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LES- ATELIERS EN PROVINXE

Ce n'était pas seulement aux ateliers de Paris que s'appliquait la sollicitude de Prieur. Il voulait, sur le sol entier de la France, etpour répondre aux besoinsîocaux,

(i; ()ori'f.s|)<iii(l;iii(jf de Cariiul,'!'. III. j). rj(). (2) (;ori-i'S|)()iiflaua' de Caniot. T. iir, p. 4'">:>-4<'^'"»-

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improvi.ser de nombreux ateliers pour la fabrication des fusils. Sans doute les ressources n'étaient pas abondantes . mais ou pouvait toujours tirer parti des bonnes volontés individuelles et profiter de ce (ju'on trouverait sur place.

Deux jours après son entrée au Comité et sans doute parce qu'il connaissait par lui-même la situation, Prieur essaya (1) de créer une manufacture d'armes dans la Côte-d'Or, à Bèze (20 août) : « Les administrateurs de la Côte-d'Or sont chargés d'étudier les moyens à employer pour profiter des ressources locales et parvenir à établir tout de suite dans ce lieu une fabrication de fusils, ou seulement de canons de fusil scindés ou forés, ou, à défaut de moyens suffisants, les maquettes de bon fer, destinées à être fondues en canons, et qui seraient transportées à d'autres établissements. » Ce n'était là qu'une tentative isolée : Prieur essaya delà généraliser. « Il rédigea de sa mains (30 août) et fit signer par ses collègues le décret Ç'I) suivant : « il sera envoyé le plus tôt possible des commissaires dans les départements qui produisent du fer propre aux différents objets de la fabrication des fusils, à l etïet de visiter et de reconnaître les forges qui sont actuellement munies de martinets nécessaires à la confection des lames de lance et des fers de différents échantillons, et celles où les martinets pourraient être promptement établis .(le prendre tous les renseignements sur les prix des objets et les quantités que les forges peuvent fournir. Des commissaires seront également envoyés dans les villes renominées pour leur (^outellerie et leur taillanderie à l'etlel de reconnaître celles où il serait possible d'établir

M) .Vllaud. ^'l. S.

12) 1(1., VU. iS;.

des fabriques de baïonnettes, baguettes et lames de sabre. »

Jamais missions ne furent mieux justifiées. Dans certaines de ces manufactures la mauvaise volonté des entrepreneurs et des ouvriers était notoire. Ainsi à Saint- Etienne dominaient les idées fédéralistes, et ce qu'on nomme un peu pompeusement la tyrannie fédéraliste (i); à Indret (2) les entrepreneurs de la fonderie étaient connus pour « leur incivisme »; à Moulins (3) « la manufacture d'armes à feu ne fait rien par le fait des entrepreneurs, qui ont cependant reçu des fonds delà Républiq.ie, jus(ju'à la somme de 300,000 livres, et il y a pour toute fabrication achevée cinquante ou soixante fusils, et les ouvriers sont à la veille de manquer de subsistance ». Par bonheur les ordres du Comité étaient impératifs et ils furent strictement exécutés.

Ce fut alors qu'un certain Daiche fut envoyé en mission dans l'Allier (2 septembre) pour chercher les forges pourvues des martinets nécessaires et prendre des renseignements variés pour la fabrication des fusils (4); alors que Pradier fut envoyé à Langres (10 septembre) pour installer une fabrique de sabres de cavalerie (5) ; alors que Guillaume Dubenca fut autorisé à créer à ChâtellerauK, dans laVienne, une fabrique d'armes (6). Le ministre de la marine pourra se servir comme d'un établissement national de la forge delà Ghapelle-Saint-Robert, à Nontron, dans la Dordogne, qui était sur le point d'être vendue, parce que son propriétaire avait émigré (7). On

(i) Ali.ahd, vu, 4j8.

(2) Id., Vni. 3o6.

Ci) Rapport du conventionnel Legendre (i" sei)tembro l'y'i», c-ilo dans la correspondance de Carnot, T. m. p. lo'J.

(4) Aui.AUD, VI, 335.

(5) Id.. VI. V- (()) Id.. W. V-

(;) Id.. VI. î.):.

y fabriquai! des boulets et des canons. Tant que durera la guerre, défense de vendre cette forge. Au lieu de les suspendre, on activera les travaux (.'ÎOsept.). Vandermondeie mathématifien (1) ira à Klinj^enlhai pour suivre dans ses détails les procédésdela fabrication des sabresetdes baïonnettes, et. sans doute parce que son rapport est favorable, des ordres sont donnés pour ([ue, dans cet établissement, soit triplée (:i) la fabrication des armes blanches. Le S décembre le niêmeVandermonde est cliargéd'u ne inspection générale(3) des fabriques d'armes a afin de mettre de l'ensemble et d'indiquer aux artistes et entrepreneurs les fautes qu'ils pourraient faire elles moyens de les corrij^er. » Seulement, comme le temps presse, on l'expédie, avant qu'il ne commence sa tournée d'inspection, à Corbeil (4), où il transformera le moulin Boucher en fabri((ue de baïonnettes et le moulin Galand en forerie et émoulcrie de canons. Huelle ira à Grenoble, à Vienne et à Valence pour étudier la fabrication des lames de sabre (5). Potier sst chargé d'une mission analogue pour les fabriques du Nord, mais il est arrêté en route, et sous de futiles prétextes, par le maire de Chantilly, Hautin. IVieur, instruit de la déconvenue de son agent, ordonne aussitôt l'arrestationdu malencontreux magistrat ([ui s'est permis dediscuter un ordre du Comité (Il septembre). Il est vrai que, sur ce point, il se n)onlrait inlloxihie: ainsi lorscjue le comité de la section de la Fontaine de Crénelle, à Paris, s'avisa de ne pas vouloir exécuter ses ordres impé-

(11 Al i.Mui. VI, 15$.

(a) Ici., XI, 5a«.

d) u\.. IX, 2.">.

*i» M.. VI, iîJ. — IX. iV). ce (U-crcf «lu '*"î <lfccnil>rr i;;!? (X. {J.S) nLilifii lVtiil)lisscin('nl dVmoiilcrics de fusils flans 1rs inoiiliiis HoiiclitT et (l.ijainl.— ()r<lrc (lu iS IV-vricr 1705 (Xf. ■>ÎSi doini ■ a divcr.* riili-cpriMicm-s i).)iir l'aire jtiK'Ocssairc.

(.-.. Id.. VI. Ji.-..

ratifs pour la fabrication des canons, il fit rendre par ses collègues un décret (1) pour l'exécution dans les vingtquatre heures (13 janvier 1794). A Noyon (2) un certain Lefay avait été réquisitionné pour travailler aux armes, mais le comité révolutionnaire de Noyon avait suspendu l'acte de réquisition. Prieur ordonne aussitôt à l'agent national d'examiner le motifs des membres du comité et, s'ils ne lui paraissent pas fondés, de les arrêter.

Cette rigueur était commandée par les circonstances, et les représentants envoyés en mission n'étaient pas hommes à ne pas exécuter les ordres reçus. Tel Deydier envoyé en mission extraordinaire, et avec pleins pouvoirs, dans l'Isère, afin d'activer la fabrication de l'acier, d'assurer les quantités nécessaires aux fabriques de Saint-Etienne, de veiller à ce qu'on ne livre d'acier qu'aux fabricants d'armes et qu'on envoie tout l'excédant à Paris, et enfin de fixer un prix maximum pour l'achat et la fabrication (3). Deydier s'acquitta si bien de cette première mission que Prieur lui en confia bientôt une seconde pour lesdépartementsnormands( 12 février 1794)(4). En même temps que lui étaient envoyés Ferry (5) dans le Cher, Romme dans la Dordogne et Noël Pointe (6) dans la Nièvre et l'Allier. Ils devaient « former tous les établissements de fonderie et forerie que la localité comporte, et développer ceux qui existent. Ils étaient investis de

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