qu'une réceptivité latente^ une sorte de suggestion à l'échéance dont la forme et
la gravité peuvent être modifiées dans la suite par la volonté^ la raison ou toute autre cause étrangère.
Dans le cas des tremblements de terre, si, comme le pensent certains savants modernes^ les mouvements sismiques du globe dépendent des influences du Soleil et de la Lune, on ne doit pas être surpris qu'il y ait certaines liaisons entre lescataclysmes terrestres et les catastrophes humaines.
Les sources sont les mornes et les canaux sont différentSj mais ceux-ci peuvent aboutir au même rendez- vous fatal.
Telle est du moins Texplication provisoire que nous donnons aux accidents collectifs ou individuels, pour ceux qui en cherchent une- Maïs je suis tout disposé à en admettre une meilleure qui n'éluderait pas les bases positives auxquelles nous nous rattachons.
Si l'homme ne peut arriver à démêler toutes les influences occultes qui le gueltent, il ne lui est pas défendu d en entrevoir, par l'analogie et l'expérience, le mécanisme général et d'en capter même quelquesunes, sans nier aucunement pour cela rinfervention d*en haut-
S*" Fatalisme ahBolu. — Tous les adversaires de l'astrologie attribuent à celle-ci, pour le besoin de leur cause, un caractère de fatalisme absolu que jamais aucun astrologue vrai n'a enseigné.
Bouché-Leclercq, dans son livre sur V Aairologie grecque, prétend que l'argument dirigé contre la divination est ^ qu'on ne peut connaître l'avenir que
s'il est fatal et Ton ne veut le connaître que pour pouvoir y échapper » (1).
Ceci est jouer avec les mots, car la divination revêt mille formes. On peut prétendre rationnellement que Tavenir est arrangé d'avance en essence et non en forme^ et chercher à connaître les modes de canalisation les plus probables des influences célestes, sans pour cela croire à la fatalité absolue d'ailleurs absurde. Nous étudierons plus loin au sujet de la a pré- « destination et du libre arbitre >* comment Tastrologie peut envisager cette question,
La véritable astrologie n*a jamais voulu régler à elle seule toute la machine humaine, et la définir rigoureusement dans sa nature et dans sa destinée, à l'exclusion de toute autre. L'hérédité, le milieu social, le libre arbitre collectif ou individuel^ et peutêtre bien d'autres sources d'influences inconnueSj n'ont jamais été éludées systématiquement par les véritables astrologues.
(i) Vaslrologie grecque^ ch. xvi, par Iîodché-Leglebcq,
CHAPITHE V
APPLICATIONS ET CONSÉQUENCES PSYCOOLOGIQUES DIVEHSES,
Prédestination et libre arbitre* (Lettre à M* le colonel «le Roclins.)
€ Mon colonel,
« Vous me faites Phonneur de me demander mon avis sur la question de la « prédestination et du libre arbitre i»^ envisagée à travers les études concernant V influence astrale que j'ai entreprises.
C'est avee plaisir que j'essaierai de la formuler, du moins dans Pétat actuel où elle est pour moi ; cap il me semblerait présomptueux: de prendre un parti définitif sur un point dont la science véritable commence à peine à s'occuper.
<( Jusqu'ici, en effet» cette double question de la fatalité et de la liberté, généralement mal posée, a toujours été fertile en controverses^ comme toutes les jongleries d'idées métaphysiques sans base et sans issue; et les citations d'auteurs qu*on pourrait
invoquer sur ce point pour l'éclairer, ne feraient probablement que l'obscurcir, — moins encore par leurs contradictions, que par leurs procédés d'argumentation qui ne répondent plus à la mentalité scientifique de notre époque. »
« C'est en montrant le rôle probable de Tin fine nce astrale dans la destinée humaine, que je veux essayer d'envisager la question, en partant de faits aussi précis que cette étude peut en comporter.
« Deux choses sont donc à exposer : 1° la réalité même de Tinfluence astrale sur l'homme ; 2° les conséquences philosophiques qui en découlent. D'une part, il y a des faits, d'une autre il y a Tinterprétation qui les concerne.
« Réalité de Tinfluenoe astrale. — Commençons par aller droit aux faits...
«Ne voulant pas reproduire ici ce que j'ai écrit ailleurs, je me contenterai de dire que plusieurs sources de preuves positives sont accessibles à l'observation scientifique au sujet de l'influence astrale sur l'homme. Des lois psychologiques de correspondances célestes existent : quelque étonnant qu'il puisse sembler aujourd'hui, ce fait-là peut être établi avec une rigueur scientifique qu'il est impossible de nier en face de l'expérience, et qui n'exige même pas d'initiation ou d'aptitudes spéciales de la part de Tobservateur.
« Au reste, si Tesprit scientifique moderne est encore hostile à cette vérité-là, il faut y voir beaucoup plus la routine d'une négation vieille de deux siècles qu'une véritable réflexion raisonnée. Beaucoup de
découvertes modernes pourraient fort bien légitimer le principe de l'astrologie : les théories sur le dynamisme des vibrations émises par tous les corps et offrant les transmutations d'énergie les plus variées, ne permettent pas en effet de rejeter a pHori comme absurde Tidée de solidarité entre les corps célestes et les être animés qui peuvent exister sur eux.
« Je ne puis faire ici que résumer les études que j'ai traitées ailleurs (1)^ pour aborder le problème de la destinée humaine à un point de vue philosophique.
(* Quelques-unSj admettant volontiers le principe de rinfluence astrale pour Vorienlemeni inné des facultés ou pour l'indication atavique, sont complètement réfrac taires à Tidée du rôle directeur des astres dans le cours de Texistence,
a On pourrait tout d^abord leur répondre que les astres influençant le nouveau-né au moment où il s'individualise, rien ne prouve a priori que l'enfant devienne aussitôt après subitement réfractaire aux in tluences célestes qui ron//a£"^7iai'/re( hérédité astrale) et qui Vont orienté,
ix Mais l'expérience encore ici réduit à peu de chose tous les arguments théoriques : des observations répétées prouvent en etlet des lois manifestes de correspondances entre certains passages d'astres elles phases d*évolution bonne ou mauvaise d^une existance humaine.
<i Cette question des transits planétaires^ que je ne puis faire ici qu'esquisser, est une source de preuves
(1) Etude nouvelle sur l'hérédité.
positives, et puisque l'état du ciel peut être calculé astronomiquement d'avance, on en arrive ainsi à envisager la prédestination humaine dans son sens général comme une conséquence logique de la marche fatale des astres. Envisagée à ce point de vue, la faculté de prévision qu'on rencontre chez certains sujets hypnotisés n'est pas plus inconcevable que celle des calculateurs de tête comme Maudeux et Inaudi. Dans les deux cas, le calcul mathématique permet le même genre de contrôle.
«En résumé, si la nature nous fait naître et évoluer sous des aspects planétaires, ce fait-là n'est pas sans cause, et cette cause-là, exprimée par les astres^ je l'appelle influence astrale ». Peu importe pour Tinstant son mode d'opération.
« Conséquences philosophiques de rinfluence astrale. — Nos facultés d'orientement et d'évolution étant liées, dans une certaine mesure, aux aspects du ciel, le problème philosophique qui s'y rattache devient dès lors capital et offre un champ d'investigations sans limite.
«Notre destinée gouvernée par les astres présentet-elle une fatalité aussi rigoureuse dans ses phases que ceux-ci dans leur marche? Rien n'autorise à le conclure.
« Je ne crois même pas que Tobservateur impartial puisse le supposer. Et s'il y a une science capable d'éclairer la question, c'est bien celle qui nous occupe ici, parla variété infinie des recherches qu'elle permet.
a Signalons de suite l'écueil de la discuâsion qui a
presque toujours été de vouloir opposer le fatalisme absolu au libre arbitre absolu, bien que les partisans des deux côtés ne croient au fond ni à l'un ni à Tautre, puisque aucun n'en admet les conséquences pratiques*
ull se perpétue même à ce propos chez beaucoup de gens une de ces contradictions philosophiques qu'il paraît suffisant de définir pour dissiper.
« Gertains fatalistes décrètent que la conscience qui préside à la liberté du choix que nous croyons faire est une pure illusion et qu'elle résulte elle-même d'un déterminisme qui régit les phénomènes de la Raison d'une façon non moins fatale que celui qui préside à ceux de notre organisme vital. S'il en était ainsi, il deviendrait difîcile d'attribuer un sens aux mots tels que f mérite, vertu, crime, responsabilité, vérité, erreur^ bien, mal, etc. », et le langage de l'homme de même que ses efTorts, deviennent non seulement une illusion mais une absurdité générale pour tous, à laquelle le déterministe échappe moins que tout autre.
« Quant à prétendre que la fatalité n'est irrévocable que pour les événements importantsde la vie, c'estéloignér tout déterminisme absolu, et admettre une liberté relative . Cette opinion n'a d'ailleurs un sens précis que si fon veut définir « l'importance «même des événements rencontrés le long de la chaîne des causes et des effets qui jalonnent notre voie.
<ï Vimporlance, en cette matière, comporte vraisemblablement les degrés les plus variés et les plus difficiles à connaître. Il est en effet manifeste que les événements d'une apparence insignifiante jouent parfois
dans la suite un rôle prépondérant dans notre évolution.
« La prédestination générale de ThomniG englobe donc probablement tous ses pouvoirs innés d'orientement et d'évolution sans les préciser d'une façon absolument fatale comme événement.
(( Du côté des partisans de la liberté absolue sans déterminisme directeur, on rencontre autant de contradictions en sens inverse. Chacun sait en effet que nous ne sommes point bâtis de la même façon comme capacités de caractère, et que les éléments de destinée offrent les mêmes remarques d'inégalité originelle ; que la chance existe pour certains individus, non à rétat de hasard passager mais bien de pouvoir permanent ; et que d'autres individus sont poursuivis par une malchance continuelle ; en somme, que la « bonne et la mauvaise étoile » sous laquelle on vient au monde est une expression qui cache une profonde vérité. Personne n'oserait le nier* rationnellement aujourd'hui. Aussi est-il permis de s'étonner de rencontrer tant d'opposition systématique quand on parle de la < prévision de l'aven îp », de la part de ceux qui sont souvent les premiers à déplorer le passé comme la cause du présent ! — Il n'y a en effet aucun doute possible sur cette contradiction : reconnaître que le présent est la conséquence du passé, c'est évidemment admettre que le futur est aussi celle du présent.
((Du reste, qu'est-ce que le « présent » si ce n'est du passé ou du futur encore peu lointains? De quel droit assigner des limites d'éloignement dans rcnchame* ment réel des causes et des effets? entre un diagnos*
tic et un pronostic y a-t-il autre chose qu'une question de degré?
fl En résumé, le libre arbitre ne peut être absolu d'une part, en ce sens que notre volonté seule est loin de pouvoir réaliser tout ce qui est accessible à d'autres; d'autre part, le système qui porte les noms de fatalisme^ de prédestination^ de déterminisme, etc. ne saurait également présenter un caractère absolu puisqu'il est impossible d'admettre un système qui met forcément son défenseur en contradiction perpétuelle avec lui-même et qui viole ainsi sa raison propre autant que celle des autres.
V En dehors de l'intervention possible de facteurs étrangers aux phénomènes courants, la destinée terrestre de l'homme résulte donc à notre avis d'une prédestination plus ou moins modifiée par le libre arbitre individuel ou collectif; ou plutôt elle est le résultat d'une puissance, condition nécessaire du mérite que j'appelle « libre arbitre », capable d'évoluer seulement dans un cercle de prédestination particulier à chaque individu.
<f L'état du ciel de la naissance indique au moins en partie ce champ de prédestination. En d'autres termes : l'avenir semble être arrangé d'avance en essence mais non en forme. Les puissances élémentaires de notre destinée sont fixées d'avance mais leurs manifestations diverses et leur coordination dépendent d'un libre arbitre approprié.
ïï II ne s'agit pas ici d'une « théorie du juste milieu » faite pour concilier le plus d'opinions possibles. La haute sagesse d'un éclectisme qui se croit dispensé d'arguments n'a, je crois, jamais apporté aucune so-
lution. Il s'agit de discuter et de choisir les conséquences les plus probables qui découlent de faits que Texpérience peut répéter de mille manières.
« Si les astres gouvernent en partie laidesLinée humaine, il faut sans doute entendre parla que les positions sidérales de nativité qui caractérisent la constitution originelle de l'individu, enregistrent des phases d'influences bonnes ou mauvaises dont les époques peuvent être calculées d'avance de la même façon que la marche des planètes dans leurs or^ bites.
« Ces périodes sont celles où le magnétisme céleste sera propre à influencer d'une façon harmonique ou dissonante notre constitution astro-magnétique de nativité.
(( Ces correspondances peuvent être exprimées sous forme de lois par Tobservation. C'est ainsi que la naort normale, comme il est facile de le constater, coïncide à peu près toujours avec les « transits » de Mars et de Saturne en aspect dissonant (coujonction, opposition, quadrature) par rapport aux positions dtj l'ascendant ou des luminaires à la naissance-
« Mais si le phénomène paraît nécessaire, il n'en résulte nullement qu'il soit suffisant.
a: La science des prévisions consiste surtout à chercher les convergences de probabilité et à formuler ainsi des résultantes plus ou moins fondées.
« Un déterminisme astral irrévocable paraît d'ailleurs inadmissible en face de l'expérience.
« En somme, l'étude des correspondances astrales permet de donner quelque idée d'un accord rationnel entre la prédestination et un autre facteur étranger
que nous appelons libre arbitre. Cette étude fait connaître dans une certaine {mesure le champ où la volonté humaine peut s'exercer normalement et par suite fructueusement.
cLe problème de la destinée semble en partie compris dans cette branche des connaissances humaines, que la philosophie moderne soupçonne à peine, mais qu'elle ne pourra éternellement éluder. Car la philosophie, par définition même, ne peut être spécialiste et a le devoir de s'inspirer de toutes sciences positives sans exception.
« L*honneur de la science positive (mais non pas né* gative) sera d'établir des bases solides à une science intégrale qui mettra beaucoup plus d'accord qu'on ne pense le spiritualisme et la matérialisme, en affranchissant peu à peu la Raison de l'interprétation personnelle si souvent gouvernée par des instincts aveugles.
« Que de forces perdues par les utopistes en ne tenant pas assez compte des prédispositions innées différentes pour chacun ! L'exemple si frappant des enfants d'une même famille très différents comme valeur intellectuelle et morale, devrait cependant rendre plus circonspects ceux qui estiment que Véducation prime tout I
« Il est vrai qu'on ne saurait trop encourager la « bonne éd4ication » comme étant toujours à souhaiter, ses résultats fussent-ils encore moins importants qu'ils le sont.
« De tous les facteurs de destinée, c'est en effet celui qu'il est le plus aisé de modifier. Nous ne pouvons en effet empêcher quelqu'un d'être né sous tels aspects
d'astres ou d'avoir telle hérédité^ tandis qu'on peut, dans une certaine mesure, orienter ses facultés avec une éducation judicieusement appropriée.
c( Sous tous ces rapports, la psychologie paraît fondamentale, comme science devant servir à toutes les autres.
« Dans le problème de l'éducation^ en particulier, on tend de plus en plus à reconnaître, avec raison j qu'aucune solution n'est possible sans la connaissance des aptitudes originelles de l'enfant; c'est-à-dire sans prévoir d'une façon générale la destinée pour laquelle il est fait.
« Tout effort de réforme sociale restera stérile sans l'étude de la psychologie.
« Nul ne sait ce que l'avenir de la science nous réserve en ce qui concerne le magnétisme personnel dans les phénomènes de clairvoyance» et le magnétisme astral y dans ses lois psychologiques à peine ébauchées.
c( La fusion de ces deux sources d*études, probablement plus différentes en apparence qu'en réalité, permettrait peut-être d'établir sur des bases positives une science qui fut de toutes les époques, mais que les charlatans ont été à peu près seuls à exploiter jusqu'ici.
a Je vous prie d'agréer mes hommages distingués.
(i Paul Flambatit, »
26 novembre 1904.
RoelK'rrltcs généalogiques diverses.
Nous renvoyons à « Etude nouvelle sur Thérédité », pour rapplteation des lois d'hérédité astrale à des questions de première importance telles que :
1** Les notes ataviques sautant plusieurs générations ;
S*" Les naissances prématurées ;
3' La recherche de la paternité ;
4^* La question des accouchements artificiels ;
5* Les époques de conception favorables ou mauvaises, etc.
Il est clair que la certitude absolue n'est pas du domaine de l'homme, mais il est des cas où la probabilité est telle qu'il devient antiscientiflque de douter* Je prends par exemple le cas d'un père etd^unenile ayant des thèmes astrologiques d'une ressemblance frappante (comme ceux de plusieurs exemples cités). Si je montre mathématiquem,ent que la nature a fait naître Tenfant dans un quart d'heure de nativité tel qu'on ne saurait en trouver plus de dix en l'espace de six années, la probabilité ici est facile à calculer.
Comme il y a par année 24x4x365=35.040 quarts d'heure, on a pour expression de la probabilité cher-
*^"^^ 6"x"35.04Ô ^^ 2ÏMI
Il est donc frappant de trouver que pendant une durée de 2L024 quarts d'heure, la nature a choisi précisément te ciel le plus d'accord avec celui du père- Non seulement il y a une certaine preuve de
Tinfluence astrale comme on Ta vu, mais il y a évidemment un moyen d'éclairer en même temps la recherche de la paternité et bien d'autres questions analogues,
Union entre consang^ulns et croisement des races.
L'hérédité astrale vient encore apporter aux dangers de l'union entre consanguins une hypothèse explicative que la science je crois n'a pu jusqu'ici soupçonner.
Qu'àrrive-t-il en effet dans l'union de deux parents proches?
Je prends pour fixer les idées le plus simple et le plus universellement condamné : celui d'un frère et d'une sœur. Au point de vue de l'hérédité, l'enfant qui en résultera aura deux fois moins d'ascendants proches que s'il était issu de deux êtres aucunement parents et qui souderaient ainsi deux arbres généalogiques différents.
Si Ton se reporte à Thypothèse qui s'impose eu hérédité astrale, et que nous avons admise au moins provisoirement, à savoir que la nature tend à faire naître le nouveau-né vers Vépoque de la naissance sous un ciel le plus en rapport possible avec son atavisme^ c'est-à-dire avec le ciel au moins d'un des ascendants^ on voit que dans le cas présent (parents frère et sœur), la nature aura un choix pluà limité pour trouver le moment qui convient; les ancêtres, en effet, qui servent
ici de « mode d'adaptation » à rinlluence astrale ^ont moins nombreux, donc les moments favorables sont moins nombreux aussi.
L'arbre généalogique est en quelque sorte tronqué, les ramifications de ses racines détruites en partie^ et il peut arriver une naissance sans rapport héréditaire voulu et par suite engendrant des perturbations vitales de toutes sortes.-.
Moins il y aura de parenté entre conjoints et plus les ramifications généalogiques seront étendues ; donc plus il y aura de choix à la nature pour trouver un moment favorable au nouveau-né. On voit par laque le danger signalé qui trouve son maximum dans Vincesle, trouve son minimum dans le croisement des raees^ c'est-à-dire dans le cas où aucune parenté même très éloignée n'est plus possible.
Deux individus d'un même peuple ont très souvent des parentésinconnues plus ou moins éloignées; mais entre peuples différents la chose est moins concevable-
Le croisement des races, enseigné comme régénération d'une race humaine^ trouve donc ici une sorte d*explicatiûn rationnelle, à condition bien entendu que les conditions requises pour l'union harmonique des deux conjoints se trouvent réalisées.
Toutes choses égales d'ailleurs, on conçoit par là que deux individus de races dilTérentes puissent avoir des enfants mieux constitués que ceux d'une même race*
Les dangers de la consanguinité se rencontrent souvent dans certaines populations rurales où les unions entre parents sont très fréquentes* Cela a tou-
jours été une vérité pressentie et on peut dire constatée que toute race ancienne a besoin de sang nouveau pour se régénérer.
Je crois difficile de trouver une science qui en donne une justification plus satisfaisante que celle de l'hérédité astrale.
Lé génie et la folie (i).
11 n'apparaît nullement en astrologie que le a génie soit de la dégénérescence ». Si on appelle génie une supériorité intellectuelle qui s'affirme avant tout par l'esprit de création et de découverte vis-à-vis des choses d'une grande portée pour l'esprit humain^ — et je crois qu'on ne peut guère donner que des variantes de cette définition-là si l'on ne veut pas s'éloigner de rétymologie des mots; le génie, dia-je, astrologiquement parlant, est toujours caractérisé par des harmonies d'une étoffe ou d'une puissance spéciales. L'appréciation peut être parfois ambiguë, mais entre un génie et un être quelconque, l'astrologie n'hésitera pas à faire la distinction. N'est-ce pas là le mystère le plus captivant? Quel est le psychologue qui n'a pas entrevu comme problème à la fois capital et insoluble celui qui vise la caractéristique du génie? Pourquoi le génie plutôt chez tel individu que chez tel autre?... à quels signes reconnaître le génie chez l'enfant?... En biographie littéraire, on en
(1) Voir les exemples de Langage astral, et Déterminisme aHrat (q° de janvier 1905).
cherche parfoiis lexplication dans Tatavisme, mais nous n'insisterons pas sur le caractère tout à fait insuf lisant de cette source-là — comme c'est le cas par exemple pourîi^s génies qui ont de nombreux frères et sœurs sans note spéciale (Napoléon, Ghateaubriant^ etc.).
Un cas à mettre en parallèle avec celui du génie est celui de la FoHe^ de la folie naturelle surtout.
Tous les cas de folie quej'ai pu analyser émanaient avec vraisemblance de notes dissonantes prononcées dans la mentalité(d'ordinaire le Soleil et Mercure très dissonants d'aspects). Le génie qu'on assimile parfois à la folie, à travers certaines élucubrations modernes, — peut-être parce que ce sont là deux extrêmes, — semble avoir de commun avec elle certaines positions planétaires d'où découle l'activité mentale; mais au point de vue de Tharmonie des significateurs intellectuels, j'ai toujours noté leurs caractères opposés. On conçoit, toutefois, par la psychologie astrale, que le mélange de notes contraires puisse rendre assez fréquentes certaines résultantes complexes de caractère ou le génie et la folie se disputent le terrain.
Nous donnerons, à titre d'exemple de dissonance mentale très caractérisée, le thème suivant, d'autant pi us intéressant pour nous qu'il nous a permis de résoudre avec succès le « problème inverse» de l'heure retrouvée^ en partant simplement de ce fait que la personne avait été atteinte de folie naturelle. Cette jeune fille de bonne famille, née à la Rochelle le 1** novembre 185K,à 10 heures du soir, devint folle sans cause accidentelle connue, et sans que Tatavisme, réducalion ou le milieu aient pu Ty conduire.
L'heure de 10 heures du soir pour la nativité fut de suite repérée par nous comme étant la plus propre à mettre en évidence une dissonance mentale très prononcée (quadrature de Saturne sur Mercure et le Soleil) qui devenait ainsi la dominante du caractère. Des renseignements sur l'acte de naissance vinrent confirmer ensuite nos prévisions.
Harmonie et désharmonie liiimalnes.
L'évolution de l'homme.
Il semble difficile, dans le problème du bien et du mal, ainsi que dans l'évolution des mondes et des sociétés, de ne pas faire intervenir les données astrologiques si on ne les ignore pas.
Un fait d'observation précis et qui domine peutêtre tous les autres par sa portée philosophique çst le suivant : la dèsharmo7iie humaine (en caractère et eiï destinée) correspond toujours à des dissonances astrales (principalement aspects dissonants de Mars et de Saturne avec les luminaires^ le méridien ou rhorizon). La mort, les maladies, les accidents, les ennuis graves de toutes sortes, les deuils (par réceptivité héréditaire)... en un mot tout ce que l'on peut englober sous le titre de « désharmonie humaine » est écrit plus ou moins nettement dans les astres. Le libre arbitre existe dans une certaine mesure proportionnée à chacun, c'est entendu et je n'en parle pas ici.
Ce que je viens de dire de la désharmonie peut se
dire également de rharmûnie qui a ses correspondances astrales aussi nettes. Malgré la gravité de l'observation, — gravité que je ne méconnais nullement en face des idées reçues et qui éloignera beaucoup de gens de ces études par la crainte du ridicule ou de la déconsidération professionnelle, — malgré la gravité, dis-je, de cette afOrmation^ Tobservateur impartial se voit forcé de reconnaître que Vharmojiie ei la déskarmonie humaines sont titîes dans une cer laine înesure à des rayonnemeuLt harmoniques et dissonanls des astres.
Cette liaison est-elle une influence directe ou quelque autre correspondance? il est difficile de se prononcer ici; en tout cas tout se passe comme si rinfluence était réelle. Pourquoices correspondances d'harmonie et de désharmonie avec des aspects particuliers d'astres?
Pourquoi la quadrature de Saturne par exemple estelle mauvaise et son trigone inoffensif est plutôt bon? Pourquoi la conjonction de Jupiter est-elle bénéfique et sa quadrature en général peu importante comme harmonie?.,. Pourquoi ^nesïr-iXmnzi^jenensais rien\ et je ne dis pas ces mots dans le sens qui veut dire : je refuse atout autre le droit d'en savoir plus long que moi. Je n'empêche en effet personne de remonter plus haut le long de la chaîne des causes et des effets qui forment la destinée humaine ; mais je demande seulement qu'on me le montre autrement qu'avec des hypothèses et des vraîsemblances/Toute discussion est permise» mais ayant de se lancer dans le « pourquoi j> des lois qui nous régissent, il est prudent de chercher a n'éluder ancune de
ces lois, et celles de l'astrologie semblent capitales.
Si la désharmonie humaine est le fait d'une déchéance, un bouleversement cosmique ou « déchéance astrale » a dû y correspondre depuis l'apparition de l'homme sur la terre : autrement dit, à un moment donné les facteurs astraux qui actuellement semblent occasionner le mal (principalement Mars et Saturne par leurs aspects dissonants) devaient ou ne pas exister dans notre système planétaire ou y jouer un rôle différent; et alors il y a eu un bouleversement dans celui-ci; à moins toutefois que le caractère d'harmonie spécial à Mars et à Saturne ait totalement changé, ce qui est peu admissible.
Ou bien encore la nature humaine — au point de vue de sa liaison avec les astres — a complètement changé ; mais il est peu admissible de penser que Torganisme de l'homme (considéré ici comme être matériel) soit soumis à des lois d'orientement et d'évolution qui changent du tout au tout dans leur essence même : si l'homme est régi aujourd'hui en partie par les astres, il Tétait aussi très certainement au début, le contraire est insoutenable.
L'influence astrale a pu jadis avoir un effet plus général et la réceptivité de l'homme ^vis-à-vis d'elle a pu s'affiner; mais il est logique d'admettre que si elle est réelle aujourd'hui elle l' était autrefois aussi^
Quoiqu'il en soit, cette considération-là me paraît du plus haut iatérêt philosophique et montre que rétude de l'évolution de l'homme ne saurait être indépendante de celle de l'astrologie.
Si les astres influencent Thomme, l'homme vrai-
sembkblement influence les astres, du moins dans une certaine mesure. Je ne prétends pas préciser cette « mesure », mais le principe de la chose me paraît indéniable : dans le plan physique il n'y a pas en effet (faction sans réaction ; il en est de même dans le plan moral et psychique, car donner c'est recevoir et recevoir c'est donner. Il est en effet difficile de concevoir qu'un être puisse en influencer un autre tout en restant complètement indépendant de la réceptivité de ce dernier. Si l'influence n'est pas directe, la liaison entre les deux êtres n'en subsiste pas moins et il n'y a pas de liaison sans influence réciproque^
A ce point de vue, on pourrait admettre que le libre arbitre de Thomme a une influence sur les lois mêmes de la fatalité qui le gouverne, autrement dit qu aucune loi n'est fatale d'une façon absolue et indépendante du libre arbitre humain.
Alors la et chute de ITiomme ï> proviendrait-elle du bouleversement du système planétaire, ou ce bouleversement proviendrait-il de la chute de l'homme, — par une évolution faussée de son libre arbitre mal utilisé?
Il n'est pas absurde, loin de là, de supposer que le libre arbitre collectif de l'humanité a pu s'être vicié au point d'attirer et d'établir positivement la désharmonie des influences cosmiques sur la terre. Ce serait ici une belle application du principe de « la fonction qui crée l'organe », en même temps qu'une preuve de la solidarité humaine.
Réciproquement, si l'homme progresse, l'harmonie planétaire correspondant au progrès humain peut
aller en se développant... Comme on le voit on peut se poser ces problèmes, sans absurdité aucune sur le terrain scientifique.
Depuis longtemps, il y a eu des philosophes qui ont pensé que l'humanité actuelle n'est pas normale et que nous sommes tous plus ou moins dégénérés.
D'autres, plus nombreux aujourd'hui, croient au contraire à l'origine animale de l'homme... Que sait la philosophie officielle de l'évolution individuelle de Thomme et de sa fin normales ? Fort peu de chose, malgré tous les systèmes philosophiques qui se sont succédés et contredits; elle n'est guère plus avancée aujourd'hui que dans l'antiquité, et cela faute de bases positives en psychologie.
Quel système philosophique pourrait-on comparer, en vérité et en portée, au simple fait de Vhéréditè astraie, ou encore du rôle de Mars au point de vue de la mortalité, comme on l'a mis en évidence plus haut? Etant donné les lois actuelles des astres, les hommes, suivant leur naissance, sont plus ou moins sensibles aux harmonies ou désharmonies astrales ; ils meurentjeunes ou vieux, le plus souvent en raison de cette réceptivité et cette réceptivité peut fort bien être modifiée par le libre arbitre individuel ou collectif.
Quand on étudie expérimentalement à travers l'astrologie cette question de la mort, il semble que 1 homme ne puisse normalement prendre <(Son billet pour l'au-delà » que sous certains courants astraux spécialement dissonants pour lui. Nous l'avons montré à propos des « transits », en ce qui concerne spécialement les rôles de Mars et de Saturne.
Aussi, au nom seul de la science, le meurtre et le
suicide peuvent-ils être condamnés comme générateurs possible de désincarnation anormale^ propre à inquiéter la conscience plalosophique.
Il est vraisemblable d'admettre qu'avec sa liberté, si restreinte qu*elle soit, Thomme peut soutenir en partie la lutte contre les influences astrales qui Tas* saillent.
Au reste, parmi toutes les pbases désharmonîques de la vie humaine, la mort ne choisit pas toujours celle qui ferait le plus croire à son arrivée, mais je n'ai encore jamais trouvé un cas de mort, — même par accident — qui ne coïncide pas avec un passage indiqué comme nettement maléfique par les positions dissonantes de Mars et de Saturne sur les significateurs de vitalité (luminaires et ascendant).
Etant donné le système actuel des astres, l'évolution individuelle de l'homme et sa mort pourraient donc être considérées comme normales. Si on les prétend anormales — et je ne suis nullement opposé à ce point de vue, — il faut alors logiquement admettre que noire système planétaire; est anormal^ ou bien alors que les lois de correspondances entre les astres et rhomme qui sont une réalité aujourdhui étaient une chimère autrefois,
A moins de nier l'astrologie aveuglément, il me semble difficile de sortir de là sans conclure tout au moins à la conformité des facultés humaines au système planétaire qui les régit et réciproquement.
Cette question peut devenir un gros embarras pour les partisans de l'origine animale de Thomme* Tout en admettant que l'homme civilisé est plus sensible aux astres que le sauvage, et sans nier le râle de
V influence astrale sur les animaux (étude encore à approfondir) de même que sur tous les êtres de la nature^ les lois de correspondances, très générales sans doute, qui les régissent, paraissent trop diiïérer de celles concernant la mentalité ^i la destinte de Thomme, pour supposer un tel changement survenu dans la liaison entre celui-ci et les mouvements célestes...
Je ne veux pas d'ailleurs dans ce livre insister sur des idées dont l'accueil actuel ne me laisse aucune illusion. J'ai simplement voulu esquisser sans parti pris certains horizons philosophiques que la science astrologique peut mieux qu'une autre étudier.
Je sais parfaitement d'avance qu'en cette matière, trop étrangère encore aux préoccupations courantes des savants, ceux-ci pour la plupart, slls daignent me lire, ne manqueront pas de m'accuser d'avoir été trop loin dans ces digressions, tandis que d'autres, au contraire, plus familiarisés avec ces questions^ me reprocheront ma réserve. Comme il est difOcile de contenter tout le monde, j'estime que le souci capital du philosophe doit être la recherche de la vérité pure et que Veffet à produire est secondaire.
Je répète d'ailleurs que je fais bon marché de toutes les opinions émises dans ce livre en présence des faits positifs qu'il contient^ et je demande au lecteur s'il est sincère de juger en tout cas ceux-ci avant celles-là.
CIIAPlTUli V