sept autorisations qui devaient lui conférer
ios pouvoirs dictatoriaux. Le Sénat et le Congrès,
la demande des « sept autorisations », ne purent
-f défendre d'un mouvement de surprise et
! inquiétude. Déjà troublé par des catastrophes
iiancières , par Tappréhension d'impositions
ouvelles et la crainte de complications inter-
lationales du côté de l'Autriche et de l'Italie, le
iuys devenait nerveux. Son malaise s'aggrava
' ncore par les menées des conspirateurs.
Dès le lendemain de son arrivée h Lisbonne, '*rim avait déclaré qu'il ne perdait ni espoir, ni ourage. Prié courtoisement de s'éloigner par le ouvernement portugais qui redoutait des difïiiiltés avec l'Espagne du fait de sa présence, il vait gagné Londres et la France. En avril 1866, ! avait voyagé en Italie et y avait trouvé un iccueil sympathique chez de hauts personnages, qui n'oubliaient pas avec quelle mauvaise grâce Isabelle s'était décidée à reconnaître le gouvericment de Victor-Emmanuel. Enfin, vers la mi-mai il était revenu à Paris, s'entendre avec Aguirre et Becerra, directeurs, l'un du comité j)rogressiste , l'autre du comité démocrate de \Iadrid. La conspiration, tramée avec plus de -oin cjue la précédente, étendit son réseau sur presque toute la péninsule. Une mesure impolitique du gouvernement donna des partisans aux
révolutionnaires dans un corps qui leur avait été jusqu'alors hostile, les sous-officiers et soldats d'artillerie. Après une fausse alerte, le 20 mai, le pronunciamiento fut fixé aux environs du 20 juin. Beaucoup de troupes de la Yieille-Castille étaient engagées. Le rendez-vous pour elles était Miranda de Ebro ; Prim devait se tenir à Hendave et de là venir se mettre à leur tète. Pendant ce temps, l'artillerie se soulèverait à Madrid.
Malheureusement pour les conjurés, des rivalités entre leurs chefs nuisaient à l'unité de direction. Le désir secret de Prim était encore de ne faire appel que le moins possible à l'élément civil. Les progressistes les plus ardents et les démocrates en conçurent de la méfiance h son égard. Aussi Becerra et Aguirre étaient-ils disposés à précipiter le mouvement dans la capitale, avec l'espoir d'avoir gagné la partie avant que Prim pût les rejoindre. La date convenue pour le soulèvement général fut avancée d'un jour à Madrid. Le 22 juin au matin, les deux régiments d'artillerie du quartier de San Gil (( lancèrent le cri ». Le général Pierrad se mit à leur tête. Le parc de San Gil fut forcé et les civils y trouvèrent des armes.
Par sa décision O'Donnell, secondé par les généraux Concha et Serrano, empêcha la révolte de s'étendre dans Madrid. Il y eut aux alentours et à l'intérieur du c^uartier de San Gil une lutte terrible. Les troupes du gouvernement y perdi-
LES PULLIMINAIHES DE LA UEVt)LL TION 1 I I
rent quatre-vingts tués, plus de quatre cents
Messes ; h la fin de la journée, les insurgés
taient complètement vaincus : ils avaient deux
ents hommes hors de combat, sept cents d'entre
iix étaient prisonniers ; du a/i juin au 7 juillet,
oixante-six de ces derniers furent fusillés.
Dans de pareilles entreprises, le premier suc-
( i'S décide de tout. Prim allait franchir la fron-
♦ière pour soulever la Vieille-Castille, lorsqu'il
pprit l'échec du pronunciamiento de Madrid.
eût été folie de rien tenter dans ces condi-
ions. Le marquis de Los Castillejos le comprit,
t comme le gouvernement impérial l'invitait à
< hercher refuge hors de France, il se retira en
îf'lgique.
Sous le coup de l'émotion causée par la jour-
•c du 22 juin 186G, O'Donnell emporta facile-
if.'nt dans les Chambres le vote des « sept auto-
sations » et môme la suspension des garanties
'>nstitutionnelles. Ces armes contre la révolution
ne devaient pas rester longtemps entre ses mains.
Dans un certain milieu, ardemment réactionnaire, Il insinuait que, par son libéralisme, il n'était
pas sans avoir sa responsabilité dans la crise
présente. On le laissa assumer l'odieux des exé-
itions ordonnées par les cours martiales, puis,
•us un prétexte futile, la reine le congédia et le
' mplaça par Xarvaez et Gonzalez Bravo. IVo-
ndément ulcéré, O'Donnell s'exila en France.
Narvaez n'eût pas voulu faire de la réaction à outrance, mais il fut débordé. Le pays, a-t-il avoué un jour à ses intimes, a ignoré ses luttes continuelles contre la réaction cléricale , toujours active et jamais satisfaite. Une fois de plus les influences néo-catholiques et absolutistes prévalurent dans le cabinet. Contraint d'y céder, Narvaez se mit h légiférer par décrets: la presse reçut défense de commenter les actes du gouvernement; l'instruction publique fut remise sous la tutelle du clergé. Les Cortes n'ayant pas été réunies à la fin de l'année, selon les termes de la loi, Rios Rosas, Serrano, d'autres encore protestèrent : on les relégua aux Baléares ou aux Canaries. La nouvelle Chambre, élue en mars 1867, ne siégea que pour achever la ruine du régime parlementaire par le vote d'un règlement qui annihilait ses propres prérogatives. Pendant ce temps, des dissentiments éclataient dans la famille royale même. L'infant D. Enrique, dès longtemps suspect pour son libéralisme, se retirait à l'étranger. Un peu plus tard, la reine rompait avec sa sœur et le duc de Montpensier, coupables de lui avoir signalé l'abîme vers lequel l'entraînaient ses conseillers. En dépit du silence imposé aux journaux, ces dissensions, des scandales d'un ordre plus intime parvenaient à la connaissance du public.
Au dehors, les révolutionnaires s'organisaient. Les démocrates avaient leur point de ralliement à Paris, les progressistes à Bruxelles, depuis