Concours sur l'Éloge de Bernardin de Saint-Pierre
2. Maxime Gaucher qui, pendant les dix dernières années de sa vie, a rédige la chronique littéraire de la Revue bleue.
21 jHto 1852.
Mon cher Poitevin, je viens de relire une lettre de toi, du 2 juin, à laquelle j'ai eu Tinfamie de ne pas répondre encore, et j'en serais tout honteux, si je n'avais pour excuse que je n'ai vraiment rien à te dire. Mon prix dont tu me parles fait pour moi partie de ce passé, qui est comme s'il n'avait jamais été, et le présent n'a rien de gai. Je viens d'être un peu malade, moitié du temps et moitié d'une vive contrariété, comme on en rencontre par douzaines dans la vie : mais il est dit que notre diable de nature ne peut s'y faire et geint toujours. Bref, âme et corps relèvent en moi de maladie et vont fréquemment se refaire au Jardin des Plantes, dans la contemplation de mes chères bêtes et de mes beaux arbres. Le travail marche au milieu de tout cela d'un pas boiteux, mais il marche.
Je voudrais, cher ami, déterrer un sujet de thèse et passer; il faut que je sois docteur avant un an et que, dans trois ou quatre ans, j'aie l'air de l'avoir été toute ma vie. Mais, pardieu, que prendre? Je veux : i^ La, littérature française ; 2° Un homme ; 3** Le xvni« siècle ; 4° que ce soit court. Je déhbère, mes amis cherchent, et j'attends.
Pour toi, cher ami, la tienne est envoyée, me dis-tu ; mais je n'en ai pas de nouvelles. Si tu le permettais, j'en parlerais bien à M. Garnier* et je serais au courant. C'est un homme très aimable. Mais le meilleur des hommes est bien certainement M. Geruzez, qui est pour moi d'une bonté extraordinaire, et à qui je le rends de mon mieux. As-tu lu mon éloge de son livre dans la Revue de r Instruction publique 1 II en a été bien content, et moi aussi, à cause de lui.