AULARD, X
(2) kl., XI, 91.
(3) Id., VII, 212.
(4) Id., XI, 87.
(5) Piir décret du i;; février i;04 (Aulvk», XI, 22), Ferry et Noël Pointe recevaient cliacuii 4,000 livres. Romme en recevait 5,ooo, et, comme on étendait ses i)ouvoirs sur la Cliarente et les départements voisins, avec charge d'y organiser le gouvernement révolutionnaire, on lui envoj'ait une carte de ces déparlements, extraite du dépôt de la guerre, mais à titre de prêt.
((')) A ce dernier fut bientôt adjoint un certain Gazeran (XI, 448), spécialement chargé de réquisitionner des ouvriers pour le coulage des canons de marine par le procédé expéditif du moulage au sable.
pouvoirs discrétioiiiiaires. On leur donnait le droit de réquisition sur les ouvriers, les artistes, les entrepreneurs, les fonctionnaires. Ils pouvaient même destituer et arrêter tous ceux qui les gêneraient dans l'accomplissement de leur mission. Le lendemain. 13 février, une nouvelle mission était organisée pour créer des fonderies de canons: Gilles Laumont et Lamothe partaient pour la Dordogne, Henry pour la Nièvre et l'Allier, Hassenfratz père et Guillaume pour le Cher.Lefèvre-Hellaucourt pour l'Orne et rEure(l); Drouet pour l'Eure, l'Eure-et-Eoir et l'Orne (2). Ils étaient également investis de pouvoirs extraordinaires. Prieur s'occupait même de leur adresser des nouvelles sures (3) et ordonnait de leur envoyei-, dans le cours de leur mission, des exemplaires du Bulletin des lois, du Moniteur, du Journal du Soir, et tous les rapports des Comités.
Ainsi secondés etsoutenus, les commissaires nommés par le Comité se mirent à l'œuvre, et bientôt, sur tous les points du territoire, fonctionnèrent de nouveaux ateliers ; mais les besoins étaient immenses, et Prieur était toujours obligé d'être sur la brèche. C'est ainsi qu'à Saint- Etienne le représentant Girard sera chargé par lui de surveiller les procédés spéciaux pour la fabrication des fusils et l'exécution des modèles qui seront envoyés à Paris et à Charleville (4) (28 janvier 1794). A Tarbes, on installera une fonderie de canons (îi) (3 février), et le représentant Monestier, investi d'une mission spéciale, (( cherchera de bons sans-culottes, intelligents, en état d'entreprendre cette fabrication à leur compte, et leur
(l) AlLARD, XI. Uj.
(21 1(1., XI, ec*\.
O) 1(1., XI, ;i.V
procurera toutes les facilités pour l'entreprendre promptement. Les ateliers de Versailles seront assimilés à ceux de Paris (1). Tous les fondeurs et armuriers de Lyon seront envoyés à Valence et à Pont-de-Vaux (19 décembre 1793) et Prieur, à cette occasion(2), écrira de sa main au représentant Albitte : a Nous t'invitons à tenir la main à ces dispositions enfaisanten sorte néanmoins que lesdeux fonderies de Valence etdePont-de-Vauxnes'enlèvent pas réciproquement leurs ouvriers, ou ne cherchent pas à se paralyser l'une l'autre. » A Bougival, le grand moulin (3) est mis en réquisition pour la création d'une usine contenant deux meules et douze foreries (8 février 1794). A Douai (4) la fonderie ne fabriquera plus que des pièces de canon de 16, des pièces de campagne de 17 et de 8, et des obusiers de 6 et 8 pouces. Le 27 février 1794 (5), autorisation à Poulain aîné, de Bouttancourt, près de Mézières, « de mettre le feu à une seconde masse à fourneau de fer, et à l'entretenir en activité pendant tout le temps de la guerre, pour que les fontes qui en proviendront soient employées en projectiles pour le service des armées soit de terre, soit de mer. » Le 9 février, mission au représentant Louis de Rivery (G), pour qu'il réunisse à Abbeville tous les ouvriers capables de travailler à la fabrication des baguettes, des baïonnettes et des platines. Réquisilion(7)de tous les fers de la forge de Bressou. dans la Gironde, pour le service de la manufacture de Montauban; et ordre (8) de
(l) AULARD, X. 590.
(a) Id., X, 320.
(3) Id-, X, 7-1.
(4) Id., X, 588.
(5) Id., X, 4:6.
(6) Id., XI, :.
(;) Id., VI. 55r.
(81 Id.. XI, 240.
convertir en foreries à canons tous les moulins à foulons et à ratines qui sont sans emploi dans cette même ville. Le 18 février 1794, ré(|uisition (1) à Treillard, Blanchi et Marchand frères, maîtres de forges à Rives, de 180 quintaux d'acierde leurs fabriques pouralimenterlafabrication des armes blanches à Thiers. Le 20 février, réquisition (2) de l'église de Saint-Nicolas de Meulan pour y installer des ateliers decharronnage. Le 4 mars(3) réquisition de l'usinedu Creusot pouryétablir,sousla direction de Uamus.six fourneaux à réverbères et denouvelles machinesà forer, (|ui permettront délivrer chaque mois près de cent nouveaux canons. Le 8 mars (4) ordres donnés pour activer la fabrication des platines de Le Blanc à Roanne. Il serait vraiment fastidieux de prolonger cette ('numération : ([u'il nous suflise d'avoir démontré qu'en flonnant l'impulsion de Paris, et en répandant dans le pays entier des agents actifs et pleins de bonne volonté. Prieur réussit à subvenir aux besoins croissants des multitudes qu'on envoyait alors à la frontière. Bientôt germera une abondante moisson d'armes de toute sorte. Lorsque dans toutes nos armées, lorsque sur les remparts de nos citadelles, lorsque dans nos moindres dépôts se hérisserontdes forêts de baïonnettes, ou se dresseront des canons en batterie, c'est à Prieur qu'on le devra. Il ne serait que légitime de lui en savoir gré.
Pour fondre ces armes, fusils ou canons, la matière première, le bronze, commençait à faire défaut. Or, la (>)nvention avait eu une inspiration géniale. Par décrels du 23 juillet et du 3 août 1793, elle avait résolu d'enlever aux clochers des églises les cloches qui les garnissaient
(l) AULARD, XI, 2^1.
(a) Id., XI, 2t)i.
{■i) rd.. XI^ 525.
(4) Id.. XI. 5<jo.
et de convertir ces cloches en canons. Les résistances locales étaient à prévoir. Il est en efïet dans la nature humaine de s'attacher àcertains objets, auxquels on prête un sens symbolique, et il était probable que les populations, surtout dans les campagnes, ne verraient pas sans émotion disparaître ces monuments de la foi, qui, chaque jour, les appelaient à la prière et présidaient à toutes les cérémonies de famille. La Convention prévoyait ces résistances, mais elle était résolue à les briser. A ce sujet, elle investit de pouvoirs illimités les représentants envoyés en mission dans les départements. Pour mieux assurer l'exécution de ses ordres, elle nomma même des commissaires spéciaux, tel ce Louis Gouret que, le 24 août 1793 (1), le Comité de Salut Public chargeait d'une mission extraordinaire pour faire exécuter les décrets relatifs à la descente et à la conversion des cloches en canons. Sur ce point Prieur fut inQexible. C'était chez lui comme une question de principe. Il ne croyait pas mal agir en condamnant les cloches, car il les considérait comme des instruments de réaction. Depuis longtemps n'avait il pas proclamé que les cloches étaient une mine à la disposition du gouvernement. Aussi fut-il le principal inspirateur d'un nouveau décret, rendu le 25 août : « Le Comité de Salut Public, convaincu de l'indispensable nécessité de mettre à exécution le décret (2) relatif à la descente des cloches pour l'approvisionnement des fonderies de canons, arrête que le décret de la Convention nationale du 23 du mois courant sur les commissaires du conseil exécutif provisoire, n'empêche pas le départ des républicains envoyés par le ministre de la guerre pour faire descendre et employer dans les fonderies les