‹ Prieur de la cote-d'orChapitre 8 sur 32 · AULARD, VI · texte numérisé non relu

AULARD, VI

(5) Id.. VI. 24ft.

rue Saint-Dominique, n° 1050, et à l'hôtel de Broglie (1). En outre l'hôtel VaulDecourt, sur le quai Voltaire, était afïecté à raciininistration centrale de la fabrication des fusils, et des magasins spéciaux étaient créés, deux pour les outils à l'hôtel Maupeou et à l'L'niversité, un pour les fers dans la maison la Guiche. rue du Regard, un pour l'acier dans la maison Deselignot, et deux pour les charbons dans le jardin des Bénédictins et à l'île Louviers. Le 2G octobre (2) vingt forges sont installées sur la place de l'Indivisibilité. On les destinait aux ouvriers qui commençaient à forger des canons, et il était spécifié que ces ouvriers seraient payés non à la pièce, mais cinq livres par jour. Il paraît que l'eau manquait à ces vingt forges, car, au 25 novembre (3), Prieur était obligé de rédiger de sa main une réquisition d'eau pour les alimenter. Le 7 décembre (4) Francastel et Bénard sont autorisés par lui à établir deux machines de foreries de fusils à bras, et le 7 janvier 1794 (5) à installer un banc à forer les fusils dans une des maisons nationalesde leur section. Le 11 décembre 1793(6) l'église des Quatre-Nations est convertie en fabrique d'armes et bientôt on y installe (7) cinquante forets neufs à bras. Le même jour Prieur autorise le charpentier Bouchet à construire une forerie sur bateaux (8). et le lendemain (9), il décide que la machine à feu de l'île Louviers servira pour faire mouvoir six meules à émoudre les canons. Le 20 décembre, création aux Quinze-Vingts, sous la direc-

(1) AULAUI). VI, 283.

(2) Ici., VIII, 21.

Ci) Id., VUI, :il

(4) Ici.. IX, 23;.

(5) Id., X, 102.

(6)Id., IX, 3ai.

f:)Id., IX, 346, 391.

(8) Id., IX, 345.

(ii) Id., IX, 348.

lion de Daulïe, d'une fabrique de platines (1). Le 9 février 1794(2), prise de possession d'une maison située sur le quai Voltaire, et destinée à l'administralion centrale des fusils et sabres ; location de la maison Praslin pour les bureauxdela commission des armes et poudres ; le 11 février (3) installation dansl'église Notre-Dame-de- Lorette d'une émoulerie à chevaux ; le 12 installation de la commission des armes et poudres dans l'hôtel Juigné et de l'administration des armes et poudres au (|uai Malaquais, au coin de la rue des Saints-Pères (4) ; le 21. réquisition de la machine à feu de Franciade (Saint- Denis) pour la fabrication des armes (5) ; le 25 ré(]iiisition de deux chapelles dépendant de Saint-Sulpice pour l'administration des platines et pour un magasin de bois de fusils (G). Le 26 (7) réquisition, malgré les scellés, de la maison Pourpy, rue de IL'niversité, pour y installer les bureaux de l'administration des armes et munitions de guerre. A la même date (8) réquisition de la cour d'entrée et du cloître de l'abbaye Sainte-Geneviève, ainsi que des deux cours et de l'église Saint-Antoine pour y installer des garnisseurs de canons et des ateliers de débit de bois. A vrai dire, pas un seul jour ne se passe sans que Prieur n'enrôle de nouveaux ouvriers, sans qu'il n'installode nouveaux ateliers, sans qu'il n'augmente parconséquent nos chances de victoire.

l^rieur était tellement certain (|u'en déployant pour la fabrication des armes une si grande activité , il

(I) Aui-ARD. X. T5i.

(a) Id.. XI, (i.

CJ) Id., XI. (>:.

(4) Id., XI, 8(1.

(.5) Id., XI, :Ji<).

(6j Id.. XI. '«.-..

(7) Id., XI, 419.

(8) Id., XI, 419.

rendait à la République le plus essentiel des services , que parfois il descendait jusqu'à la minutie pour entourer de plus de garanties celle fabrication. C'est ainsi qu'il ordonnera (1) l'achat à Rouen de meules àémoudre les fusils ; qu'il réquisitionnera (2), sur le premier bateau de bois à brûler qui descendra de rOurcq à Paris, quatre morceaux de bois de hêtre en grume destinés à faire marcher des martinets pour le citoyen Gentil : ou bien qu'il arrêtera (3) le bateau du sieur Leigradier et C'^, placé sur la Seine et contenant des meules à émoudre, et (4) fera prendre tous les balanciers disponibles dans les Monnaies, autres qu'à Paris, pouvant servir à la fabrication des armes. Apprenant que sur le territoire de la commune de Pontchartrain (Seine-et-Oise) se trouve du grès qui pourrait servir à émoudre les fusils, il charge Perrier d'en faire confectionner le plus promptement possible deux meules pour essai, et d'en rendre compte au Comité (5). Il existe dans le parc de Marly beaucoup de plomb provenant des démolitions : Qu'on le fonde, qu'on le convertisse en saumons, et qu'on le porte à Paris pour être mis à la disposition du ministre de la guerre (6). La batterie de cuisine de Philippe- Egalité est mise en vente : Qu'on fasse fondre le cuivre, et qu'on réserve ce cuivre pour les besoins de la fabrication (7). 1,500 livres de cuivre provenant des églises d'Orléans sont disponibles : ordre (8) immédiat de les

(0 AULAHD, VI, 282.

(2)ld., XI. i4i.

Ci) Id., X, 4i5.

(4) Id., XI, 553.

.5) Id., VII, 394 (6) Id., IX, 199.

(j) Id., VII, 5ii.

tH) Id., X, 58v).

réquisitionner. Autorisation (I) à Mollière, directeur d'usine à Orléans , de réquérir dans chacune des forges d'Ivry, Roche, Clavières, Nevers, vingt miUiers de fer propre à la fabrication des armes et un millier d'acier. Envoi de cent livres de borax â Périer, régisseur de la manufacture d'armes blanches de Klingenthal (2) ; autorisation donnée à Huart , directeur de la verrerie de Champeau.x, de réquisitionner dans le Cher et dans l'Allier, pour la fabrication des bois de fusil, tous les bois de noyer coupés, soit en grume, soit équarns(3).

La question de l'approvisionnement des charbonspréoccupait Prieur. Dès le 26 aoiit(4) il avait fait rendre un décret par lequel le Comité de Salut Public « voulant pourvoir à tout ce qui est nécessaire à la prompte fabrication des armes, arrête que le ministre de la guerre se concertera avec le citoyen Perrier pour faire acheter et conduire, dans le plus bref délai, à Paris, les charbons de terre quiseraientsurlaLoire,etpartout où ilpourra en trouver, sans oublier la prudence qu'exige l'approvisionnement des manufactures utiles à la République. » Le 30 août il écrivait (5) aux commissaires envoyés dans les départements « (jui prendront aussi des renseignements sur les charbons de terre et de bois que leurs arrondissements pourraient procurer à la fabrication de Paris ; » et encore

(l) AlLAFU), X, riH-.

(a)Id., X, 401.

(3) Id.; YI, i4i.

(4) Id., VI, 22.

(5) 1(1., VI. i8;. — Cï arrêté du a5 janvier i;ij4 (^> 434) autorisant la commission lorniéc à Brest par le représentant du peuple à continuer ses recherclics pour la découverte duier et des charbons qui peuvent exister dans ce département. — i" lévrier 1794 (X, 587) réquisition de quatre coupiiijjcsde charbon a Saint-Etienne, deux à Moulins, deux à Decize. — 22 février (XI,'23'3) autorisation ile prendre du cliarbon de terre a Saint-Etienne pour alimenter la fonderie de cuivre de Romilly, près de Rouen.

avait-il grand soin de ne pas attribuer à ces charbons une valeur exagérée. Le 11 septembre 1793 il fera même prendre par sescollègues du Comité un arrèté(l) en vertu duquel des arbitres seront nommés pour fixer le prix non seulement du charbon, mais aussi des fers et des aciers réquisitionnés à Paris pour la fabrication des armes.

C'est ainsi qu'en ne négligeant aucun détail, en prouvant à ses administrés qu'il savait à la fois embrasser l'ensemble et dirigerl'exécution, que Prieur obtint en peu de temps de merveilleux résultats, et fit de Paris le plus vaste et le mieux ordonné de nos arsenaux. Comme l'écrivait Carnot(2) dans un rapport général présenté à la Convention le 3 novembre 1793 « sur la manufacture d'armes établie à Paris »: «La France, jadistribulaire desespropres ennemis pour les objets deipremière nécessité relatifs à sa défense, non seulement trou vera dans son sein même des fusils pour armer tous les citoyens républicains qui l'habitent, mais elle sera bientôt en état d'en vendre aux étrangers ; elle sera le grand magasin où les peuples qui voudront recouvrer leurs droits viendront se pourvoir des moyens d'exterminer leurs tyrans, et Paris, jadis séjour de la mollesse et de la frivolité, pourra se glorifier du titre immortel d'arsenal des peuples libres ».

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